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mardi 8 janvier 2019

Time Riders T.2 : Le jour du prédateur

Titre : Time Riders T.2 : Le jour du prédateur
Auteur : Alex Scarrow
Édition : PKJ
Pages : 596
Note : 3 / 5
Ne jouez pas avec le temps...
Liam O'Connor aurait dû mourir en mer en 1912.
Maddy Carter aurait dû mourir en avion en 2010.
Sal Vikram aurait dû mourir dans un incendie en 2026.
Mais une mystérieuse agence les a sauvés pour les recruter.
Désormais, ils sont des Time Riders. Leur mission : empêcher que les voyages dans le temps ne changent l'Histoire.
Suite à une erreur de Maddy, Liam se retrouve bloqué 65 millions d'années en arrière, sur le terrain de chasse de dinosaures plus féroces les uns que les autres. Le garçon doit trouver un moyen de contacter Maddy et Sal au plus vite, s'il veut éviter d'être mis en pièces. Mais ne risque-t-il pas s'endommager l'Histoire et de créer une nouvelle – et terrifiante – réalité ?



Avis de Cyrlight



Suite des aventures de Liam, Sal et Maddy dans ce second tome de Time Riders, Le jour du prédateur. À cause d’une explosion causée par une interférence, Liam et la nouvelle unité de soutien, Becks, se retrouvent propulsés plusieurs millions d’années en arrière, en plein Crétacé, en compagnie de tout un groupe avec qui ils s’organisent pour espérer rentrer.

Je ressors de cette lecture plus mitigée qu’après avoir débuté la série. Les mêmes points positifs sont à relever : une écriture fluide, un scénario addictif qui donne l’envie irrépressible de toujours connaître la suite... Mais également les mêmes défauts, exacerbés.

J’avais précédemment relevé de petites incohérences, dues à la complexité du sujet des voyages dans le temps, mais cette fois, c’est encore plus flagrant, puisque toute l’intrigue repose là-dessus. En effet, on comprend que si Liam et Becks n’ont pu emprunter le portail de retour, c’est parce qu’ils ont été envoyés dans le passé par erreur à la suite du message de Maddy, mais Maddy leur a transmis le message justement parce qu’ils avaient manqué toutes les fenêtres censés les ramener en 2001. Pourquoi les ont-ils initialement ratées ? Où étaient-ils ? Voilà un point que l’auteur semble avoir négligé.

Au niveau des protagonistes, ils sont toujours assez creux. Sal se démarque par son inutilité chronique (pourquoi l’avoir embauchée comme observatrice et l’obliger à étudier consciencieusement Central Park alors que n’importe qui est susceptible de percevoir les ondes temporelles ?) et Maddy n’est toujours guère développée. Seul Liam est attachant, notamment grâce aux relations qu’il entretient avec les IA. D’ailleurs, comme Bob avant elle, Becks est le seul personnage vraiment fascinant à suivre.

Le roman en lui-même est long. Pas long dans le sens où il compte un nombre effrayant de pages ou parce qu’on peine à avancer, bien au contraire, mais long dans le sens où, finalement, tout a des airs de remplissage. Comme l’histoire suit exactement le même schéma, on sait déjà comment elle va se terminer : Liam va réussir à transmettre ses coordonnées temporelles à Maddy et réintégrer la base où le temps reprendra son cours normal. Au final, tout le reste, l’installation d’un campement dans la jungle, la longue marche jusqu’à l’océan... semble surtout destiné à gagner des pages entre le point A et le point B.

D’ailleurs, parlons-en, de la transmission des coordonnées temporelles. Si l’histoire du Livre d’Or pouvait passer, cette fois, c’est trop gros pour être crédible. Comment Liam et Maddy peuvent-ils avoir tous deux la même idée saugrenue de faire traverser les âges à un message si déroutant qu’il sera forcément intercepté par une agence secrète gouvernementale ?

Quant à la fin, une fois encore, elle se résout trop simplement. Dans le tome 1, j’avais reproché le retour miraculeux de Sal, mais cette fois, c’est bien pire. La boucle temporelle efface et recommence tout. Quid de la classe disparue ? Quid de ceux qui n’ont pas survécu ? Cela ne risque pas de créer une contamination ou un paradoxe dans le futur, puisqu’ils ont cessé d’exister en pleine visite d’un centre de recherche ?

Petite déception donc avec ce second tome de Time Riders. L’histoire en elle-même est pourtant très accrocheuse, mais les incohérences, les facilités scénaristiques et le manque de charisme des personnages laissent un goût d’insatisfaction qui gâte le plaisir de la lecture. La révélation finale donne néanmoins envie de lire la suite.

mardi 20 novembre 2018

Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre

Titre : Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre
Auteur : Jody Taylor
Édition : HC
Pages : 350
Note : 3.5 / 5
À l'institut St Mary de recherche historique, les historiens n'étudient pas seulement le passé, ils le visitent.
Derrière l'innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils "étudient 'en temps réel' les événements majeurs de l'Histoire". En se faisant passer pour d'inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n'ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l'Histoire... au risque d'en mourir. 
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l'équipe de l'Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d'embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s'offrent à elle...
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, la jeune historienne va revivre d'extraordinaires événements. Alors qu'au sein de l'institut naissent des enjeux de pouvoir...


Avis de Cyrlight



Ce premier tome des Chroniques de St-Mary, Un monde après l’autre, met en scène une héroïne du nom de Maxwell, qui se familiarise progressivement avec cet étrange établissement où de dangereux voyages dans le temps constituent le quotidien des historiens dont elle fait elle-même partie.

Je remercie les éditions HC pour m’avoir offert les deux premiers tomes de cette intrigante saga, ainsi que Babelio pour avoir permis ce partenariat. C’est avec curiosité que je me suis plongée dans ce roman, et on peut dire que je n’ai pas été déçue.

L’univers est très burlesque et présente des situations toutes plus saugrenues les unes que les autres. Si elles ne sont pas forcément très réalistes, elles prêtent toujours à sourire, et l’humour si particulier de cette œuvre est assurément son point fort.

Les personnages sont également très sympathiques, quoiqu’un poil manichéens. Au début, on se perd un peu parmi ce joyeux petit monde, et il faut régulièrement se référer à la page de présentation, mais au bout d’un moment, on finit par se familiariser avec presque tout le monde.

La vie des employés de St-Mary est particulièrement agréable à suivre, mais, parce qu’il y a un mais, les voyages dans le temps sont moins réussis dans l’ensemble, alors qu’ils sont présentés comme l’élément principal de l’histoire. Amateurs de cohérence, autant vous le dire, passez votre chemin.

D’entrée de jeu, on nous présente une Histoire personnifiée, qui se corrige d’elle-même en n’hésitant pas pour cela à éliminer tous les grains de sable (comprendre les historiens) qui parasitent ses rouages. Max en fait d’ailleurs le frais, échappant de peu à une mort certaine lors de sa première aventure dans le passé, mais cela ne se répète pas par la suite.

Lors de l’épisode de l’hôpital en feu, Kal et elle secourent les blessés, les aident à se mettre à l’abri... N’est-ce pas modifier le cours du temps que de sauver des gens qui seraient peut-être morts autrement ? Ou sauver des parchemins des flammes qui dévorent la bibliothèque d’Alexandrie et permettre leur découverte dans le futur, alors qu’ils auraient dû être détruits ?

Quant à Max, elle reconnaît certes elle-même qu’elle n’est pas très maligne, mais même quand quelque chose lui paraît suspect, elle ne cherche pas plus loin et laisse les évènements suivre leur cours, alors que c’est parfois gros comme le nez au milieu de la figure.

Quand la situation et la direction se renversent à St-Mary, pourquoi est-ce que personne ou presque ne fait rien ? Pourquoi la sécurité se soumet-elle aux ordres de la personne la plus détestée de l’établissement, alors qu’il aurait suffi d’un rien pour l’évincer ?

Enfin, dernier petit bémol : le temps. En milieu de livre, on apprend que cinq années se sont écoulées, mais on ne les a absolument pas vues passer, ni même ressenties. À la vue de la vitesse à laquelle les incidents et les accidents s’enchaînent à St-Mary, c’est à se demander comment il a pu s’écouler une demi-décennie sans qu’il ne se passe rien susceptible d’être évoqué.

Comme dit plus haut, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, les idées sont très sympathiques et l’originalité est au rendez-vous, mais la cohérence globale est vraiment le gros point faible de cette histoire, et nuit considérablement à sa qualité. Dommage.