Affichage des articles dont le libellé est angleterre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est angleterre. Afficher tous les articles

vendredi 12 avril 2019

Douze minutes avant minuit

Titre : Douze minutes avant minuit
Auteur : Christopher Edge
Édition : Flammarion
Pages : 332
Note : 3 / 5
Londres, 1899.
Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d'étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau.
Pénélope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le frisson illustré, et auteur d'histoires terrifiantes, décide d'enquêter.
Bientôt prise au piège dans une véritable toile d'araignée, Pénélope regarde d'un œil angoissé les minutes s'écouler : chacune d'elles la rapproche du vénéneux complot qui se prépare....


Avis de Cyrlight



Douze minutes avant minuit est un roman de littérature jeunesse qui raconte l’histoire de Penelope Tredwell, auteur à succès d’histoires d’horreur qui se dissimule sous le pseudonyme de Montgomery Flinch. Lors des apparitions publiques de l’écrivain, c’est un acteur qui endosse son rôle, et il ne tarde pas à être convoqué pour résoudre l’étrange affaire qui se déroule dans un asile.

Le livre commence plutôt bien, avec une écriture fluide, le secret de l’héroïne à protéger et surtout une énigme à résoudre. Le seul point qui m’a dérangée dès le début, c’est l’âge de Pénélope. Comment, à treize ans, peut-on être à la fois éditrice, rédactrice-en-chef et surtout écrire des histoires qui feraient pâlir Arthur Conan Doyle (qui est également un personnage du livre) ? Sans parler du talent qu’elle dévoile plus tard, celui d’être aussi une experte en dissection. C’est trop gros pour être crédible.

En dépit de cela, j’ai apprécié que son jeune âge mette en avant la condescendance des adultes, qui l’ignorent la moitié du temps et se montrent odieux avec elle l’autre moitié. Il a va de même avec Alfie, alors que ce sont eux qui, en dépit des obstacles, vont littéralement démêler la toile dans laquelle Londres est engluée.

Le scénario en lui-même est relativement addictif, mais malheureusement très prévisible. On sent venir chaque rebondissement à l’avance, si bien que pour le suspens, on repassera. L’histoire se lit malgré tout, du moins jusqu’à la fin, qui part complètement en quenouille.

Si, jusqu’à un certain point, l’explication concernant la folie des patients de Bedlam pouvait paraître crédible, le dernier rebondissement est complètement tiré par les cheveux (ou par le fil de la toile), et fait perdre tout réalisme à l’histoire.

Attention, spoilers ! Déjà, pourquoi Penny n’a-t-elle pas réagi au moment où le champagne a été servi ? À défaut de convaincre les autres de ne pas boire, elle aurait pu en persuader Monty et son tuteur. Ensuite, que la Veuve Noire soit capable d’hypnotiser toute une foule à l’aide de son poison, c’est une chose, mais que cette foule soit ensuite capable d’envoûter le reste de la ville à travers leurs écrits, cela me semble peu cohérent. Enfin, la connexion plus ou moins télépathique qui relie toutes les victimes du complot me semble également abracadabrante.

D’ailleurs, comment se fait-il que Barrett ait échappé à la folie ? En tant que journaliste, et ne serait-ce même que par curiosité, il aurait dû lire l’un des magazines en même temps que le reste des habitants de Londres. Quant à la défaite de la Veuve Noire, elle est beaucoup trop rapide et facile à mon goût. Fin des spoilers !

Enfin, il est difficile de s’attacher aux personnages. Penny est une Mary-Sue en puissance : elle sait tout, comprend tout et est douée dans tout ce qu’elle entreprend. Même Barrett, qui aurait pu se révéler intéressant, redevient un parfait crétin dans les dernières pages (d’ailleurs, en ce qui le concerne, le hasard fait bien les choses...). Seuls Alfie et Monty sont un peu plus sympathiques que les autres.

Douze minutes avant minuit est donc un roman qui commence bien, mais qui s’enfonce au fil des chapitres dans un scénario de plus en plus moyen et décevant. J’ai vu qu’il y avait une suite, mais à cause de cela, je ne suis pas tentée de la lire.

jeudi 4 avril 2019

Moriarty T.2

Titre : Moriarty T.2
Auteur : Ryôsuke Takeuchi / Hikaru Miyoshi
Édition : Kana
Pages : 204
Note : 4.5 / 5
Rien ne remue plus le coeur humain que la mort.
Alors que l'infanterie se prépare à débarrasser le pays d'un réseau de trafic d'opium, Albert apprend qu'une section spéciale est en passe d'être créée. Peu après, William, à peine arrivé à Londres, est attaqué par de mystérieux individus...
Pour rectifier tout ce qui ne tourne pas rond dans le pays, Moriarty développe une audacieuse stratégie, totalement inouïe : Le téâtre du crime !




Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Moriarty, on retrouve le personnage éponyme et ses frères, toujours prêts à tout pour réformer l’Angleterre et son système de classes, mais on fait également la connaissance d’un « nouveau » venu, qui n’est autre que Sherlock Holmes...

J’avais déjà bien aimé le premier tome du manga, et pourtant cela ne m’a pas empêché de préférer celui-là. Les idéaux profonds et les méthodes obscures des Moriarty s’accompagnent désormais d’une touche d’humour, apportée contre toute attente par le célèbre détective de Baker Street.

Pendant que James redouble d’ingéniosité pour faire tomber un trafic d’opium « par hasard » et s’emploie à transformer Londres en théâtre du crime, Sherlock, sur les conseils de Stanford et sous la colère de Mme Hudson, se met en quête d’un colocataire. Commence alors un défilé comique composé de vagabond et prostituée.

Si la partie du scénario se déroulant du côté de Baker Street est hilarante, on pourra néanmoins lui reprocher son manque d’originalité. En effet, ceux qui, comme moi, connaissent la série Sherlock (BBC) auront un léger goût de déjà-vu, tant les similitudes sont nombreuses.

En ce qui concerne les frères Moriarty, leurs projets sont bien amenés, et ils continuent à œuvrer pour ce qui leur semble être le plus grand bien à l’aide de procédés néanmoins douteux. Le bien et le mal se mélangent dans cette œuvre, qui continue sur ce point à m’évoquer Death Note et les actes discutables de Light Yagami.

Pour conclure, je dirais qu’il s’agit vraiment d’un très bon manga (encore meilleur qu’à ses débuts), et qu’il a le mérite de nous faire rire et réfléchir en même temps. J’attends la suite avec impatience pour voir comment James va faire de Sherlock l’antagoniste de son histoire.


Coup de ♥ 

dimanche 24 mars 2019

La maison aux secrets

Titre : La maison aux secrets
Auteur : Catherine Robertson
Édition : Charleston
Pages : 412
Note : 3.5 / 5
Depuis que son petit garçon a été renversé par une voiture, cinq ans auparavant, April Turner vit dans une sorte de pénitence. Elle s'est écartée de tout ce qu'elle aime et entend bien continuer son existence ainsi.
Lorsqu'une lettre lui parvient de la part d'un notaire anglais, l'informant qu'elle est l'héritière d'une propriété abandonnée en Angleterre, appelée L'Empyrée, la jeune femme tente de résister mais, intriguée, elle décide de quitter temporairement la Nouvelle-Zélande pour le vieux continent. Elle va rencontrer des habitants étonnants, notamment Sunny, qui approche des 90 ans. Sunny a connu L'Empyrée lors de son âge d'or, et son histoire rend le passé encore plus vivant.
Mais April sera-t-elle prête à renoncer à ses principes pour, enfin, vivre à nouveau ?


Avis de Cyrlight



La maison aux secrets est un roman de Catherine Robertson, qui raconte l’histoire d’April, une femme qui s’efforce de vivre dans le dénuement depuis la mort tragique de son fils, dont elle se sent responsable. Elle apprend néanmoins un jour qu’elle est l’héritière d’une maison en Angleterre, et découvre progressivement le passé de son lointain parent, James.

Mon avis sur cette lecture est plutôt partagé. Il y a des points positifs, comme la plume de l’auteur, qui se lit vite et bien. Je l’ai trouvée un peu trop imagée au début, et j’ignore si je m’y suis habituée au fil des pages ou si cela s’est simplement estompé après quelques chapitres, mais en tout cas, cela ne m’a plus dérangée par la suite.

Les personnages secondaires sont également très agréables, très attachants, qu’il s’agisse de la pétillante Sunny, un tourbillon d’énergie de quatre-vingt dix ans, du cynique Edward ou encore du sympathique Oran. Tout comme April, on passe un excellent moment avec eux. En revanche, je n’en dirais pas autant de cette dernière.

Elle fait tout pour éviter que l’on s’attache à elle, qu’on la remarque, et cela fonctionne. Malgré le deuil par lequel elle a été frappée, je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie pour elle. Pire, je l’ai trouvée égoïste. Persuadée que la mort de son fils est de son fait, elle s’obstine depuis ce jour à mener une vie d’ascète. Pour cela, elle se coupe de toute relation : amis, proches... Elle a même quitté son mari, ce qui me semble assez cruel, car cela implique de tourner le dos à une personne qui traverse la même épreuve qu’elle, et qui aurait peut-être eu besoin du soutien de son épouse.

Qui plus est, je n’ai pas compris l’intérêt de se flageller à sa manière en se privant de tous les plaisirs de la vie. Certes, elle refuse de jouir d’un bonheur auquel son fils n’aura plus accès, mais à quoi cela rime ? Pourquoi ne s’est-elle pas suicidée, dans ce cas ? Une vie pour une vie, cela aurait presque paru plus cohérent. Elle aurait également pu se mettre au service d’autrui, accomplir de bonnes actions, au lieu de quoi, elle ne fait rien du tout. Sa punition, dans le fond, s’apparente surtout à un incommensurable gâchis, et les autres personnages semblent d’ailleurs plutôt de cet avis, au point de parvenir progressivement à l’arracher à sa coquille.

C’est surtout l’œuvre de Jack, un personnage énigmatique qui, parvenue à la fin du livre, m’a fait froncer les sourcils. Je pense avoir percé le mystère qui l’entoure, mais c’est si irrationnel que je n’en comprends pas l’intérêt, et encore moins ce que l’auteur a cherché à faire avec lui. A-t-elle tenté de distiller une goutte de magie dans son œuvre ?

La mort de James est également très trouble. Même une fois son histoire dévoilée, le prologue reste flou, et il n’est pas totalement possible de lui donner un sens. Qui plus est, même si James n’a jamais été particulièrement sympathique, j’ai trouvé son attitude vis-à-vis de Lily, puis de Rowan, absolument ignoble et inexcusable. Je ne me l’explique d’ailleurs pas.

La maison aux secrets est donc un roman avec du bon, du moins bon, et surtout des éléments très vagues qui ne sont pas toujours faciles à interpréter. Le meilleur moyen de vous faire une opinion est encore de le lire par vous-même.

mardi 19 février 2019

Black Butler T.2

Titre : Black Butler T.2
Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana
Pages : 194
Note : 2.5 / 5


Sébastian est majordome au service de Ciel Phantomhive, héritier d'une grande famille de la noblesse anglaise. En matière d'érudition, d'éducation, d'art culinaire, rien à redire, il est parfait. Mais ne vous fiez pas à sa distinction, si vous vous en prenez à son jeune maître, vous découvrirez sa vraie nature... Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable ?!




Avis de Cyrlight



On retrouve Sebastian et Ciel dans ce second tome de Black Butler, où ils quittent le manoir Phantomhive pour Londres, dans les rues de laquelle sévit Jack l’Éventreur. Le maître et le majordome, accompagnés par de nouveaux personnages, vont mener l’enquête.

Eh bien, eh bien... Je n’avais pas beaucoup apprécié le premier tome de ce manga, et même si je dois concéder à celui-ci qu’il est un tantinet meilleur, cela ne suffit pas. Je n’accroche irrémédiablement pas à ce shonen.

Le chapitre d’ouverture est pour le moins inutile, il se contente de nous resservir exactement les mêmes gags que précédemment, avec les majordomes incompétents et surtout insupportables. C’est à se demander pourquoi Sebastian prend la peine de leur donner des instructions, sachant qu’il finit par tout faire lui-même, mais qu’il doit en plus de cela réparer leurs bêtises.

La suite bénéficie tout de même d’un scénario un peu plus solide et moins brouillon que l’intrigue mal amenée du premier tome. Les motivations des personnages sont un peu plus claires (même si les douze ans de Ciel sont souvent peu crédibles, à la vue de son caractère et de ses responsabilités) et Undertaker, l’un des nouveaux venus, n’est pas dépourvu de charisme, mais pour ce qui est des points positifs, cela ne va pas plus loin.

Le sérieux et la gravité insufflés par la traque de Jack l’Éventreur perdent une grande partie de leur crédibilité quand l’histoire vire littéralement au travestissement non pas à une, mais à deux reprises. La mangaka oscille sans cesse entre tragique et comique sans la moindre subtilité.

La fin est pourtant prometteuse, car elle préfigure un combat entre Sebastian et un adversaire enfin à sa hauteur, mais je doute de continuer. J’ai été trop déçue par les deux premiers tomes, alors que m’attendent des séries que je tiens en bien plus haute estime.

samedi 9 février 2019

Black Butler T.1

Titre : Black Butler T.1
Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana
Pages : 184
Note : 2 / 5


Sébastian est majordome au service de Ciel Phantomhive, héritier d'une grande famille de la noblesse anglaise. En matière d'érudition, d'éducation, d'art culinaire, rien à redire, il est parfait. Mais ne vous fiez pas à sa distinction, si vous vous en prenez à son jeune maître, vous découvrirez sa vraie nature... Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable ?!




Avis de Cyrlight



Black Butler est un manga shonen ayant pour personnage principal Sebastian, un majordome, le seul employé compétent du jeune Ciel Phantomhive. D’abord présenté comme un serviteur dévoué et surqualifié, il dévoile rapidement un visage bien différent.

Plusieurs personnes m’ont dit un immense bien de ce manga, mais hélas pour moi, le charme n’a pas opéré. Les dessins sont pourtant très beaux, même s’ils sont parfois un peu caricaturaux (notamment au niveau des domestiques), et si le côté victorien m’a séduite au premier coup d’œil, les anachronismes m’ont laissé perplexe. (Entre les consoles de jeux et les portables, il y a matière à se poser des questions...)

J’ai également un avis mitigé sur les personnages, et sur le scénario en lui-même. Commençons par les personnages. Si Ciel et Sebastian sont intéressants à suivre, ce n’est pas le cas des trois domestiques qui sont tout bonnement inutiles. Je suppose qu’ils sont censés être là pour le comique, mais leur degré d’incompétence est tel que je les ai vite trouvés beaucoup plus lourds que drôles.

Le scénario, ensuite. Eh bien, il est très confus, et surtout très mal amené. Pendant une grande partie de ce premier tome, on ne sait absolument pas où on va, ni dans quel but. Les scènes s’enchaînent sans donner l’air d’être véritablement liées entre elles, et lorsque l’histoire bascule enfin dans une voie plus sombre et plus intéressante, cela tombe presque comme un cheveu sur la soupe, sans qu’on comprenne véritablement ce qui se passe, et encore moins pourquoi.

Je vais tout de même laisser une chance à ce manga en lisant le tome 2, car le premier n’était peut-être qu’une simple introduction, destinée à mettre l’univers en place. À voir, donc, si la suite est meilleure.

lundi 4 février 2019

Les Piliers de la Terre

Titre : Les Piliers de la Terre
Auteur : Ken Follett
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 1050
Note : 2.5 / 5
Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes..



Avis de Cyrlight



Les Piliers de la Terre est un roman historique de Ken Follet, traitant à la fois de la guerre civile d’Angleterre et de la construction de la cathédrale (fictive) de Kingsbridge. Deux camps s’opposent : l’un déterminé à la bâtir, l’autre à tout faire pour que cela ne se produise pas.

Malgré la réputation et les critiques élogieuses de ce célèbre roman, je n’ai pas été emballée par ma lecture. Avant de me lancer dans des explications, je tiens tout de même à préciser que le fait d’avoir vu la série télévisée au préalable n’est peut-être pas étranger à cela, car je l’avais plutôt bien appréciée.

Le style de l’auteur ne m’a pas paru exceptionnel. J’ai trouvé son écriture parfois un peu répétitive, bien que facile à lire, ce qui est une qualité lorsqu’on a entre les mains un roman de plus de mille pages. L’histoire en elle-même manque de suspens, car elle suit une sorte de schéma cyclique : Waleran et les Hamleigh complotent en toute impunité, la construction de la cathédrale s’arrête, puis reprend, puis ils complotent à nouveau... J’ai envie de résumer cela par « Tout va bien, jusqu’à ce que ça n’aille plus. »

Alors certes, comme dit plus haut, le fait de connaître par avance une grosse partie du scénario (même si la série diverge sur certains points) ne m’a pas vraiment aidée à me laisser emporter par l’histoire. Ce qui m’a le plus déçue, cependant (et c’est un sentiment que je n’avais pas eu avec l’adaptation), ce sont les personnages.

À l’exception de Jack, Ellen et Martha, il n’y en a aucun qui attire vraiment la sympathie. Le prieur Philip est bienveillant, mais sa rigidité morale est telle qu’elle incite parfois à le prendre en grippe (comme toutes les contraintes qu’il impose à Jack, par exemple). Aliéna est courageuse, mais elle est aussi hautaine et imbue d’elle-même, ce qui la rend souvent insupportable, Richard est admirable pour ses compétences militaires, mais détestable dans presque tous les autres domaines, l’aveuglement de Tom vis-à-vis d’Alfred est exaspérant... Quant aux antagonistes, à l’exception de Waleran qui a un certain charisme, ils rivalisent essentiellement de cruauté.

Ce roman est dans l’ensemble une déception. Je lui mets tout de même la moyenne, parce que je l’aurais peut-être estimé davantage si j’avais commencé par lui, et non par la série, mais sans conviction.

lundi 10 décembre 2018

Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants

Titre : Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants
Auteur : Julien Hervieux
Édition : Castelmore
Pages : 320
Note : 4 / 5
Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.
Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…


Avis de Cyrlight



Au service de sa Majesté la Mort : L’ordre des Revenants est le premier tome d’une saga ayant pour héroïne la jeune Elizabeth, une journaliste prometteuse, mais handicapée par son statut de femme dans l’Angleterre du XIXème siècle. Elle a donc conclu un pacte avec un homme qui lui sert de prête-nom, mais le jour où ce dernier est assassiné sous les yeux d’Elizabeth, elle devient à son tour une cible à abattre.

Si l’histoire est à première vue orientée jeunesse, elle pourra très certainement convenir à tous les âges. Elle n’est pas naïve, comme le sont parfois les romans destinés à un jeune public, parfois un peu dure (avec la mort comme thème principal, difficile de faire autrement), mais jamais trop sombre ou trop effrayante. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et je remercie d’ailleurs Babelio et les éditions Castelmore pour cet exemplaire.

L’écriture est très fluide et le scénario très addictif, ce qui fait que les pages s’avalent très facilement et qu’on ne les voit même pas passer. Le rythme est dosé à la perfection, l’univers se pose progressivement, sans pour autant négliger l’action, présente du début à la fin.

Les personnages sont attachants dans l’ensemble. Elizabeth est sympathique, Hank est touchant, Yseult est excellente dans son rôle de petite chef autoritaire et tyrannique, et j’ai eu un véritable coup de cœur pour Duncan. Seule Beatrix ne se démarque pas vraiment, mais elle est tout de même agréable.

Le seul avec qui j’ai eu du mal à accrocher, c’est James Hamilton. À côté des autres, il est insipide, et tombe comme le cliché du séduisant garçon dont on sait, dès l’instant où il apparaît, qu’il va se développer une histoire entre l’héroïne et lui. C’est presque un coup de foudre instantané, dont la mièvrerie contraste avec le reste de l’histoire. Bon, je manque peut-être d’objectivité parce que j’adore la relation ambiguë d’Elizabeth et Duncan, et je n’aimerais pas la voir faire le mauvais choix, ou pire, que cela évolue vers un triangle amoureux par la suite.

C’est d’ailleurs avec joie que je la lirai lorsqu’elle sortira, car c’est un début de saga qui m’a vraiment beaucoup emballée. J’ai hâte de découvrir les prochaines aventures des Revenants, d’autant que j’ai de nombreuses théories en tête concernant W, sans parler de Venise qui m’intrigue beaucoup...

mercredi 12 septembre 2018

Lucifer Box T.1 : Le club Vesuvius

Titre : Lucifer Box T.1 : Le club Vesuvius
Auteur : Mark Gatiss
Édition : Bragelonne
Pages : 320
Note : 2.5 / 5
Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière. Une immersion étourdissante dans les arcanes d’un ordre occulte aux pratiques décadentes – et de ses secrets les plus sulfureux.




Avis de Cyrlight



Le club Vesuvius est le premier tome des aventures de Lucifer Box. Dandy le jour et agent secret au service de la couronne d’Angleterre la nuit, il mène une double vie, dans laquelle il multiplie les investigations et les conquêtes, aussi bien féminines que masculines.

À force de croiser le mot « steampunk » sur différents sites littéraires, j’ai décidé de m’y essayer, et voir le terme associé au nom de Mark Gatiss, le créateur de la série Sherlock, m’a convaincue de sauter le pas. Hélas pour moi...

Cette œuvre, malgré le potentiel qu’elle dégageait de prime abord, n’a pas réussi à me séduire. Le début était pourtant prometteur : un meurtre aussi nonchalamment exécuté qu’inattendu avait de quoi surprendre, dommage que cela n’ait pas continué dans cette voie.

La suite est plus convenue. On y suit une enquête plus ou moins intéressante, qui finit par éloigner Lucifer Box de l’Angleterre pour l’Italie, plus précisément la belle ville de Naples et son célèbre Vésuve. On se retrouve donc avec un roman d’espionnage, mais pour ce qui est du côté steampunk, j’en ressors assez perplexe.

Je ne peux faire aucune comparaison, puisqu’il s’agit de mon premier livre du genre, mais je n’ai guère retrouvé la définition qu’on m’en a fait dans ce roman. Hormis quelques éléments mécaniques dans les derniers chapitres, c’est surtout une histoire d’enquête qui se déroule au XXème siècle, sans plus.

Quant aux personnages, ils sont certainement le point le plus décevant du livre. Ils ne sont pas attachants, et surtout pas Lucifer Box, qui est tout bonnement insupportable avec sa condescendance, sa vanité et sa conviction que rien ne lui résiste (ce qui est le cas, qu’il s’agisse des gens ou des mystères à éclaircir).

Il n’y a que Bella qui lui cause quelques... difficultés qu’il ne voit pas venir, tout aveuglé qu’il est par son désir, mais elle n’apporte en revanche aucune surprise, car son apparition et ses réapparitions sont tellement peu subtiles qu’on se doute rapidement qu’elle a quelque chose en tête (et certainement pas ce que Lucifer espère).

Pour ce qui est du style en lui-même, il ne m’a guère emballé non plus. Quand j’ai vu l’immanquable référence à Sherlock (qui n’a pas entendu la voix d’Irene Adler résonner dans sa tête lorsque le protagoniste évoque ses pommettes ?), j’espérais retrouver un humour aussi fin et cynique que celui de la série, mais le roman est en réalité plutôt cru, ce qui n’est pas pour moi.

Déception donc que ce livre. Je me réessayerai probablement au steampunk un jour prochain, mais pour ce qui est des aventures de Lucifer Box, je préfère m’arrêter ici.

jeudi 17 mai 2018

Jane Eyre

Titre : Jane Eyre
Auteur : Charlotte Brontë
Édition : Pocket
Pages : 695
Note : 2 / 5
Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.




Avis de Cyrlight



Considéré comme un classique de la littérature anglaise, Jane Eyre narre l'histoire d'une jeune orpheline devenue enseignante, qui trouve par la suite une place de gouvernante chez M. Rochester, pour qui elle développe rapidement des sentiments amoureux.

Le roman de Charlotte Brontë a beau avoir une réputation qui n'est plus à faire, il n'a pas eu l'effet escompté sur moi, car je me suis ennuyée pendant sensiblement toute ma lecture.

Le style est lourd, les phrases sont interminables, et à cause de cela, l'histoire peine à avancer. Pour donner une idée plus précise, l’événement majeur décrit dans le résumé (à savoir l'existence de la femme aliénée de M. Rochester) ne survient qu'aux alentours de cinq cents pages, soit aux deux tiers du livre !

Les dialogues, loin d'apparaître comme une bouffée d'air frais au milieu de ces imposants pavés descriptifs ou narratifs, m'ont paru très téléphonés. Les personnages discourent à n'en plus finir sur des sujets souvent inintéressants, dont on se passerait volontiers.

D'ailleurs, parlons-en, des personnages. Je n'ai pas du tout accroché à Jane, tant elle m'est souvent apparue en contradiction avec elle-même. Tantôt froide et distante, tantôt rebelle ou condescendante, tantôt soumise et passive... Difficile de se faire une idée fixe sur elle.

Quant à M. Rochester, il est tout simplement insupportable, et je n'ai eu de cesse de me demander comment Jane pouvait l'aimer. Il méprise ouvertement Adèle pour qui elle a de l'affection, il est brusque et manipulateur, et pousse le vice au point de se servir d'une autre femme pour la rendre jalouse.

Seuls personnages secondaires sont agréables (Bessie, Mme Fairfax, les sœurs de Saint-John...), ce qui rend leurs apparitions bienvenues et offre un (unique) point positif à l'histoire.

La fin est décevante, à cause des heureux hasards qu'elle présente. Combien de chances Jane avait-elle de rencontrer sa famille alors qu'elle est censée ne plus en avoir ? Sans parler de la voix de M. Rochester qui lui parvient soudain de la façon la plus irrationnelle qui soit, après qu'un drame l'a libéré de son premier mariage.

Si le charme de Jane Eyre a opéré sur beaucoup, il n'aura pas fonctionné sur moi. N'ayant pas non plus apprécié Les Hauts de Hurlevent, pour des raisons différentes, je doute d'avoir envie de m'aventurer plus loin avec les sœurs Brontë.

vendredi 30 mars 2018

Sherlock T.1 : Une étude en rose

Titre : Sherlock T.1 : Une étude en rose
Auteur : Mark Gatiss / Steven Moffat / Jay
Édition : Kurokawa
Pages : 212
Note : 3.5 / 5
Rapatrié d'Afghanistan à cause d'une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l'époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire. D'un seul coup d'oeil, cette personne devine qu'il s'agit d'un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu'un de ses proches est victime d'alcoolisme ou encore qu'il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.



Avis de Cyrlight



Une étude en rose est l'adaptation manga du premier épisode de la série de la BBC, Sherlock, une version modernisée du célèbre personnage de Conan Doyle. L'histoire est celle de la rencontre de Holmes et de Watson, mais évidemment aussi d'une enquête à élucider, celle de mystérieux suicides.

Si vous avez déjà vu la série, ne vous attendez à aucune surprise, car le manga la reprend fidèlement. Si vous ne l'avez pas encore vu, rien ne vous empêche de lire cette œuvre, car elle est assez complète pour vous permettre de suivre aisément l'histoire.

Les dessins sont très beaux, très ressemblants par rapport aux acteurs, et les décors n'ont rien à leur envier. Le scénario est lui aussi fidèle et le seul point négatif qu'on pourrait reprocher à ce manga est de ne pas reprendre les dialogues à la lettre (ce qui est assez frustrant quand on connaît plus ou moins par cœur le matériau d'origine)

L'histoire en elle-même, pour ceux qui n'auraient pas vu l'épisode au préalable, est très plaisante, avec des touches d'humour agréables, du suspens et beaucoup de rebondissements, même si elle sert en priorité à introduire les personnages principaux (Sherlock, Watson, Lestrade, Mycroft, Mrs Hudson...) et l'intrigue générale (avec l'évocation finale du plus grand ennemi de Sherlock Holmes, dont l'ombre plane déjà).

On ne va pas se mentir, ce manga est un produit marketing destiné essentiellement aux fans de la série. Ce n'en est pas moins une réussite, car le travail réalisé dessus a été soigné et permet de se (re)plonger avec joie dans l'univers de Sherlock. Pas indispensable, mais sympathique.

dimanche 31 décembre 2017

Anno Dracula

Titre : Anno Dracula
Auteur : Kim Newman
Édition : Le livre de poche
Pages : 380
Note : 3.5 / 5

Le roman part de l'hypothèse que Dracula est sorti vainqueur de l'affrontement avec le docteur Van Helsing et son groupe avant qu'il ne quitte l'Angleterre pour la Transylvanie. Il a tué Van Helsing, Quincey Morris et Jonathan Harker (les autres membres du groupe dont le docteur John Seward ont réussi à s'échapper). L'action est située en l'an 1888, alors que les meurtres de Jack l'Eventreur secouent Londres.





Avis d'Eli



Les romans d'horreur et moi, ça n'est pas une grande histoire d'amour. On peut même dire que ça ne m'a jamais beaucoup tenté, hormis certaines œuvres de Stephen King. Mais en tombant par hasard sur la couverture attrayante de ce roman, ma curiosité a pris le dessus. Après tout, pourquoi ne pas se laisser tenter par une suite alternative au Dracula de Bram Stoker ?

Ce n'est pas du tout décevant, bien que ça manque un peu de la profondeur que j'ai trouvée à l'œuvre de Stoker. Si on le prend comme un livre se suffisant à lui-même — au fond, c'est le cas, même si connaître les personnages centraux et les événements de Dracula est préférable —, c'est un récit divertissant et noir à souhait qui ne manque pas d'intérêt.

La reprise des meurtres historiques de Jack l'Eventreur est une très bonne idée. Même si ça commence à être du vu et revu, c'est très bien traité. Le fait que le lecteur sache dès le début qui est le tueur peut paraître étrange et décevant, puisque ça gâche le suspense. Mais au contraire, c'est un excellent choix de l'auteur ; on sait qui est le tueur, on le suit dans certains chapitres pour essayer de comprendre ses motivations etc., et c'est à mon sens ce qui est le plus intéressant dans le roman. Fait étrange, c'est sur mon personnage favori de Dracula que c'est tombé !

C'est d'ailleurs un plaisir de retrouver certains protagonistes de ce roman classique. Entre le vampire lui-même, l'ombre de Lucy Westenra qui plane sur tout le récit, le docteur Seward ou encore Arthur Holmwood, c'est très plaisant de réaliser comment ils ont changé depuis les événements du roman de Stoker. Chacun est traité plus ou moins en profondeur par l'auteur ; ce n'est pas facile de reprendre les personnages d'une œuvre qui ne nous appartient pas, mais il est possible de donner quelque chose de vraiment bon, et Kim Newman l'a fait.

L'ajout de deux personnages, auxquels on pourrait attribuer le rôle de protagonistes, permet de garder tout de même un œil extérieur sur le récit, au lieu de se focaliser sans cesse sur les personnages du roman d'origine. Charles et Geneviève sont d'ailleurs très agréables à découvrir tout au long du récit ; un espion pour le compte du Diogenes Club et une vampire au passé obscur qui unissent leurs forces contre le prince consort Dracula, ce n'est pas rien ! Leur histoire d'amour fonctionne d'ailleurs étonnamment bien, même si ça peut laisser dubitatif au début. Ils forment une bonne paire d'enquêteurs et parviennent non sans mal à découvrir la vérité sur Jack l'Eventreur.

Au niveau du style littéraire, c'est très plaisant à lire ; factuel, précis, pas de descriptions capillotractées et un certain cynisme. Rien de difficile ou d'inaccessible, donc, et ça permet de bien visualiser les scènes. Un peu trop bien parfois...

En effet, le point qui peut diviser est, à mon sens, la violence évoquée dans ce roman. Etant donné le sujet de l'histoire, c'est totalement compréhensible, mais le romancier s'y prend de manière très — peut-être bien trop — explicite pour décrire des choses d'une atrocité assez impressionnante. De même pour certaines scènes sexuelles qui n'apportent pas grand chose au récit, sinon une dose de cruauté supplémentaire. C'est un point qui, personnellement, ne m'a pas plu durant la lecture, mais qui peut très bien contenter certain(e)s.

En somme, Anno Dracula est un bon roman, savant mélange d'horreur, de policier, et de références à l'œuvre de Stoker. Deux suites ont paru, Le Baron rouge sang et Dracula Cha Cha Cha. Ce n'est néanmoins pas un titre à conseiller aux âmes sensibles.

mardi 5 septembre 2017

Ma cousine Rachel

Titre : Ma cousine Rachel
Auteur : Daphné du Maurier
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 384
Note : 3 / 5
Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie. Quand Ambroise lui écrira qu'il soupçonne sa femme de vouloir l'empoisonner, Philip le croira d'emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n'a rien de la femme qu'imagine Philip. Il ne tarde pas à s'éprendre d'elle, à bâtir follement un plan d'avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.




Avis de Cyrlight




Ma cousine Rachel est une romance glauque et ténébreuse, récemment adaptée au cinéma. Philip, un jeune homme naïf élevé à l'écart des convenances par son cousin Ambroise, sombre dans la colère et la rancœur à la mort de celui-ci. Convaincue que sa veuve Rachel est responsable de ce décès soudain, il décide de se venger, jusqu'au jour où il fait la connaissance de cette troublante et non moins charmante femme.

La plume de Daphné du Maurier est particulière, et d'aucuns auront peut-être besoin de quelques dizaine de pages avant de commencer à s'y habituer, comme ce fut mon cas. Une fois cette étape passée, l'histoire semble glisser avec plus de fluidité et n'en devient que plus agréable, en dépit de quelques longueurs.

S'il ne fallait qu'un mot pour définir ce roman, ce serait assurément « ambiguïté ». Le personnage de Rachel fait la force de cet ouvrage : tantôt bienveillante, tantôt venimeuse ; tantôt irrémédiablement coupable, tantôt sûrement innocente...

Tout du long, on ne cesse de reconsidérer notre jugement à son égard, jusqu'au point final qui laisse planer le doute. À certains moments, la preuve de sa culpabilité paraît inéluctable, et quelques pages plus loin, les certitudes s'effondrent, encore et encore. Cela instaure une tension brillamment maîtrisée qui ne retombera jamais, pas même après la fin.

Philip, au contraire de son envoûtante cousine Rachel, est un personnage simple à cerner, d'une telle naïveté qu'il en devient vite agaçant. Fermement convaincu de l'implication de Rachel dans la mort d'Ambroise, il reconsidère bien vite sa position et la haine que cette femme lui inspire cède le pas à la fascination.

Même lorsqu'il a les accusations d'Ambroise entre les mains (au travers des lettres qu'il lui a écrites), il n'en tient pas compte, lui qui considérait pourtant son cousin comme son modèle, son dieu vivant. À la place, il préfère céder à Rachel tout ce que son défunt mari lui a refusé, par méfiance.

On ne peut que comprendre celle-ci lorsqu'elle traite Philip comme un enfant, car malgré ses vingt-cinq ans, c'est ce qu'il est. Crédule, impatient, capricieux et surtout jaloux, car c'est finalement sa jalousie envers Rainaldi qui l'incitera à agir, plus que ses intimes convictions.

Le revirement de Philip est peut-être un peu brutal, à la vue de tous les indices qui auraient pu l'encourager à changer son fusil d'épaule avant, mais cette fin tragique est nécessaire pour maintenir le doute. La principale chose que retiendra le lecteur, même une fois le roman clos, sera une question. Rachel était-elle coupable ou non ?

samedi 15 juillet 2017

Un crocodile sur un banc de sable

Titre : Un crocodile sur un banc de sable
Auteur : Elizabeth Peters
Édition : Le livre de poche
Pages : 313
Note : 4.5 / 5

Amelia Peabody, jeune femme de l'époque victorienne, s'embarque en 1884 pour l'Égypte. Au Caire, elle fait la connaissance d'un irascible égyptologue, Radcliffe Emerson, et de son jeune frère, Walter. Ensuite, Amelia descend le Nil en dahabieh en compagnie d'Evelyn, une jeune femme rencontrée à Rome. Les deux jeunes femmes arrivent sur le lieu de fouilles des Emerson à Tell el-Amarna où de tragiques évènements les immobilisent. Ni les colères de Radcliffe Emerson, ni les apparitions d'une momie maudite ne font peur à l'indomptable jeune anglaise. Armée de son ombrelle, Amelia combat aux côtés de Radcliffe dont elle finit par gagner le cœur, tandis que Walter Emerson offre le sien à la jeune Evelyn qui porte de lourds secrets.



Avis d'Eli



Le premier adjectif qui me viendrait à l'esprit pour qualifier ce roman serait... « britannique ». Le charme de cette nation, du fait de l'origine des personnages principaux, transparaît très bien dans ce livre et dans tous ceux de la série, qui explore la société victorienne puis edwardienne à travers l'Egypte et l'archéologie.

S'il n'y avait qu'un point fort à citer, ce serait incontestablement le traitement très réussi de chacun des personnages ; aucun n'est inutile, et la romancière parvient d'ailleurs très bien à surprendre en offrant un rôle important à un personnage qu'on ne croyait que de passage au premier abord. Les relations entre les différents protagonistes — particulièrement la rivalité amusante entre Amelia et Emerson — sont également bien mises en place par Elizabeth Peters.

A cela s'ajoute une intrigue des plus déconcertantes ; l'on s'attend à découvrir un récit d'Histoire et d'aventure relatant des fouilles archéologiques, pour finalement se retrouver avec une intrigue policière saupoudrée de secrets de familles tortueux. Le plus intéressant dans tout cela étant que ça se mélange à merveille, pour donner quelque chose d'unique et de maîtrisé, sur fond d'une Egypte antique explorée par une véritable connaisseuse, puisque c'est le sujet de prédilection de la romancière.

L'humour, fait inhabituel dans un roman policier, est aussi omniprésent dans le récit, offrant ainsi une touche particulière et inimitable à cette série, qui se retrouve dans tous les tomes suivants.

Ce premier volume des aventures d'Amelia Peabody n'est en somme qu'une mise en bouche destinée à faire entrer le lecteur dans le monde de l'âge d'or de l'égyptologie, en utilisant judicieusement les codes de la société britannique de l'époque autant que des faits et personnages historiques réels. L'on retrouve notamment des égyptologues renommés tels que Maspero ou Carter — souvent récriés par Emerson de façon grotesque.

Autre point intéressant, l'héroïne, qui évolue dans un monde essentiellement contrôlé par les hommes, ne se laisse pas faire pour autant, et est même capable de tenir tête à n'importe quel personnage haut-placé si le besoin s'en fait ressentir ; cet état d'esprit est agréable, et éloigne Amelia des héroïnes passives et clichées qu'on peut retrouver dans bon nombre de romans.

Amateurs d'archéologie et d'intrigues criminelles, n'hésitez pas à vous jeter sur cette perle, qui n'est que la première d'une quinzaine de volumes tout aussi divertissants.


Coup de ♥