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lundi 22 juillet 2019

Détective Conan T.3

Titre : Détective Conan T.3
Auteur : Gosho Aoyama
Édition : Kana
Pages : 177
Note : 3.5 / 5
A bord du bateau sur lequel ils partent en vacances, M. Mouri, sa fille Ran, et Conan se rendent vite compte qu’ils sont les seuls véritables touristes sur le navire qui a en réalité été réservé par une puissante famille, les Hatamoto. A la tête de cette famille, un vieux grand-père irascible semble en vouloir à tous les siens, au point de donner des envies de meurtre (et d’héritage, forcément) à la plupart de ceux-ci. Un soir, justement, le vieil homme est retrouvé baignant dans son sang. Tout porte à croire dans un premier temps que Takeshi, tout récemment marié à une fille de la famille (Natsue) et accessoirement issu d’une famille rivale des Hatamoto, est le coupable. Mais Conan, toujours l’œil en alerte, ne se contentera pas de cette supposition…


Avis de Cyrlight



Dans ce troisième tome du manga Détective Conan, Conan, Ran et Kogoro embarquent un peu par hasard à bord d’un bateau privé, qui ne tarde pas à se transformer en théâtre d’une série de meurtres. L’enquête est ouverte, et les déductions avisées du jeune Conan commencent à éveiller les soupçons de Ran.

Une lecture sympathique, à l’instar des deux précédentes, mais sans plus. Les enquêtes m’ont une fois de plus paru relativement simples à résoudre, et l’intrigue principale (celle des hommes en noir) n’a pas du tout été évoquée. Ce tome peut quasiment se lire indépendamment du reste, à l’exception de Ran, qui a des doutes sur la véritable identité de Conan.

Kogoro s’interrogeait déjà au sujet du prétendu garçonnet, et c’est maintenant autour de sa fille de se poser des questions. Ses gestes, son intelligence, sa façon de s’exprimer... Tout lui rappelle Shinichi, au point de croire de plus en plus à cette vérité pourtant improbable.

Dommage que cela soit si vite amené et si vite résolu, car il y avait matière à entretenir un mini-suspens sur un plus long terme. Au lieu de cela, j’ai le sentiment que les enquêtes vont se suivre et se ressembler (façon de parler), sans vraiment rien apporter de neuf. On m’a d’ailleurs mise en garde contre cela quand je me suis lancée dans la lecture du manga.

Enfin, je lirai tout de même quelques autres tomes, à l’occasion, car j’ai toujours beaucoup aimé Détective Conan, mais je n’en fais pas une priorité.

mardi 18 juin 2019

Tombquest T.1 : Le livre des morts

Titre : Tombquest T.1 : Le livre des morts
Auteur : Michael Northrop
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 310
Note : 3.5 / 5
Alex, 12 ans, souffre depuis sa petite enfance d'une maladie qui lui provoque de violentes crises. Pour ne pas l'inquiéter, il évite de trop en parler à sa mère, le Dr Maggie Bauer, spécialiste en égyptologie et conservatrice au Museum of Arts de New York. D'autant qu'elle a d'autres chats à fouetter : elle travaille d'arrache-pied à une grande exposition consacrée aux neuf formules funéraires perdues du Livre des Morts. Ces mystérieuses formules antiques sont censées être d'une puissance extrême ; selon certains, elles auraient même le pouvoir de ressusciter les morts. Or, tandis qu'il arpente les allées de l'expo, Alex est pris d'une crise gravissime. Il est transporté d'urgence à l'hôpital, et son coeur cesse de battre... avant de repartir. Sa mère, ne sachant que faire, tente de lire l'une des formules funéraires... et Alex revient à la vie. Dès lors, d'étranges événements se produisent dans le musée, et bientôt, le Dr Bauer disparaît !


Avis de Cyrlight



Ce premier tome de Tombquest, Le livre des morts, nous introduit dans l’univers du héros, Alex Sennefer, un jeune garçon de onze ans atteint d’une grave et mystérieuse maladie. Sa mère, employée du MET et responsable de l’exposition sur l’Égypte antique, n’hésite pas, pour le sauver d’une mort certaine, à utiliser de puissants sortilèges, qui ne seront pas sans conséquence.

J’ai bien aimé ce début de saga. Le décor plus ou moins égyptien dans lequel les personnages évoluent m’a agréablement rappelé La boutique des cartes perdues (Ulysse Moore), mais aussi l’époque où je me passionnais moi-même pour l’Égypte antique.

J’ai été heureuse de retrouver certaines légendes, comme la pesée des âmes, et d’en découvrir de nouvelles. Cet aspect du livre est vraiment très intéressant, et j’ose espérer qu’il sera encore plus développé dans les tomes suivants.

Les personnages sont attachants. Cela m’a paru original de commencer l’intrigue avec un protagoniste malade au point que son état l’handicape dans ses activités du quotidien. C’était même audacieux, dans un roman qui annonçait tant de péripéties, mais ce point-là est ensuite rayé du livre. Dès l’instant où Alex sort de l’hôpital, il est au sommet de sa forme.

Ren est sympathique, à la fois indispensable et en retrait. Indispensable pour son pragmatisme, elle a toujours d’excellentes idées et apporte bon nombre de solutions, et en retrait car, comme elle ne manque pas de le souligner elle-même, elle se sent un peu inutile à côté des amulettes d’Alex et du docteur Todtman. Quant à ce dernier, j’ai apprécié qu’il nous mène dans un premier temps sur une fausse piste.

L’histoire se lit quant à elle agréablement. Elle est peut-être un peu rapide, mais surtout, elle fourmille de zone d’ombres qui donne envie de lire la suite pour en apprendre davantage sur les sombres actions de l’Ordre et les mystères qui entourent la disparition de la mère d’Alex. Aucun doute aussi que ses origines, du côté de son père, seront également éclaircies tôt ou tard.

En somme, c’est un roman entraînant, destiné à la jeunesse mais tout de même assez sombre, avec beaucoup d’action, de rebondissements et de suspens. Une bonne lecture, donc, que je recommande.

vendredi 14 juin 2019

La dernière énigme de Léonard de Vinci

Titre : La dernière énigme de Léonard de Vinci
Auteur : Christine Féret-Fleury
Édition : Auzou
Pages : 332
Note : 4 / 5
Milan, Renaissance : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l'hermine.
De nos jours : Léonard, un adolescent, reçoit un mail lui enjoignant de rechercher ce tableau. Or ce message provient de son grand-père... enterré le jour-même. Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau.
Une enquête passionnante mais périlleuse...



Avis de Cyrlight



La dernière énigme de Léonard de Vinci est roman jeunesse, dont le héros porte le nom de l’illustre peintre de la Renaissance. Après la mort de son grand-père (un autre Léonard), il reçoit un mystérieux mail signé de sa main, qui lui conseille de se lancer sur la piste du tableau La dame à l’hermine.

Merci à Babelio et aux éditions Auzou de m’avoir offert ce livre dans le cadre d’une masse critique. Avant d’entamer ma lecture, je dois avouer que j’étais partagée. J’avais très envie de me plonger dans cette histoire et, paradoxalement, j’appréhendais ce que j’allais découvrir.

Je suis passionnée par la Renaissance italienne, et je craignais de trouver dans une œuvre de littérature jeunesse un portrait quelque peu... édulcoré de cette période qui était loin d’être toute rose. Eh bien, agréable surprise, ce n’est pas du tout le cas !

D’un autre côté, cela m’a également interloquée. Je ne crois pas avoir vu d’âge recommandé quelque part sur la couverture ou à l’intérieur du livre, aussi m’attendais-je à lire une histoire destinée à n’importe quel public (ou au moins à partir de 11-12 ans). Or, si je suis maintenant habituée, de par mes autres lectures, à entendre parler de bâtardise, de sodomites, etc..., je pense qu’en début d’adolescence, cela m’aurait quelque peu choquée, raison pour laquelle je conseillerais plutôt ce roman à un public ayant déjà une certaine maturité (ou n’étant pas facilement troublé).

Venons-en à l’histoire, que je décrirais comme un savant mélange entre Da Vinci Code (Dan Brown) et La jeune fille à la perle (Tracy Chevalier). Dans le présent, Léo se lance dans une sorte de jeu de piste qui est censé le conduire à la véritable Dame à l’hermine, tandis que dans le passé, on fait connaissance avec le modèle, la belle Cecilia, et on assiste à la conception de son portrait sous le pinceau de Léonard de Vinci.

Même si j’ai bien aimé le roman dans son ensemble, j’ai préféré la partie qui se déroule au XVème siècle. Cecilia, l’amante bientôt répudiée de Ludovic(o) Sforza, est touchante, et Leonardo est un personnage fascinant à suivre. Il correspond bien à l’image que j’ai déjà eu l’occasion de me faire de lui. En revanche, je me suis moins attachée à Léo, Janka et son entourage. Ils sont sympathiques, mais sans plus. Peut-être auraient-ils mérité d’être un peu plus développés.

La fin est assez rapide. La recherche de La (véritable) dame à l’hermine est plutôt superficielle, et même quand Léo et Hester font les « lièvres » à travers Cracovie, c’est difficilement crédible. Ils se contentent de se promener au hasard dans les rues, aussi comment peuvent-ils duper quiconque en prétendant être en quête d’un tableau perdu ?

Cela fonctionne pourtant, peut-être parce que, comme on le découvre à la fin, ledit tableau n’était pas le véritable enjeu de l’intrigue, et surtout parce que l’on se doute très vite de ce qu’il est advenu de lui. M’enfin, j’ai tout de même trouvé cela dommage que l’intrigue se conclut si vite.

Il s’agit néanmoins d’un très bon roman dans l’ensemble, avec lequel j’ai passé un agréable moment. Je le recommande chaudement.

mercredi 12 juin 2019

Arsène Lupin, L'aventurier T.3 : L'aiguille creuse

Titre : Arsène Lupin, L'aventurier, T.3 : L'aiguille creuse
Auteur : Takashi Morita
Édition : Kurokawa
Pages : 250
Note : 3 / 5

Le comte de Gesvres est victime d’un vol. En s’enfuyant, le chef des voleurs est touché par une balle de fusil. Beautrelet, lycéen détective amateur, résout petit à petit les énigmes qui entourent cette affaire et parvient à retrouver la route empruntée par les voleurs. Quelle vérité se cache donc derrière ces événements ? Un tir de fusil qui donne le signal du début d’une enquête magistrale !




Avis de Cyrlight



L’aiguille creuse est le troisième tome issu du manga Arsène Lupin : L’Aventurier, et contrairement aux deux précédents, l’intrigue ne se clôture pas à la dernière page : elle se décline en trois parties. Dans la première, il est question d’un vol, d’un meurtre, et surtout de la blessure par balle du célèbre gentleman cambrioleur, qui, blessé, disparaît mystérieusement dans l’enceinte de la propriété qu’il est venu voler.

Mon avis n’a toujours pas changé sur ce manga : j’adhère moyennement. Je n’accroche pas spécialement aux personnages, aux intrigues encore moins... Il faut toutefois reconnaître que le suspens final m’incite malgré tout à conclure la série, afin d’avoir le fin mot de l’histoire.

L’histoire... Je dois reconnaître que j’ai du mal à comprendre où veut nous emmener le mangaka, pas spécialement dans ce tome, mais de manière générale. Je m’explique. Au début, dans Le diadème de la princesse de Lamballe, Lupin est présenté comme un aventurier (mention d’ailleurs présente dans le titre), il est vaguement question de son passé et de son enfance, avec sa nourrice, puis...

Plus rien. Ces pans-là sont totalement laissés de côtés dans La lampe juive, où Lupin n’est que peu présent. Au final, on connaît bien mal le personnage, hormis le fait qu’il agisse généralement pour le mieux en dépit de ses méthodes désapprouvées par la loi.

Et voilà que tout au long de cette première partie de L’Aiguille creuse, il se retrouve entre la vie et la mort. Des gens sont visiblement prêts à tuer pour lui, à le venger s’il devait mourir, mais tout ce qui gravite autour de lui est très flou, du fait du peu d’informations que l’on possède à son sujet. À l’exception du premier tome, on a bien plus suivi l’inspecteur Ganimard, Herlock Sholmès, et à présent le petit nouveau, Isidore Beautrelet, alors que Lupin demeure une énigme.

Tout au long de ma lecture, j’ai eu le sentiment qu’il manquait quelque chose, qu’on ne connaissait pas assez Lupin pour être vraiment frappé par la mort qui rôde autour de lui. Et paradoxalement, je me dis qu’il y aura forcément une explication, que cela ne peut pas finir ainsi, déjà parce qu’il s’agit d’Arsène Lupin, et surtout que cela n’aurait aucun sens.

Bref, je suis très dubitative. Peut-être interpréterais-je ce manga différemment si j’avais lu l’œuvre originale de Maurice Blanc, mais ce n’est pas le cas. Il faut voir le point positif, cependant : cela me donne envie de m’y intéresser. Quant à la suite d’Arsène Lupin : L’aventurier, eh bien... Si l’occasion se présente, je pense que je la lirai. Sinon, je l’ignore.

mercredi 8 mai 2019

Détective Conan T.2

Titre : Détective Conan T.2
Auteur : Gosho Aoyama
Édition : Kana
Pages : 177
Note : 3.5 / 5


Conan fait sa rentrée à l'école primaire. Il résout plusieurs enquêtes : la grande fête du feu, le casse des 100 millions et la maison hantée avec les Détectives-Boys.

C'est la rencontre avec Ayumi, Genta et Mitsuhiko. C'est également, la première affaire où Conan retrouve les hommes en noir.




Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Détective Conan, on retrouve Shinichi Kudo sous sa nouvelle identité, celle d’un enfant de six ans, à laquelle il doit s’habituer. Cela implique notamment de multiplier les ruses pour résoudre des enquêtes sans se trahir et... retourner à l’école.

Le rire et le sang se côtoient dans ce volume. Kogoro et les condisciples de Conan offrent quelques passages légers, voire drôles, tandis qu’en parallèle, on assiste à des meurtres particulièrement sordides, ainsi qu’à leur résolution. Un équilibre appréciable, qui évite de trop plonger dans la noirceur.

Les enquêtes se suivent et ne se ressemblent pas. J’ai apprécié qu’il soit de nouveau question des « hommes en noir », même si, malheureusement, on n’en apprend pas davantage à leur sujet.

En revanche, si j’avais trouvé les déductions de Shinichi un peu trop élaborées dans le premier tome, cette fois, c’est plutôt le contraire. En effet, les affaires m’ont paru relativement faciles à élucider, et pour chacune d’elles, j’avais globalement compris le fin mot de l’histoire bien avant le protagoniste. J’ai même trouvé que tous mettaient presque trop longtemps à réagir pour la « fille éplorée ».

Je dirais pour conclure que ce manga est sympathique dans son ensemble, mais qu’il est cependant loin d’avoir la profondeur et le potentiel d’un Death Note ou d’un Moriarty. Lecture agréable donc, mais pas transcendante.

jeudi 18 avril 2019

Détective Conan T.1

Titre : Détective Conan T.1
Auteur : Gosho Aoyama
Édition : Kana
Pages : 182
Note : 3.5 / 5
Shinichi Kudo est élève de première au lycée Tivedétec. Pour avoir résolu plusieurs enquêtes difficiles, beaucoup le considèrent comme « l'aide la plus précieuse que la police pouvait espérer ». Un jour, alors que Shinichi se baladait avec sa petite amie Ran Mouri, il fait la rencontre d'hommes étranges vêtus de noir. Par curiosité et intuition, Shinichi les suit et comprend que ce sont des maîtres chanteurs. Découvert, on lui fait boire un poison expérimental pour le faire taire et l'effet est inattendu... : il rajeunit. Shinichi, aidé par son voisin le Dr Agasa, inventeur génial et farfelu, décide de partir à la recherche de l'organisation secrète dont il a été victime. Il cache sa véritable identité sous le pseudonyme de Conan Edogawa, et se réfugie chez Ran, dont le père est détective.


Avis de Cyrlight



Dans ce premier tome de Détective Conan, on fait connaissance avec Shinichi Kudo, un jeune lycéen particulièrement intelligent qui aide souvent la police à résoudre des crimes (et sans qui, selon les rumeurs, elle serait totalement perdue). Sa curiosité naturelle lui coûte cependant chère lorsque, en voulant enquêter sur de mystérieux hommes en noir, il est contraint d’ingérer une drogue qui lui rend le corps qu’il avait à six ans.

Comme l’indique le pseudonyme que Shinichi prend en rajeunissant, Conan (en référence à Arthur Conan Doyle), ce manga regorge de clins d’œil à Sherlock Holmes, ne serait-ce que dans la facilité déconcertante du protagoniste à résoudre toutes les énigmes qui s’imposent à lui.

L’histoire ne fait pas dans la dentelle, avec des cadavres décapités et des scènes particulièrement violentes, pourtant elle n’est pas que sombre. Elle dispose aussi de passages plus légers qui prêtent à sourire, notamment lorsque Shinichi, devenu Conan, tente désespérément d’attirer l’attention des adultes. Nul n’a que faire de l’avis d’un enfant, une claque pour lui qui était unanimement sollicité avant cela.

Ayant découvert l’univers de Détective Conan grâce à la série animée, je dois avouer que j’ai eu un peu de mal avec la traduction française de certains noms, et je pense que même au bout d’une centaine de tomes, je ne parviendrai pas à m’habituer à l’inspecteur « Maigret », au lieu de Megure.

Dans l’ensemble, ce manga offre un début prometteur. La résolution des enquêtes évoque peut-être un peu trop Sherlock Holmes, mais l’intrigue générale, celle du rajeunissement de Shinichi et des mystérieux hommes en noir, incite à vouloir connaître la suite.

vendredi 12 avril 2019

Douze minutes avant minuit

Titre : Douze minutes avant minuit
Auteur : Christopher Edge
Édition : Flammarion
Pages : 332
Note : 3 / 5
Londres, 1899.
Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d'étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau.
Pénélope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le frisson illustré, et auteur d'histoires terrifiantes, décide d'enquêter.
Bientôt prise au piège dans une véritable toile d'araignée, Pénélope regarde d'un œil angoissé les minutes s'écouler : chacune d'elles la rapproche du vénéneux complot qui se prépare....


Avis de Cyrlight



Douze minutes avant minuit est un roman de littérature jeunesse qui raconte l’histoire de Penelope Tredwell, auteur à succès d’histoires d’horreur qui se dissimule sous le pseudonyme de Montgomery Flinch. Lors des apparitions publiques de l’écrivain, c’est un acteur qui endosse son rôle, et il ne tarde pas à être convoqué pour résoudre l’étrange affaire qui se déroule dans un asile.

Le livre commence plutôt bien, avec une écriture fluide, le secret de l’héroïne à protéger et surtout une énigme à résoudre. Le seul point qui m’a dérangée dès le début, c’est l’âge de Pénélope. Comment, à treize ans, peut-on être à la fois éditrice, rédactrice-en-chef et surtout écrire des histoires qui feraient pâlir Arthur Conan Doyle (qui est également un personnage du livre) ? Sans parler du talent qu’elle dévoile plus tard, celui d’être aussi une experte en dissection. C’est trop gros pour être crédible.

En dépit de cela, j’ai apprécié que son jeune âge mette en avant la condescendance des adultes, qui l’ignorent la moitié du temps et se montrent odieux avec elle l’autre moitié. Il a va de même avec Alfie, alors que ce sont eux qui, en dépit des obstacles, vont littéralement démêler la toile dans laquelle Londres est engluée.

Le scénario en lui-même est relativement addictif, mais malheureusement très prévisible. On sent venir chaque rebondissement à l’avance, si bien que pour le suspens, on repassera. L’histoire se lit malgré tout, du moins jusqu’à la fin, qui part complètement en quenouille.

Si, jusqu’à un certain point, l’explication concernant la folie des patients de Bedlam pouvait paraître crédible, le dernier rebondissement est complètement tiré par les cheveux (ou par le fil de la toile), et fait perdre tout réalisme à l’histoire.

Attention, spoilers ! Déjà, pourquoi Penny n’a-t-elle pas réagi au moment où le champagne a été servi ? À défaut de convaincre les autres de ne pas boire, elle aurait pu en persuader Monty et son tuteur. Ensuite, que la Veuve Noire soit capable d’hypnotiser toute une foule à l’aide de son poison, c’est une chose, mais que cette foule soit ensuite capable d’envoûter le reste de la ville à travers leurs écrits, cela me semble peu cohérent. Enfin, la connexion plus ou moins télépathique qui relie toutes les victimes du complot me semble également abracadabrante.

D’ailleurs, comment se fait-il que Barrett ait échappé à la folie ? En tant que journaliste, et ne serait-ce même que par curiosité, il aurait dû lire l’un des magazines en même temps que le reste des habitants de Londres. Quant à la défaite de la Veuve Noire, elle est beaucoup trop rapide et facile à mon goût. Fin des spoilers !

Enfin, il est difficile de s’attacher aux personnages. Penny est une Mary-Sue en puissance : elle sait tout, comprend tout et est douée dans tout ce qu’elle entreprend. Même Barrett, qui aurait pu se révéler intéressant, redevient un parfait crétin dans les dernières pages (d’ailleurs, en ce qui le concerne, le hasard fait bien les choses...). Seuls Alfie et Monty sont un peu plus sympathiques que les autres.

Douze minutes avant minuit est donc un roman qui commence bien, mais qui s’enfonce au fil des chapitres dans un scénario de plus en plus moyen et décevant. J’ai vu qu’il y avait une suite, mais à cause de cela, je ne suis pas tentée de la lire.

mardi 2 avril 2019

Sherlock, Lupin & moi T.4 : La cathédrale de la peur

Titre : Sherlock, Lupin & moi T.4 : La cathédrale de la peur
Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse
Pages : 288
Note : 4 / 5
La famille d'Irene s'est installée en Normandie, à Evreux. Peu de temps après son arrivée, Irene est abordée par une femme étrange, qui lui révèle précipitamment que sa mère est en danger, avant de disparaître.
S'ensuit une série d'évènements tous aussi alarmants, qui laissent Irene, Sherlock et Arsène sur leurs gardes. Leur enquête les mènera dans une crypte secrète, cachée sous les pavés parisiens, sur la piste d'une relique ancienne gardée comme un trésor.
Les secrets de la Ville Lumière n'attendent que notre trio de jeunes détectives !


Avis de Cyrlight



Les trois apprentis enquêteurs reprennent du service dans le quatrième tome de Sherlock, Lupin & moi : La cathédrale de la peur. De retour en France, Irene s’installe à Évreux avec son père et sa mère souffrante quand elle est contactée par une mystérieuse femme, qui semble bien connaître sa génitrice.

Pour être tout à fait franche, et en dépit de la grande affection que je porte à cette saga depuis le début, j’ai été un peu déçue par ce tome. L’intrigue était pourtant prometteuse : une enquête en lien avec les origines d’Irene, un fragment de carte, une relique aux vertus légendaires, une société secrète, des souterrains...

Et rien. C’est là où le bat blesse, justement. Plus l’enquête avance et moins elle est à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer. Peut-être me suis-je laissée abuser par le fait que le scénario m’évoquait beaucoup le film Arsène Lupin (2004), avec les cathédrales, la constellation, le trésor caché au bout de l’énigme... Je m’attendais donc à quelque chose de beaucoup plus sombre, or l’antagoniste se révèle dépourvu du moindre charisme, et le dénouement de ce mystère est finalement bien trop simple.

Autre source de déception : les origines d’Irene. Elle n’a jamais caché, dans sa narration, que ses parents n’étaient pas ses parents, et cela fait donc quatre tomes que l’on guettait l’instant où l’on en saurait plus à ce sujet. Or, là encore, on se heurte à un gros rien. Enfin, pas rien du tout, puisque Irene fait enfin la connaissance de sa mère biologique, mais cela ne va pas plus loin. On n’assiste à aucun dialogue, aucune explication... Ce sera sans doute pour les tomes suivants, étant donné qu’il y en a beaucoup de prévus, mais cela nous laisse tout de même sur notre faim.

Il y a tout de même des points positifs à retirer de cette histoire. Le triangle formé par Irene, Sherlock et Lupin s’approfondit, sans pour autant empiéter démesurément sur l’intrigue, la mère d’Arsène fait une apparition plutôt bienvenue, et Horatio se révèle de plus en plus sympathique. J’ai beaucoup aimé ses manigances avec les deux garçons, ainsi que les subtils sous-entendus qu’il ne manque jamais de faire à Irene (ou les livres qu’il lui fournit en cachette).

Autre fait appréciable, les difficultés auxquelles sont confrontés les trois protagonistes, qui nous rappellent à juste titre qu’en dépit de leur intelligence et de leur ingéniosité, ils n’en restent pas moins des enfants. Leur génie est impuissant face à des armes à feu, et la fuite s’avère souvent la meilleure solution.

Enfin, j’ai adoré les clins d’œil à une autre œuvre de Pierdomenico Baccalario, La ville du vent, troisième tome de la saga Century. Au début, j’aurais pu songer à une simple coïncidence avec l’auberge de L’Alchimiste, mais lorsque l’antagoniste se présente sous le nom d’Ermete, je n’ai pu m’empêcher d’esquisser un large sourire.

Un peu déçue par ce tome, donc, mais ne vous méprenez pas : Sherlock, Lupin & moi n’en demeure pas moins une excellente saga, et il me tarde déjà de poursuivre l’aventure en compagnie de ces trois adolescents, afin d’en découvrir (enfin) davantage sur la vraie famille d’Irene.

vendredi 29 mars 2019

Arsène Lupin, L'aventurier T.2 : Contre Herlock Sholmès : La lampe juive

Titre : Arsène Lupin, L'aventurier, T.2 : Contre Herlock Sholmès : La lampe juive
Auteur : Takashi Morita
Édition : Kurokawa
Pages : 255
Note : 3 / 5

Le détective Herlock Sholmès reçoit un jour de la part d'un baron une demande d'enquête pour retrouver l'auteur d'un vol dont il a été victime. En parallèle, Lupin va user de tous les stratagèmes pour tenir Sholmès à distance de l'enquête. Les deux cerveaux vont ainsi s'affronter dans l'affaire de la lampe juive !




Avis de Cyrlight



Dans ce second tome d’Arsène Lupin, L’aventurier, le célèbre gentleman cambrioleur se confronte à celui qui est à la fois son rival et idole, Herlock Sholmès. L’enquête se déroule à Paris, sur les rives de la Seine, mais l’affaire, plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord, ne se limite pas à un simple vol...

Je n’avais pas été particulièrement séduite par le premier tome de ce manga, et je crains que le second ne m’ait pas davantage conquise. Il y a pourtant des éléments qui m’ont bien plu, notamment la relation ambiguë entretenue par Sholmès et Lupin (qui oscille entre admiration et rivalité, soif de victoire et volonté d’épargner l’autre...).

Malheureusement, c’est à l’œuvre dans son ensemble que je n’arrive pas à accrocher. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement fan du genre policier, mais cela ne m’a pas empêché d’adorer la série Sherlock, ou encore l’excellente saga Sherlock, Lupin & moi (Irene Adler). Or, en l’occurrence, ça bloque.

Déjà, j’ai du mal avec les dessins. Ils sont pourtant très réussis dans l’ensemble, mais c’est au niveau des visages que le bat blesse. Avec ses oreilles et son menton pointus, Herlock m’a fait l’effet d’un horrible croisement entre un elfe et un gobelin, tandis que Lupin, avec son regard dément et ses canines acérées a des airs de vampire.

Qui plus est, leur personnalité n’est pas très attachante. Bien que Lupin soit finalement du bon côté de la morale (à défaut d’être de celui de la loi), sa nonchalance et son talent sont altérés par ce côté fou qu’il possède. On a plus l’impression d’avoir affaire à un être dérangé qu’à un véritable génie sûr de lui.

Quant à Sholmès, en dépit de sa grande intelligence, je n’ai pas apprécié ses nombreux coups de sang. Il s’énerve pour un oui ou pour un non, passe son temps à hurler et semble ne pas apprendre de ses erreurs, puisque même dans les dernières pages, il songe d’abord à arrêter Lupin avant de se laisser ramener à la raison par lui.

L’enquête en elle-même est intéressante à suivre, mais peut-être un peu trop rapide, notamment dans les passages d’action qui s’enchaînent très vite. On n’a pas vraiment le temps d’entrer dans l’histoire, ni même de s’impliquer dans le scénario (ce qui ne m’a paradoxalement pas empêché de deviner très vite qui était lié à Bresson).

Bref, cette version manga d’Arsène Lupin est correcte dans l’ensemble, et séduira probablement les fans du célèbre voleur, mais j’ai peur qu’elle ne soit pas pour moi. Je lirai le tome 3 car il est en ma possession depuis longtemps, mais je doute d’aller plus loin, à moins qu’il ne me fasse radicalement changer d’avis.

mercredi 12 septembre 2018

Lucifer Box T.1 : Le club Vesuvius

Titre : Lucifer Box T.1 : Le club Vesuvius
Auteur : Mark Gatiss
Édition : Bragelonne
Pages : 320
Note : 2.5 / 5
Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière. Une immersion étourdissante dans les arcanes d’un ordre occulte aux pratiques décadentes – et de ses secrets les plus sulfureux.




Avis de Cyrlight



Le club Vesuvius est le premier tome des aventures de Lucifer Box. Dandy le jour et agent secret au service de la couronne d’Angleterre la nuit, il mène une double vie, dans laquelle il multiplie les investigations et les conquêtes, aussi bien féminines que masculines.

À force de croiser le mot « steampunk » sur différents sites littéraires, j’ai décidé de m’y essayer, et voir le terme associé au nom de Mark Gatiss, le créateur de la série Sherlock, m’a convaincue de sauter le pas. Hélas pour moi...

Cette œuvre, malgré le potentiel qu’elle dégageait de prime abord, n’a pas réussi à me séduire. Le début était pourtant prometteur : un meurtre aussi nonchalamment exécuté qu’inattendu avait de quoi surprendre, dommage que cela n’ait pas continué dans cette voie.

La suite est plus convenue. On y suit une enquête plus ou moins intéressante, qui finit par éloigner Lucifer Box de l’Angleterre pour l’Italie, plus précisément la belle ville de Naples et son célèbre Vésuve. On se retrouve donc avec un roman d’espionnage, mais pour ce qui est du côté steampunk, j’en ressors assez perplexe.

Je ne peux faire aucune comparaison, puisqu’il s’agit de mon premier livre du genre, mais je n’ai guère retrouvé la définition qu’on m’en a fait dans ce roman. Hormis quelques éléments mécaniques dans les derniers chapitres, c’est surtout une histoire d’enquête qui se déroule au XXème siècle, sans plus.

Quant aux personnages, ils sont certainement le point le plus décevant du livre. Ils ne sont pas attachants, et surtout pas Lucifer Box, qui est tout bonnement insupportable avec sa condescendance, sa vanité et sa conviction que rien ne lui résiste (ce qui est le cas, qu’il s’agisse des gens ou des mystères à éclaircir).

Il n’y a que Bella qui lui cause quelques... difficultés qu’il ne voit pas venir, tout aveuglé qu’il est par son désir, mais elle n’apporte en revanche aucune surprise, car son apparition et ses réapparitions sont tellement peu subtiles qu’on se doute rapidement qu’elle a quelque chose en tête (et certainement pas ce que Lucifer espère).

Pour ce qui est du style en lui-même, il ne m’a guère emballé non plus. Quand j’ai vu l’immanquable référence à Sherlock (qui n’a pas entendu la voix d’Irene Adler résonner dans sa tête lorsque le protagoniste évoque ses pommettes ?), j’espérais retrouver un humour aussi fin et cynique que celui de la série, mais le roman est en réalité plutôt cru, ce qui n’est pas pour moi.

Déception donc que ce livre. Je me réessayerai probablement au steampunk un jour prochain, mais pour ce qui est des aventures de Lucifer Box, je préfère m’arrêter ici.

lundi 3 septembre 2018

Sherlock, Lupin & moi T.3 : L'énigme de la rose écarlate

Titre : Sherlock, Lupin & moi T.3 : L'énigme de la rose écarlate
Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse
Pages : 272
Note : 4.5 / 5
Veille de Noël 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin, et Irene Adler se prennent de passion pour une énigme publiée dans le Times. Sherlock ne tarde pas à découvrir que des coordonnées géographiques y sont dissimulées ! Lorsqu'un riche marchand est retrouvé mort dans le premier des lieux en question, nos trois amis comprennent vite que les coupables communiquent par l'intermédiaire du Times. Ils se rendent aussitôt à Scotland Yard pour prévenir la police mais on les congédie sans les écouter... Il ne leur reste plus qu'une chose à faire : mener l'enquête eux-mêmes ! Mais, après tout, n'est-ce pas ce qu'ils font de mieux ?



Avis de Cyrlight



Dans ce troisième tome de Sherlock, Lupin & moi, L’énigme de la rose écarlate, le trio se réunit une fois de plus pour mener l’enquête, intrigués cette fois-ci par un mystérieux problème d’échecs qui sera résolu par Sherlock Holmes, entraînant ses amis Arsène Lupin et Irene Adler sur la piste d’un meurtrier et d’une affaire vieille de plusieurs décennies.

Déjà conquise par les deux premiers romans, celui-ci ne m’a absolument pas déçue. Les enquêtes se suivent mais ne se ressemblent pas, car nous n’avons absolument pas l’impression d’assister à un schéma préconçu et répété de tome en tome. Qui plus est, l’intrigue générale semble se resserrer elle aussi, celle qui tourne autour des origines d’Irene, comme le laisse penser les dernières pages. Les réponses ne sont sûrement plus très loin.

Les personnages sont toujours aussi agréables, qu’il s’agisse du trio principal ou de M. Nelson, le majordome dévoué d’Irene. Un nouveau venu fait également son apparition dans L’énigme de la rose écarlate, le détective Field, dont le jeune collaborateur ne peut qu’intriguer. Même s’il est seulement nommé en toute fin de livre, on ne peut qu’espérer qu’il se manifeste un jour « en chair et en os » dans une prochaine histoire.

Il n’y a que deux points qui m’ont laissé une sensation légèrement négative, c’est l’arrivée presque miraculeuse de Lupin (parce qu’après tout, le titre n’aurait pas lieu d’être sans lui) et la réaction offusquée d’Irene quand il raconte le mauvais tour qu’il a joué et qui lui a valu de gagner assez d’argent pour fuguer jusqu’en Angleterre. Après toutes les frasques qu’ils ont déjà commises ensemble, la façon dont Irene est choquée paraît quelque peu exagérée.

Cela mis à part, ce tome est, à l’instar des deux précédents, absolument excellent. J’ai particulièrement apprécié la touche de réalisme lorsque le trio se présente à Scotland Yard et qui nous rappelle que, en dépit de leur intelligence, ils n’en sont pas moins des enfants, et que les enfants sont rarement pris au sérieux, même par des gens qui auraient mieux fait de les écouter.

Un bilan plus que positif, donc, pour L’énigme de la rose écarlate, mais surtout pour la saga en elle-même. Je n’ai qu’une hâte, avoir le quatrième tome entre les mains pour poursuivre les aventures de Sherlock, Lupin et Irene Adler.


Coup de ♥

mardi 8 mai 2018

Sherlock, Lupin & moi T.2 : Dernier acte à l'opéra

Titre : Sherlock, Lupin & moi T.2 : Dernier acte à l'opéra
Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse
Pages : 304
Note : 4.5 / 5
Septembre 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler sont ravis de se retrouver à Londres après leur été mouvementé à Saint-Malo. Mais une fois sur place, Lupin n'a pas le coeur à la fête. Et pour cause, son père, Théophraste, est accusé d'avoir assassiné le secrétaire d'un célèbre compositeur. Quand Ophelia Merridew, la fameuse cantatrice disparaît à son tour, c'en est trop pour les trois amis qui se jurent de trouver le coupable coûte que coûte... Des bas-fonds de Londres jusqu'aux coulisses de l'Opéra, nos détectives ne reculeront devant rien pour rétablir la vérité !



Avis de Cyrlight



Fini Saint-Malo, c'est cette fois-ci vers Londres que se dirige Irene Adler dans Dernier acte à l'opéra. À défaut d'avoir pu convaincre son épouse de les suivre, son père a décidé de l'éloigner de Paris, à cause de la guerre qui fait rage entre la France et la Prusse. Outre-Manche, elle retrouve non seulement son grand ami Sherlock Holmes, mais également Lupin.

Ce second tome est encore plus captivant que le premier. Les enjeux ont changé et le trio enquête désormais moins par envie que dans le but d'innocenter Théophraste, le père de Lupin, arrêté et accusé d'un meurtre sordide, que les adolescents vont devoir élucider.

En parallèle de l'enquête, le mystère s'épaissit autour des origines d'Irene. Si on sait déjà qu'elle a été adoptée, sa naissance semble cacher beaucoup de choses, ce qui promet le développement d'une fascinante intrigue secondaire sur le long terme.

L'histoire, en plus d'être écrite avec une fluidité parfaite, la rendant accessible à tous, dose parfaitement l'humour et les scènes plus sombres. Bien que ce livre soit avant tout destiné à un jeune public (mais dont les autres auraient tort de se priver), cela reste tout de même un polar, où l'action et le suspens sont au rendez-vous.

Le tout est globalement très addictif. Une fois lancé, difficile de reposer ce livre qui nous entraîne aux quatre coins de Londres, des endroits les plus prestigieux (l'opéra, l'hôtel d'Irene) aux plus malfamés, au rythme de l'enquête.

Ne connaissant pas (ou peu) les œuvres originales de Sherlock Holmes et d'Arsène Lupin, je doute d'avoir remarqué toutes les références, mais j'ai beaucoup ri lorsque Irene et le futur détective se retrouvent devant une certaine maison qui se situe au 221B Baker Street...

Encore un énorme coup de cœur pour ce second tome des aventures de Sherlock, Lupin & moi. C'est vraiment une œuvre excellente, accessible à tous et qui a pour seul défaut d'être trop vite terminée. En espérant que la suite soit d'aussi bonne facture.


Coup de ♥

samedi 7 avril 2018

Les Pâques du commissaire Ricciardi

Titre : Les Pâques du commissaire Ricciardi
Auteur : Maurizio De Giovanni
Édition : Rivages
Pages : 330
Note : 3.5 / 5
Une semaine avant Pâques, dans le Naples fasciste de 1932, une prostituée de luxe connue sous le nom de Vipera est assassinée dans un bordel de première classe, le Paradiso. Son dernier client jure qu’elle était bien vivante quand il l'a quittée, le suivant dit l'avoir retrouvé étouffée sous un oreiller. Alors que la ville s’apprête à célébrer en grande pompe la résurrection du Christ, le commissaire Ricciardi devra démêler un nœud d'avidité, de frustration, de jalousie et de rancune afin de résoudre l'énigme de la mort de Vipera.



Avis de Cyrlight




Vipera, la plus belle et la plus célèbre prostituée du Paradisio, a été retrouvée morte dans sa chambre. Dans un Naples partagé entre la liesse qu'inspire la célébration de Pâques et la crainte du régime fasciste de Mussolini, le commissaire Ricciardi et son partenaire, le brigadier Maione, mènent l'enquête.

J'ai été séduite par ce livre au premier coup d'œil, en raison de sa couverture basée sur l'une de mes peintures préférées. Je ne connaissais alors ni l'auteur ni son œuvre, ce qui m'a posé quelques soucis de compréhension au début, notamment à propos de la « Chose », qui m'a d'abord laissée perplexe, car je ne savais pas quel sens lui donner.

Quelques détails et descriptions supplémentaires auraient été les bienvenus, mais au bout de quelques dizaines de pages, j'ai fini par véritablement entrer dans l'histoire. À l'exception de Ricciardi qui m'a sensiblement laissée indifférente, j'ai apprécié la majorité des personnages (Maione, Modo... Et même Livia, qui ne m'a pourtant pas fait bonne impression à son apparition).

L'histoire peut se diviser en deux parties : l'enquête sur le meurtre de Vipera et les mésaventures du docteur Modo. Bien qu'il s'agisse avant tout d'un roman policier, j'ai préféré la seconde, car j'ai trouvé que les investigations du commissaire plafonnaient un peu.

C'est d'ailleurs le principal reproche que je ferais à ce livre. Pendant un long moment, tout le monde ou presque peut être coupable (d'ailleurs, les passages que je qualifierais d'introspectifs sèment sans cesse le doute), puis l'enquête est reléguée au second plan, avant qu'elle soit (trop) brusquement résolue. La solution de l'énigme tombe presque comme un cheveu sur la soupe, après que le scénario se soit concentré sur un autre pan de l'histoire.

L'écriture, en revanche, est le point fort de l'auteur : agréable, assez poétique, elle contraste (en bien) avec tous les autres romans policiers que j'ai pu lire jusqu'à présent. J'appréhendais de la vulgarité, à la vue du thème, mais cette crainte s'est avérée infondée, pour mon plus grand plaisir.

Je ne regrette pas d'avoir lu Les Pâques du commissaire Ricciardi, et je remercie d'ailleurs Babelio et les éditions Rivages de m'en avoir offert l'occasion, mais l'histoire ne m'a pas suffisamment emballée pour me donner envie de découvrir les autres tomes. Je conseillerai tout de même à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure de commencer par le début, par souci de compréhension.

vendredi 30 mars 2018

Sherlock T.1 : Une étude en rose

Titre : Sherlock T.1 : Une étude en rose
Auteur : Mark Gatiss / Steven Moffat / Jay
Édition : Kurokawa
Pages : 212
Note : 3.5 / 5
Rapatrié d'Afghanistan à cause d'une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l'époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire. D'un seul coup d'oeil, cette personne devine qu'il s'agit d'un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu'un de ses proches est victime d'alcoolisme ou encore qu'il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.



Avis de Cyrlight



Une étude en rose est l'adaptation manga du premier épisode de la série de la BBC, Sherlock, une version modernisée du célèbre personnage de Conan Doyle. L'histoire est celle de la rencontre de Holmes et de Watson, mais évidemment aussi d'une enquête à élucider, celle de mystérieux suicides.

Si vous avez déjà vu la série, ne vous attendez à aucune surprise, car le manga la reprend fidèlement. Si vous ne l'avez pas encore vu, rien ne vous empêche de lire cette œuvre, car elle est assez complète pour vous permettre de suivre aisément l'histoire.

Les dessins sont très beaux, très ressemblants par rapport aux acteurs, et les décors n'ont rien à leur envier. Le scénario est lui aussi fidèle et le seul point négatif qu'on pourrait reprocher à ce manga est de ne pas reprendre les dialogues à la lettre (ce qui est assez frustrant quand on connaît plus ou moins par cœur le matériau d'origine)

L'histoire en elle-même, pour ceux qui n'auraient pas vu l'épisode au préalable, est très plaisante, avec des touches d'humour agréables, du suspens et beaucoup de rebondissements, même si elle sert en priorité à introduire les personnages principaux (Sherlock, Watson, Lestrade, Mycroft, Mrs Hudson...) et l'intrigue générale (avec l'évocation finale du plus grand ennemi de Sherlock Holmes, dont l'ombre plane déjà).

On ne va pas se mentir, ce manga est un produit marketing destiné essentiellement aux fans de la série. Ce n'en est pas moins une réussite, car le travail réalisé dessus a été soigné et permet de se (re)plonger avec joie dans l'univers de Sherlock. Pas indispensable, mais sympathique.

vendredi 16 février 2018

Sherlock, Lupin & moi T.1 : Le mystère de la dame en noir

Titre : Sherlock, Lupin & moi T.1 : Le mystère de la dame en noir
Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse
Pages : 288
Note : 4.5 / 5
Été 1870, Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler font connaissance à Saint-Malo. Les trois amis espèrent profiter de leurs vacances en bord de mer, mais le destin leur a réservé une surprise. Un corps s'est échoué sur une plage voisine et les trois camarades se retrouvent au beau milieu d'une enquête criminelle. Un collier de diamants a disparu, le mort semble avoir deux identités et une silhouette fantomatique apparaît la nuit sur les toits de la ville. Trois détectives ne seront pas de trop pour résoudre l'énigme de Saint-Malo !



Avis de Cyrlight



Sherlock, Lupin & moi est une saga jeunesse qui met en scène le célèbre détective et le gentleman cambrioleur alors qu'ils sont adolescents, ainsi que ce fameux « moi », qui n'est autre qu'Irene Adler. Ce premier tome, Le mystère de la dame en noir, est celui de leur rencontre et de leur première enquête.

Comme la plupart des livres visant un jeune public, celui-ci est très facile à lire, avec une écriture fluide et accessible, mais pas pauvre pour autant, et surtout très agréable. Les chapitres se lisent vite, d'autant plus que l'histoire est vraiment très addictive.

Les personnages sont sympathiques et, bien qu'ils soient encore enfants, on distingue sans mal le caractère qu'on leur connaît à l'âge adulte : Sherlock et sa froide capacité de réflexion, Lupin dont le sourire arrive à charmer même à travers les pages d'un livre, Irene, aussi adorable qu'effrontée...

Évidemment, il ne faut pas s'attende à une intrigue digne d'un roman policier, car on en est loin. Heureusement pour moi, car je ne suis pas très fan du genre. L'enquête s'équilibre bien avec le développement des personnages, les liens qu'ils nouent entre eux... Ce qui est finalement le cœur même de l'histoire.

On pourrait peut-être reprocher aux auteurs un léger manque de description, mais une imagination débordante suffit à compenser. Ce roman est un véritable régal et les pages s'avalent avec gloutonnerie. Enfants comme adultes, je vous conseille de vous laisser séduire si vous souhaitez passer un bon moment. Un coup de cœur !


Coup de ♥

dimanche 31 décembre 2017

Anno Dracula

Titre : Anno Dracula
Auteur : Kim Newman
Édition : Le livre de poche
Pages : 380
Note : 3.5 / 5

Le roman part de l'hypothèse que Dracula est sorti vainqueur de l'affrontement avec le docteur Van Helsing et son groupe avant qu'il ne quitte l'Angleterre pour la Transylvanie. Il a tué Van Helsing, Quincey Morris et Jonathan Harker (les autres membres du groupe dont le docteur John Seward ont réussi à s'échapper). L'action est située en l'an 1888, alors que les meurtres de Jack l'Eventreur secouent Londres.





Avis d'Eli



Les romans d'horreur et moi, ça n'est pas une grande histoire d'amour. On peut même dire que ça ne m'a jamais beaucoup tenté, hormis certaines œuvres de Stephen King. Mais en tombant par hasard sur la couverture attrayante de ce roman, ma curiosité a pris le dessus. Après tout, pourquoi ne pas se laisser tenter par une suite alternative au Dracula de Bram Stoker ?

Ce n'est pas du tout décevant, bien que ça manque un peu de la profondeur que j'ai trouvée à l'œuvre de Stoker. Si on le prend comme un livre se suffisant à lui-même — au fond, c'est le cas, même si connaître les personnages centraux et les événements de Dracula est préférable —, c'est un récit divertissant et noir à souhait qui ne manque pas d'intérêt.

La reprise des meurtres historiques de Jack l'Eventreur est une très bonne idée. Même si ça commence à être du vu et revu, c'est très bien traité. Le fait que le lecteur sache dès le début qui est le tueur peut paraître étrange et décevant, puisque ça gâche le suspense. Mais au contraire, c'est un excellent choix de l'auteur ; on sait qui est le tueur, on le suit dans certains chapitres pour essayer de comprendre ses motivations etc., et c'est à mon sens ce qui est le plus intéressant dans le roman. Fait étrange, c'est sur mon personnage favori de Dracula que c'est tombé !

C'est d'ailleurs un plaisir de retrouver certains protagonistes de ce roman classique. Entre le vampire lui-même, l'ombre de Lucy Westenra qui plane sur tout le récit, le docteur Seward ou encore Arthur Holmwood, c'est très plaisant de réaliser comment ils ont changé depuis les événements du roman de Stoker. Chacun est traité plus ou moins en profondeur par l'auteur ; ce n'est pas facile de reprendre les personnages d'une œuvre qui ne nous appartient pas, mais il est possible de donner quelque chose de vraiment bon, et Kim Newman l'a fait.

L'ajout de deux personnages, auxquels on pourrait attribuer le rôle de protagonistes, permet de garder tout de même un œil extérieur sur le récit, au lieu de se focaliser sans cesse sur les personnages du roman d'origine. Charles et Geneviève sont d'ailleurs très agréables à découvrir tout au long du récit ; un espion pour le compte du Diogenes Club et une vampire au passé obscur qui unissent leurs forces contre le prince consort Dracula, ce n'est pas rien ! Leur histoire d'amour fonctionne d'ailleurs étonnamment bien, même si ça peut laisser dubitatif au début. Ils forment une bonne paire d'enquêteurs et parviennent non sans mal à découvrir la vérité sur Jack l'Eventreur.

Au niveau du style littéraire, c'est très plaisant à lire ; factuel, précis, pas de descriptions capillotractées et un certain cynisme. Rien de difficile ou d'inaccessible, donc, et ça permet de bien visualiser les scènes. Un peu trop bien parfois...

En effet, le point qui peut diviser est, à mon sens, la violence évoquée dans ce roman. Etant donné le sujet de l'histoire, c'est totalement compréhensible, mais le romancier s'y prend de manière très — peut-être bien trop — explicite pour décrire des choses d'une atrocité assez impressionnante. De même pour certaines scènes sexuelles qui n'apportent pas grand chose au récit, sinon une dose de cruauté supplémentaire. C'est un point qui, personnellement, ne m'a pas plu durant la lecture, mais qui peut très bien contenter certain(e)s.

En somme, Anno Dracula est un bon roman, savant mélange d'horreur, de policier, et de références à l'œuvre de Stoker. Deux suites ont paru, Le Baron rouge sang et Dracula Cha Cha Cha. Ce n'est néanmoins pas un titre à conseiller aux âmes sensibles.