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mercredi 20 février 2019

Le ciel de Darjeeling

Titre : Le ciel de Darjeeling
Auteur : Nicole Vosseler
Édition : L'Archipel
Pages : 427
Note : 3.5 / 5
Tous les rêves mènent en Inde. Tous les mirages aussi...
Cornouailles, 1876. Après la mort de son père, Helena, 16 ans, se retrouve dans la misère. Un jour, un inconnu lui fait une offre. Aussi riche que séduisant, Ian Neville lui propose de l’épouser et d’assurer l’éducation de son jeune frère. Mais il y met une condition : qu’elle accepte de le suivre en Inde, où il gère une vaste plantation de thé au pied de l’Himalaya.
En se donnant à son mystérieux bienfaiteur, la jeune femme a conscience de faire un saut dans l’inconnu. Mais l’espoir de ne manquer de rien, le cadre de vie somptueux de Darjeeling et le charme de son époux ont raison de ses réticences.
Jusqu’au jour où, Ian étant en voyage, Helena reçoit la visite d’un homme qu’elle avait rencontré lors d’un bal en Angleterre. Leurs retrouvailles éveillent en elle des questions sur le passé de Ian, dont celui-ci n’a jamais rien voulu lui dire. Pourquoi ignore-t-elle tout de son ascendance ? Cessera-t-il un jour d’être un étranger à ses yeux ?
Un voyage initiatique et sensuel aux confins de l’Inde millénaire.


Avis de Cyrlight



Le ciel de Darjeeling est un roman de Nicole Vosseler qui nous transporte aux côtés de l’héroïne, Helena, dans l’Inde coloniale du XIXème siècle. Fraîchement mariée à un inconnu qu’elle n’estime guère dans le but de fuir une existence malheureuse et d’assurer l’avenir de son frère, elle va peu à peu découvrir l’univers et les démons d’Ian, son époux.

Merci aux éditions L’Archipel et à Babelio pour ce partenariat lecture. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire un livre qui se déroule en Inde, et je dois dire qu’à ce niveau, je n’ai pas été déçue. La plume de l’auteur est tout simplement sublime et dépeint merveilleusement ce pays dans un tourbillon de couleurs et de senteurs, qui fait qu’on s’y croirait presque.

Mais, car il y a un mais, ces descriptions, aussi réussies soient-elles, nuisent au bout d’un moment au rythme de l’histoire. En effet, il ne se passe presque rien pendant toute la première partie du roman. On découvre Helena bébé en Grèce, puis ses tourments en Angleterre, avant d’embarquer avec elle pour l’Inde aux côtés d’Ian Neville.

Certes, c’est beau, c’est dépaysant, mais c’est aussi un peu long, ces descriptions de sari, palais ou autre à n’en plus finir, ces fragments de dialogues en hindoustani qui nécessitent une traduction tout de suite derrière... On voit néanmoins que l’auteur maîtrise son sujet, qu’il s’agisse de l’Histoire avec un grand H ou même de la religion et des divinités hindoues, ce qui permet de se familiariser avec la culture locale, mais au détriment de l’intrigue qui s’enlise au milieu de tout cela.

La seconde partie, en revanche, est beaucoup plus riche en action. Son rythme est même presque excessif comparé à la lenteur des deux cent cinquante premières pages, mais au moins, il nous tient en haleine et nous transmet cette image de fuite effrénée dans laquelle les protagonistes sont engagés.

Enfin, la troisième partie est un peu décevante. Elle conclut la boucle beaucoup trop facilement à mon goût, et surtout, à cause de la prédiction du prologue, on voit survenir de loin la révélation finale. C’est trop simple, et je dois avouer que j’en suis ressortie avec une impression de « beaucoup pour pas grand-chose », face à une telle conclusion.

Évoquons à présent les personnages. J’ai beaucoup aimé Mohan, dont la force tranquille inspire à la fois la sécurité et le réconfort. Ian est lui aussi intéressant à suivre, j’ai même trouvé qu’il avait plutôt bon fond, en dépit de la noirceur qui l’habite. En revanche, je n’ai pas du tout accroché à Helena, que j’ai trouvée capricieuse à souhait et toujours prompte à accabler Ian de reproches, le plus souvent sans raison valable, étant donné qu’elle-même ne fait aucun effort vis-à-vis de lui.

Quant aux motivations des protagonistes, elles m’ont plus d’une fois laissée perplexe. Déjà, le fait que Richard décide de suivre une parfaite inconnue, mariée de surcroît, à l’autre bout du monde alors qu’il a seulement discuté avec elle pendant un bal, c’est presque trop romantique pour être crédible. Il faut croire que cette petite lionne sauvage qu’est Helena à un don particulier pour faire succomber les cœurs les plus indomptables, puisque c’est déjà ce qui s’est produit avec Ian peu avant.

Ensuite, la vengeance d’Ian... Je dois dire que je m’attendais à autre chose, ou plutôt à quelque chose de plus légitime. Personne n’est tout blanc ou tout noir dans l’histoire de Winston et Sitara, comme lui-même ne manque d’ailleurs pas d’en faire la remarque au raja, quand il lui signifie que tout le monde est plus ou moins coupable du sort de sa famille. Il en va de même pour la révolte des cipayes, où Anglais et Indiens ont tous commis des actes atroces et tué des innocents.

En conclusion, ce roman bénéficie d’une qualité d’écriture indéniable et de descriptions à couper le souffle, mais qui sont paradoxalement son principal défaut, à cause de la lenteur qu’elles insufflent au récit. Je recommande néanmoins ce roman à tous ceux qui aiment s’évader à travers les pages d’un livre, car le dépaysement est total, ou tout simplement à ceux qui souhaitent découvrir l’Inde, ses mystères, ses trésors et son Histoire.

lundi 4 février 2019

Les Piliers de la Terre

Titre : Les Piliers de la Terre
Auteur : Ken Follett
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 1050
Note : 2.5 / 5
Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes..



Avis de Cyrlight



Les Piliers de la Terre est un roman historique de Ken Follet, traitant à la fois de la guerre civile d’Angleterre et de la construction de la cathédrale (fictive) de Kingsbridge. Deux camps s’opposent : l’un déterminé à la bâtir, l’autre à tout faire pour que cela ne se produise pas.

Malgré la réputation et les critiques élogieuses de ce célèbre roman, je n’ai pas été emballée par ma lecture. Avant de me lancer dans des explications, je tiens tout de même à préciser que le fait d’avoir vu la série télévisée au préalable n’est peut-être pas étranger à cela, car je l’avais plutôt bien appréciée.

Le style de l’auteur ne m’a pas paru exceptionnel. J’ai trouvé son écriture parfois un peu répétitive, bien que facile à lire, ce qui est une qualité lorsqu’on a entre les mains un roman de plus de mille pages. L’histoire en elle-même manque de suspens, car elle suit une sorte de schéma cyclique : Waleran et les Hamleigh complotent en toute impunité, la construction de la cathédrale s’arrête, puis reprend, puis ils complotent à nouveau... J’ai envie de résumer cela par « Tout va bien, jusqu’à ce que ça n’aille plus. »

Alors certes, comme dit plus haut, le fait de connaître par avance une grosse partie du scénario (même si la série diverge sur certains points) ne m’a pas vraiment aidée à me laisser emporter par l’histoire. Ce qui m’a le plus déçue, cependant (et c’est un sentiment que je n’avais pas eu avec l’adaptation), ce sont les personnages.

À l’exception de Jack, Ellen et Martha, il n’y en a aucun qui attire vraiment la sympathie. Le prieur Philip est bienveillant, mais sa rigidité morale est telle qu’elle incite parfois à le prendre en grippe (comme toutes les contraintes qu’il impose à Jack, par exemple). Aliéna est courageuse, mais elle est aussi hautaine et imbue d’elle-même, ce qui la rend souvent insupportable, Richard est admirable pour ses compétences militaires, mais détestable dans presque tous les autres domaines, l’aveuglement de Tom vis-à-vis d’Alfred est exaspérant... Quant aux antagonistes, à l’exception de Waleran qui a un certain charisme, ils rivalisent essentiellement de cruauté.

Ce roman est dans l’ensemble une déception. Je lui mets tout de même la moyenne, parce que je l’aurais peut-être estimé davantage si j’avais commencé par lui, et non par la série, mais sans conviction.

jeudi 20 décembre 2018

Cesare T.7

Titre : Cesare T.7
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 194
Note : 4.5 / 5
Naïf et studieux, Angelo da Canossa n’est guère armé pour la vie d’étudiant à l’université de Pise, lieu d’intrigues et de tensions dans l’Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à sa rencontre avec Cesare Borgia, rejeton d’une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d’accéder au Saint-Siège ?
Rivalités entre les différentes factions de l’université, machinations politiques et luttes fratricides, Angelo va partager les années de formation d’un jeune homme en passe de devenir l’un des personnages les plus fascinants de l’Histoire. À ses côtés, il croisera le chemin de certains de ses contemporains les plus célèbres, de Christophe Colomb à Machiavel en passant par Léonard de Vinci…
Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.



Avis de Cyrlight



L’histoire fait une pause dans ce septième tome de Cesare, et l’Histoire reprend ses droits, puisqu’une grande partie du manga se concentre sur le récit d’évènements passés, notamment avec Dante et l’empereur Henri VII, mais aussi sur la question de l’équilibre des pouvoirs.

Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce tome. Il est très riche en faits historiques, peut-être même un peu trop. Il n’y a cette fois aucune touche d’humour ou de légèreté, qui auraient pourtant été les bienvenues pour ponctuer un récit d’une telle densité. Les personnages principaux sont quasiment inexistants (Miguel n’apparaît que dans quelques cases, Angelo encore moins, et Cesare ne sert finalement qu’à introduire les récits parallèles).

C’est donc un peu frustrant de ne pas retrouver ces visages familiers, surtout après un sixième tome particulièrement touchant, où les liens semblaient avoir évolué entre les protagonistes. En dépit de cela, on ne peut qu’une fois de plus louer l’application et le travail de l’auteur, ainsi que la pertinence de son œuvre.

Qui plus est, même si cela ne paraît pas de prime abord, tout ce qui est raconté dans ce tome aura probablement son importance pour la suite, car les réflexions de Cesare, ainsi que son intérêt pour les figures historiques dépeintes entre ces pages, donnent un avant goût de l’homme, ou plutôt du « Prince », comme Machiavel tendra à le qualifier, qu’il sera dans le futur. On note sa position ambiguë à l’égard de l’Église, sa fascination pour le pouvoir... Cela contribue à éclairer la psychologie parfois complexe du personnage.

En conclusion, c’est un bon tome, très instructif et très dense, qui contraste beaucoup avec ces prédécesseurs. Je suis seulement déçue du fait que les protagonistes manquent un peu, mais c’est plus un ressenti personnel qu’un défaut à part entière.


Coup de ♥ 

jeudi 29 novembre 2018

Les chroniques de St Mary T.2 : D'écho en échos

Titre : Les chroniques de St Mary T.2 : D'écho en échos
Auteur : Jody Taylor
Édition : HC
Pages : 332
Note : 3 / 5
Les visites dans le passé reprennent à l'institut de recherche historique de St Mary.
Maxwell et ses excentriques confrères historiens partent pour de nouvelles aventures à travers le temps. Promue directrice du département d'Histoire, Maxwell va contrer, à l'aide de son équipe, les plans de leurs ennemis qu'ils croyaient neutralisés. C'est l'Histoire tout entière qui est menacée par ces fantômes du passé.
Au bord du burn out, l'historienne utilise ses dernières forces pour maintenir l'équilibre dans l'Histoire et dans sa vie privée. Non sans rudesse, elle doit faire face à l'attaque de Jack l'Éventreur, à un St Mary du futur quelque peu différent, un séjour improvisé à Ninive, ou encore à la mort étrange d'Élizabeth Ière d'Angleterre.


Avis de Cyrlight



D’écho en échos est le second tome des Chroniques de St Mary. On retrouve à l’institut Max, désormais chef de sa propre équipe, ainsi que Farrell, Peterson, Guthrie et d’autres visages familiers qui vont enchaîner les péripéties, notamment en Écosse, sous le règne de Marie Stuart.

Alors... Par où commencer ? Il y a tellement à dire que c’est difficile de trouver un point de départ. Peut-être celui-ci, justement : il se passe énormément de choses, dans ce roman, et certaines sont parfois si confuses qu’il faut attendre une explication ultérieure pour leur donner un sens.

La « dispute » entre Max et le chef Farrell, notamment. J’ai relu la scène deux fois, sans la comprendre davantage. J’avais l’impression qu’il manquait quelque chose, je ne saisissais pas comment un simple phrase avait pu rendre Maxwell à ce point hystérique, et même une fois ce pan de l’intrigue résolu, je le trouve relativement mal amené.

À cause de ce rythme très soutenu, où l’on bondit d’une péripétie à l’autre, on n’a pas le temps de s’attacher aux nouveaux personnages. S’ils étaient déjà très nombreux dans le premier tome, on finissait par s’habituer à eux, à leur caractère et à les différencier. Ici, ce n’est pas le cas. Hormis David et Pinkie dans le futur, aucun ne se démarque vraiment. Ils sont pour la majeure partie des noms qui surviennent à un moment ou à un autre de l’histoire.

L’humour loufoque est toujours au rendez-vous, peut-être même un peu trop, car j’ai eu un sentiment de démesure qui n’était pas présent lors de la lecture d’Un monde après l’autre. Tout est exagéré, et même si j’ai conscience qu’il s’agit de la patte de la saga, cela m’a semblé aller trop loin, par moments.

Le fil rouge, lancé dès la fin du tome précédent (à savoir pourquoi la mauvaise reine a été exécutée dans la pièce de Shakespeare), se traîne un peu. Au lieu de se concentrer dessus, alors que cela semble être une interrogation capitale, l’histoire s’éparpille. Alors certes, elle se ressert ensuite autour de ce même point, mais la résolution de l’énigme tarde à survenir, comme s’il fallait vraiment laisser le temps à tout le reste de se dérouler. (Par exemple, personne n’a eu l’idée de chercher l’évènement divergent entre l’Histoire et la pièce pendant le séjour de Maxwell dans le futur ?)

En conclusion, je dirais que j’ai moins apprécié ce second tome que le premier. Là où Un monde après l’autre n’était pas toujours très cohérent, D’écho en échos suit un rythme effréné parfois difficile à suivre, où tous les éléments de l’intrigue s’enchaînent trop vite. Il y a toujours du bon, notamment l’originalité de la saga qu’on ne peut que louer, mais elle serait nettement meilleure sans les défauts qui l’entachent.

mardi 20 novembre 2018

Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre

Titre : Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre
Auteur : Jody Taylor
Édition : HC
Pages : 350
Note : 3.5 / 5
À l'institut St Mary de recherche historique, les historiens n'étudient pas seulement le passé, ils le visitent.
Derrière l'innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils "étudient 'en temps réel' les événements majeurs de l'Histoire". En se faisant passer pour d'inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n'ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l'Histoire... au risque d'en mourir. 
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l'équipe de l'Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d'embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s'offrent à elle...
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, la jeune historienne va revivre d'extraordinaires événements. Alors qu'au sein de l'institut naissent des enjeux de pouvoir...


Avis de Cyrlight



Ce premier tome des Chroniques de St-Mary, Un monde après l’autre, met en scène une héroïne du nom de Maxwell, qui se familiarise progressivement avec cet étrange établissement où de dangereux voyages dans le temps constituent le quotidien des historiens dont elle fait elle-même partie.

Je remercie les éditions HC pour m’avoir offert les deux premiers tomes de cette intrigante saga, ainsi que Babelio pour avoir permis ce partenariat. C’est avec curiosité que je me suis plongée dans ce roman, et on peut dire que je n’ai pas été déçue.

L’univers est très burlesque et présente des situations toutes plus saugrenues les unes que les autres. Si elles ne sont pas forcément très réalistes, elles prêtent toujours à sourire, et l’humour si particulier de cette œuvre est assurément son point fort.

Les personnages sont également très sympathiques, quoiqu’un poil manichéens. Au début, on se perd un peu parmi ce joyeux petit monde, et il faut régulièrement se référer à la page de présentation, mais au bout d’un moment, on finit par se familiariser avec presque tout le monde.

La vie des employés de St-Mary est particulièrement agréable à suivre, mais, parce qu’il y a un mais, les voyages dans le temps sont moins réussis dans l’ensemble, alors qu’ils sont présentés comme l’élément principal de l’histoire. Amateurs de cohérence, autant vous le dire, passez votre chemin.

D’entrée de jeu, on nous présente une Histoire personnifiée, qui se corrige d’elle-même en n’hésitant pas pour cela à éliminer tous les grains de sable (comprendre les historiens) qui parasitent ses rouages. Max en fait d’ailleurs le frais, échappant de peu à une mort certaine lors de sa première aventure dans le passé, mais cela ne se répète pas par la suite.

Lors de l’épisode de l’hôpital en feu, Kal et elle secourent les blessés, les aident à se mettre à l’abri... N’est-ce pas modifier le cours du temps que de sauver des gens qui seraient peut-être morts autrement ? Ou sauver des parchemins des flammes qui dévorent la bibliothèque d’Alexandrie et permettre leur découverte dans le futur, alors qu’ils auraient dû être détruits ?

Quant à Max, elle reconnaît certes elle-même qu’elle n’est pas très maligne, mais même quand quelque chose lui paraît suspect, elle ne cherche pas plus loin et laisse les évènements suivre leur cours, alors que c’est parfois gros comme le nez au milieu de la figure.

Quand la situation et la direction se renversent à St-Mary, pourquoi est-ce que personne ou presque ne fait rien ? Pourquoi la sécurité se soumet-elle aux ordres de la personne la plus détestée de l’établissement, alors qu’il aurait suffi d’un rien pour l’évincer ?

Enfin, dernier petit bémol : le temps. En milieu de livre, on apprend que cinq années se sont écoulées, mais on ne les a absolument pas vues passer, ni même ressenties. À la vue de la vitesse à laquelle les incidents et les accidents s’enchaînent à St-Mary, c’est à se demander comment il a pu s’écouler une demi-décennie sans qu’il ne se passe rien susceptible d’être évoqué.

Comme dit plus haut, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, les idées sont très sympathiques et l’originalité est au rendez-vous, mais la cohérence globale est vraiment le gros point faible de cette histoire, et nuit considérablement à sa qualité. Dommage.