lundi 27 mai 2019

À la croisée des mondes T.1 : Les royaumes du nord

Titre : À la croisée des mondes T.1 : Les royaumes du nord
Auteur : Philip Pullman
Édition : Folio
Pages : 533
Note : 3.5 / 5
Ce n'était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son daemon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures.
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d'une extraordinaire particule. D'une taille microscopique, la Poussière que l'on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord - est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises...
Jetée au cœur d'un terrible conflit, Lyra sera forcée d'accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s'opposent des forces que nul ne l'avait préparée à affronter.


Avis de Cyrlight



Premier tome d’À la croisée des mondes, Les royaumes du nord nous introduisent dans l’univers de Lyra, une fillette qui entreprend un long voyage pour sauver son ami Roger, enlevé par les Enfourneurs, d’ignobles individus qui pratiquent des expériences sordides sur les enfants. Elle est aidée dans sa quête par des gitans, des sorcières, un redoutable ours en armure, mais surtout un mystérieux objet : l’aléthiomètre.

Ayant découvert l’univers de Philip Pullman grâce au film tant décrié La boussole d’or, je m’attendais à trouver quelque chose de mieux, voire de radicalement différent en lisant le livre, et en fait... Pas tant que ça, si ce n’est la fin qui a été tronquée dans l’adaptation cinématographique, et que le roman est beaucoup plus sombre et violent dans son ensemble.

Je suis heureuse d’avoir eu l’occasion de voir le film au préalable, car cela m’a aidée à entrer dans l’histoire (ce qui n’était pas gagné de prime abord) et à assimiler les caractéristiques de ce monde où les humains sont accompagnés de daemons, des créatures qui sont en quelque sorte le reflet animal de leur âme.

Il m’a également fallu attendre énormément de pages avant de parvenir à trouver Lyra moins antipathique. Au début, elle n’est qu’arrogance, autorité, égoïsme, et éprouve un vif mépris pour les règles. Par la suite, elle fera montre d’altruisme, d’empathie et de courage, ce qui la rend plus estimable.

En dépit de cela, je lui ai préféré la plupart des personnages secondaires, en particulier Iorek. Certains auraient néanmoins mérité d’être plus développés, tels que Lee Scoresby ou Serafina Pekkala, qui ne bénéficient que d’un nombre d’interventions limité. Bizarrement (ou pas), j’ai ressenti une fascination malsaine pour madame Coulter, au contraire de lord Asriel que j’ai pris en grippe dès le départ (ce que je n’ai pas regretté par la suite...).

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, j’ai beaucoup apprécié son aspect théologique, qui m’a paru très original. Les péripéties sont également bien amenées, mais certains passages m’ont semblé plutôt confus, presque brouillons, surtout la fin qui m’a laissée perplexe. Même en la relisant deux fois, j’ai eu toutes les peines à visualiser la scène (madame Coulter qui apparaît comme un cheveu sur la soupe, Lyra qui a tenté d’intervenir mais à qui personne ne prête attention, la description du pont...).

En conclusion, je dirais que je suis un peu déçue par cette lecture, probablement parce que j’en attendais beaucoup plus. Il y a cependant d’excellents éléments, notamment le côté théologique de l’œuvre qui m’a séduite au plus haut point, aussi lirai-je la suite, ne serait-ce que poussée par la curiosité d’en apprendre davantage sur la Poussière.

lundi 20 mai 2019

Pokémon : La grande aventure Or et Argent T.3

Titre : Pokémon : La grande aventure Or et Argent T.3
Auteur : Hidenori Kusaka
Édition : Kurokawa
Pages : 528
Note : 3.5 / 5



La ligue Pokémon est sur le point de débuter ! Mais l'homme masqué aidé par la Team Rocket compte bien gâché la fête. Or, Argent et Cristal réussiront-ils à contrecarrer ses sombres desseins ?!





Avis de Cyrlight



L’arc Or et Argent se referme avec ce troisième tome du manga Pokémon : La grande aventure. Les combats font rage au Plateau Indigo, mais aussi ailleurs dans Johto, et tous les personnages, amis et anciens ennemis, s’unissent pour arrêter le Masque de Glace.

Comme ce fut déjà le cas à la lecture du tome précédent, je suis un peu déçue par ce final, ou plutôt par la façon dont il est emmené. Les affrontements m’ont semblé plus confus que jamais, et j’ai trouvé que les retournements de situation survenaient un peu trop rapidement, parfois même comme un cheveu sur la soupe.

Le traitement des personnages est toutefois plutôt bien réussi dans l’ensemble. Que ce soit la relation Verte/Argent, l’alliance des Champions, le rôle du Conseil 4... Seuls Marion et Clément ne m’ont pas vraiment convaincue, en particulier ce dernier, qui n’aspire qu’à s’amuser. Et l’identité du Masque de Glace, beaucoup trop prévisible. En revanche, mention spéciale à Sandra que j’ai adorée (même si je manque d’objectivité, elle a toujours été l’un de mes personnages préférés).

Il y a donc du très bon dans ce manga, mais je suis moins emballée par le scénario, ou plutôt par son traitement, que j’avais pu l’être dans l’arc Rouge, Bleu et Verte. J’espère sincèrement que j’apprécierai davantage la suite.

samedi 18 mai 2019

Le Théorème des Katherine

Titre : Le Théorème des Katherine
Auteur : John Green
Édition : PKJ
Pages : 360
Note : 3 / 5



Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux.
Dix-neuf fois la fille s'appelait Katherine.
Pas Katie, ni Kat, ni Kittie, ni Cathy, et surtout pas Catherine, mais KATHERINE.
Et dix-neuf fois, il s'est fait larguer.






Avis de Cyrlight



Le Théorème des Katherine est un roman de littérature jeunesse, plutôt orienté adolescence, qui met en scène un surdoué du nom de Colin. Ledit Colin a la particularité d’avoir fréquenté dix-neuf filles dans sa vie. Dix-neuf qui l’ont rejeté, et toutes s’appelaient Katherine.

Je suis assez partagée sur ce livre. Autant j’ai adoré Nos étoiles contraires, de John Green, autant celui-ci ne m’a pas particulièrement emballée. Pas que j’ai vraiment un défaut majeur à lui reprocher, c’est plutôt un tout qui fait que je n’ai pas été séduite.

Déjà, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. À l’exception de la sémillante Lindsay, Colin et Hassan m’ont laissée de marbre. Colin est un égocentrique condescendant, et Hassan... Il est censé être là pour l’humour, mais je compte sur les doigts d’une main le nombre de fois où il m’aura fait rire.

L’intrigue en elle-même... Mouais. Colin qui sort avec dix-neuf Katherine, pourquoi pas ? Sauf qu’on devine facilement ce qui va se passer dès l’instant où il rencontre Lindsey, si bien que je me demande pourquoi il n’est pas sorti avant de ce cercle inlassable de Katherine, puisqu’il a prouvé qu’il en était capable. Parce qu’il fallait boucler la boucle avec K-I/K-XIX ? Peut-être, mais ça ne me convainc pas.

Au niveau de l’intrigue de Colin, donc, guère de suspens. Le problème, c’est que les intrigues secondaires ne sont finalement que très peu creusées. La relation Katrina/Hassan ? Elle se termine presque aussi vite qu’elle commence. Les problèmes d’Hollis ? Sitôt le pot au roses découvert, il n’en est quasiment plus question.

Je m’attendais à ce que Colin propose de participer à un nouveau jeu télévisé pour remporter de l’argent, qu’ils réfléchissent tous ensemble à une solution pour sauver Gutshot, et en fait... Non. Même l’épilogue est très rapide. Lindsey vit dans le Tennessee, les garçons dans l’Ohio, et on ne sait pas exactement ce qu’il adviendra de leur amitié (et plus si affinités) au terme des vacances.

Au final, l’intrigue principale, celle du Théorème, m’a paru assez superficielle. Sans être un génie en la matière, j’adore les maths, et j’ai été déçue que les calculs de Colin soient si « simples ». Il me semble d’ailleurs qu’il déclare lui-même à un moment avoir associé les variables au hasard, or je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus complexe, de vraiment incompréhensible pour un cerveau lambda, or pour quelqu’un d’aussi intelligent que lui, j’ai trouvé que cela n’allait finalement pas chercher bien loin. Quant aux intrigues secondaires, eh bien... Elles restent irrémédiablement très secondaires.

Déception donc, surtout comparé à l’excellent Nos étoiles contraires. J’espère que j’aurai une meilleure opinion de La face cachée de Margo, qui figure également dans mes envies de lecture.

mardi 14 mai 2019

Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie

Titre : Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie
Auteur : Lionel Abbo
Édition : Plon
Pages : 220
Note : 3.5 / 5
« Je m'appelle Adolphe Goldstein. Je ne suis pas un simple croque-mort. Je propose à mes clients de choisir le moment et la façon dont ils quitteront ce monde. Une personne décède toutes les cinquante-quatre secondes en France. Mon commerce a de l'avenir. Death planner, c'est mon job. »
Jusqu'à présent, le trépas demeurait un sujet tabou, s'accommodant mal de la liberté du commerce. Mais demain, organiser sa fin sera considéré comme un acte aussi anodin que préparer son mariage. Pourquoi craindre cet instant inéluctable et le subir alors que l'on peut décider du moindre détail ? Choisir sa mort comme on a choisi sa vie.
Porté par cette mission qu'il juge d'utilité publique, jusqu'où ira Adolphe pour convaincre le monde ?


Avis de Cyrlight



Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie est, comme son titre le laisse supposer, un roman décalé et cynique, où le personnage principal, un juif ironiquement prénommé Adolphe, décide de se lancer dans le business de la mort.

Commençons par le point le plus positif de l’histoire : l’écriture. La plume de l’auteur est vraiment excellente, et il n’hésite pas à démontrer son talent en multipliant les jeux de mots ou encore en s’amusant avec les sonorités, sans que cela nuise à la fluidité de la lecture.

Vient ensuite l’originalité. Un personnage croque-mort, ce n’est déjà pas courant, mais un « death planner », alias un homme qui organise des funérailles comme on organiserait un mariage, l’est encore moins. L’incongruité de la chose n’a pas été sans m’évoquer Le magasin des suicides, et c’est d’ailleurs parce que j’avais bien aimé le film d’animation que j’ai été tenté de lire ce livre qui me semblait vaguement dans la même veine.

On a donc Adolphe, qui s’efforce d’organiser des funérailles uniques et personnalisées en fonction des défunts, mais qui, bientôt, ne se cantonnera plus à ce rôle. Pourquoi se contenter d’offrir une belle cérémonie quand on peut permettre aux gens de choisir leur propre mort ?

Plus l’histoire progresse et plus les ambitions d’Adolphe s’accroissent, mais j’ai été moins emballée par ce pan de l’intrigue, qui m’a paru oscillé entre trop et trop peu. Les actes du protagoniste ne tardent pas à prendre une dimension démesurée (envoyer des cendres dans l’espace, louer les services d’un cannibale...), mais je déplore que le roman ne s’attarde pas assez sur chacune des étapes qu’il franchit dans ce que l’on pourrait presque appeler sa mégalomanie funèbre.

Par exemple, j’ai beaucoup aimé l’interrogatoire avec l’inspectrice, où Adolphe parvient avec aisance à retourner la situation, et j’aurais aimé voir davantage à l’œuvre ses talents de « vendeur », au lieu de quoi j’ai eu l’impression que chacune de ses prestations n’étaient illustrées que par quelques exemples, avant de passer directement à la suite. Les funérailles sur mesure, puis les morts sur mesure, puis le jeu télévisé...

Et là, paradoxalement, j’ai trouvé qu’on était dans le trop. Que tout allait souvent beaucoup trop loin. Comment quelqu’un qui souhaite rester discret peut-il autant s’exposer ? Comment privatiser un tribunal et louer les services de figurants pour jouer un faux procès (en étant de surcroît soi-même présent) sans que cela n’intrigue qui que ce soit ?

En ce qui concerne la fin, en revanche, on retombe dans le trop peu. Même si elle semble être un parfait retour de bâton pour Adolphe qui s’est littéralement mis à jouer avec la mort, j’aurais apprécié qu’elle soit plus développée. Au lieu de prendre le temps d’assumer les conséquences de ses actes, il préfère s’y soustraire, si bien qu’on ne sait même pas ce qu’il advient de l’enfant, juste brièvement évoqué.

Malgré ces quelques points négatifs, le roman est plutôt bon dans l’ensemble, et il sait surtout sortir du lot, ne serait-ce que par les thèmes qu’il aborde et les questions qu’il soulève au niveau de la morale. Mention spéciale à Benjamin Raspail qui m’aura bien fait rire.

dimanche 12 mai 2019

L'autel des âmes tourmentées

Titre : L'autel des âmes tourmentées
Auteur : Mary Elise
Édition : Auto-édition
Pages : 360
Note : -
Certaines nuits, une musique semble s'échapper du bois. Elle est secrète et mélancolique, pleine de remords et de regrets, comme les habitants de la maison qui jouxte la forêt. Le cœur alourdi par les non-dits, sauront-ils se laisser guider par cette mélodie sur le chemin de la paix ?
Depuis la mort de son mari, Viviane peine à s'entendre avec ses enfants. Elle multiplie les disputes avec Marion, l'aînée, et Thomas, le cadet, a sombré dans le mutisme. Lorsque sa demi-sœur Jessica les invite à passer l'été en sa compagnie et celle de ses fils, Viviane accepte à contrecœur. Rongés par la colère, la rancune et les dissimulations, tous vont devoir apprendre à s'apprivoiser.


Mot de Cyrlight



Encore une chronique qui ne portera pas sur l’une de mes lectures, mais sur l’un de mes romans, puisque c’est de L’autel des âmes tourmentées dont je m’apprête à vous parler.

Si je ne qualifierai pas cette histoire de « joyeuse », je peux tout de même affirmer qu’elle est nettement moins sombre et moins dure que la plupart de mes autres œuvres. Elle est surtout plus humaine, puisque pauvre en action, elle se concentre essentiellement sur les personnages, leurs émotions et les liens qu’ils tissent entre eux.

Ils sont au nombre de six : Viviane, qui a récemment perdu son mari dans un accident de voiture ; ses enfants, Marion et Thomas ; sa demi-sœur, Jessica, dont elle a longtemps ignoré l’existence ; et les fils de cette dernière, Justin et Tristan.

Tous ont une personnalité bien distincte, de l’enjouée Jessica à la colérique Marion, en passant par le discret Thomas ou le taciturne Tristan, mais surtout, tous doivent faire face à leur lot de tourments, qui tantôt les rapprochent des uns, tantôt les isolent des autres.

Bien que ce roman ne soit pas vraiment un huis-clos, il en a des airs, puisque toute l’histoire ou presque se déroule dans une petite maison de campagne cernée par les arbres et la forêt, à l’écart de la civilisation. Les protagonistes doivent apprendre à cohabiter, et surtout à communiquer, ce qui leur pose le plus de difficulté.

Même si les thèmes abordés dans cette histoire se concentrent autour de celui de la famille, ils sont dans l’ensemble assez variés : la fraternité, le deuil, l’enfance, l’adolescence, l’amour, la trahison, la reconstruction... En bref, je dirais qu’il s’agit avant tout de gens meurtris par la vie qui s’efforcent de panser leurs plaies à leur manière, non sans commettre des erreurs.

Si vous pensez que ce livre peut vous plaire, alors n’hésitez pas à le lire et à me communiquer votre ressenti.

vendredi 10 mai 2019

Les Orphelins de Kersey

Titre : Les Orphelins de Kersey
Auteur : Leila Meacham
Édition : Charleston
Pages : 556
Note : 3.5 / 5
1979. Catherine Ann est encore une petite fille lorsqu'elle perd ses parents dans un accident de voiture en Californie. Au Texas, chez sa grand-mère, elle fait la connaissance de deux garçons, John et Trey, également orphelins, qui décident de la protéger. Ils forment un trio remarquable, elle la plus belle fille de la région, eux des champions de football américain adulés par leur petite ville du Texas. En grandissant, ils nourrissent le projet de partir tous les trois à l'université. Mais, à la veille d'un match, une mauvaise blague vire à la tragédie. Le trio se déchire et les trois inséparables doivent apprendre à vivre chacun de leur côté. Le passé est-il éteint pour toujours ? Une histoire d'amitié et de triangle amoureux pleine de suspense et de rebondissements.


Avis de Cyrlight



Les Orphelins de Kersey est un roman de Leila Meacham, qui relate la rencontre de trois enfants au Texas, puis de leur vie qui en découle. Cathy, après avoir perdu ses parents, est adoptée par sa grand-mère. Quoique réticents dans un premier temps, Trey et John, les deux stars de football américain du collège, acceptent de la prendre sous leur aile.

Eh bien ! Je crois que je n’avais pas été aussi perplexe au terme d’une lecture depuis que je me suis lancée dans le manga To your eternity... Une fois encore, je serais bien en peine de dire si j’ai véritablement apprécié cette œuvre ou non.

Une chose est certaine, je l’ai préférée au Ranch des trois collines, le seul autre roman de Leila Meacham que j’ai lu à ce jour. Je reprochais à ce dernier d’être un peu trop plat et de s’étirer en longueur, ce qui n’est pas le cas ici. Les Orphelins de Kersey nous tient en haleine jusqu’au bout, car il est rythmé par de nombreuses péripéties.

Qu’est-ce qui me rend si dubitative, alors ? Pour être franche, si j’ai apprécié l’histoire dans son ensemble, je crois que les actes et les ressentis des personnages mis bout à bout me laissent sceptique. Plus d’une fois, j’ai froncé les sourcils, allant même jusqu’à trouver incohérents certains points de l’intrigue.

Déjà, j’ai eu du mal à m’attacher au trio principal. Trey est rapidement présenté comme quelqu’un d’antipathique, et je l’ai détesté dans un premier temps, mais il est au final celui pour qui j’ai ressenti le plus d’empathie. C’est un salaud, oui, et il ne cherche aucunement à le nier. Il finit même par endosser ce rôle de son plein gré.

Au contraire, j’ai détesté l’attitude de Cathy à l’adolescence, celle de ne voir en John qu’un bon copain, alors que Trey, en dépit de son charme évident, accumulait tous les défauts. Je trouve d’ailleurs cela très ironique lorsque, par la suite, elle prétendra ne pas être tombée amoureuse de John « par défaut », alors qu’on peut facilement en déduire que ses sentiments pour lui n’auraient jamais évolué si Trey était resté dans les parages. Qui plus est, elle se réjouit d’apprendre que John est le vrai père de son fils, sans même songer que si tel n’avait pas été le cas, Trey ne l’aurait peut-être jamais abandonnée.

Ce dernier m’a également désemparé plus d’une fois. Puisqu’il était convaincu que John et Cathy l’avaient trahi, pourquoi avoir fait des dons pour les œuvres de John, tout en laissant Cathy et son enfant dans l’embarras ? Pourquoi s’être marié à deux reprises, perdant ainsi une grande fortune dans les divorces, alors qu’il était clairement incapable d’aimer depuis son départ de Kersey ?

En revanche, je n’arrive pas à le blâmer de ne pas avoir révélé la vérité à propos de Will. Après tout, il avait le sentiment d’avoir été poignardé dans le dos, et Cathy elle-même a par la suite renoncé à épouser John pour ne pas le détourner de sa vocation de prêtre. Les personnages ont tous fait des choix, or seuls ceux de Trey semblent être désapprouvés. Cela se confirme d’ailleurs lors du dénouement, puisqu’il paie pour une personne qui avait des mœurs encore plus dissolues que les siennes.

La temporalité mise en place par l’auteur m’a aussi perturbée. On s’attarde longuement sur l’enfance, puis l’adolescence du trio, mais ensuite, des années de vie s’entassent pêle-mêle en l’espace de quelques chapitres. Le pire étant de loin le fiancé que Cathy paraît presque tirer de son chapeau, tout cela pour qu’il disparaisse en mode Remember me (les cinéphiles auront peut-être la référence) dans la foulée.

Quant à la scène de la mort de Trey, je ne me l’explique pas vraiment. J’imagine que la romancière a voulu brouiller les pistes, mais le problème est que, sur l’instant, tout porte véritablement à croire que c’est bien Cathy qui se trouvait au volant de la voiture. En tout cas, j’ai trouvé ce passage maladroit, à la vue de ce que l’on apprend par la suite.

Au final, je dirais que la lecture de ce roman a été agréable. Il est bien écrit, très prenant, et Trey, en dépit de ses défauts et de ses actes, m’a beaucoup touchée. Néanmoins, son contenu m’a laissée dubitative à maintes reprises, raison pour laquelle j’ai tant de mal à avoir un avis bien arrêté sur cette histoire. Je ne peux donc que vous conseiller de la lire pour vous faire votre propre opinion.

mercredi 8 mai 2019

Détective Conan T.2

Titre : Détective Conan T.2
Auteur : Gosho Aoyama
Édition : Kana
Pages : 177
Note : 3.5 / 5


Conan fait sa rentrée à l'école primaire. Il résout plusieurs enquêtes : la grande fête du feu, le casse des 100 millions et la maison hantée avec les Détectives-Boys.

C'est la rencontre avec Ayumi, Genta et Mitsuhiko. C'est également, la première affaire où Conan retrouve les hommes en noir.




Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Détective Conan, on retrouve Shinichi Kudo sous sa nouvelle identité, celle d’un enfant de six ans, à laquelle il doit s’habituer. Cela implique notamment de multiplier les ruses pour résoudre des enquêtes sans se trahir et... retourner à l’école.

Le rire et le sang se côtoient dans ce volume. Kogoro et les condisciples de Conan offrent quelques passages légers, voire drôles, tandis qu’en parallèle, on assiste à des meurtres particulièrement sordides, ainsi qu’à leur résolution. Un équilibre appréciable, qui évite de trop plonger dans la noirceur.

Les enquêtes se suivent et ne se ressemblent pas. J’ai apprécié qu’il soit de nouveau question des « hommes en noir », même si, malheureusement, on n’en apprend pas davantage à leur sujet.

En revanche, si j’avais trouvé les déductions de Shinichi un peu trop élaborées dans le premier tome, cette fois, c’est plutôt le contraire. En effet, les affaires m’ont paru relativement faciles à élucider, et pour chacune d’elles, j’avais globalement compris le fin mot de l’histoire bien avant le protagoniste. J’ai même trouvé que tous mettaient presque trop longtemps à réagir pour la « fille éplorée ».

Je dirais pour conclure que ce manga est sympathique dans son ensemble, mais qu’il est cependant loin d’avoir la profondeur et le potentiel d’un Death Note ou d’un Moriarty. Lecture agréable donc, mais pas transcendante.

dimanche 5 mai 2019

Hunger Games T.2 : L'embrasement

Titre : Hunger Games T.2 : L'embrasement
Auteur : Suzanne Collins
Édition : PKJ
Pages : 429
Note : 3.5 / 5
Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'un rebellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...



Avis de Cyrlight



Ce second tome de Hunger Games est la suite directe du précédent. Katniss est de retour au district Douze et se prépare pour la Tournée des vainqueurs, qui va la conduire dans les autres secteurs de Panem. La population gronde, cependant, et le président Snow la menace de s’en prendre à ses proches si elle n’endigue pas ce soulèvement.

Si j’avais été très peu séduite par le premier tome, en raison de ses nombreuses longueurs et de sa fadeur dans l’écriture, qui ne m’avait pas fait ressentir la moindre émotion, j’ai davantage apprécié L’embrasement.

Déjà, les personnages sont plus intéressants. Enfin, les personnages secondaires. Tout comme dans l’opus précédent, j’ai été incapable de m’attacher à Katniss, Peeta et Gale. Je n’arrive pas à éprouver de l’affection ni de la compassion pour eux. J’irais même juste à dire que Katniss m’est antipathique, avec son côté Mary-Sue (une poignée de baies suffit à faire d’elle l’incarnation de la résistance, rien que ça...) et ses oscillations perceptibles entre les deux hommes de sa vie.

Les nouveaux venus, en revanche, ont tout de suite obtenu mon appréciation, en particulier Finnick et Johanna. (Le film n’y est sans doute pas étranger, puisque je l’ai vu avant et que je les avais déjà pris en sympathie à ce moment-là.) Ils confèrent une dimension plus humaine à l’intrigue, alors que dans le premier tome, les tributs, à l’exception de Rue, faisaient simplement office de chair à canon, et leur mort n’avait quasiment aucun impact.

En ce qui concerne l’histoire, là où je reprochais des longueurs au volume précédent, c’est cette fois-ci l’inverse qui se produit, avec des scènes qui se déroulent un peu trop rapidement à mon goût. J’aurais préféré que l’auteur s’y attarde davantage, car tout se passe assez vite, y compris le retour tant attendu dans l’arène, qui ne dure finalement pas longtemps.

Pas un chef-d’œuvre, donc, mais L’embrasement est une lecture tout de même plus sympathique que Hunger Games, premier du nom. Je conclurai un jour prochain la trilogie avec son ultime roman.

mercredi 1 mai 2019

Raison et sentiments

Titre : Raison et sentiments
Auteur : Jane Austen
Édition : Archipoche
Pages : 443
Note : 3 / 5
Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgeoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée. L'aînée, Elinor, a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s'éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de cœur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu'au jour où Willoughby disparaît... Publié en 1811, Raison et sentiments est considéré comme le premier grand roman anglais du XIXe siècle.



Avis de Cyrlight




Raison et sentiments est une œuvre de la célèbre romancière anglaise Jane Austen. Il met en scène la famille Dashwood, composée d’une mère et de ses trois filles, qui vivent modestement dans un cottage. Les deux aînées, amoureuses, rêvent de mariage avec les élus de leur cœur, mais des complications ne tardent pas à survenir.

Comme toujours avec la plume de Jane Austen, je dirais qu’il faut s’accrocher. Pas que ce soit mal écrit, au contraire, mais son écriture est complexe, avec des phrases très longues et très denses, qui ont de quoi effrayer les lecteurs les moins aguerris.

Il en va d’ailleurs de même pour l’histoire. Sur ce point, cependant, mon avis est peut-être biaisé par le fait que j’ai vu à maintes reprises l’adaptation cinématographie avec Emma Thompson et Kate Winslet. Toujours est-il que j’ai trouvé que le roman se traînait, du moins dans sa première partie.

Cela s’arrange un peu par la suite, notamment à partir du séjour à Londres, et encore davantage à mesure que l’on se rapproche de la fin, car les évènements s’enchaînent (ainsi que les révélations).

Les personnages, comme on en a l’habitude avec Jane Austen, sont très caricaturaux, et leurs défauts majeurs sont exacerbés (l’égoïsme de Fanny, les commérages de Mrs Jennings, l’exubérance de Mrs Palmer, la sournoiserie de Lucy...), si bien qu’il est difficile de s’attacher à eux.

Même Elinor, la principale protagoniste, est si calme et si pondérée qu’on a par moments envie de la piquer avec une fourchette. Marianne, en revanche, est plus exaltée (un peu trop, même), mais sa vivacité est la bienvenue pour contrebalancer la froide raison de sa sœur. J’ai été en revanche déçue de l’inutilité de Margaret, qui se contente de quelques rares mentions, elle qui est davantage mise en avant dans le film.

L’intrigue, quant à elle, suit plus ou moins la même ligne que celle des autres romans de Jane Austen que j’ai pu lire jusque-là (à savoir Orgueil et préjugés et Mansfield Park). Après avoir survécu à des mensonges, des manipulations et des quiproquos, l’amour triomphe et les héroïnes obtiennent leur happy end.

En conclusion, je dirais que ce roman gagne en intérêt au fil de la lecture, mais qu’il est loin de m’avoir autant séduite qu’Orgueil et préjugés. Je l’ai en revanche préféré à Mansfield Park, lequel m’a énormément ennuyée.