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jeudi 25 juillet 2019

Au pays de l'Ailleurs

Titre : Au pays de l'Ailleurs
Auteur : Tahereh Mafi
Édition : Michel Lafon
Pages : 397
Note : 3 / 5
« Il était une fois une petite fille délaissée… »
Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood, ce monde éclatant où les couleurs sont révélatrices d’un don magique. L’incolore jeune fille de douze ans n’a donc apparemment aucun intérêt, et les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi, lorsque Oliver lui propose de l’aider à chercher son père, la seule personne qui a toujours cru en elle, Alice accepte. Même si le garçon est son ancien ennemi de classe et que son talent consiste à tromper son monde. Même si, pour retrouver celui qui a disparu trois ans plus tôt, ils devront explorer le dangereux pays de l’Ailleurs… Un endroit où rien n’est ce que l’on croit, et où les pièges pullulent. Un endroit où ils trouveront peut-être plus que ce qu’ils sont venus y chercher.



Avis de Cyrlight




Au pays de l’Ailleurs est un roman fantasy signé Tahereh Mafi, auteur notamment connue pour sa saga Insaisissable. On suit cette fois-ci Alice, une jeune fille de douze ans native de la ville de Ferenwood, qui décide après l’échec de sa présentation de partir pour l’Ailleurs en compagnie d’un ancien ennemi, Oliver, dans l’espoir d’y retrouver son père.

C’est avec scepticisme que je me suis lancée dans cette lecture, ayant détesté Insaisissable, mais je tenais quand même à laisser une autre chance à la romancière de me séduire. Ce ne fut pas une mauvaise idée, car malgré un avis en demi-teinte, j’ai tout de même trouvé ce livre plus appréciable.

Son point fort est assurément la créativité et l’imagination de Tahereh Mafi. Elle nous dépeint un monde particulièrement original, haut en couleurs (et en senteurs) à travers de superbes descriptions qui n’ont pas été sans m’évoquer celles de Nicole Vosseler dans Le ciel de Darjeeling. Les cités qui défilent (Somnolence, Inertie, la ville-origami...) sont toutes aussi fascinantes qu’incroyables.

Le personnage d’Alice, assez insupportable dans un premier temps, s’améliore par la suite, de même que celui d’Oliver s’étoffe pour gagner en profondeur. Les rôles secondaires sont cependant plutôt négligés. Ils apparaissent l’espace de quelques pages, mais ne reviennent plus par la suite, ce qui est regrettable, notamment pour Tim. Quand on sait l’importance que revêt le temps en Ailleurs, il est légitime de s’attendre à ce qu’il ait un rôle conséquent, mais non. Il ne fait qu’une brève apparition au début du périple entrepris par le duo principal.

À cause de cela et des décors qui changent sans cesse, on a plus l’impression d’assister à un enchaînement de saynètes qu’à une histoire à proprement parler. L’intrigue est assez longue à se mettre en place (environ un tiers du livre), pour finalement être résolue de manière expéditive dans les dernières pages.

En effet, c’est plus par hasard qu’Alice et Oliver retrouvent la piste de Père que grâce à de véritables recherches, et ce au terme de déambulations qui n’ont pas vraiment de sens, à l’image du monde dans lequel ils évoluent.

Je regrette aussi qu’en plus des personnages secondaires, d’autres éléments n’aient pas été mieux explorés, comme par exemple la promesse d’Alice, qui lui permet de n’être dupée par personne. Ce don semble revêtir une importance particulière dans les premiers chapitres, or il est presque aussitôt balayé dès son arrivée en Ailleurs.

En conclusion, je dirais que c’est un roman original (quoique doté d’un petit air d’Alice au Pays des Merveilles), riche en idées et en créativité, mais dont le potentiel aurait mérité d’être plus exploité. Une fois moins abrupte aurait également été plus plaisante.

lundi 3 juin 2019

La lanceuse de couteaux

Titre : La lanceuse de couteaux
Auteur : Eve Borelli
Édition : Charleston
Pages : 272
Note : 3.5 / 5
Cette histoire, c'est l'histoire de Siloé, qui ne voit plus la magie du cirque dans lequel elle a grandi et le quitte pour de mauvaises raisons mais qui, en chemin, apprendra à faire ses propres choix et à définir ses envies personnelles. C'est l'histoire d'une indépendance progressive, piquée d'embûches, d'amitié et d'amour.
Siloé est orpheline de mère et vit dans le cirque familial, entourée par toute une galerie de personnages atypiques. Mais la jeune fille rêve d'être lanceuse de couteaux, ce que son père lui refuse obstinément. La voilà donc qui décide de rallier un cirque concurrent pour – enfin – essayer de faire ses preuves... Mais elle est loin d'imaginer les épreuves qui l'attendent !


Avis de Cyrlight



La lanceuse de couteaux est un roman qui prend place dans l’univers du cirque, auquel son héroïne, une jeune femme du nom de Siloé, appartient. Elle est cependant lasse de cette vie qu’elle mène, et de son père qui l’étouffe sans réussir à la comprendre. Elle rêve d’amour, de frissons, d’adrénaline... jusqu’à ce que ses désirs se matérialisent en la personne de Rafael.

Mon opinion sur ce roman a été partagée pendant une longue partie de l’histoire, même si cela s’est un peu arrangé vers la fin. J’ai dans un premier temps trouvé l’intrigue trop attendue, et surtout, elle m’a parue manquer cruellement de subtilité.

Tout d’abord, on a Siloé. Siloé qui s’ennuie dans son quotidien, Siloé qui est blâmée par son père de ne pas prendre part à la vie du cirque, alors qu’il lui interdit tout ce qu’elle souhaiterait faire... Et moins de vingt-quatre heures plus tard, tout bascule. On n’a pas le temps de s’habituer à son univers, de partager sa monotonie qu’elle est déjà arrachée à tout cela.

Et par qui ? Par un beau ténébreux bad boy, au charme duquel elle succombe au premier regard et avec qui elle accepte de s’enfuir après avoir discuté pendant... Une heure ? Peut-être moins ? Direction un nouveau cirque, une nouvelle vie, où Siloé pourra exploiter pleinement sa vocation : celle d’une lanceuse de couteaux.

Évidemment, on se doute d’ores et déjà que tout ne va pas se passer comme elle le voudrait. Et la hiérarchie du cirque dans lequel elle atterrit annonce clairement la couleur : les hommes organisent des réunions où ils discutent et prennent les décisions entre eux, pendant que les femmes restent à l’écart. Voilà qui plante le décor. Tout comme le thème du spectacle, Barbe Bleue. Tout comme le mot « sexiste », qui revient trois fois en peu de pages.

Et cela nous amène à Rafael, qui ne tarde pas à révéler son vrai visage, celui d’un pervers narcissique violent, maladivement jaloux, possessif, et j’en passe... J’ai bien compris qu’il était là pour faire réagir le lecteur sur les violences conjugales et tout ce qui y touche de près ou de loin, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur les motivations du personnage. Pourquoi avoir jeté son dévolu sur une fille qu’il connaissait depuis moins de 24h ? Pourquoi se comporte-t-il comme ça avec elle, et pas avec Lupa ? D’ailleurs, pourquoi s’être séparé d’elle ? Alors oui, peut-être qu’il n’y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures, peut-être qu’il est juste fou, comme Siloé elle-même le souligne à maintes reprises, mais bon...

Un point que j’ai en revanche apprécié dans cette histoire : l’absence totale de réaction de tout le monde, qui est un triste reflet de la réalité. Quoi qu’il se passe, la plupart des gens préfèreront fermer les yeux plutôt que d’agir, et j’ai trouvé pertinent que cet élément soit mis en avant. Il est hélas plus facile de faire semblant de ne rien voir plutôt que de s’impliquer.

À travers toutes ces épreuves, Siloé évolue. Elle devient plus mature, plus réfléchie, moins égocentrique, car elle apparaissait un peu ainsi de prime abord. Néanmoins, un passage m’a fait tiquer. Sa rencontre avec Charlotte. Elle la connaît depuis quelques heures à peine, et Siloé se laisse entraîner par elle au point d’accepter d’emménager sous son toit et celui de son colocataire. Euh... Oui, d’accord. La dernière fois qu’elle a suivi quelqu’un qu’elle ne connaissait ni en noir ni en blanc, mais juste parce qu’elle trouvait que le courant passait bien, elle en a sacrément souffert, pourtant à aucun moment, elle n’a un soupçon de méfiance.

Heureusement, là où Rafael était un parfait connard derrière ses airs de prince charmant, Charlotte est bel et bien gentille, bienveillante, généreuse... Ce qui ramène au gros manque de subtilité susmentionné. Là encore, en moins de 24h, dans une ville qu’elle ne connaît pas, Siloé rencontre quelqu’un qui insuffle un tournant différent à sa vie et la guide sur un nouveau chemin. Un hasard aussi heureux, c’est gros. Trop gros.

En conclusion, je dirais qu’il faut lire ce roman comme étant avant tout une dénonciation : celle du sexisme, des violences conjugales, de l’indifférence générale... C’est également une histoire intéressante dans l’ensemble, avec quelques personnages sympathiques (quoique majoritairement trop manichéens), mais qui pèche par un scénario trop facile et relativement attendu.

dimanche 12 mai 2019

L'autel des âmes tourmentées

Titre : L'autel des âmes tourmentées
Auteur : Mary Elise
Édition : Auto-édition
Pages : 360
Note : -
Certaines nuits, une musique semble s'échapper du bois. Elle est secrète et mélancolique, pleine de remords et de regrets, comme les habitants de la maison qui jouxte la forêt. Le cœur alourdi par les non-dits, sauront-ils se laisser guider par cette mélodie sur le chemin de la paix ?
Depuis la mort de son mari, Viviane peine à s'entendre avec ses enfants. Elle multiplie les disputes avec Marion, l'aînée, et Thomas, le cadet, a sombré dans le mutisme. Lorsque sa demi-sœur Jessica les invite à passer l'été en sa compagnie et celle de ses fils, Viviane accepte à contrecœur. Rongés par la colère, la rancune et les dissimulations, tous vont devoir apprendre à s'apprivoiser.


Mot de Cyrlight



Encore une chronique qui ne portera pas sur l’une de mes lectures, mais sur l’un de mes romans, puisque c’est de L’autel des âmes tourmentées dont je m’apprête à vous parler.

Si je ne qualifierai pas cette histoire de « joyeuse », je peux tout de même affirmer qu’elle est nettement moins sombre et moins dure que la plupart de mes autres œuvres. Elle est surtout plus humaine, puisque pauvre en action, elle se concentre essentiellement sur les personnages, leurs émotions et les liens qu’ils tissent entre eux.

Ils sont au nombre de six : Viviane, qui a récemment perdu son mari dans un accident de voiture ; ses enfants, Marion et Thomas ; sa demi-sœur, Jessica, dont elle a longtemps ignoré l’existence ; et les fils de cette dernière, Justin et Tristan.

Tous ont une personnalité bien distincte, de l’enjouée Jessica à la colérique Marion, en passant par le discret Thomas ou le taciturne Tristan, mais surtout, tous doivent faire face à leur lot de tourments, qui tantôt les rapprochent des uns, tantôt les isolent des autres.

Bien que ce roman ne soit pas vraiment un huis-clos, il en a des airs, puisque toute l’histoire ou presque se déroule dans une petite maison de campagne cernée par les arbres et la forêt, à l’écart de la civilisation. Les protagonistes doivent apprendre à cohabiter, et surtout à communiquer, ce qui leur pose le plus de difficulté.

Même si les thèmes abordés dans cette histoire se concentrent autour de celui de la famille, ils sont dans l’ensemble assez variés : la fraternité, le deuil, l’enfance, l’adolescence, l’amour, la trahison, la reconstruction... En bref, je dirais qu’il s’agit avant tout de gens meurtris par la vie qui s’efforcent de panser leurs plaies à leur manière, non sans commettre des erreurs.

Si vous pensez que ce livre peut vous plaire, alors n’hésitez pas à le lire et à me communiquer votre ressenti.

vendredi 10 mai 2019

Les Orphelins de Kersey

Titre : Les Orphelins de Kersey
Auteur : Leila Meacham
Édition : Charleston
Pages : 556
Note : 3.5 / 5
1979. Catherine Ann est encore une petite fille lorsqu'elle perd ses parents dans un accident de voiture en Californie. Au Texas, chez sa grand-mère, elle fait la connaissance de deux garçons, John et Trey, également orphelins, qui décident de la protéger. Ils forment un trio remarquable, elle la plus belle fille de la région, eux des champions de football américain adulés par leur petite ville du Texas. En grandissant, ils nourrissent le projet de partir tous les trois à l'université. Mais, à la veille d'un match, une mauvaise blague vire à la tragédie. Le trio se déchire et les trois inséparables doivent apprendre à vivre chacun de leur côté. Le passé est-il éteint pour toujours ? Une histoire d'amitié et de triangle amoureux pleine de suspense et de rebondissements.


Avis de Cyrlight



Les Orphelins de Kersey est un roman de Leila Meacham, qui relate la rencontre de trois enfants au Texas, puis de leur vie qui en découle. Cathy, après avoir perdu ses parents, est adoptée par sa grand-mère. Quoique réticents dans un premier temps, Trey et John, les deux stars de football américain du collège, acceptent de la prendre sous leur aile.

Eh bien ! Je crois que je n’avais pas été aussi perplexe au terme d’une lecture depuis que je me suis lancée dans le manga To your eternity... Une fois encore, je serais bien en peine de dire si j’ai véritablement apprécié cette œuvre ou non.

Une chose est certaine, je l’ai préférée au Ranch des trois collines, le seul autre roman de Leila Meacham que j’ai lu à ce jour. Je reprochais à ce dernier d’être un peu trop plat et de s’étirer en longueur, ce qui n’est pas le cas ici. Les Orphelins de Kersey nous tient en haleine jusqu’au bout, car il est rythmé par de nombreuses péripéties.

Qu’est-ce qui me rend si dubitative, alors ? Pour être franche, si j’ai apprécié l’histoire dans son ensemble, je crois que les actes et les ressentis des personnages mis bout à bout me laissent sceptique. Plus d’une fois, j’ai froncé les sourcils, allant même jusqu’à trouver incohérents certains points de l’intrigue.

Déjà, j’ai eu du mal à m’attacher au trio principal. Trey est rapidement présenté comme quelqu’un d’antipathique, et je l’ai détesté dans un premier temps, mais il est au final celui pour qui j’ai ressenti le plus d’empathie. C’est un salaud, oui, et il ne cherche aucunement à le nier. Il finit même par endosser ce rôle de son plein gré.

Au contraire, j’ai détesté l’attitude de Cathy à l’adolescence, celle de ne voir en John qu’un bon copain, alors que Trey, en dépit de son charme évident, accumulait tous les défauts. Je trouve d’ailleurs cela très ironique lorsque, par la suite, elle prétendra ne pas être tombée amoureuse de John « par défaut », alors qu’on peut facilement en déduire que ses sentiments pour lui n’auraient jamais évolué si Trey était resté dans les parages. Qui plus est, elle se réjouit d’apprendre que John est le vrai père de son fils, sans même songer que si tel n’avait pas été le cas, Trey ne l’aurait peut-être jamais abandonnée.

Ce dernier m’a également désemparé plus d’une fois. Puisqu’il était convaincu que John et Cathy l’avaient trahi, pourquoi avoir fait des dons pour les œuvres de John, tout en laissant Cathy et son enfant dans l’embarras ? Pourquoi s’être marié à deux reprises, perdant ainsi une grande fortune dans les divorces, alors qu’il était clairement incapable d’aimer depuis son départ de Kersey ?

En revanche, je n’arrive pas à le blâmer de ne pas avoir révélé la vérité à propos de Will. Après tout, il avait le sentiment d’avoir été poignardé dans le dos, et Cathy elle-même a par la suite renoncé à épouser John pour ne pas le détourner de sa vocation de prêtre. Les personnages ont tous fait des choix, or seuls ceux de Trey semblent être désapprouvés. Cela se confirme d’ailleurs lors du dénouement, puisqu’il paie pour une personne qui avait des mœurs encore plus dissolues que les siennes.

La temporalité mise en place par l’auteur m’a aussi perturbée. On s’attarde longuement sur l’enfance, puis l’adolescence du trio, mais ensuite, des années de vie s’entassent pêle-mêle en l’espace de quelques chapitres. Le pire étant de loin le fiancé que Cathy paraît presque tirer de son chapeau, tout cela pour qu’il disparaisse en mode Remember me (les cinéphiles auront peut-être la référence) dans la foulée.

Quant à la scène de la mort de Trey, je ne me l’explique pas vraiment. J’imagine que la romancière a voulu brouiller les pistes, mais le problème est que, sur l’instant, tout porte véritablement à croire que c’est bien Cathy qui se trouvait au volant de la voiture. En tout cas, j’ai trouvé ce passage maladroit, à la vue de ce que l’on apprend par la suite.

Au final, je dirais que la lecture de ce roman a été agréable. Il est bien écrit, très prenant, et Trey, en dépit de ses défauts et de ses actes, m’a beaucoup touchée. Néanmoins, son contenu m’a laissée dubitative à maintes reprises, raison pour laquelle j’ai tant de mal à avoir un avis bien arrêté sur cette histoire. Je ne peux donc que vous conseiller de la lire pour vous faire votre propre opinion.

mercredi 20 février 2019

Le ciel de Darjeeling

Titre : Le ciel de Darjeeling
Auteur : Nicole Vosseler
Édition : L'Archipel
Pages : 427
Note : 3.5 / 5
Tous les rêves mènent en Inde. Tous les mirages aussi...
Cornouailles, 1876. Après la mort de son père, Helena, 16 ans, se retrouve dans la misère. Un jour, un inconnu lui fait une offre. Aussi riche que séduisant, Ian Neville lui propose de l’épouser et d’assurer l’éducation de son jeune frère. Mais il y met une condition : qu’elle accepte de le suivre en Inde, où il gère une vaste plantation de thé au pied de l’Himalaya.
En se donnant à son mystérieux bienfaiteur, la jeune femme a conscience de faire un saut dans l’inconnu. Mais l’espoir de ne manquer de rien, le cadre de vie somptueux de Darjeeling et le charme de son époux ont raison de ses réticences.
Jusqu’au jour où, Ian étant en voyage, Helena reçoit la visite d’un homme qu’elle avait rencontré lors d’un bal en Angleterre. Leurs retrouvailles éveillent en elle des questions sur le passé de Ian, dont celui-ci n’a jamais rien voulu lui dire. Pourquoi ignore-t-elle tout de son ascendance ? Cessera-t-il un jour d’être un étranger à ses yeux ?
Un voyage initiatique et sensuel aux confins de l’Inde millénaire.


Avis de Cyrlight



Le ciel de Darjeeling est un roman de Nicole Vosseler qui nous transporte aux côtés de l’héroïne, Helena, dans l’Inde coloniale du XIXème siècle. Fraîchement mariée à un inconnu qu’elle n’estime guère dans le but de fuir une existence malheureuse et d’assurer l’avenir de son frère, elle va peu à peu découvrir l’univers et les démons d’Ian, son époux.

Merci aux éditions L’Archipel et à Babelio pour ce partenariat lecture. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un livre qui se déroule en Inde, et je dois dire qu’à ce niveau, je n’ai pas été déçue. La plume de l’auteur est tout simplement sublime et dépeint merveilleusement ce pays dans un tourbillon de couleurs et de senteurs, qui fait qu’on s’y croirait presque.

Mais, car il y a un mais, ces descriptions, aussi réussies soient-elles, nuisent au bout d’un moment au rythme de l’histoire. En effet, il ne se passe presque rien pendant toute la première partie du roman. On découvre Helena bébé en Grèce, puis ses tourments en Angleterre, avant d’embarquer avec elle pour l’Inde aux côtés d’Ian Neville.

Certes, c’est beau, c’est dépaysant, mais c’est aussi un peu long, ces descriptions de sari, palais ou autre à n’en plus finir, ces fragments de dialogues en hindoustani qui nécessitent une traduction tout de suite derrière... On voit néanmoins que l’auteur maîtrise son sujet, qu’il s’agisse de l’Histoire avec un grand H ou même de la religion et des divinités hindoues, ce qui permet de se familiariser avec la culture locale, mais au détriment de l’intrigue qui s’enlise au milieu de tout cela.

La seconde partie, en revanche, est beaucoup plus riche en action. Son rythme est même presque excessif comparé à la lenteur des deux cent cinquante premières pages, mais au moins, il nous tient en haleine et nous transmet cette image de fuite effrénée dans laquelle les protagonistes sont engagés.

Enfin, la troisième partie est un peu décevante. Elle conclut la boucle beaucoup trop facilement à mon goût, et surtout, à cause de la prédiction du prologue, on voit survenir de loin la révélation finale. C’est trop simple, et je dois avouer que j’en suis ressortie avec une impression de « beaucoup pour pas grand-chose », face à une telle conclusion.

Évoquons à présent les personnages. J’ai beaucoup aimé Mohan, dont la force tranquille inspire à la fois la sécurité et le réconfort. Ian est lui aussi intéressant à suivre, j’ai même trouvé qu’il avait plutôt bon fond, en dépit de la noirceur qui l’habite. En revanche, je n’ai pas du tout accroché à Helena, que j’ai trouvée capricieuse à souhait et toujours prompte à accabler Ian de reproches, le plus souvent sans raison valable, étant donné qu’elle-même ne fait aucun effort vis-à-vis de lui.

Quant aux motivations des protagonistes, elles m’ont plus d’une fois laissée perplexe. Déjà, le fait que Richard décide de suivre une parfaite inconnue, mariée de surcroît, à l’autre bout du monde alors qu’il a seulement discuté avec elle pendant un bal, c’est presque trop romantique pour être crédible. Il faut croire que cette petite lionne sauvage qu’est Helena à un don particulier pour faire succomber les cœurs les plus indomptables, puisque c’est déjà ce qui s’est produit avec Ian peu avant.

Ensuite, la vengeance d’Ian... Je dois dire que je m’attendais à autre chose, ou plutôt à quelque chose de plus légitime. Personne n’est tout blanc ou tout noir dans l’histoire de Winston et Sitara, comme lui-même ne manque d’ailleurs pas d’en faire la remarque au raja, quand il lui signifie que tout le monde est plus ou moins coupable du sort de sa famille. Il en va de même pour la révolte des cipayes, où Anglais et Indiens ont tous commis des actes atroces et tué des innocents.

En conclusion, ce roman bénéficie d’une qualité d’écriture indéniable et de descriptions à couper le souffle, mais qui sont paradoxalement son principal défaut, à cause de la lenteur qu’elles insufflent au récit. Je recommande néanmoins ce roman à tous ceux qui aiment s’évader à travers les pages d’un livre, car le dépaysement est total, ou tout simplement à ceux qui souhaitent découvrir l’Inde, ses mystères, ses trésors et son Histoire.

vendredi 28 décembre 2018

Le Ranch des trois collines

Titre : Le Ranch des trois collines
Auteur : Leila Meacham
Édition : Charleston
Pages : 510
Note : 3 / 5
Printemps 1900. Séparés à leur naissance, des jumeaux, Nathan et Samantha, fêtent leur vingtième anniversaire, dans des comtés éloignés de l’État du Texas, sans se connaître ni soupçonner l’existence de l’autre… À la ferme de Barrows, Nathan reçoit une visite inattendue qui va bouleverser son existence. Trevor Waverling, un titan des premières heures du forage pétrolier, vient lui proposer un pacte des plus étranges… À Fort Worth, à trois jours de chevauchée au sud, Samantha décide que son destin se trouve sur les terres de Las Les Lomas, le ranch des Trois Collines, l’un des plus grands du Texas. La jeune fille entend aider son père adoptif à réaliser son rêve : devenir un titan de l’élevage texan. Mais malgré les secrets bien gardés, les routes de Nathan et Samantha sont appelées à se croiser… La vie réunira-telle les jumeaux séparés ?


Avis de Cyrlight



Le Ranch des trois collines raconte l’histoire de deux jumeaux, Samantha et Nathan, séparés à la naissance. La jeune fille a été adoptée par des parents aimants, tandis que le garçon est resté avec sa mère qui lui préfère ses autres enfants, jusqu’au jour où son père biologique apparaît.

En dépit d’un résumé accrocheur, je n’ai pas particulièrement aimé ce roman. Non pas qu’il soit mauvais, pourtant. Il est bien écrit et ne souffre d’aucun défaut majeur, mais l’histoire est de celles qui n’ont pas réussi à me séduire, ne serait-ce qu’un peu.

Peut-être est-ce parce qu’elle est beaucoup trop manichéenne. Tous les personnages ou presque ont bon fond, et ceux pour qui ce n’est pas le cas finissent par en payer le prix, tandis que tous les autres vivent heureux, comme dans un conte de fée.

Qui plus est, les non-dits, les secrets et les manigances s’accumulent tout au long du texte, mais au bout d’un moment, il y en a trop. Il est clair depuis le début que tous les points convergent dans la même direction, et chaque fois que l’on s’attend à voir la vérité éclater, le fil rouge s’étire encore et encore. Cela m’a un peu rappelé les œuvres de Sarah Lark, où l’on sait dès le début que les personnages vont se retrouver en dépit des épreuves et que l’histoire va se terminer en happy end.

J’ai tout de même eu une préférence pour l’intrigue de Nathan, sûrement parce qu’elle est plus sombre et plus poignante. Le personnage de Rebecca est l’un des seuls à m’avoir vraiment touchée (avec peut-être Léon), et son sort m’a émue. Quant à l’intrigue tournant autour du frère de Trevor, elle est aussi bien menée. Le problème, c’est que si le début s’équilibre alternativement entre Nathan et Samantha, la suite se concentre davantage sur cette dernière et son entourage immédiat, le laissant en retrait.

Le charme du Ranch des trois collines n’a donc pas opéré sur moi. Je ne le déconseille pas, car il peut sûrement être apprécié, mais ce sera par quelqu’un d’autre que moi.

jeudi 13 décembre 2018

Mansfield Park

Titre : Mansfield Park
Auteur : Jane Austen
Édition : Archipoche
Pages : 562
Note : 1.5 / 5
Fanny Price est issue d'une famille pauvre qu'elle quitte à l'âge de dix ans pour vivre avec son oncle et sa tante, Sir Thomas et Lady Bertram, à Mansfield Park. Sir Thomas désire en effet aider Mrs. Price, la mère de Fanny et la sœur de Lady Bertram, en prenant en charge l'éducation de Fanny.
Celle-ci est donc élevée avec ses cousins, légèrement plus âgés qu'elle, Tom, Edmund, Maria et Julia, mais il lui est presque constamment rappelé qu'elle leur est inférieure. Seul Edmund fait preuve de gentillesse à son égard; Maria et Julia la méprisent, Tom ne lui prête pas attention. Fanny maintient une correspondance régulière avec son frère William, officier de la Royal Navy. Elle acquiert en grandissant, notamment au contact d'Edmond, un sens moral qui lui sert de guide pour toute chose. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des ans en un amour qu'elle garde secret.
Les jours passent calmement à Mansfield Park, jusqu'au jour où Lord Bertram part aux Caraïbes et que de nouveaux jeunes gens font leur arrivée dans les environs : Mr. et Miss Crawford, frère et sœur de la femme du nouveau pasteur. Leur arrivée bouleverse la vie austère de Mansfield Park, sous les yeux de Fanny...


Avis de Cyrlight



Mansfield Park est une œuvre écrite par la célèbre romancière anglaise Jane Austen. Ce livre met en scène une jeune héroïne du nom de Fanny, adoptée alors qu’elle a une dizaine d’années par son oncle et sa tante, afin de soulager financièrement sa famille qui a beaucoup trop d’enfants. Elle est donc élevée auprès de ses cousins et évoluent dans leur univers.

Ayant adoré Orgueil et préjugés, que je considère comme l’une de mes histoires préférées, c’est sans crainte que je me suis orientée vers un autre roman de Jane Austen. Grand mal m’en a pris, car je me suis ennuyée ferme tout au long de ma lecture, au point de devoir l’entrecouper avec d’autres livres pour tenter de la rendre plus digeste.

Peut-être qu’avec un nombre de pages moins conséquents, ce roman aurait été plus appréciable, au lieu de quoi il est tout bonnement interminable. Le scénario n’avance pas, il se traîne à n’en plus finir. La pièce de théâtre, par exemple, c’est à se demander quand on en verra enfin le bout. De surcroît, tout est long pour rien. On ne voit pas les personnages évoluer, leurs personnalités ont déjà été cernées sans qu’il soit utile de s’attarder indéfiniment dessus... Cette lenteur n’apporte absolument rien au texte, et risque seulement de décourager le lecteur, comme ce fut mon cas.

Pire encore, cela semble également avoir été celui de l’auteur, car après s’être éternisée, l’histoire est complètement bâclée dans les derniers chapitres. Parvenu à quelques dizaines de pages de la fin, on ne voit toujours pas venir la conclusion, et pour cause, puisqu’on a le droit à un bref résumé expéditif du devenir des personnages.

Parlons d’eux, d’ailleurs... Aucun ou presque n’est attachant. Fanny est complètement terne et effacé, si bien qu’on pourrait presque la prendre pour un élément du décor. Les sœurs Bertram (en particulier Maria) sont capricieuses à souhait. Lady Bertram apparaît tel un paresseux toujours vautré sur son canapé... Comme j’ai pu le constater avec Orgueil et préjugés, Jane Austen aime caricaturer ses personnages, ce qui n’est pas un mal en soit, mais le problème, c’est qu’il n’y a ici personne susceptible d’attirer la sympathie. Mary est un peu plus pétillante que les autres, mais puisqu’elle est perçue à travers les yeux de Fanny qui la jalouse et qui se concentre sur ses défauts, il est presque impossible de l’estimer.

La seule qui se démarque du lot est Mme Norris. Oui, elle est insupportable, haïssable, même, mais au moins, elle inspire une émotion au lecteur (qu’il s’agisse de colère ou d’une pointe d’amusement tant elle est ridicule dans ses discours) et apporte des touches de vivacité au récit, qui demeure monotone le reste du temps.

Je ne peux recommander ce livre, hormis peut-être pour tenter de résoudre un problème d’insomnie. Si vous souhaitez lire du Jane Austen, je vous conseillerai plutôt de commencer par Orgueil et préjugés ou n’importe quelle autre œuvre, mais certainement pas Mansfield Park.

vendredi 5 octobre 2018

La demoiselle du Mississippi

Titre : La demoiselle du Mississippi
Auteur : Alexandra Ripley
Édition : Archipoche
Pages : 500
Note : 2 / 5
La vie de Mary MacAlistair bascule le jour de ses seize ans, lorsque, à la mort de son père, elle apprend que sa mère n'est qu'une marâtre. Orpheline, avec pour tout héritage un coffret contenant quelques souvenirs et une adresse à la Nouvelle-Orléans, elle n'hésite pas à quitter sa pension et à s'embarquer sur le premier vapeur descendant le Mississippi... De multiples aventures l'attendent. Elle échappe de justesse à la maison de prostitution où elle s'est laissée entraîner. Elle est chassée de la famille où elle avait trouvé refuge. Peu à peu elle soupçonnera que personne - notamment le séduisant planteur, Valmont Saint Brévin, dont pour son malheur elle tombe amoureuse - n'a intérêt à ce qu'elle retrouve les siens.


Avis de Cyrlight




La demoiselle du Mississippi est un roman historique ayant pour cadre l’Amérique pré-guerre de Sécession. Mary, une jeune fille naïve, apprend le jour de son seizième anniversaire que son père est mort et que sa belle-mère ne veut plus d’elle. Avec une cassette pour seul héritage, elle se lance à la recherche de sa véritable famille maternelle, à la Nouvelle-Orléans.

Si je devais décrire ce livre en quelques mots, je dirais qu’on n’en voit pas le bout. J’avais déjà eu ce sentiment avec Pour tout l’or du Sud, un autre roman d’Alexandra Ripley, où il ne se passait pas grand-chose, mais où les personnages avaient le le mérite d’être attachant. Ici, c’est loin d’être le cas.

Pour commencer, il y en a beaucoup trop. Si le début se concentre sur Mary, la suite s’éparpille avec Jeanne, sa demi-sœur, Valmont Saint-Brévin, Marie Laveau... Et que dire de Céleste ? Elle apparaît d’abord comme l’antagoniste du récit, puis ne revient ensuite qu’une ou deux fois, histoire de nous rappeler qu’elle existe, avant que son sort finisse par être abrégé en l’espace de quelques lignes, sans qu’on ait finalement pu correctement la cerner.

C’est d’ailleurs le problème de l’histoire en elle-même. Elle traîne en longueur, part dans tous les sens, plusieurs intrigues se superposent... On se perd facilement, on se demande où on va, et tout cela pour quoi ? Une fin bâclée expédiée en une poignée de chapitres.

L’héroïne, Mary, est agaçante au possible. Crédule la moitié du temps et odieuse l’autre moitié, impossible de s’attacher à elle. Elle a souvent des opinions condescendantes sur les gens, alors qu’elle-même ne vaut pas mieux, ne serait-ce que dans son attitude avec ce pauvre Paddy, qui a pour seul défaut de ne pas avoir un rang social équivalent au sien. Elle est déterminée à retrouver sa famille, mais ne fait rien pour y parvenir, puis s’en moque, puis l’adore... À cause de tout cela, elle donne l’impression d’être une égoïste ambitieuse qui, comme le fait si bien remarquer la veuve, aime se faire plaindre.

Grosse déception donc que ce livre. Autant j’avais adoré Scarlett et autant la lecture de Pour tout l’or du Sud n’avait pas été désagréable, en dépit du ton monocorde du roman, autant La demoiselle du Mississippi m’a refroidie quant à l’idée de lire d’autres livres d’Alexandra Ripley. Si je dois me relaisser tenter, ce ne sera sûrement pas avant un sacré bout de temps.

samedi 2 décembre 2017

Un choix

Titre : Un choix
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 332
Note : 2.5 / 5
Des amis fidèles, de fabuleux voyages aux quatre coins du monde, un travail passionnant, une maison au bord de l'eau... La vie de Travis Parker a de quoi faire bien des envieux. Seule ombre à ce tableau idyllique : il se sent seul. Impossible pour lui d'entretenir une relation sérieuse avec une femme. Jusqu'au soir où Gabby Holland, sa nouvelle voisine, débarque en furie dans son jardin... Onze ans plus tard, survient un drame qui va non seulement frapper leur couple et la famille qu'ils ont fondée, mais placer Travis devant un dilemme déchirant : jusqu'où devra-t-il aller pour garder son amour vivant ?



Avis de Cyrlight




Un choix est un roman d'amour écrit par Nicholas Sparks, qui retrace la rencontre entre Travis et sa voisine Gabby et le drame qui frappe leur vie quelques années plus tard.

Comme je l'avais déjà remarqué avec La dernière chanson, du même auteur, le livre peut être divisé en deux parties, avec la seconde qui est bien meilleure que la première, ce qui donne un résultat global assez nuancé.

La naissance de l'histoire d'amour entre les deux protagonistes s'étale sur plus de deux cents pages, et si cela peut paraître long, il ne s'écoule en réalité que quarante-huit heures dans le texte. À cause de cela, les sentiments sont assez rapides et évidents, au lieu d'être creusés.

C'est également le cas des personnages, assez simplistes. À l'exception de Stéphanie qui est sympathique et agréable, les autres sont trop lisses et puisqu'on ne les découvre principalement que le temps d'un week-end, on ne peut pas vraiment s'attacher à eux.

La temporalité est vraiment très mal dosée. On s'éternise sur ces deux jours, et une ellipse nous projette une décennie plus tard, après le drame. En effet, Gabby a sombré dans le coma à la suite d'un accident de voiture dont Travis se sent responsable.

Cette partie-là est plus intéressante, sans doute à cause de la tension dramatique, au contraire des deux premiers tiers où tout est plat et attendu. Il faut croire que Nicholas Sparks est plus doué pour le drame plutôt pour la romance, ce qui est dommage quand on sait que c'est elle qui prédomine dans le livre.

C'est donc un roman qui se lit aussi aisément que rapidement, ce qui n'est pas plus mal, car il n'y a pas grand-chose à retirer de cette lecture. Ceux qui passeront à côté ne manqueront rien.

samedi 7 octobre 2017

La dernière chanson

Titre : La dernière chanson
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 478
Note : 3.5 / 5
A l'âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller, alias "Ronnie", est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père, qui abandonne New York pour la Caroline du Nord. Elle lui en veut vraiment et refuse de le voir depuis la rupture... Jusqu'au jour où, trois ans plus tard, sa mère décide de l'envoyer passer un été avec lui, espérant une réconciliation. Le père de Ronnie, ancien pianiste et professeur, mène une vie paisible en bord de mer où il se consacre à la confection d'une oeuvre d'art. Dès son arrivée, Ronnie se rebelle et menace de partir. Mais bientôt, elle fait la connaissance de Will, un jeune homme du village, qui va faire chavirer son cœur. Baissant sa garde, va-t-elle enfin réussir à s'ouvrir au bonheur ?



Avis de Cyrlight




Dans La dernière chanson, Ronnie, une adolescente rebelle, est contrainte de passer l'été chez son père, à qui elle n'a pas adressé la parole depuis qu'il a quitté sa famille, trois ans plus tôt.

La première partie m'a laissé un avis très mitigé. L'histoire possède quatre narrateurs et les changements sont d'abord assez brutaux. On alterne entre Ronnie, son père, Will et Marcus (dont le point de vue est probablement dispensable) et il faut du temps pour prendre ses marques avec tout ce petit monde.

La narration est très familière, parfois même à l'excès. L'auteur (ou le traducteur) a sans doute voulu rendre le texte beaucoup plus réaliste, comme des adolescents s'exprimeraient à l'oral, mais à l'écrit, c'est très déstabilisant, pour ne pas dire parfois très lourd, à l'image de tous ces « OK ? » qui ponctuent les dialogues.

Inutile de le nier, les personnages sont, quant à eux, assez clichés. L'adolescente rebelle-mais-en-fait-non, le jeune homme qui possède toutes les qualités imaginables, l'ex profondément superficielle, l'antagoniste qui souligne le côté manichéen de l'histoire... Il n'y a que Blaze/Galadriel que j'ai eu beaucoup de mal à cerner, mais pas dans le bon sens du terme. Elle présente presque tout du long sa mère comme un être indigne, alors que celle-ci apparaît finalement comme quelqu'un de bien et d'attentionné, sans plus d'éclaircissements de ce côté-là.

Comme dit plus haut, la première partie n'est pas la plus intéressante. Tout est trop simple. Si la relation qu'entretient Ronnie avec son frère est plutôt agréable, sa réconciliation avec son père survient beaucoup trop facilement. Pareil pour la romance avec Will, qui démarre très vite.

La seconde moitié de l'histoire est beaucoup moins décevante. La révélation concernant l'état de santé de Steve (bien qu'il soit facile de l'anticiper) marque le renversement du roman. Les sentiments sont par la suite beaucoup plus creusés et on se laisse vraiment porter par l'émotion, ce qui n'était pas le cas avant.

Les agnostiques tels que moi seront peut-être un peu rebutés par les longs discours portant sur le divin, mais seront touchés par le chagrin de Ronnie lorsqu'elle apprend la vérité. La culpabilité, les regrets, l'envie de profiter des derniers instants... Tout est décrit avec une sincérité et une justesse appréciables, sans sombrer dans le pathos.

La dernière chanson est donc un livre qui peut sembler un peu naïf, pour ne pas dire mièvre, dans sa première partie, mais qui gagne en richesse et en profondeur par la suite, et le rend nettement plus agréable. C'est pourquoi je conseille à ceux qui le liront de ne pas arrêter leur lecture en chemin, au cas où l'envie leur en prendrait, car ils risquent de rater ce que cette œuvre a de meilleur à offrir.

vendredi 15 septembre 2017

Le cri de la terre

Titre : Le cri de la terre
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 2.5 / 5
1907. Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira, pionnière venue s’installer en Nouvelle-Zélande au milieu du xixe siècle, vit à Kiward Station, la ferme familiale. Son enfance insouciante prend fin à 12 ans lorsque ses parents, qui ne se sont guère occupés d’elle, décident qu’il est temps pour elle de devenir une lady. Gloria doit alors renoncer à son île paradisiaque et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat. Elle y dépérit. Même la présence de sa cousine Lilian ne parvient pas à la consoler. Son seul rêve : retourner dans son pays, celui du nuage blanc, avec l’espoir secret d’y retrouver Jack… Aussi, quand elle découvre que ses parents n’ont pas l’intention qu’elle rentre chez elle, Gloria décide-t-elle de prendre sa vie en main. Sans bien en mesurer tous les dangers, elle échafaude un plan… Comment résister à l’appel de la terre natale ?



Avis de Cyrlight




C'est avec Le cri de la terre que se conclut la trilogie du Nuage blanc. Après Gwyneira et Hélène, après Elaine et Kura, nous suivons la toute dernière génération de cette grande famille à travers les personnages de Gloria, Lilian et Jack.

Si les deux premiers tomes avaient des défauts évidents, ils sont encore plus marqués dans ce troisième opus. Un style toujours aussi horripilant en matière de répétition, des personnages secondaires toujours aussi négligés, et surtout un manque d'originalité encore plus flagrant.

Si Le pays du nuage blanc et Le chant des esprits partageaient des intrigues similaires, Le cri de la terre, quoique plus sombre, répète à l'identique le schéma de ses prédécesseurs. Deux héroïnes sont mises en scène, et sur les deux, l'une va s'en sortir relativement bien tout du long (Gwyneira/Kura/Lilian), tandis que l'autre affrontera malheur et douleur avant de connaître une fin plus heureuse (Hélène/Elaine/Gloria).

Jusqu'à présent, la densité de l'œuvre et ses nombreux personnages ne posaient pas de gros problèmes, mais cette fois, tout est plus brouillon. La chronologie est confuse, avec des allers et retours en arrière, et il n'est parfois pas aisé de se repérer dans le temps.

Même l'espace diffère beaucoup. L'histoire, jusqu'ici centrée en Nouvelle-Zélande, s'éparpille aux quatre coins du monde. Si cela permet de mettre en avant une sombre réalité historique (la Première Guerre Mondiale, et plus précisément Gallipoli), le lecteur habitué aux vastes pâturages des Canterbury Plains se sent dépaysé.

Quant aux personnages, ils souffrent toujours d'un manque de profondeur qui fait que l'on peine à s'attacher à eux. Charlotte, par exemple, m'a donné l'impression de n'être là que pour occuper l'intrigue de Jack jusqu'au retour de Gloria, même si ce sentiment a dû être quelque peu renforcer par la quatrième de couverture qui laissait présager une histoire entre ces deux personnages.

En parlant de cette jeune héroïne, d'ailleurs, ses choix ne semblent pas toujours très cohérents. Elle déteste la vie que ses parents lui imposent depuis qu'elle a quitté Kiward Station, mais pour y échapper, elle n'hésite pas à faire le choix de la prostitution, même si c'est d'abord avec un soupçon de naïveté. Ce qui m'a le plus déroutée, c'est que malgré la richesse de sa famille, elle n'a pas, à un seul moment, évoqué la possibilité de leur voler de l'argent ou n'importe quoi d'autre pour négocier une traversée.

Enfin, l'histoire entre Lilian et Ben est mièvre à souhait, digne d'un roman à l'eau de rose. Il n'y avait d'ailleurs aucun suspens de ce côté-là, puisque Sarah Lark a pour fâcheuse habitude de réunir ses personnages par miracle. Jusque-là, ils se retrouvaient par le plus grand des hasards à l'autre bout du pays, mais cette fois, c'est à l'autre bout du globe que réapparaît le soupirant de Lilian, rencontré en Angleterre.

C'est sans regret que s'achève cette trilogie du Nuage Blanc, car si les deux premiers tomes, sans être exempts de défauts, étaient plutôt agréables dans leur ensemble, la trame de celui-ci est attendue, dépourvue d'originalité, avec de plus grosses facilités scénaristiques que les précédents. Il était plus que temps que tout cela se termine !

mardi 29 août 2017

Le chant des esprits

Titre : Le chant des esprits
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 3 / 5
En 1852, Hélène et Gwyneira ont quitté l’Angleterre pour venir s’installer en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, au crépuscule d’une vie mouvementée, les deux pionnières, toujours liées par une amitié indéfectible, s’inquiètent pour leurs petites-filles, Elaine et Kura, deux cousines que tout oppose. Belle mais capricieuse, Kura possède une voix magnifique. Portée par la perspective d’une carrière internationale, elle refuse d’assumer son rôle d’héritière de Kiward Station, le domaine familial, pour se consacrer au chant. Lorsque Kura rencontre William, le fiancé d’Elaine, ce dernier tombe aussitôt sous le charme de la jeune métisse. Dès lors, le charme couve…



Avis de Cyrlight




Après avoir suivi les aventures de Gwyneira et d'Hélène dans Le pays du nuage blanc, ce sont à présent celles leurs petites-filles que nous découvrons dans Le chant des esprits, Lainie et Kura.

On ne retrouve pas seulement dans ce second tome la densité du premier, mais également ses qualités et ses défauts. Si les descriptions sont toujours aussi sublimes, les répétitions de l'auteur n'en sont pas moins pesantes. La richesse de l'histoire est encore au rendez-vous, mais conserve les mêmes faiblesses.

Tout comme dans le premier volume (si ce n'est davantage), les personnages secondaires sont négligés : les frères de Lainie sont à peine mentionnés, Jack n'apparaît qu'à de très rares occasions... Il est tout de même agréable de retrouver, même brièvement, les héros du Pays du nuage blanc, sauf peut-être Gwyneira.

Si tous semblent être restés fidèles à eux-mêmes, ce n'est pas son cas. J'ai eu du mal à la cerner tout du long. Comment elle, qui n'a jamais pu aimer Paul en raison de ses origines et qui a toujours paru posséder une certaine fierté, peut-elle s'incliner de la sorte face à la capricieuse Kura ? Comment peut-elle surtout lui porter une telle affection alors que la jeune fille est aussi exécrable que son père ?

L'histoire, bien qu'aussi riche et intéressante que la précédente, manque un peu d'originalité. Certains passages sont très plaisants (notamment la vie de Lainie dans l'établissement de Mme Clarisse, les efforts de Tim pour l'apprivoiser ou encore la réconciliation progressive des deux cousines) et d'autres trop peu développés. Je pense notamment aux retrouvailles entre Zoé et Lainie, desquelles j'attendais beaucoup quand j'ai vu ressurgir la première nommée, mais qui s'achèvent finalement aussi vite qu'elles sont survenues.

Pour rebondir là-dessus, les heureux hasards déjà présents dans le tome 1 le sont également dans celui-ci. Les personnages finissent toujours tôt ou tard par se retrouver au même endroit, au même moment, si bien qu'on voit venir ces éléments de l'intrigue longtemps à l'avance.

L'originalité n'est pas transcendante non plus, puisqu'il est facile de faire de gros parallèles avec Le pays du nuage blanc. L'une des héroïnes contracte un mariage malheureux avec un mari brutal (Hélène/Elaine... Tiens, tiens !), l'un(e) des protagonistes s'enfuit après avoir commis un meurtre (Paul/Elaine), la happy end où tout le monde se retrouve après quelques centaines de pages de pérégrinations...

C'est donc une histoire qui, comme la précédente, se laisse lire plutôt agréablement, mais qui souffre d'un style toujours aussi pesant et de rebondissements attendus. Contrairement au dépaysement, le suspens n'est pas au rendez-vous.

jeudi 10 août 2017

Le pays du nuage blanc


Titre : Le pays du nuage blanc
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 3 / 5

« Église anglicane de Christchurch (Nouvelle-Zélande) recherche jeunes femmes honorables pour contracter mariage avec messieurs de notre paroisse bénéficiant tous d’une réputation irréprochable. » Londres, 1852. Hélène, préceptrice, décide de répondre à cette annonce et de tenter l’aventure. Sur le bateau qui la mène au Pays du nuage blanc, elle fait la connaissance de Gyneira, une aristocrate désargentée promise à l’héritier d’un magnat de la laine. Ni l’une ni l’autre ne connaissent leur futur époux.



Avis de Cyrlight




Le pays du nuage blanc est une fresque intergénérationnelle, dont le récit commence avec Hélène et Gwyneira, deux jeunes femmes qui s’expatrient en Nouvelle-Zélande pour épouser un homme qu’elles n’ont jamais vu. C’est là-bas que débute véritablement leur histoire, qui s’étalera sur plusieurs décennies.

Il s’agit d’un roman très dense, mais qui n’en est pas moins simple à lire, malgré ses quelques huit cents pages qui pourront rebuter les lecteurs les moins courageux et d’inévitables longueurs.

Il est également très riche, car on y rencontre une pléthore de personnages, de très belles descriptions qui nous transportent dans les Canterbury Plains de ce beau pays du nuage blanc et de nombreux détails ayant trait à la culture maorie, sans parler des multiples thèmes abordés.

Hélas, en raison de cette grande diversité, certains éléments sont trop peu développés. En fonction des besoins du récit, l’auteur n’hésite pas à faire disparaître des personnages, qui réapparaîtront presque par miracle cent ou deux cents pages plus tard, sans qu’ils n’aient été évoqués ou presque entre-temps. Les retrouvailles surviennent souvent au détour d’heureux hasards, et sont par conséquent difficilement crédibles.

Qui plus est, on ne s’attache pas vraiment aux protagonistes, quelles que soient leurs joies ou leurs peines. Il y a une certaine froideur, voire fadeur, dans l’écriture qui, si elle n’est pas dérangeante lors des passages descriptifs ou narratifs, maintient un écart entre eux et le lecteur. C’est d’ailleurs loin d’être le seul défaut de la plume de l’auteur, qui est le point le plus négatif de ce roman.

De toutes mes lectures, je n’ai jamais croisé un style aussi lourd que celui du Pays du nuage blanc. J’ignore s’il faut blâmer Sarah Lark pour cela ou un médiocre travail de traduction, mais les répétitions sont légion. Si, comme moi, vous manquez de patience, vous vous agacerez vite des « à vrai dire » et compagnie qui reviennent toutes les deux à trois pages. C’est vraiment regrettable, car cela gâche une grande partie du plaisir que l’on prend à lire cette œuvre.

Vous l’aurez compris, c’est un avis mitigé que je donne sur ce livre. C’est un récit intéressant, captivant, même, mais qui aurait mérité d’être encore plus développé au lieu de laisser occasionnellement des personnages de côté, et qui souffre surtout une écriture rédhibitoire à force de répétitions.

Si vous aimez les histoires qui se déroulent à l’autre bout du globe ou encore les grandes sagas familiales, vous apprécierez sûrement Le pays du nuage blanc, mais il ne peut rivaliser avec d’autres classiques du genre, comme Les oiseaux se cachent pour mourir, que je recommanderais beaucoup plus chaudement.