dimanche 31 décembre 2017

Anno Dracula

Titre : Anno Dracula
Auteur : Kim Newman
Édition : Le livre de poche
Pages : 380
Note : 3.5 / 5

Le roman part de l'hypothèse que Dracula est sorti vainqueur de l'affrontement avec le docteur Van Helsing et son groupe avant qu'il ne quitte l'Angleterre pour la Transylvanie. Il a tué Van Helsing, Quincey Morris et Jonathan Harker (les autres membres du groupe dont le docteur John Seward ont réussi à s'échapper). L'action est située en l'an 1888, alors que les meurtres de Jack l'Eventreur secouent Londres.





Avis d'Eli



Les romans d'horreur et moi, ça n'est pas une grande histoire d'amour. On peut même dire que ça ne m'a jamais beaucoup tenté, hormis certaines œuvres de Stephen King. Mais en tombant par hasard sur la couverture attrayante de ce roman, ma curiosité a pris le dessus. Après tout, pourquoi ne pas se laisser tenter par une suite alternative au Dracula de Bram Stoker ?

Ce n'est pas du tout décevant, bien que ça manque un peu de la profondeur que j'ai trouvée à l'œuvre de Stoker. Si on le prend comme un livre se suffisant à lui-même — au fond, c'est le cas, même si connaître les personnages centraux et les événements de Dracula est préférable —, c'est un récit divertissant et noir à souhait qui ne manque pas d'intérêt.

La reprise des meurtres historiques de Jack l'Eventreur est une très bonne idée. Même si ça commence à être du vu et revu, c'est très bien traité. Le fait que le lecteur sache dès le début qui est le tueur peut paraître étrange et décevant, puisque ça gâche le suspense. Mais au contraire, c'est un excellent choix de l'auteur ; on sait qui est le tueur, on le suit dans certains chapitres pour essayer de comprendre ses motivations etc., et c'est à mon sens ce qui est le plus intéressant dans le roman. Fait étrange, c'est sur mon personnage favori de Dracula que c'est tombé !

C'est d'ailleurs un plaisir de retrouver certains protagonistes de ce roman classique. Entre le vampire lui-même, l'ombre de Lucy Westenra qui plane sur tout le récit, le docteur Seward ou encore Arthur Holmwood, c'est très plaisant de réaliser comment ils ont changé depuis les événements du roman de Stoker. Chacun est traité plus ou moins en profondeur par l'auteur ; ce n'est pas facile de reprendre les personnages d'une œuvre qui ne nous appartient pas, mais il est possible de donner quelque chose de vraiment bon, et Kim Newman l'a fait.

L'ajout de deux personnages, auxquels on pourrait attribuer le rôle de protagonistes, permet de garder tout de même un œil extérieur sur le récit, au lieu de se focaliser sans cesse sur les personnages du roman d'origine. Charles et Geneviève sont d'ailleurs très agréables à découvrir tout au long du récit ; un espion pour le compte du Diogenes Club et une vampire au passé obscur qui unissent leurs forces contre le prince consort Dracula, ce n'est pas rien ! Leur histoire d'amour fonctionne d'ailleurs étonnamment bien, même si ça peut laisser dubitatif au début. Ils forment une bonne paire d'enquêteurs et parviennent non sans mal à découvrir la vérité sur Jack l'Eventreur.

Au niveau du style littéraire, c'est très plaisant à lire ; factuel, précis, pas de descriptions capillotractées et un certain cynisme. Rien de difficile ou d'inaccessible, donc, et ça permet de bien visualiser les scènes. Un peu trop bien parfois...

En effet, le point qui peut diviser est, à mon sens, la violence évoquée dans ce roman. Etant donné le sujet de l'histoire, c'est totalement compréhensible, mais le romancier s'y prend de manière très — peut-être bien trop — explicite pour décrire des choses d'une atrocité assez impressionnante. De même pour certaines scènes sexuelles qui n'apportent pas grand chose au récit, sinon une dose de cruauté supplémentaire. C'est un point qui, personnellement, ne m'a pas plu durant la lecture, mais qui peut très bien contenter certain(e)s.

En somme, Anno Dracula est un bon roman, savant mélange d'horreur, de policier, et de références à l'œuvre de Stoker. Deux suites ont paru, Le Baron rouge sang et Dracula Cha Cha Cha. Ce n'est néanmoins pas un titre à conseiller aux âmes sensibles.

jeudi 28 décembre 2017

Mon voisin Totoro

Titre : Mon voisin Totoro
Auteur : Hayao Miyazaki
Édition : Glénat
Pages : 576
Note : 4 / 5
Voici donc le récit complet du film Totoro, montage en BD des images du film éponyme à la manière du roman-photo. On y retrouve la famille Kusakabe, arrivant à la campagne et s’installant dans une maison bucolique près de laquelle s’élève un arbre immense. Mais dans ce dernier, réside Totoro, esprit de la nature bienveillant et protecteur qui va prendre les deux petites filles de la famille sous son aile. Emblème à plus d’un titre des studios Ghibli, Totoro est l’œuvre tutélaire, maîtresse, de la pensée de Miyazaki. S’y incarnent son rapport au monde et à la nature, son sens inné de l’enfance, cet esprit quasi animiste qui traduit la vie en toute chose et qui a porté l’artiste à créer cette ode au retour à la terre.



Avis de Cyrlight




Mon voisin Totoro est l'adaptation manga (ou plutôt animé comic) du célèbre film éponyme des studios Ghibli. Ce petit pavé de plus de cinq cent pages retrace fidèlement l'histoire de cette fantastique créature.

Autant prévenir, il ne faut pas s'attendre à une œuvre originale. Il s'agit de la retranscription du film, sans aucun ajout ni modification. Les illustrations sont de simples captures d'écran, qui auraient d'ailleurs mérité d'être plus agréables à l'œil. C'est regrettable, sachant qu'il y a peu de dialogues et que la plupart des cases ne renferment que des images. Un effort aurait dû être fait sur l'esthétique.

Malgré cela, l'histoire n'en est pas moins mignonne et touchante. Totoro et ses semblables plus petits sont des créatures adorables, sur le ventre desquelles on rêverait de dormir aux côtés de Mei. Les deux sœurs sont attachantes, en particulier la plus jeune, enjouée et exubérante.

Ce manga est plein de poésie et flirte avec les limites du merveilleux et de l'onirisme, puisque jusqu'aux dernières cases, on peut se demander si Totoro n'est pas un simple rêve, tout droit sorti de l'imagination des deux enfants.

Mon voisin Totoro est indéniablement un pur produit marketing, adaptation fidèle de l'œuvre dont il est tiré et qui souffre d'une légère faiblesse au niveau des illustrations, mais il n'en demeure pas moins très plaisant de se plonger dans ce magnifique univers. Je recommande tout de même d'avoir vu le film avant de se lancer dans ce livre.


Coup de ♥

samedi 23 décembre 2017

Joséphine Impératrice T.2

Titre : Joséphine Impératrice T.2
Auteur : Yumiko Igarashi
Édition : Pika
Pages : 189
Note : 3 / 5
Joséphine, apprenant le décès de sa plus jeune sœur et la santé vacillante de son père, décide de retourner en Martinique. Elle emmène avec elle sa fille Hortense, tandis que son jeune fils, Eugène, doit rester à Paris pour parfaire son éducation de futur héritier de la famille de Beauharnais. À Paris, le peuple crie famine et réclame justice au Roi et à la noblesse. Alors que des groupes d’actions s’organisent, Agathon fait la connaissance de Saint-Just, un des acteurs de la révolte, qui tente de l’entraîner dans la fièvre révolutionnaire.





Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Joséphine Impératrice, on retrouve Rose qui décide de partir pour la Martinique avec sa fille, tandis qu'Agathon demeure en France auprès du petit Eugène. Le pays gronde, cependant, et le peuple menace de se soulever contre la noblesse.

Du côté de Rose, on retrouve les mêmes défauts que précédemment. Elle est beaucoup trop mièvre, trop naïve et trop immature. Bien qu'elle soit mère, on l'imagine beaucoup plus facilement en grande sœur. Son tempérament larmoyant est souvent pénible et elle n'évolue pas, en dépit de ce que laissait présager la fin du premier tome.

En revanche, Alexandre de Beauharnais surprend agréablement. Il se révèle sous un nouveau jour et devient très sympathique, si bien qu'il est difficile de rester insensible à son sort. On regrette finalement de n'avoir pu profiter que peu de temps de l'homme qu'il est devenu.

Si le début du manga est assez fade, la suite est plus appréciable, avec Agathon qui se retrouve plongé directement au cœur de l'Histoire, trop peu développée jusqu'à maintenant. On assiste à la Révolution française, ainsi qu'à la prise de la Bastille et au renversement des nobles, le tout en compagnie de nombreux personnages historiques.

Napoléon fait d'ailleurs une brève apparition à la toute fin, qui me laisse sceptique pour la suite. Loin d'être présenté comme un meneur d'hommes charismatique, il paraît plutôt maladroit et empoté. Je crains que ce manga ne rende pas un juste hommage aux grandes figures de l'époque qu'étaient Napoléon et Joséphine.

Ce tome est tout de même meilleur que le précédent, car le contexte historique occupe une place bien plus importante, et si certains personnages sont un peu décevants, d'autres comme Alexandre se révèlent dignes d'intérêt. Espérons que la suite continue d'aller en s'améliorant.

jeudi 21 décembre 2017

Zodiaque T.1

Titre : Zodiaque T.1
Auteur : Romina Russell
Édition : Michel Lafon
Pages : 468
Note : 2 / 5
Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l'astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l'impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l'univers de la jeune fille est plongé dans le chaos. Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d'Hysan, l'excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l'origine treize... et, dans l'ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.



Avis de Cyrlight



Zodiaque est le premier tome d'une saga qui a pour théâtre un système solaire à l'effigie du Zodiaque, avec douze maisons représentant les douze signes. Douze ? Pas vraiment, puisque la treizième, réduite au rang de légende, attend son heure et prépare sa vengeance, une vengeance que seule la jeune Rhoma semble pouvoir anticiper.

Je ne vais pas tourner autour du pot. Je n'ai pas accroché à cette histoire. Le début m'a laissée perplexe, car je l'ai trouvé compliquer à suivre. L'univers mis en scène par l'auteur est très intéressant, mais très dense, et il est mal introduit. Des mots comme Flux, Polari, Zodaï... s'enchaînent les uns à la suite des autres avec plus ou moins d'explications, et il faut un temps d'adaptation à ce vocabulaire spécifique.

L'héroïne, Rhoma, est une adolescente de seize ans qui prédit une catastrophe au niveau des lunes du Cancer, que personne ne prend au sérieux car elle est la seule à avoir perçu le danger. Évidemment, cela se produit tel qu'elle l'avait annoncé. Une fois n'est pas coutume, surtout dans la littérature jeunesse, on se retrouve avec un personnage principal qui sait ou voit des choses que les autres ignorent, ou dispose d'un don qui leur fait défaut.

C'est d'ailleurs en partie grâce à ce talent qu'elle est nommée, malgré son jeune âge, Gardienne du Cancer. Et c'est là où le bât blesse. Ses conseillers savent qu'elle a prédit la collision des lunes, ils savent qu'elle est douée, et en dépit de cela, personne n'accepte de croire ses théories concernant le Serpentaire, ni de prendre au sérieux ses avertissements à propos de la Matière noire.

La voilà donc partie à travers le système solaire pour prévenir les autres Maisons du danger, en compagnie de son protecteur envers qui elle a un faible depuis des années et un charmant presque inconnu qui ne la laisse pas indifférente. (Qui a dit triangle amoureux en vue ?)

Je n'ai pas apprécié le personnage de Rhoma, ni celui d'Hysan. Le seul pour qui j'ai réussi à nourrir un peu d'estime, c'est Mathias. Passons sur la différence d'âge insurmontable entre Rhoma et lui (cinq ans, si je ne m'abuse...), lorsqu'il se fait éconduire, j'ai eu le sentiment de revoir Pocahontas 2, où John Smith accumule les défauts pour justifier le choix de la belle indienne. Là, c'est pareil. Mathias s'obstine à ne pas la croire (comme tout le monde), donc elle se jette dans les bras d'Hysan, car cela lui semble évident.

Les personnages secondaires sont survolés. Nishi, pourtant sympathique, disparaît assez vite de l'histoire, sans parler des deux garçons qui font partie de leur groupe et qui sont à peine mentionnés une fois que Rhoma quitte sa Maison natale. Les autres vont et viennent au fil des chapitres, sans vraiment être marquants.

Quant à la fin (attention, spoilers !), loin de permettre à Zodiaque de remonter dans mon estime, elle m'a fait lever les yeux au ciel. L'antagoniste qui épargne l'héroïne parce que [insérer ici une explication tirée par les cheveux], le frère qu'on croyait vivant mais qui est mort mais en fait non, Rhoma qui est déchu de son titre par des ambassadeurs (alors qu'elle a deux Gardiens dans son camp, qui sont hiérarchiquement au-dessus d'eux), et ce sous l'exhortation d'un Scorpion pourtant banni en raison de ses mensonges et de ses manipulations qui ont pu être démontrés.

Quel gâchis d'avoir créé un univers si prometteur pour finalement écrire une histoire qui tourne vite en rond, avec Rhoma qui tente désespérément d'avertir des gens qui refusent de l'écouter (pour un peu, on se croirait presque dans Les orphelins Baudelaire, où les plus de vingt ans se démarquent par leur inutilité chronique) et une fin aussi abracadabrante qu'affligeante. Vous l'aurez compris, Zodiaque ne m'a absolument pas séduite. Je le déconseille.

vendredi 15 décembre 2017

Pline T.1 : L'appel de Néron

Titre : Pline T.1 : L'appel de Néron
Auteur : Tori Miki et Mari Yamazaki
Édition : Casterman
Pages : 190
Note : 2.5 / 5
Pline l'Ancien, de son vrai nom Gaius Plinius Secundus, est né en l'an 23 et mort en l'an 79 de notre ère. II est le plus grand naturaliste de l'Histoire. Il incarne à lui seul l'âme romaine, qui prise l'ouverture, l'érudition et l'action. Son insatiable curiosité a guidé l'écriture de son Histoire naturelle, véritable traité de l'univers connu, abordant aussi bien l'astronomie que la géographie, la zoologie, la botanique ou encore l'art pictural et la sculpture. Considérée comme "l'encyclopédie parmi les encyclopédies", l'Histoire naturelle a exercé une influence considérable sur les savants qui ont vécu après Pline.



Avis de Cyrlight



Pline : L'appel de Néron est le premier tome d'un manga centré sur le personnage historique de Pline l'Ancien, naturaliste mort lors de l'éruption du Vésuve qui causa la disparition de Pompéi. Dans ce volume, il est convoqué à Rome par le tyrannique empereur Néron.

Accompagné par Euclès, son jeune scribe, et par une escorte, il se met en route pour rejoindre l'empereur. Le voyage se déroule au même rythme que l'histoire, c'est-à-dire très lentement. Pline ne cesse de se détourner de son objectif pour étudier un nouveau sujet ou observer de nouvelles choses.

En raison de cela, le manga a un côté très encyclopédique. Au fil de pages, on découvre quantité d'éléments sur les connaissances de l'époque, mais cela entraîne une linéarité qui devient vite très redondante. Contrairement à Cesare qui allie à la perfection l'Histoire et l'histoire, on a ici l'impression que la science prend le pas sur le scénario.

Les personnages sont difficilement attachants. La plupart font essentiellement de la figuration sans se démarquer et Pline, même si son savoir est impressionnant, semble n'être là que pour le distiller autour de lui. Le seul qui sort du lot est l'empereur Néron. Il apparaît comme un être brutal, agressif et capricieux, mais au moins, il a un caractère bien marqué, ce que l'on ne peut pas dire des autres.

Je sors mitigée de cette lecture, certes très pédagogique, mais un peu ennuyeuse. C'est dommage, car on ne retient jamais aussi bien qu'en s'amusant, or le divertissement semble avoir été presque complètement écarté de cette œuvre au bénéfice de la culture.

mardi 12 décembre 2017

La reine des Macchabs

Titre : La reine des Macchabs
Auteur : Ty Drago
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 518
Note : 3.5 / 5
Vous ne connaissez pas les Macchabs ? Tant mieux pour vous ! Car seule une poignée d’adolescents, appelés les Clairvoyants, peuvent les voir tel qu’ils sont : des cadavres puants animés par des entités venues d’ailleurs et qui veulent tous nous éradiquer… Ces ados sont devenus un véritable commando, auto-baptisé les Fossoyeurs. Grâce au jeune Will, ils sont parvenus à éliminer le Maître des Macchabs. Mais le combat est loin d’être gagné. Car arrive aussitôt leur Reine, plus redoutable encore. D’autant plus redoutable qu’elle endosse l’identité de Lilith Cavanaugh, responsable des Affaires Civiles de la ville de Philadelphie. Or, la mère de Will vient de recevoir un colis envoyé il y a quelques années par son défunt mari, Karl Ritter, le seul adulte qui ait jamais été capable de voir les Macchabs. Dans ce colis, destiné à Will, Karl dévoile toute la vérité. Susan, qui n’a pas eu la moindre nouvelle de son fils depuis quatre mois, ne sait pas vers qui se tourner… et elle commet une terrible erreur. Elle décide de rendre l’affaire publique en se confiant à une certaine Lilith Cavanaugh…



Avis de Cyrlight



Dans ce second tome des Macchabs, nous retrouvons Will Ritter et ses amis Fossoyeurs qui poursuivent leur guerre contre les Malums, des entités inconnues capables de prendre possession de cadavres humains. La lutte est d'autant plus rude qu'ils doivent désormais affronter la Reine en personne.

Tout comme le précédent, ce roman est très agréable à lire. L'écriture est fluide, l'histoire ne manque pas d'intérêt et l'action et les rebondissements sont au rendez-vous. Les chapitres s'avalent très vite, tant ils sont addictifs, et se savourent toujours avec le même plaisir.

De nouveaux personnages font leur apparition, à commencer par Lilith Cavanaugh, la redoutable Reine des Macchabs, qui succède à Kenny Booth à la tête de l'invasion. Exerçant à la mairie de Philadelphie, elle dispose de beaucoup de moyens et d'influence pour lutter contre les Fossoyeurs.

On rencontre également Hugo Ramirez, ancien collègue de Karl Ritter et captif des Macchabs. Après l'avoir sauvé des griffes de leurs ennemis, Will et ses amis vont s'échiner à lui démontrer la menace qui pèse sur la ville (et sur le monde), car les adultes ne peuvent voir les Cadavres.

Qui dit nouveauté dit aussi nouvelles armes, les « Ritter ». Ce sont des seringues remplies d'un mélange d'eau et de sel, capables de détruire irrémédiablement l'hôte d'un corps. Ce qui est regrettable, c'est qu'elles soient si peu exploitées.

Comme dans le premier tome, on déplorera un certain manque de logique. Les Fossoyeurs, après la mort de Booth, semblent avoir mis du temps à créer une arme aussi complexe... qu'une piqûre de saumure. Et même après son invention, il leur arrive de partir en mission sans en emporter. Si encore les ingrédients étaient rares, ce serait compréhensible, mais c'est loin d'être le cas.

Les apparitions de l'Ange, à chaque fin de livre, me laissent elles aussi dubitative, car elles surviennent toujours de façon « deus ex machina » et donnent lieu à des miracles, sans aucune explication. Cela fait perdre une part de réalisme à l'histoire, si du moins l'on peut employer ce terme avec les Macchabs.

En dépit de ces défauts, il est difficile de ne pas accrocher à ce roman palpitant. Les personnages nous entraînent avec eux dans leurs aventures, en particulier le courageux trio formé par Will, Helen et le Burgermeister.

La Reine des Macchabs est donc une excellente suite à un premier tome déjà très réussi. La lecture, simple et rapide, permet de passer un bon moment dans un univers riche en action. Je recommande !

vendredi 8 décembre 2017

Les Nombrils T.1 : Pour qui tu te prends ?

Titre : Les Nombrils T.1 : Pour qui tu te prends ?
Auteur : Delaf et Dubuc
Édition : Dupuis
Pages : 46
Note : 3.5 / 5
Si vous les aimez autant qu'elles s'aiment, vous allez les adorer !
Jenny et Vicky sont les pires chipies que la Terre ait portées. Elles se prennent pour le nombril du monde et pour peu, elles le seraient vraiment. Avec leurs vêtements sexy, leur maquillage provocateur et leur coiffure toujours impeccable, partout où elles vont, les regards sont hypnotisés, la musique s'arrête. On ne voit et on n'entend plus qu'elles.
Et heureusement ! Parce que Jenny et Vicky sont prêtes à tout pour être le centre d'attraction. Leur amie, la trop grande Karine, l'apprend à ses dépens lorsqu'un certain Dan s'intéresse à elle. Jenny et Vicky ne sont pas du genre à accepter la compétition ! Les lettres de Dan n'arriveront jamais à destination, ses invitations tomberont toutes mystérieusement à l'eau.
Pauvre Karine ! Dans un monde qui privilégie l'enveloppe plutôt que son contenu, elle ne peut qu'être le souffre-douleur des deux autres. Et si un jour Karine s'émancipait ? Qu'adviendrait-il de ce trio dépareillé ? L'amitié survivrait-t-elle ?



Avis de Cyrlight



Les Nombrils sont une bande dessinée humoristique mettant en scène un groupe de trois « amies ». Jenny et Vicky sont toutes les deux incroyablement belles, mais surtout incroyablement pestes, et n'hésitent pas à utiliser Karine, beaucoup moins gâtée par la nature, comme faire-valoir.

Les personnages sont caricaturaux à l'excès, puisque nous avons les belles-mais-méchantes, la laide-mais-gentille, le beau-gosse-aux-deux-neurones... Et nous retrouvons aussi la majeure partie des clichés du monde adolescents (le dépressif couvert d'acné, les garçons obsédés par la gent féminine...). Rien de bien original de ce côté-là.

On apprécie tout de même l'évolution progressive de Karine, qui finit par comprendre que ses « amies » la manipulent et s'émancipe d'elles, ce qui lui permet de prendre un peu d'indépendance et de s'affirmer davantage, même si Vicky et Jenny ne sont jamais bien loin.

La plupart des gags sont assez cyniques et ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Même si les personnages sont exagérés, ils ne sont que le reflet d'une triste réalité, où la méchanceté et la superficialité sont omniprésentes, et c'est ce que cette œuvre tend à dénoncer. Si les lecteurs (ou plutôt les lectrices) s'identifient à Jenny et à Vicky, il n'est peut-être pas encore trop tard pour réagir...

En somme, cette BD est agréable, drôle et nous livre une satire du monde parfois (souvent ?) cruel des adolescents. En dépit d'un léger manque d'originalité, on passe un bon moment grâce à cette lecture.

mercredi 6 décembre 2017

L'Épouvanteur T.14 : Thomas Ward l'Épouvanteur

Titre : L'Épouvanteur T.14 : Thomas Ward l'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 352
Note : 3.5 / 5
Voilà trois mois que des jeunes filles meurent dans des circonstances mystérieuses. On les retrouve dans leur lit, couvertes de sang, une expression terrifiée sur le visage. Leur fantôme hante les lieux, attendant que quelqu'un comprenne de quelle horreur elles ont été victimes. Depuis la mort de John Grégory, Thomas Ward est l'Épouvanteur chargé de protéger le Comté des êtres qui errent sous le couvert de la nuit. Et il faut faire vite. Car la bête qu'il va traquer pourrait bien tuer encore. Et ce n'est que le commencement. Une armée de monstres se rassemble dans les terres du Nord et menace la survie de l'humanité...



Avis de Cyrlight




Ce quatorzième tome de L'Épouvanteur marque le début d'un nouveau cycle. John Gregory ayant péri lors de l'ultime bataille contre le Malin et ses partisans, c'est désormais Tom Ward qui a hérité de la lourde tâche d'Épouvanteur de Chippenden et qui doit désormais faire face à la menace des Kobalos, ces créatures découvertes dans Le pacte de Sliter.

Ce tome se concentre sur trois personnages principaux. Deux qu'on ne présente plus, Tom et Grimalkin, mais aussi une petite nouvelle, Jenny. Septième fille d'une septième fille, elle réussit à convaincre le jeune Épouvanteur de la prendre en apprentissage à force d'insistance.

Si elle apparaît au début comme une sorte de substitut à Alice, Jenny s'en démarque rapidement, notamment grâce à l'insolence dont elle ne manque jamais de faire preuve à l'égard de Tom, ce qui peut la rendre très agaçante par moments.

Jenny véhicule aussi un message féministe qui m'a personnellement déplu dans la façon dont il est présenté. Elle ne veut pas suivre la voie destinée aux femmes (mariage, foyer...), et vouloir se démarquer de sa condition est en soit tout à fait admirable. Là où le bât blesse, c'est que Jenny n'est pas l'égale des personnes de son propre sexe.

Elle descend d'un peuple ancestral, ce qui lui procure des dons particuliers (empathie, invisibilité...). Par conséquent, elle dispose d'un avantage que les autres représentantes de la gent féminine n'auront pas pour se lancer sur un chemin différent de celui auquel la société les destine. À mon goût, cela gâche passablement cette idée d'égalité.

Quant à Grimalkin, qui est pourtant mon personnage préféré, elle m'a laissée dubitative. J'ai été très déstabilisée par son changement d'attitude. Elle apparaît moins comme une féroce guerrière que comme une manipulatrice. Tout au long du livre, elle fait des dissimulations à Tom et n'hésite pas à se servir de lui en le mettant devant le fait accompli. Je n'ai pas reconnu dans ce comportement l'honneur et la droiture qui la caractérisaient dans les ouvrages précédents.

Pour ce qui est de l'histoire, elle est agréable à suivre. La menace Kobalos est introduite dans le Comté et incite Tom à suivre Grimalkin au nord pour étudier de plus près leurs ennemis. Ce roman sert de transition vers la nouvelle guerre qui s'annonce. Il apporte peu de révélations, mais a le mérite de se clore sur deux coups de théâtre successifs.

Je ressors donc de cette lecture à la fois impatiente de connaître la suite, mais aussi un peu déçue par le caractère des protagonistes, en particulier Grimalkin. J'espère que le prochain tome nous permettra de retrouver d'anciennes connaissances, comme Alice (qui semble rôder dans l'ombre) et surtout Sliter.

samedi 2 décembre 2017

Un choix

Titre : Un choix
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 332
Note : 2.5 / 5
Des amis fidèles, de fabuleux voyages aux quatre coins du monde, un travail passionnant, une maison au bord de l'eau... La vie de Travis Parker a de quoi faire bien des envieux. Seule ombre à ce tableau idyllique : il se sent seul. Impossible pour lui d'entretenir une relation sérieuse avec une femme. Jusqu'au soir où Gabby Holland, sa nouvelle voisine, débarque en furie dans son jardin... Onze ans plus tard, survient un drame qui va non seulement frapper leur couple et la famille qu'ils ont fondée, mais placer Travis devant un dilemme déchirant : jusqu'où devra-t-il aller pour garder son amour vivant ?



Avis de Cyrlight




Un choix est un roman d'amour écrit par Nicholas Sparks, qui retrace la rencontre entre Travis et sa voisine Gabby et le drame qui frappe leur vie quelques années plus tard.

Comme je l'avais déjà remarqué avec La dernière chanson, du même auteur, le livre peut être divisé en deux parties, avec la seconde qui est bien meilleure que la première, ce qui donne un résultat global assez nuancé.

La naissance de l'histoire d'amour entre les deux protagonistes s'étale sur plus de deux cents pages, et si cela peut paraître long, il ne s'écoule en réalité que quarante-huit heures dans le texte. À cause de cela, les sentiments sont assez rapides et évidents, au lieu d'être creusés.

C'est également le cas des personnages, assez simplistes. À l'exception de Stéphanie qui est sympathique et agréable, les autres sont trop lisses et puisqu'on ne les découvre principalement que le temps d'un week-end, on ne peut pas vraiment s'attacher à eux.

La temporalité est vraiment très mal dosée. On s'éternise sur ces deux jours, et une ellipse nous projette une décennie plus tard, après le drame. En effet, Gabby a sombré dans le coma à la suite d'un accident de voiture dont Travis se sent responsable.

Cette partie-là est plus intéressante, sans doute à cause de la tension dramatique, au contraire des deux premiers tiers où tout est plat et attendu. Il faut croire que Nicholas Sparks est plus doué pour le drame plutôt pour la romance, ce qui est dommage quand on sait que c'est elle qui prédomine dans le livre.

C'est donc un roman qui se lit aussi aisément que rapidement, ce qui n'est pas plus mal, car il n'y a pas grand-chose à retirer de cette lecture. Ceux qui passeront à côté ne manqueront rien.