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lundi 8 avril 2019

La malédiction des Médicis T.2 : Les lys de sang

Titre : La malédiction des Médicis T.2 : Les lys de sang
Auteur : Patrick Pesnot
Édition : L'Archipoche
Pages : 320
Note : 4 / 5
1512. Les Médicis ont été chassés de Florence. L'héritier de la famille, Cosimo, est élevé par sa mère, loin de la ville du Pape Clément VII. Lorsqu'Alessandro de Médicis, duc de Florence et fils de Pape, est assassiné par son cousin Lorenzaccio, le jeune Cosimo, âgé de 17 ans, est porté au pouvoir par les républicains. Bientôt, cet adolescent ombrageux part à la conquête de Florence et se joue des personnages les plus puissants de la Cité.
C'est le début d'un long règne. Cosimo 1er, Duc puis Grand Duc de Toscane, poursuit l'œuvre de Laurent le Magnifique...


Avis de Cyrlight



Après avoir retracé la glorieuse existence de Lorenzo le Magnifique dans Le prince sans couronne, Patrick Pesnot poursuit sa reconstitution de l’existence des Medici avec Les lys de sang et Cosimo Ier, fer de lance de la branche cadette de l’illustre famille toscane.

À l’instar du premier tome, ce roman est d’une richesse et d’une précision historique incroyable. Peut-être un peu trop, même. Cela ne m’a pas dérangée à la lecture du Prince sans couronne, car je possédais déjà de solides connaissances sur Lorenzo de Medici, mais en l’occurrence, la densité de l’œuvre m’a perdue plus d’une fois. L’auteur y met pourtant du sien en nous rappelant régulièrement quels sont les liens (professionnels ou familiaux) qui lient les personnages entre eux, mais il y en a tant qu’on se sent facilement submergé.

Qui plus est, j’ai été quelque peu déçue par le choix chronologique du romancier, qui a choisi de passer de manière accélérée sur l’exil des Medici et l’ascension (puis la chute) du moine Savonarola, sans parler de Machiavelli, qui est pourtant une célèbre figure de Florence, mais qui n’est cité qu’à travers son œuvre majeure, Le Prince, à laquelle Cosimo se réfère régulièrement.

Il en va de même pour les évènements se déroulant au second plan, tels que les papes qui se succèdent pour la plupart telle une simple liste de noms (« Encore un ! », comme ne manque pas de le souligner le protagoniste lui-même.)

Parlons-en aussi, de ce protagoniste. Même si j’ai conscience qu’il ne s’agit que du reflet d’une réalité historique, il n’y a rien qui m’a séduite chez lui. C’est un homme froid, dur et ambitieux, prêt à tout pour parvenir à ses fins, et même ses activités de mécène ne le rendent pas plus agréable, contrairement à l’illustre Lorenzo qui se démarquait par son charisme et sa bienveillance.

En dépit de cela, Les lys de sang n’en demeurent pas moins un très bon roman qui permet de continuer à se familiariser avec l’histoire des Medici, et accessoirement celles d’Italie et de France, puisqu’il est aussi question de la future reine Caterina. Les défauts énumérés ci-dessus sont davantage des ressentis personnels, qui n’enlèvent rien à la qualité de cette œuvre et au travail remarquable fourni par Patrick Pesnot. Pas un coup de cœur comme le premier tome, mais je le recommande tout de même chaudement.

mardi 2 avril 2019

Sherlock, Lupin & moi T.4 : La cathédrale de la peur

Titre : Sherlock, Lupin & moi T.4 : La cathédrale de la peur
Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse
Pages : 288
Note : 4 / 5
La famille d'Irene s'est installée en Normandie, à Evreux. Peu de temps après son arrivée, Irene est abordée par une femme étrange, qui lui révèle précipitamment que sa mère est en danger, avant de disparaître.
S'ensuit une série d'évènements tous aussi alarmants, qui laissent Irene, Sherlock et Arsène sur leurs gardes. Leur enquête les mènera dans une crypte secrète, cachée sous les pavés parisiens, sur la piste d'une relique ancienne gardée comme un trésor.
Les secrets de la Ville Lumière n'attendent que notre trio de jeunes détectives !


Avis de Cyrlight



Les trois apprentis enquêteurs reprennent du service dans le quatrième tome de Sherlock, Lupin & moi : La cathédrale de la peur. De retour en France, Irene s’installe à Évreux avec son père et sa mère souffrante quand elle est contactée par une mystérieuse femme, qui semble bien connaître sa génitrice.

Pour être tout à fait franche, et en dépit de la grande affection que je porte à cette saga depuis le début, j’ai été un peu déçue par ce tome. L’intrigue était pourtant prometteuse : une enquête en lien avec les origines d’Irene, un fragment de carte, une relique aux vertus légendaires, une société secrète, des souterrains...

Et rien. C’est là où le bat blesse, justement. Plus l’enquête avance et moins elle est à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer. Peut-être me suis-je laissée abuser par le fait que le scénario m’évoquait beaucoup le film Arsène Lupin (2004), avec les cathédrales, la constellation, le trésor caché au bout de l’énigme... Je m’attendais donc à quelque chose de beaucoup plus sombre, or l’antagoniste se révèle dépourvu du moindre charisme, et le dénouement de ce mystère est finalement bien trop simple.

Autre source de déception : les origines d’Irene. Elle n’a jamais caché, dans sa narration, que ses parents n’étaient pas ses parents, et cela fait donc quatre tomes que l’on guettait l’instant où l’on en saurait plus à ce sujet. Or, là encore, on se heurte à un gros rien. Enfin, pas rien du tout, puisque Irene fait enfin la connaissance de sa mère biologique, mais cela ne va pas plus loin. On n’assiste à aucun dialogue, aucune explication... Ce sera sans doute pour les tomes suivants, étant donné qu’il y en a beaucoup de prévus, mais cela nous laisse tout de même sur notre faim.

Il y a tout de même des points positifs à retirer de cette histoire. Le triangle formé par Irene, Sherlock et Lupin s’approfondit, sans pour autant empiéter démesurément sur l’intrigue, la mère d’Arsène fait une apparition plutôt bienvenue, et Horatio se révèle de plus en plus sympathique. J’ai beaucoup aimé ses manigances avec les deux garçons, ainsi que les subtils sous-entendus qu’il ne manque jamais de faire à Irene (ou les livres qu’il lui fournit en cachette).

Autre fait appréciable, les difficultés auxquelles sont confrontés les trois protagonistes, qui nous rappellent à juste titre qu’en dépit de leur intelligence et de leur ingéniosité, ils n’en restent pas moins des enfants. Leur génie est impuissant face à des armes à feu, et la fuite s’avère souvent la meilleure solution.

Enfin, j’ai adoré les clins d’œil à une autre œuvre de Pierdomenico Baccalario, La ville du vent, troisième tome de la saga Century. Au début, j’aurais pu songer à une simple coïncidence avec l’auberge de L’Alchimiste, mais lorsque l’antagoniste se présente sous le nom d’Ermete, je n’ai pu m’empêcher d’esquisser un large sourire.

Un peu déçue par ce tome, donc, mais ne vous méprenez pas : Sherlock, Lupin & moi n’en demeure pas moins une excellente saga, et il me tarde déjà de poursuivre l’aventure en compagnie de ces trois adolescents, afin d’en découvrir (enfin) davantage sur la vraie famille d’Irene.

dimanche 24 mars 2019

La maison aux secrets

Titre : La maison aux secrets
Auteur : Catherine Robertson
Édition : Charleston
Pages : 412
Note : 3.5 / 5
Depuis que son petit garçon a été renversé par une voiture, cinq ans auparavant, April Turner vit dans une sorte de pénitence. Elle s'est écartée de tout ce qu'elle aime et entend bien continuer son existence ainsi.
Lorsqu'une lettre lui parvient de la part d'un notaire anglais, l'informant qu'elle est l'héritière d'une propriété abandonnée en Angleterre, appelée L'Empyrée, la jeune femme tente de résister mais, intriguée, elle décide de quitter temporairement la Nouvelle-Zélande pour le vieux continent. Elle va rencontrer des habitants étonnants, notamment Sunny, qui approche des 90 ans. Sunny a connu L'Empyrée lors de son âge d'or, et son histoire rend le passé encore plus vivant.
Mais April sera-t-elle prête à renoncer à ses principes pour, enfin, vivre à nouveau ?


Avis de Cyrlight



La maison aux secrets est un roman de Catherine Robertson, qui raconte l’histoire d’April, une femme qui s’efforce de vivre dans le dénuement depuis la mort tragique de son fils, dont elle se sent responsable. Elle apprend néanmoins un jour qu’elle est l’héritière d’une maison en Angleterre, et découvre progressivement le passé de son lointain parent, James.

Mon avis sur cette lecture est plutôt partagé. Il y a des points positifs, comme la plume de l’auteur, qui se lit vite et bien. Je l’ai trouvée un peu trop imagée au début, et j’ignore si je m’y suis habituée au fil des pages ou si cela s’est simplement estompé après quelques chapitres, mais en tout cas, cela ne m’a plus dérangée par la suite.

Les personnages secondaires sont également très agréables, très attachants, qu’il s’agisse de la pétillante Sunny, un tourbillon d’énergie de quatre-vingt dix ans, du cynique Edward ou encore du sympathique Oran. Tout comme April, on passe un excellent moment avec eux. En revanche, je n’en dirais pas autant de cette dernière.

Elle fait tout pour éviter que l’on s’attache à elle, qu’on la remarque, et cela fonctionne. Malgré le deuil par lequel elle a été frappée, je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie pour elle. Pire, je l’ai trouvée égoïste. Persuadée que la mort de son fils est de son fait, elle s’obstine depuis ce jour à mener une vie d’ascète. Pour cela, elle se coupe de toute relation : amis, proches... Elle a même quitté son mari, ce qui me semble assez cruel, car cela implique de tourner le dos à une personne qui traverse la même épreuve qu’elle, et qui aurait peut-être eu besoin du soutien de son épouse.

Qui plus est, je n’ai pas compris l’intérêt de se flageller à sa manière en se privant de tous les plaisirs de la vie. Certes, elle refuse de jouir d’un bonheur auquel son fils n’aura plus accès, mais à quoi cela rime ? Pourquoi ne s’est-elle pas suicidée, dans ce cas ? Une vie pour une vie, cela aurait presque paru plus cohérent. Elle aurait également pu se mettre au service d’autrui, accomplir de bonnes actions, au lieu de quoi, elle ne fait rien du tout. Sa punition, dans le fond, s’apparente surtout à un incommensurable gâchis, et les autres personnages semblent d’ailleurs plutôt de cet avis, au point de parvenir progressivement à l’arracher à sa coquille.

C’est surtout l’œuvre de Jack, un personnage énigmatique qui, parvenue à la fin du livre, m’a fait froncer les sourcils. Je pense avoir percé le mystère qui l’entoure, mais c’est si irrationnel que je n’en comprends pas l’intérêt, et encore moins ce que l’auteur a cherché à faire avec lui. A-t-elle tenté de distiller une goutte de magie dans son œuvre ?

La mort de James est également très trouble. Même une fois son histoire dévoilée, le prologue reste flou, et il n’est pas totalement possible de lui donner un sens. Qui plus est, même si James n’a jamais été particulièrement sympathique, j’ai trouvé son attitude vis-à-vis de Lily, puis de Rowan, absolument ignoble et inexcusable. Je ne me l’explique d’ailleurs pas.

La maison aux secrets est donc un roman avec du bon, du moins bon, et surtout des éléments très vagues qui ne sont pas toujours faciles à interpréter. Le meilleur moyen de vous faire une opinion est encore de le lire par vous-même.

jeudi 14 mars 2019

Le pays du soleil rouge

Titre : Le pays du soleil rouge
Auteur : Elizabeth Haran
Édition : L'Archipoche
Pages : 552
Note : 2 / 5
Angleterre, 1941. Accusée d’avoir agressé le père d’un de ses élèves, Lara Penrose, une jeune enseignante, choisit pour éviter la prison de partir enseigner en Australie. Quand elle arrive à Shady Camp, bourgade reculée au nord de l’île continent, c’est le choc. D’abord, il n’y a pas d’école. Et puis la région est infestée de crocodiles. Mais Rick va régler le problème. Dès leur première rencontre, Lara est séduite par cet homme, éconduisant le Dr Jerry qui lui faisait jusque-là une cour assidue…
Des paysages exotiques et envoûtants, une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur et sa place dans la société… Sont ici réunis tous les ingrédients qui ont contribué au succès des sagas de Tamara McKinley, Sarah Lark ou Colleen McCullough.


Avis de Cyrlight



Le pays du soleil rouge est un roman d’Elizabeth Haran qui débute en Angleterre, où Lara, l’héroïne, est accusée d’une agression qu’elle n’a pas commise. Afin d’échapper à la prison, elle accepte de s’exiler deux années durant en Australie pour y exercer en tant qu’enseignante.

Le roman entre directement dans le vif du sujet. Lara se présente dans les écuries de l’employeur de son père, qui est également le parent de l’un de ses élèves. Homme colérique et exigeant, elle tient à s’entretenir avec lui à propos de son fils, mais il ne veut rien entendre et s’emporte, au point de s’assommer par inadvertance avec un râteau.

Débutent ainsi les ennuis pour Lara, car il prétend qu’elle l’a frappée. Elle est arrêtée par la police et, comble de malchance, cogne accidentellement l’un des agents chargés de l’interroger lorsque la manche de sa veste se déchire, ne faisant qu’aggraver son cas.

Outre le fait que la protagoniste aurait bien besoin d’une patte de lapin ou d’un trèfle à quatre feuilles, on n’a pas vraiment le temps d’apprendre à la connaître, et encore moins à l’apprécier, avant que ses malheurs commencent à s’enchaîner. Pire, la première image donnée d’elle est celle d’une fille relativement superficielle, si bien qu’en dépit de l’injustice dont elle est victime, j’ai eu du mal à éprouver de la compassion pour elle.

Cela s’est toutefois un peu arrangé par la suite. À défaut de vraiment m’attacher à elle, j’ai fini par lui trouver quelques qualités, notamment son professionnalisme en tant qu’enseignante. L’histoire en elle-même prend également une tournure plus intéressante dès l’arrivée de Lara en Australie, avec la mise en avant de la faune et la flore locale, des conditions de vie souvent pénibles dans cette contrée malgré tout fascinante et surtout grâce à la présence des sympathiques villageois de Shady Camp.

Je reprocherai néanmoins à la plume de l’auteur un gros manque de subtilité, qui ne laisse aucune place à l’interprétation. Les émotions des personnages sont beaucoup trop explicites, et même les dialogues sont ponctués d’indications pour souligner ce qu’ils éprouvent au moment où ils s’expriment, alors que c’est la plupart du temps relativement soupçonnable.

Qui plus est, j’ai trouvé ce roman trop plein de bons sentiments. Encore que, dans la première partie, cela donne juste un côté gentillet à l’histoire, mais par la suite, ça tourne au n’importe quoi magistral, et pour cause : tous les morts reviennent à la vie. Sérieusement. Et non, il n’est pas question de zombies, ce qui aurait pourtant pu être presque aussi crédible.

Attention, les lignes suivantes contiennent quelques spoilers. Tout commence avec le bombardement de Darwin. Lara et sa stagiaire sont à ce moment-là séparées de leur ami Colin, ce qui leur vaut de se croire mutuellement décédés. Pourquoi pas ? Cela offre un ressort scénaristique intéressant bienvenu. Puis c’est autour d’un Rick désespéré, parti à Darwin dans l’espoir d’y retrouver sa promise, de retour entre-temps, d’être prétendu mort. Bon... OK. Mais était-il vraiment nécessaire de le faire réapparaître pour ensuite le jeter dans la gueule d’un croco, tout cela pour qu’il s’en sorte une fois de plus par miracle ? Et, comble du comble, était-il franchement utile de faire intervenir la mère de Lara, censée être morte, mais en fait juste amnésique, mais en fait plus du tout ?

À partir de ce moment-là, j’ai eu le sentiment que l’histoire s’enlisait dans un comique de répétition pathétique. J’ai d’ailleurs éclaté d’un rire nerveux lorsqu’on apprend que Syd, présumé avoir explosé avec le bateau à bord duquel il était marin, est lui aussi toujours de ce monde. Parvenue à la fin, je crois que les personnages auraient pu rencontrer des espèces d’animaux éteintes que cela ne m’aurait même plus surprise... Fin des spoilers.

En conclusion, je dirais que le roman est correct dans sa première moitié, mais qu’il sombre ensuite dans une succession de rebondissements aussi répétitifs que tirés par les cheveux. Une grosse déception, à tel point que je ne suis même plus certaine de vouloir lire Étoiles dans le ciel du Sud, du même auteur, qui m’attirait pourtant.

mardi 12 mars 2019

Si près des étoiles

Titre : Si près des étoiles
Auteur : Kate Alcott
Édition : L'Archipel
Pages : 324
Note : 3.5 / 5
Julie Crawford n'a qu'un rêve en tête : rejoindre Hollywood pour devenir scénariste ! Ainsi décide-t-elle de quitter sa ville natale de l'Indiana pour gagner les prestigieux studios et leurs stars glamour. Mais, sur place, ses rêves se heurtent à la dure réalité des plateaux. Renvoyée par le très célèbre réalisateur d'Autant en emporte le vent, Julie croise par chance la route de l'actrice Carole Lombard, dont la liaison avec Clark Gable, toujours marié, fait grand bruit dans la presse à scandale.
Devenue l'assistante de Carole, Julie est aux premières loges de ce scandale qui éclabousse tout Hollywood et pourrait nuire à la publicité du film à succès que promet d'être Autant en emporte le vent...
Les passions tumultueuses du couple Gable-Lombard donneront-elles à Julie le courage d'ouvrir ses ailes et de se libérer de son passé ?


Avis de Cyrlight



Si près des étoiles est un roman de Kate Alcott, qui nous transporte dans l’Hollywood de la fin des années 30, au cœur du tournage mais aussi des scandales qui ont éclaboussé l’un des plus grands films de tous les temps : le mythique Autant en emporte le vent.

Merci beaucoup à Mylène, des éditions Archipel, qui m’a fait parvenir ce livre. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai plongé dans cette histoire, et j’ai particulièrement apprécié de pouvoir découvrir l’envers du décor de mon film préféré.

Si je devais résumer ce roman en un mot, je dirais qu’il est déconcertant. En bonne fan que je suis, j’ai visionné Autant en emporte le vent à maintes reprises, et pourtant, pas une fois, je n’ai tenté d’imaginer comment avait pu se dérouler le tournage de ce monument. J’ai lu des anecdotes, évidemment, mais j’étais loin du compte.

L’auteur a assurément fourni un travail remarquable pour parvenir à reconstituer le labeur de David Selznick et de son équipe. Je dois avouer que, lors du tournage de la première scène (celle avec les jumeaux Tarleton), j’ai froncé les sourcils à la mention de la robe à fleur de Scarlett. Honte à moi d’avoir jugé trop vite, et j’ai bien failli éclater de rire quand le producteur a interrompu les acteurs pour en exiger une blanche.

À ce niveau, le roman frôle l’excellence. Pour ce qui est du reste, en revanche, mon avis est un peu plus partagé. Déjà, il m’a fallu un petit moment pour entrer dans l’histoire, car j’ai trouvé les premières pages un tantinet confuses : il m’a semblé difficile de savoir qui parlait, qui était qui... Mais heureusement, cela s’est rapidement amélioré.

Néanmoins, j’ai trouvé que l’auteur s’éparpillait dans trop de directions, sans vraiment aller jusqu’au bout de chacune d’elles. Seul le tournage d’Autant en emporte le vent est suivi de A à Z, et c’est finalement tout autour de lui que gravitent les autres intrigues : le couple Clark Gable - Carole Lombard, la question de la guerre en Europe, celle de l’antisémitisme, et surtout, évidemment, celle de l’héroïne, Julie.

Je dois avouer que j’ai eu du mal avec elle, même si mon jugement s’est quelque peu adouci avec le mot final de l’auteur, qui qualifie elle-même son personnage de « mademoiselle tout-le-monde ». En fait, le problème de Julie, c’est qu’elle semble vouloir paraître indépendante et suivre sa vocation de scénariste, mais elle est constamment prise en mains par les autres, en particulier par Carole, au point que j’en suis arrivée à me demander qui était finalement l’assistante de qui.

En effet, c’est Carole qui la conseille pour sa carrière, qui intervient en sa faveur à plusieurs reprises, qui s’immisce dans son couple avec Andy, qui va jusqu’à s’occuper de ses parents... Bref, c’est Carole qui fait tout. Il faut vraiment attendre les derniers chapitres pour que Julie paraisse enfin prendre véritablement les rênes de son destin.

En ce qui concerne la fin, j’ai été moyennement séduite, parce que la seule chose qui se termine en même temps que le livre, c’est le récit du film, mais pas celui des personnages. Certes, l’auteur nous informe du devenir des noms célèbres évoqués au fil des pages et nous glisse quelques hypothèses quant au destin de Julie et Andy, mais j’ai quand même eu globalement un sentiment d’inachevé, comme s’il ne s’agissait au final que d’un fragment d’histoire. Au point même d’en arriver à penser que le roman aurait été tout aussi bon (voire peut-être meilleur) sans Julie et son intrigue.

En conclusion, je dirais que ce livre est vraiment très bon au niveau de la partie historique, et plus précisément d’Autant en emporte le vent. Il ne fait aucun doute que les fans du film seront transportés comme je l’ai été. En revanche, Julie m’a beaucoup moins convaincue, ce qui est dommage.

lundi 4 février 2019

Les Piliers de la Terre

Titre : Les Piliers de la Terre
Auteur : Ken Follett
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 1050
Note : 2.5 / 5
Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes..



Avis de Cyrlight



Les Piliers de la Terre est un roman historique de Ken Follet, traitant à la fois de la guerre civile d’Angleterre et de la construction de la cathédrale (fictive) de Kingsbridge. Deux camps s’opposent : l’un déterminé à la bâtir, l’autre à tout faire pour que cela ne se produise pas.

Malgré la réputation et les critiques élogieuses de ce célèbre roman, je n’ai pas été emballée par ma lecture. Avant de me lancer dans des explications, je tiens tout de même à préciser que le fait d’avoir vu la série télévisée au préalable n’est peut-être pas étranger à cela, car je l’avais plutôt bien appréciée.

Le style de l’auteur ne m’a pas paru exceptionnel. J’ai trouvé son écriture parfois un peu répétitive, bien que facile à lire, ce qui est une qualité lorsqu’on a entre les mains un roman de plus de mille pages. L’histoire en elle-même manque de suspens, car elle suit une sorte de schéma cyclique : Waleran et les Hamleigh complotent en toute impunité, la construction de la cathédrale s’arrête, puis reprend, puis ils complotent à nouveau... J’ai envie de résumer cela par « Tout va bien, jusqu’à ce que ça n’aille plus. »

Alors certes, comme dit plus haut, le fait de connaître par avance une grosse partie du scénario (même si la série diverge sur certains points) ne m’a pas vraiment aidée à me laisser emporter par l’histoire. Ce qui m’a le plus déçue, cependant (et c’est un sentiment que je n’avais pas eu avec l’adaptation), ce sont les personnages.

À l’exception de Jack, Ellen et Martha, il n’y en a aucun qui attire vraiment la sympathie. Le prieur Philip est bienveillant, mais sa rigidité morale est telle qu’elle incite parfois à le prendre en grippe (comme toutes les contraintes qu’il impose à Jack, par exemple). Aliéna est courageuse, mais elle est aussi hautaine et imbue d’elle-même, ce qui la rend souvent insupportable, Richard est admirable pour ses compétences militaires, mais détestable dans presque tous les autres domaines, l’aveuglement de Tom vis-à-vis d’Alfred est exaspérant... Quant aux antagonistes, à l’exception de Waleran qui a un certain charisme, ils rivalisent essentiellement de cruauté.

Ce roman est dans l’ensemble une déception. Je lui mets tout de même la moyenne, parce que je l’aurais peut-être estimé davantage si j’avais commencé par lui, et non par la série, mais sans conviction.

vendredi 23 novembre 2018

L'Épouvanteur T.15 : La résurrection de l'Épouvanteur

Titre : L'Épouvanteur T.15 : La résurrection de l'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 368
Note : 3.5 / 5
Thomas Ward, le nouvel Épouvanteur, combattait l'obscur dans le Comté avec son apprentie quand il a été appelé loin de chez lui pour une nouvelle bataille : diriger la lutte contre une armée de créatures bestiales qui s'apprêtent à condamner la Terre à un éternel hiver. Les humains n'avaient jamais affronté d'aussi terrifiants guerriers. Mais Tom gît à présent, raide et froid, dans sa tombe. Et ceux qui avaient mis tous leurs espoirs en lui se désespèrent. Qui prendra la tête des troupes, avant que l'armée noire ne les submerge et ne répande la guerre jusque dans le Comté ?



Avis de Cyrlight




Comme le titre le laisse présager, Tom Ward est de retour dans La résurrection de l’Épouvanteur. Toujours accompagné de Jenny et de Grimalkin, il continue sa route vers les terres Kobalos, mais sa mort l’a affaibli et rien ne se passe comme prévu au-delà de la rivière Shanna.

J’avais été moyennement emballée par le précédent tome de cette saga que j’adore pourtant, et si j’ai un peu plus apprécié celui-ci, je ne le classerais pas pour autant parmi mes préférés, car il souffre de la continuité de certains défauts.

La question de la mort de Tom, aussi riche en suspens que celle de Jon Snow dans Game of Thrones, est rapidement résolue dans les premières pages, même s’il en ressentira les conséquences pendant une grande partie du roman. Cet épisode l’incite à douter et à se remettre en question, une introspection intéressante à suivre.

À cause de cela, Grimalkin a plus de mal à le mener à la baguette que précédemment, et doit user de procédés encore moins louables pour le soumettre à sa volonté. Autrefois mon personnage préféré, je n’aime pas ce qu’elle est devenue dans ce nouvel arc. Où est passée la talentueuse guerrière capable de mettre tout le monde à genoux, et qui a déjà semé la terreur parmi les Kobalos dans Le pacte de Sliter ? Ici, elle enchaîne les erreurs, les mauvais jugements et échoue dans plus ou moins tout ce qu’elle entreprend.

Jenny suit toujours son apprentissage auprès de Tom, mais se démarque par son inutilité chronique. J’ai beau essayé de m’habituer à elle, je n’accroche pas du tout à son personnage, si insolent et si condescendant, notamment dans sa façon de traiter les sorcières.

Voilà en ce qui concerne les principaux protagonistes, mais ce tome est surtout celui des come back. Alice fait son grand retour, et même si cela fait plaisir de la retrouver, sa réconciliation avec Tom est trop rapide. Seul point positif, la romance qui débute (enfin) entre eux n’empiète pas trop sur le reste de l’histoire.

J’attendais aussi avec impatience de revoir Sliter... et j’ai été déçue. Il n’apparaît que durant quelques pages, surgit presque comme un cheveu sur la soupe et repart aussitôt. Et Meg... Évidemment, l’auteur a su toucher la corde nostalgique en nous ramenant dans l’atmosphère du Secret de l’Épouvanteur, avec Anglezarke et le grand amour de John Gregory, mais c’est une réapparition qui est très mal gérée. Certes, la boucle de leur histoire est bouclée, mais l’intérêt de la faire revenir pour deux-trois chapitres, où elle passe son absence sous silence et ne sert finalement pas à grand-chose, est excessivement limité.

L’histoire en elle-même est sombre et plaisante à suivre, et l’étendue de la menace Kobalos, qui font des ravages parmi les rangs adverses, pousse à se demander comment les humains vont pouvoir triompher d’eux. Le suspens est, à ce niveau, au rendez-vous. La fin, en revanche, est plutôt expéditive, et l’une des morts en particulier aurait mérité d’être plus dignement traitée, au lieu de quoi elle perd presque tout son impact.

Somme toute, ce tome est un brin meilleur que Thomas Ward l’Épouvanteur, mais demeure tout de même très moyen. La gestion des personnages est devenue la principale faiblesse de cette histoire, que ce soit dans leur emploi ou leur attitude. J’espère sincèrement que la suite rectifiera le tir, même s’il est hélas trop tard pour certains.

vendredi 27 juillet 2018

Chroniques du Monde Émergé T.1 : Nihal de la Terre du Vent

Titre : Chroniques du Monde Émergé T.1 : Nihal de la Terre du Vent
Auteur : Licia Troisi
Édition : Pocket Jeunesse
Pages : 495
Note : 2 / 5
Nihal est une jeune fille très étrange : oreilles pointues, cheveux bleus, yeux violets tout la distingue des autres habitants du Monde émergé. Fille d'un célèbre armurier, elle passe son temps à jouer à la guerre avec une bande de garçons. Mais la nuit, des voix plaintives et des images de mort hantent l'esprit de Nihal. Et lorsque le terrible Tyran envahit La Terre du Vent, elle comprend que ses cauchemars sont devenus réalité. L'heure du véritable combat a sonné. Nihal doit devenir une vraie guerrière et défendre la paix, à tout prix. Ses seuls alliés : Sennar, le jeune magicien, et une infaillible épée de cristal noir.



Avis de Cyrlight




Dans ce premier tome des Chroniques du Monde Émergé, Nihal de la Terre du Vent, on suit les aventures de la jeune fille éponyme, âgée de treize ans au début de l'histoire et de presque dix-huit à la fin, qui rêve de devenir guerrier, en dépit de toutes les difficultés que cela implique.

C'est avec une opinion plutôt négative que je ressors de la lecture de ce roman, car nombreux sont les points qui font que j'ai eu beaucoup de peine à accrocher.

Le personnage principal, pour commencer. Nihal est tout simplement insupportable. Elle est égoïste, capricieuse et complètement téméraire, dans le mauvais sens du terme. Elle passe son temps à désobéir et à s'exposer inutilement au danger, sans que cela n'ait de répercussions susceptibles de lui faire retenir la leçon, puisqu'il y a toujours quelqu'un pour la sauver.

Livon, son « père », est le meilleur exemple, puisqu'il se contredit d'une page à l'autre. Il ne veut pas lui donner une arme, qu'elle obtient de sa part quelques paragraphes plus loin, il refuse qu'elle apprenne la magie, puis l'envoie chez une tante magicienne dont Nihal n'a jamais entendu parler jusque-là... Ido est le seul qui se montre ferme avec elle, mais hormis peut-être un peu vers la fin du tome, à aucun moment l'adolescente ne semble évoluer dans son caractère.

Sa pseudo-romance est probablement la goutte d'eau de trop. Elle est si égocentrique qu'elle ne se rend même pas compte que l'homme devant lequel elle se pâme est le compagnon de sa tante, et même lorsque Sennar le lui apprend, elle n'éprouve pas une once de culpabilité, alors qu'elle est censée apprécier Soana.

De surcroît, Nihal a tout d'une Mary-Sue. Elle sait se battre à la perfection, personne ne lui arrive à la cheville, et c'est même à se demander pourquoi elle se donne autant de peine pour entrer à l'Académie pour y suivre une formation de guerrier, puisqu'elle arrive à défaire dix des meilleurs élèves en guise de test.

Quant aux personnages secondaires, ils pourraient être intéressants, mais à l'exception d'Ido et Sennar (et encore, ce dernier est souvent plongé dans l'ombre de Nihal), ils sont assez peu développés, et c'est à peine s'ils sont mentionnés en dehors des passages où ils apparaissent.

L'histoire en elle-même est longue et pas franchement intéressante, en partie à cause des grosses ellipses. Au début notamment, l'adolescence de Nihal se déroule à la vitesse de l'éclair, et on ne sait que deux ou trois bribes de son apprentissage de la magie chez Soana. Quelle magie, d'ailleurs ?

Nihal pique une crise pour l'apprendre, mais tout ce qu'on sait, c'est que quelques années plus tard, elle maîtrise les bases des sortilèges de soin. Même Sennar et Soana, qui sont pourtant magiciens, ne l'utilisent que très peu, si bien qu'on ignore quelles sont leurs limites et les capacités que leur fournissent leurs pouvoirs.

Le reste se compose des réussites de Nihal. Nihal est douée en ci, Nihal est la meilleure en ça... Elle ne semble jamais rencontrer de difficultés, hormis peut-être avec son dragon, et Ido qui se montre moins conciliant avec elle que tous les autres, mais il faut tout de même attendre la dernière partie du roman pour en arriver là.

Que dire pour conclure, sinon que je n'ai pas apprécié ce livre ? Je ne le connaissais pas au moment de l'entamer et je ne m'attendais à rien de particulier ; heureusement, sans quoi j'aurais été très déçue. Une héroïne détestable et un scénario peu prenant, voilà ce que je retiendrais des Chroniques du Monde Émergé.

mardi 10 juillet 2018

La Guerre des Clans I,1 : Retour à l'état sauvage

Titre : La Guerre des Clans I,1 : Retour à l'état sauvage
Auteur : Erin Hunter
Édition : PKJ
Pages : 306
Note : 3 / 5

Depuis des générations, fidèles aux lois de leurs ancêtres, quatre clans de chats sauvages se partagent la forêt.
Mais le Clan du Tonnerre court un grave danger, et les sinistres guerriers de l'Ombre sont de plus en plus puissants. En s'aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu'il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers...





Avis de Cyrlight



Retour à l'état sauvage est le tout premier tome de la longue saga La guerre des Clans. Tout commence avec Rusty, un chaton qui s'aventure dans la forêt et qui, après sa rencontre avec des chats sauvages appartenant au Clan du Tonnerre, décide de tourner le dos aux humains pour se joindre à eux.

Ce roman étant principalement destiné à un jeune public, il est très facile à lire. Le style est fluide et simpliste, parfois un peu répétitif, mais pas déplaisant pour autant. Ce qui est un peu plus compliqué, c'est de retenir les noms de la pléthore de personnages. Je me suis mélangée plus d'une fois, en particulier entre Nuage Gris et Nuage de Jais.

L'histoire séduira sans aucun doute ses plus jeunes lecteurs, car elle est sympathique, mais elle souffre d'une certaine monotonie. Il lui manque cette petite étincelle qui fait tourner avidement les pages et nous rend incapable de lâcher le livre. Les scènes s'enchaînent presque gentiment les unes à la suite des autres, et même s'il y a de l'action et des passages plus sombres, l'intrigue demeure relativement plate.

Le traître est rapidement démasqué, et j'ai d'ailleurs été agacée plus d'une fois par Nuage de Feu qui, chaque fois qu'il compte le dénoncer à Étoile Bleue, ne le fait pas, pour une raison ou pour une autre, si bien que le chat en question peut continuer à agir à sa guise.

Les personnages sont tout de même assez attachants dans l'ensemble, malgré un léger manichéisme. Celle qui se démarque le plus est Croc Jaune, car son caractère et son passé semblent plus mis en valeur que ceux des autres chats, ce qui lui confère un certain intérêt.

En conclusion, Retour à l'état sauvage est un roman qui se lit très aisément et qui en ravira plus d'un, mais qui ne marquera sans doute pas les esprits des lecteurs les plus exigeants.

dimanche 24 juin 2018

Dunkerque

Titre : Dunkerque
Auteur : Joshua Levine
Édition : HarperCollins
Pages : 384
Note : 2.5 / 5
L’espoir est une arme. La survie est une victoire.
Dunkerque, mai 1940 : plus de 300 000 soldats alliés échappent à l’armée allemande lors d’une évacuation maritime spectaculaire. L’histoire de ce sauvetage héroïque qui dura neuf jours – du 27 mai au 4 juin 1940 – et des soldats, marins, pilotes et civils qui y participèrent, est entrée dans la légende.
Cette opération que Churchill qualifia de « miracle » est ici racontée Joshua Levine, auteur de plusieurs livres d’Histoire devenus des best-sellers.
Enrichi de nouveaux témoignages de vétérans et de survivants, Dunkerque est le compte rendu fascinant à plusieurs focales (au sol, en mer et dans les airs) d’une glorieuse défaite qui mena les Alliés vers la victoire.



Avis de Cyrlight




Dunkerque est un roman historique, qui effectue le parallèle entre l'évacuation anglaise lors de la Seconde Guerre mondiale et le long-métrage éponyme réalisé par Christopher Nolan.

La mention « livre officiel du film évènement » affichée sur la couverture est quelque peu trompeuse. Pourquoi ? Je m'attendais tout simplement à lire une novélisation, alors qu'il s'agit d'une œuvre purement historique. Même si je conviens que cette erreur est due à mon inattention (j'aurais dû vérifier plus attentivement), j'ai vite grincé des dents.

Ce livre n'a beau compter que trois cents et quelques pages, c'est un pavé d'énumérations de lieux, de noms, de stratégies, de matériel militaire... J'ai beau m'intéresser à l'Histoire, ayant très peu de connaissances sur la Seconde Guerre mondiale, tout cela m'a paru indigeste.

À moins d'être vraiment passionné ou d'avoir déjà pas mal de notions, on oublie quasiment au fur et à mesure ce qu'on vient de lire, tant le contenu du texte est dense. Si on ne peut que louer le travail et les détails fournis par l'auteur, on peut aussi lui reprocher le caractère soporifique que son ouvrage. À cause de cela, on s'enlise dans la narration et on décroche peu à peu.

Venir à bout de Dunkerque m'aura demandé un temps considérable, et même à présent que je l'ai terminé, je ne suis pas certaine d'avoir retenu grand-chose, hormis un profond sentiment d'ennui. J'ai toujours été d'avis que la meilleure façon d'apprendre, c'est de le faire en se captivant pour son sujet, or cette lecture est tout sauf prenante.

Je mets la moyenne à ce livre, car il n'est tout de même pas dépourvu d'intérêt et saura sûrement en séduire d'autres mieux que moi.

mardi 19 juin 2018

Insaisissable T.3 : Ne m'abandonne pas

Titre : Insaisissable T.3 : Ne m'abandonne pas
Auteur : Tahereh Mafi
Édition : Michel Lafon
Pages : 398
Note : 2 / 5
Je suis insaisissable. Je veux t’appartenir. Je ne te fais pas confiance. Je m’en remets à toi. La terre tremble. Mon cœur aussi. Je leur serai fatale. Je te suis vitale. Le monde se meurt. Je meurs sans toi. Le Point Oméga a été détruit. La rébellion est écrasée et Juliette ignore si ses amis, ou même Adam, l’homme qu’elle aime, ont survécu. Sa volonté de renverser la dictature du Rétablissement n’en est que renforcée. Elle est prête à tout pour y parvenir, jusqu’à faire appel à son ennemi de toujours : Warner, le séduisant commandant du secteur 45. Tout les oppose, mais ils ne peuvent agir l’un sans l’autre, la survie de leur monde agonisant en dépend. Lui seul peut enseigner à Juliette comment maîtriser ses immenses pouvoirs… mais il attend d’elle bien plus encore.



Avis de Cyrlight




Dans Ne m'abandonne pas, Juliette a survécu à la balle tirée par Anderson grâce à l'intervention des jumelles et est désormais aux mains de Warner, qui la cache de façon à ce que son père ignore qu'elle est toujours en vie. Juliette, assoiffée de vengeance, n'a pas l'intention d'en rester là.

Commençons par les points positifs. J'ignore si c'est dû au fait qu'on s'y habitue au bout de trois tomes, mais j'ai trouvé le style un peu moins insupportable que dans les deux premiers. Voilà, c'est tout.

Les points négatifs, maintenant. Dans mes critiques des tomes 1 et 2, je comparais Juliette à Malicia (X-men). Pardonnez mon erreur, en fait, c'est Jean Grey. Elle a un potentiel illimité, elle sait tout faire, elle est indestructible... Bref, c'est une Mary-Sue en puissance.

À côté de cela, elle est toujours aussi égoïste. Elle apprend que tout le Point Oméga a été détruit, que des dizaines de personnes ont été massacrées, mais à aucun moment elle songe que si elle avait décidé de s'entraîner un peu au lieu de passer tout le second tome à pleurer sur son sort ou à taper la causette avec Warner, elle aurait eu les moyens de les protéger.

Parlons-en, de ces morts, d'ailleurs. Ou plutôt, n'en parlons pas, parce que c'est bien le problème : on s'en fiche. Tous les personnages qui ont plus ou moins joué un rôle dans Ne m'échappe pas sont toujours en vie, et je serais bien incapable de citer le nom d'une seule des victimes du Rétablissement. Je crois que le plus gros, c'est quand même James qui, malgré sa peur, a miraculeusement eu l'idée de fuir le Point Oméga. (Facilité scénaristique, quand tu nous tiens...)

Juliette sombre donc dans la soif de vengeance et la mégalomanie, puisqu'elle s'auto-proclame future dirigeante du secteur 45. Comment une fille qui a passé des mois coupée du monde, qui ne sait même pas ce qui s'y passe et qui n'a surtout jamais manifesté le moindre intérêt pour autre chose que sa petite personne peut-elle s'estimer digne de commander ? Elle n'y connaît strictement rien, et le pire, c'est que ça ne choque personne, pas même ceux qui auraient été bien plus compétents qu'elle pour cette tâche (Kenji, Castel...).

Je n'ai pas non plus aimé l'image donnée d'Adam dans ce tome. C'est à peine s'il ne passe pas pour le méchant, or si Warner a des excuses pour à peu près toutes les horreurs qu'il a pu commettre, il n'en demeure pas moins qu'il a tenté de le tuer, et ce dans d'atroces souffrances. Difficile d'attendre d'Adam qu'il ferme les yeux et oublie, pourtant c'est ce que tout le monde semble exiger de lui.

Quant à la bataille finale, à l'instar du tome 2, elle est expédiée dans les trente dernières pages. Presque pas d'action, donc, ce qui va de pair avec le développement de l'univers mis en scène par l'auteur, proche de zéro. En trois tomes, on n'a toujours aucune indication précise sur le monde, sur son état et sur les solutions que sa majesté Juliette va pouvoir mettre en œuvre pour l'améliorer. Mais après tout, qu'est-ce que ça peut faire ? Elle a gagné la guerre, elle file le parfait amour et tous ses amis sont vivants. On ne va pas en plus demander à l'histoire d'avoir de la profondeur, si ?

Vous l'aurez compris, Insaisissable est pour moi un échec monumental. Une héroïne insupportable, un scénario bancal, un contexte quasi-inexistant... Ce que j'en retiendrai essentiellement, c'est que plus on progresse dans la lecture et moins il y a de meubles à sauver. À bon entendeur...

mardi 5 juin 2018

Arena 13 T.3 : Le guerrier

Titre : Arena 13 T.3 : Le guerrier
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard
Pages : 368
Note : 2.5 / 5
Les habitants de Gindeen se sont débarrassés du Protecteur qui gouvernait Midgard au nom des djinns et ont repris le contrôle de leur ville avec l'aide des Genthai. Mais les habitants de Midgard vivent toujours dans la peur de Hob.
Les Genthai préparent une expédition de l'autre côté de la Barrière et proposent à Leif de les accompagner. Ce dernier accepte. Il sait que son père a déjà fait le voyage. Il voit dans cette excursion un moyen d'en apprendre plus sur les djinns. À son retour, il détruira Hob pour venger la mort de ses parents.
De son côté, Kwin, la jeune fille qu'il aime, livre son premier combat dans l'Arène 13 !



Avis de Cyrlight




Dans ce troisième tome d'Arena 13, on suit cette fois-ci Leif au-delà de la barrière et de Midgard, dans un monde gouverné par les Djinns. Pendant que Kwin reste à Gindeen pour mener ses premiers combats dans l'Arène, sous la tutelle d'Ada et de son père, son petit ami et un groupe de Genthai suivent une carte tracée autrefois par Math, afin d'en vérifier l'exactitude.

Après un premier tome qui m'avait très peu emballée et un second que j'avais au contraire adoré, j'ai été très déçue par Le guerrier et il m'est même arrivé de m'ennuyer à la lecture, en particulier lors du périple de Leif sur la terre des Djinns.

Au niveau de la forme, j'ai assez peu apprécié la nouvelle alternance de points de vue. Quand un récit est raconté par un narrateur interne, cela me dérange toujours beaucoup d'être ballotée d'un personnage à l'autre, comme cela avait déjà été le cas avec le tome 14 de L'Épouvanteur.

Au niveau du fond, nombreux sont les points qui m'ont dérangée à la lecture de ce roman. L'histoire se concentrant désormais essentiellement sur Leif et Kwin, les autres personnages sont assez négligés, comme Thrym et surtout Deinon, qui est presque inexistant, alors qu'ils occupaient une place majeure dans La proie.

Quant à la fin, elle m'a fait froncer les sourcils plus d'une fois. Tout d'abord, l'attaque de la citadelle de Hob m'a paru relativement confuse, par moments, sans parler du Gramangar qui me laisse dubitative dans son utilisation et son fonctionnement.

Le reste est expéditif. Le groupe censé garder la Roue se fait décimer (à se demander à quoi il servait, au final), les morts sont si incongrues ou si rapides (pour ne pas dire à peine mentionnées) qu'elles ne provoquent quasiment aucune émotion, et là où le combat opposant Hob à Leif avait été bien développé, celui contre Kwin est bouclé en quelques paragraphes.

Il y a tout de même quelques points positifs à mettre au crédit de ce livre. L'apparition des Djinns, évidemment, mais aussi Kwin, que je trouve plus supportable à chaque nouveau tome. Autre chose, même si ce n'est qu'un détail, j'ai apprécié qu'on puisse situer géographiquement Midgard. Avant ça, je ne me serais jamais doutée que l'histoire se passait en Nouvelle-Zélande.

En dépit de cela, Arena 13 : Le guerrier n'en demeure pas moins une grosse déception et j'espère sincèrement que la suite inversera la tendance, comme le tome 2 avait réussi à le faire.

mardi 6 mars 2018

Le porte-bonheur

Titre : Le porte-bonheur
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 380
Note : 3.5 / 5
Quand Logan, soldat en Irak, trouve par terre la photographie d'une femme, son premier réflexe est de la jeter. Il la garde pourtant, poussé par un curieux pressentiment. Dès lors, l'image de cette inconnue l'accompagne partout et étrangement Logan connaît une succession de chances incroyables. Des tables de poker aux champs de bataille, où il survit à un combat alors que ses meilleurs amis périssent, il semble protégé. La photo serait-elle son porte-bonheur ? À son retour dans le Colorado, il ne pense plus qu'à cette femme et à son mystère. Persuadé que la retrouver fait partie de son destin, il entreprend un périple à travers le pays. Et si le secret qu'elle détenait pouvait changer sa vie ?



Avis de Cyrlight




Le porte-bonheur, une romance signé Nicholas Sparks, met en scène un personnage du nom de Logan Thibault qui, en compagnie de son chien Zeus, traverse les États-Unis à la recherche d'une femme, celle-là même qui est représentée sur une photo qu'il a trouvée en Irak et qui est devenu son porte-bonheur.

Comme dans chacune de ses œuvres, la plume de Nicholas Sparks est fluide, simple et agréable, ce qui fait que ses histoires se lisent vite et bien, sans prise de tête. J'ai trouvé celle-ci un ton au-dessus de celles que j'ai déjà eu l'occasion de lire, à savoir La dernière chanson et Un choix.

Cette fois, l'histoire d'amour prend vraiment le temps de se mettre en place. Les personnages apprennent à se connaître et le lecteur les découvre au fil des pages, les prenant en sympathie. Logan, le soldat revenu d'Irak, Beth, la mère célibataire, Nana, la grand-mère qui ne manque pas de mordant, Ben et Zeus, qui nous offrent une belle amitié entre un humain et un animal... Ils ont tous ce petit truc qui fait qu'on s'attache à eux.

Le seul à faire exception est Keith Clayton, père de Ben et ex-mari de Beth. Jaloux, possessif, brutal, pervers... Il est très vite présenté comme l'antagoniste du roman et ses passages narratifs deviennent assez redondants, au bout d'un moment, puisqu'ils servent essentiellement à démontrer quel odieux personnage il est, ce qu'il est vite facile de deviner.

La fin est tout de même une surprise, puisqu'elle rompt avec cette vision manichéenne des bons confrontés au méchant Clayton, qui révèle un fond meilleur que celui qu'il présente tout au long du livre.

C'est donc une lecture agréable, avec une histoire bien développée et une conclusion touchante. S'il y a une lecture de Nicholas Sparks que je dois recommander, ce sera celle-là.

samedi 21 octobre 2017

Les proies

Titre : Les proies
Auteur : Thomas Cullinan
Édition : Rivages/Noir
Pages : 592
Note : 2.5 / 5
En pleine guerre de Sécession, un caporal nordiste échappe à un brasier et trouve refuge dans un pensionnat pour jeunes filles confédéré. Mais l'intrusion soudaine d'un mâle vient perturber la vie des huit femmes qu'abrite encore l'institution, huit recluses pétries de valeurs puritaines et de pulsions refoulées. Objet de tous les fantasmes, le soldat va s'employer à.. les incarner avec un art consommé de la manipulation, jusqu'à une nuit où tout bascule. Huis clos psychologique au suspense diabolique, ce roman sulfureux a été porté à l'écran une première fois en 1971 par Don Siegel, avec Clint Eastwood dans le rôle principal, puis par Sofia Coppola en 2017.




Avis de Cyrlight




Les proies est un roman historique, qui se déroule à l'époque de la guerre de Sécession. Le caporal McBurney, un soldat Yankee blessé lors d'une bataille dans le Sud, est découvert par Amélia, une fillette qui étudie à la pension Farnsworth. C'est donc là-bas qu'elle le ramène pour le soigner, dans cette demeure uniquement habitée par des femmes.

Commençons par le commencement. Le début est très long. Trop long. Chaque chapitre est narré du point de vue de l'un des personnages. Comme la narration est interne, on oublie vite qui est en train de parler et on se sent assez perdu. Les présentations sont très répétitives, puisque chaque protagoniste évoque les autres de son point de vue. Cela permet de découvrir les relations qu'elles entretiennent entre elles, mais une introduction plus condensée aurait été la bienvenue.

Ensuite, pour ce qui est de l'atmosphère, j'ai été très déçue. Le livre étant dépeint comme un thriller en huis clos, je n'ai pas trouvé cette angoisse palpable à laquelle je m'attendais. Tout au long de la première partie, nous avons affaire au Yankee qui se remet progressivement de sa blessure, soignée par la vénérable miss Martha, et qui embobine grâce à son talent de flatteur toutes les demoiselles et dames qui l'entourent.

Les hommes subissent souvent le reproche de ne pas penser suffisamment avec leur tête, mais les femmes mises en scène dans cet ouvrage peuvent essuyer la même critique. Quelques jolis mots, quelques compliments, de belles promesses et deux trois attouchements les jettent presque toutes aux pieds du caporal McBurney. De quoi lever les yeux au ciel face à tant de crédulité !

Si encore le soldat avait été charismatique, mais ce n'est pas le cas. Il ne cesse jamais de parler, encore et encore, sans la moindre élégance. Il en fait beaucoup trop pour paraître sincère, et ses bavardages incessants m'ont paru plus agaçants qu'envoûtants.

Les seuls personnages qui s'en sortent avec quelque honneur sont les deux benjamines, Amélia et Marie, probablement parce que leur jeunesse les protège des méfaits des hormones, et Emily qui, même si elle ne réussit pas toujours à tenir sa langue, sait garder la tête froide, ainsi que Mattie.

La passivité des autres m'a exaspérée. Comment miss Martha, qui semblait être la plus sage et la plus intransigeante de toutes, a-t-elle pu tolérer que le caporal demeure sous son toit après qu'il a visité une élève pendant la nuit ? Et comment, après avoir pris conscience de son instabilité, ont-elles pu continuer à le laisser agir à sa guise, alors qu'elles étaient huit face à un homme fraîchement amputé ?

Il faut attendre la fin pour qu'Amélia, qui avait pourtant beaucoup d'estime et aucun grief contre McBurney avant les derniers chapitres, prenne la situation en mains. C'est à se demander à quoi servent toutes les autres, y compris les adultes, puisqu'il faut qu'une fillette agisse pour que le problème soit enfin résolu.

Cette conclusion m'a néanmoins beaucoup plu, sûrement parce qu'Amélia était l'un des rares personnages que j'estimais, et que son acte n'a fait que lui donner plus d'intérêt encore, d'autant que c'est un revirement de situation assez inattendu.

J'ai aussi apprécié le développement du passé de certains personnages, comme celui d'Edwina, ou encore celui de miss Martha et de la relation plus que troublante qu'elle entretenait avec son frère, mais cela ne suffit hélas pas à effacer la déception que j'ai ressentie à la lecture de ce livre.

Des personnages peu appréciables, de nombreuses longueurs, l'absence d'angoisse et d'interminables dialogues, voilà ce que je retiendrai essentiellement de ce roman. Seule sa fin imprévisible contribue à le faire passer de médiocre à moyen.

vendredi 15 septembre 2017

Le cri de la terre

Titre : Le cri de la terre
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 2.5 / 5
1907. Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira, pionnière venue s’installer en Nouvelle-Zélande au milieu du xixe siècle, vit à Kiward Station, la ferme familiale. Son enfance insouciante prend fin à 12 ans lorsque ses parents, qui ne se sont guère occupés d’elle, décident qu’il est temps pour elle de devenir une lady. Gloria doit alors renoncer à son île paradisiaque et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat. Elle y dépérit. Même la présence de sa cousine Lilian ne parvient pas à la consoler. Son seul rêve : retourner dans son pays, celui du nuage blanc, avec l’espoir secret d’y retrouver Jack… Aussi, quand elle découvre que ses parents n’ont pas l’intention qu’elle rentre chez elle, Gloria décide-t-elle de prendre sa vie en main. Sans bien en mesurer tous les dangers, elle échafaude un plan… Comment résister à l’appel de la terre natale ?



Avis de Cyrlight




C'est avec Le cri de la terre que se conclut la trilogie du Nuage blanc. Après Gwyneira et Hélène, après Elaine et Kura, nous suivons la toute dernière génération de cette grande famille à travers les personnages de Gloria, Lilian et Jack.

Si les deux premiers tomes avaient des défauts évidents, ils sont encore plus marqués dans ce troisième opus. Un style toujours aussi horripilant en matière de répétition, des personnages secondaires toujours aussi négligés, et surtout un manque d'originalité encore plus flagrant.

Si Le pays du nuage blanc et Le chant des esprits partageaient des intrigues similaires, Le cri de la terre, quoique plus sombre, répète à l'identique le schéma de ses prédécesseurs. Deux héroïnes sont mises en scène, et sur les deux, l'une va s'en sortir relativement bien tout du long (Gwyneira/Kura/Lilian), tandis que l'autre affrontera malheur et douleur avant de connaître une fin plus heureuse (Hélène/Elaine/Gloria).

Jusqu'à présent, la densité de l'œuvre et ses nombreux personnages ne posaient pas de gros problèmes, mais cette fois, tout est plus brouillon. La chronologie est confuse, avec des allers et retours en arrière, et il n'est parfois pas aisé de se repérer dans le temps.

Même l'espace diffère beaucoup. L'histoire, jusqu'ici centrée en Nouvelle-Zélande, s'éparpille aux quatre coins du monde. Si cela permet de mettre en avant une sombre réalité historique (la Première Guerre Mondiale, et plus précisément Gallipoli), le lecteur habitué aux vastes pâturages des Canterbury Plains se sent dépaysé.

Quant aux personnages, ils souffrent toujours d'un manque de profondeur qui fait que l'on peine à s'attacher à eux. Charlotte, par exemple, m'a donné l'impression de n'être là que pour occuper l'intrigue de Jack jusqu'au retour de Gloria, même si ce sentiment a dû être quelque peu renforcer par la quatrième de couverture qui laissait présager une histoire entre ces deux personnages.

En parlant de cette jeune héroïne, d'ailleurs, ses choix ne semblent pas toujours très cohérents. Elle déteste la vie que ses parents lui imposent depuis qu'elle a quitté Kiward Station, mais pour y échapper, elle n'hésite pas à faire le choix de la prostitution, même si c'est d'abord avec un soupçon de naïveté. Ce qui m'a le plus déroutée, c'est que malgré la richesse de sa famille, elle n'a pas, à un seul moment, évoqué la possibilité de leur voler de l'argent ou n'importe quoi d'autre pour négocier une traversée.

Enfin, l'histoire entre Lilian et Ben est mièvre à souhait, digne d'un roman à l'eau de rose. Il n'y avait d'ailleurs aucun suspens de ce côté-là, puisque Sarah Lark a pour fâcheuse habitude de réunir ses personnages par miracle. Jusque-là, ils se retrouvaient par le plus grand des hasards à l'autre bout du pays, mais cette fois, c'est à l'autre bout du globe que réapparaît le soupirant de Lilian, rencontré en Angleterre.

C'est sans regret que s'achève cette trilogie du Nuage Blanc, car si les deux premiers tomes, sans être exempts de défauts, étaient plutôt agréables dans leur ensemble, la trame de celui-ci est attendue, dépourvue d'originalité, avec de plus grosses facilités scénaristiques que les précédents. Il était plus que temps que tout cela se termine !