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dimanche 12 mai 2019

L'autel des âmes tourmentées

Titre : L'autel des âmes tourmentées
Auteur : Mary Elise
Édition : Auto-édition
Pages : 360
Note : -
Certaines nuits, une musique semble s'échapper du bois. Elle est secrète et mélancolique, pleine de remords et de regrets, comme les habitants de la maison qui jouxte la forêt. Le cœur alourdi par les non-dits, sauront-ils se laisser guider par cette mélodie sur le chemin de la paix ?
Depuis la mort de son mari, Viviane peine à s'entendre avec ses enfants. Elle multiplie les disputes avec Marion, l'aînée, et Thomas, le cadet, a sombré dans le mutisme. Lorsque sa demi-sœur Jessica les invite à passer l'été en sa compagnie et celle de ses fils, Viviane accepte à contrecœur. Rongés par la colère, la rancune et les dissimulations, tous vont devoir apprendre à s'apprivoiser.


Mot de Cyrlight



Encore une chronique qui ne portera pas sur l’une de mes lectures, mais sur l’un de mes romans, puisque c’est de L’autel des âmes tourmentées dont je m’apprête à vous parler.

Si je ne qualifierai pas cette histoire de « joyeuse », je peux tout de même affirmer qu’elle est nettement moins sombre et moins dure que la plupart de mes autres œuvres. Elle est surtout plus humaine, puisque pauvre en action, elle se concentre essentiellement sur les personnages, leurs émotions et les liens qu’ils tissent entre eux.

Ils sont au nombre de six : Viviane, qui a récemment perdu son mari dans un accident de voiture ; ses enfants, Marion et Thomas ; sa demi-sœur, Jessica, dont elle a longtemps ignoré l’existence ; et les fils de cette dernière, Justin et Tristan.

Tous ont une personnalité bien distincte, de l’enjouée Jessica à la colérique Marion, en passant par le discret Thomas ou le taciturne Tristan, mais surtout, tous doivent faire face à leur lot de tourments, qui tantôt les rapprochent des uns, tantôt les isolent des autres.

Bien que ce roman ne soit pas vraiment un huis-clos, il en a des airs, puisque toute l’histoire ou presque se déroule dans une petite maison de campagne cernée par les arbres et la forêt, à l’écart de la civilisation. Les protagonistes doivent apprendre à cohabiter, et surtout à communiquer, ce qui leur pose le plus de difficulté.

Même si les thèmes abordés dans cette histoire se concentrent autour de celui de la famille, ils sont dans l’ensemble assez variés : la fraternité, le deuil, l’enfance, l’adolescence, l’amour, la trahison, la reconstruction... En bref, je dirais qu’il s’agit avant tout de gens meurtris par la vie qui s’efforcent de panser leurs plaies à leur manière, non sans commettre des erreurs.

Si vous pensez que ce livre peut vous plaire, alors n’hésitez pas à le lire et à me communiquer votre ressenti.

dimanche 24 mars 2019

La maison aux secrets

Titre : La maison aux secrets
Auteur : Catherine Robertson
Édition : Charleston
Pages : 412
Note : 3.5 / 5
Depuis que son petit garçon a été renversé par une voiture, cinq ans auparavant, April Turner vit dans une sorte de pénitence. Elle s'est écartée de tout ce qu'elle aime et entend bien continuer son existence ainsi.
Lorsqu'une lettre lui parvient de la part d'un notaire anglais, l'informant qu'elle est l'héritière d'une propriété abandonnée en Angleterre, appelée L'Empyrée, la jeune femme tente de résister mais, intriguée, elle décide de quitter temporairement la Nouvelle-Zélande pour le vieux continent. Elle va rencontrer des habitants étonnants, notamment Sunny, qui approche des 90 ans. Sunny a connu L'Empyrée lors de son âge d'or, et son histoire rend le passé encore plus vivant.
Mais April sera-t-elle prête à renoncer à ses principes pour, enfin, vivre à nouveau ?


Avis de Cyrlight



La maison aux secrets est un roman de Catherine Robertson, qui raconte l’histoire d’April, une femme qui s’efforce de vivre dans le dénuement depuis la mort tragique de son fils, dont elle se sent responsable. Elle apprend néanmoins un jour qu’elle est l’héritière d’une maison en Angleterre, et découvre progressivement le passé de son lointain parent, James.

Mon avis sur cette lecture est plutôt partagé. Il y a des points positifs, comme la plume de l’auteur, qui se lit vite et bien. Je l’ai trouvée un peu trop imagée au début, et j’ignore si je m’y suis habituée au fil des pages ou si cela s’est simplement estompé après quelques chapitres, mais en tout cas, cela ne m’a plus dérangée par la suite.

Les personnages secondaires sont également très agréables, très attachants, qu’il s’agisse de la pétillante Sunny, un tourbillon d’énergie de quatre-vingt dix ans, du cynique Edward ou encore du sympathique Oran. Tout comme April, on passe un excellent moment avec eux. En revanche, je n’en dirais pas autant de cette dernière.

Elle fait tout pour éviter que l’on s’attache à elle, qu’on la remarque, et cela fonctionne. Malgré le deuil par lequel elle a été frappée, je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie pour elle. Pire, je l’ai trouvée égoïste. Persuadée que la mort de son fils est de son fait, elle s’obstine depuis ce jour à mener une vie d’ascète. Pour cela, elle se coupe de toute relation : amis, proches... Elle a même quitté son mari, ce qui me semble assez cruel, car cela implique de tourner le dos à une personne qui traverse la même épreuve qu’elle, et qui aurait peut-être eu besoin du soutien de son épouse.

Qui plus est, je n’ai pas compris l’intérêt de se flageller à sa manière en se privant de tous les plaisirs de la vie. Certes, elle refuse de jouir d’un bonheur auquel son fils n’aura plus accès, mais à quoi cela rime ? Pourquoi ne s’est-elle pas suicidée, dans ce cas ? Une vie pour une vie, cela aurait presque paru plus cohérent. Elle aurait également pu se mettre au service d’autrui, accomplir de bonnes actions, au lieu de quoi, elle ne fait rien du tout. Sa punition, dans le fond, s’apparente surtout à un incommensurable gâchis, et les autres personnages semblent d’ailleurs plutôt de cet avis, au point de parvenir progressivement à l’arracher à sa coquille.

C’est surtout l’œuvre de Jack, un personnage énigmatique qui, parvenue à la fin du livre, m’a fait froncer les sourcils. Je pense avoir percé le mystère qui l’entoure, mais c’est si irrationnel que je n’en comprends pas l’intérêt, et encore moins ce que l’auteur a cherché à faire avec lui. A-t-elle tenté de distiller une goutte de magie dans son œuvre ?

La mort de James est également très trouble. Même une fois son histoire dévoilée, le prologue reste flou, et il n’est pas totalement possible de lui donner un sens. Qui plus est, même si James n’a jamais été particulièrement sympathique, j’ai trouvé son attitude vis-à-vis de Lily, puis de Rowan, absolument ignoble et inexcusable. Je ne me l’explique d’ailleurs pas.

La maison aux secrets est donc un roman avec du bon, du moins bon, et surtout des éléments très vagues qui ne sont pas toujours faciles à interpréter. Le meilleur moyen de vous faire une opinion est encore de le lire par vous-même.

samedi 2 juin 2018

Une bouteille à la mer

Titre : Une bouteille à la mer
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Pocket
Pages : 317
Note : 3 / 5
Seul sur son bateau, un homme lance une bouteille à la mer. Au gré des vapes et du hasard, la bouteille aurait pu finir sa course n'importe où, et le message qu'elle enfermait ne jamais être lu... Mais elle a échoué sur une plage de Cape Cod. Et transformé la vie de la jeune femme qui se trouvait là. Theresa, journaliste et mère de famille divorcée, découvre, bouleversée, la plus belle lettre d'amour qu'elle ait jamais lue, la lettre d'un homme à la femme de sa vie, qui vient de mourir. Dès lors, elle ne pense plus qu'à retrouver l'auteur de cette lettre. Connaître son histoire, voir quel visage se cache derrière ces mots qui ont éveillé au plus profond d'elle-même un sentiment qu'elle n'ose pas encore nommer... Mais lui, saura-t-il de nouveau aimer et être aimé ?



Avis de Cyrlight




Une bouteille a la mer est une histoire d'amour qui met en scène une chroniqueuse divorcée, Theresa, et un jeune veuf, Garrett, dont elle va faire la connaissance grâce aux bouteilles qu'il a jetées à la mer, contenant toutes des messages à l'intention de son amour perdu.

Comme toujours avec Nicholas Sparks, la plume est agréable, mais le scénario est somme toute assez plat. Ce roman m'a beaucoup fait penser à Un choix, l'œuvre de l'auteur que j'ai la moins appréciée parmi celles que j'ai lues. Deux personnages se rencontrent, c'est le coup de foudre en l'espace de quelques jours, puis l'histoire vire au drame.

Le principal problème réside dans la longueur du livre. Il a beau être assez court, l'auteur s'attarde trop sur des détails qui ne mènent nulle part (je pense notamment à la scène où Garrett prépare des steaks, qui s'étale sur plusieurs pages) ou sur les badinages des protagonistes.

Comme j'apprécie les livres qui finissent mal, j'aurais tendance à dire que les derniers chapitres remontent le niveau, car ils rompent avec la mièvrerie et la monotonie des précédents, et confèrent une autre dimension émotionnelle au roman.

En conclusion, si vous aimez les histoires d'amour simples, sans prise de tête (et que vous n'avez pas peur des fins malheureuses), ce livre est fait pour vous. Si vous vous attendez à plus de profondeur, cependant, il risque fort de vous décevoir.

samedi 7 octobre 2017

La dernière chanson

Titre : La dernière chanson
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 478
Note : 3.5 / 5
A l'âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller, alias "Ronnie", est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père, qui abandonne New York pour la Caroline du Nord. Elle lui en veut vraiment et refuse de le voir depuis la rupture... Jusqu'au jour où, trois ans plus tard, sa mère décide de l'envoyer passer un été avec lui, espérant une réconciliation. Le père de Ronnie, ancien pianiste et professeur, mène une vie paisible en bord de mer où il se consacre à la confection d'une oeuvre d'art. Dès son arrivée, Ronnie se rebelle et menace de partir. Mais bientôt, elle fait la connaissance de Will, un jeune homme du village, qui va faire chavirer son cœur. Baissant sa garde, va-t-elle enfin réussir à s'ouvrir au bonheur ?



Avis de Cyrlight




Dans La dernière chanson, Ronnie, une adolescente rebelle, est contrainte de passer l'été chez son père, à qui elle n'a pas adressé la parole depuis qu'il a quitté sa famille, trois ans plus tôt.

La première partie m'a laissé un avis très mitigé. L'histoire possède quatre narrateurs et les changements sont d'abord assez brutaux. On alterne entre Ronnie, son père, Will et Marcus (dont le point de vue est probablement dispensable) et il faut du temps pour prendre ses marques avec tout ce petit monde.

La narration est très familière, parfois même à l'excès. L'auteur (ou le traducteur) a sans doute voulu rendre le texte beaucoup plus réaliste, comme des adolescents s'exprimeraient à l'oral, mais à l'écrit, c'est très déstabilisant, pour ne pas dire parfois très lourd, à l'image de tous ces « OK ? » qui ponctuent les dialogues.

Inutile de le nier, les personnages sont, quant à eux, assez clichés. L'adolescente rebelle-mais-en-fait-non, le jeune homme qui possède toutes les qualités imaginables, l'ex profondément superficielle, l'antagoniste qui souligne le côté manichéen de l'histoire... Il n'y a que Blaze/Galadriel que j'ai eu beaucoup de mal à cerner, mais pas dans le bon sens du terme. Elle présente presque tout du long sa mère comme un être indigne, alors que celle-ci apparaît finalement comme quelqu'un de bien et d'attentionné, sans plus d'éclaircissements de ce côté-là.

Comme dit plus haut, la première partie n'est pas la plus intéressante. Tout est trop simple. Si la relation qu'entretient Ronnie avec son frère est plutôt agréable, sa réconciliation avec son père survient beaucoup trop facilement. Pareil pour la romance avec Will, qui démarre très vite.

La seconde moitié de l'histoire est beaucoup moins décevante. La révélation concernant l'état de santé de Steve (bien qu'il soit facile de l'anticiper) marque le renversement du roman. Les sentiments sont par la suite beaucoup plus creusés et on se laisse vraiment porter par l'émotion, ce qui n'était pas le cas avant.

Les agnostiques tels que moi seront peut-être un peu rebutés par les longs discours portant sur le divin, mais seront touchés par le chagrin de Ronnie lorsqu'elle apprend la vérité. La culpabilité, les regrets, l'envie de profiter des derniers instants... Tout est décrit avec une sincérité et une justesse appréciables, sans sombrer dans le pathos.

La dernière chanson est donc un livre qui peut sembler un peu naïf, pour ne pas dire mièvre, dans sa première partie, mais qui gagne en richesse et en profondeur par la suite, et le rend nettement plus agréable. C'est pourquoi je conseille à ceux qui le liront de ne pas arrêter leur lecture en chemin, au cas où l'envie leur en prendrait, car ils risquent de rater ce que cette œuvre a de meilleur à offrir.