Affichage des articles dont le libellé est saga. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est saga. Afficher tous les articles

lundi 27 mai 2019

À la croisée des mondes T.1 : Les royaumes du nord

Titre : À la croisée des mondes T.1 : Les royaumes du nord
Auteur : Philip Pullman
Édition : Folio
Pages : 533
Note : 3.5 / 5
Ce n'était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son daemon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures.
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d'une extraordinaire particule. D'une taille microscopique, la Poussière que l'on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord - est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises...
Jetée au cœur d'un terrible conflit, Lyra sera forcée d'accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s'opposent des forces que nul ne l'avait préparée à affronter.


Avis de Cyrlight



Premier tome d’À la croisée des mondes, Les royaumes du nord nous introduisent dans l’univers de Lyra, une fillette qui entreprend un long voyage pour sauver son ami Roger, enlevé par les Enfourneurs, d’ignobles individus qui pratiquent des expériences sordides sur les enfants. Elle est aidée dans sa quête par des gitans, des sorcières, un redoutable ours en armure, mais surtout un mystérieux objet : l’aléthiomètre.

Ayant découvert l’univers de Philip Pullman grâce au film tant décrié La boussole d’or, je m’attendais à trouver quelque chose de mieux, voire de radicalement différent en lisant le livre, et en fait... Pas tant que ça, si ce n’est la fin qui a été tronquée dans l’adaptation cinématographique, et que le roman est beaucoup plus sombre et violent dans son ensemble.

Je suis heureuse d’avoir eu l’occasion de voir le film au préalable, car cela m’a aidée à entrer dans l’histoire (ce qui n’était pas gagné de prime abord) et à assimiler les caractéristiques de ce monde où les humains sont accompagnés de daemons, des créatures qui sont en quelque sorte le reflet animal de leur âme.

Il m’a également fallu attendre énormément de pages avant de parvenir à trouver Lyra moins antipathique. Au début, elle n’est qu’arrogance, autorité, égoïsme, et éprouve un vif mépris pour les règles. Par la suite, elle fera montre d’altruisme, d’empathie et de courage, ce qui la rend plus estimable.

En dépit de cela, je lui ai préféré la plupart des personnages secondaires, en particulier Iorek. Certains auraient néanmoins mérité d’être plus développés, tels que Lee Scoresby ou Serafina Pekkala, qui ne bénéficient que d’un nombre d’interventions limité. Bizarrement (ou pas), j’ai ressenti une fascination malsaine pour madame Coulter, au contraire de lord Asriel que j’ai pris en grippe dès le départ (ce que je n’ai pas regretté par la suite...).

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, j’ai beaucoup apprécié son aspect théologique, qui m’a paru très original. Les péripéties sont également bien amenées, mais certains passages m’ont semblé plutôt confus, presque brouillons, surtout la fin qui m’a laissée perplexe. Même en la relisant deux fois, j’ai eu toutes les peines à visualiser la scène (madame Coulter qui apparaît comme un cheveu sur la soupe, Lyra qui a tenté d’intervenir mais à qui personne ne prête attention, la description du pont...).

En conclusion, je dirais que je suis un peu déçue par cette lecture, probablement parce que j’en attendais beaucoup plus. Il y a cependant d’excellents éléments, notamment le côté théologique de l’œuvre qui m’a séduite au plus haut point, aussi lirai-je la suite, ne serait-ce que poussée par la curiosité d’en apprendre davantage sur la Poussière.

dimanche 5 mai 2019

Hunger Games T.2 : L'embrasement

Titre : Hunger Games T.2 : L'embrasement
Auteur : Suzanne Collins
Édition : PKJ
Pages : 429
Note : 3.5 / 5
Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'un rebellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...



Avis de Cyrlight



Ce second tome de Hunger Games est la suite directe du précédent. Katniss est de retour au district Douze et se prépare pour la Tournée des vainqueurs, qui va la conduire dans les autres secteurs de Panem. La population gronde, cependant, et le président Snow la menace de s’en prendre à ses proches si elle n’endigue pas ce soulèvement.

Si j’avais été très peu séduite par le premier tome, en raison de ses nombreuses longueurs et de sa fadeur dans l’écriture, qui ne m’avait pas fait ressentir la moindre émotion, j’ai davantage apprécié L’embrasement.

Déjà, les personnages sont plus intéressants. Enfin, les personnages secondaires. Tout comme dans l’opus précédent, j’ai été incapable de m’attacher à Katniss, Peeta et Gale. Je n’arrive pas à éprouver de l’affection ni de la compassion pour eux. J’irais même juste à dire que Katniss m’est antipathique, avec son côté Mary-Sue (une poignée de baies suffit à faire d’elle l’incarnation de la résistance, rien que ça...) et ses oscillations perceptibles entre les deux hommes de sa vie.

Les nouveaux venus, en revanche, ont tout de suite obtenu mon appréciation, en particulier Finnick et Johanna. (Le film n’y est sans doute pas étranger, puisque je l’ai vu avant et que je les avais déjà pris en sympathie à ce moment-là.) Ils confèrent une dimension plus humaine à l’intrigue, alors que dans le premier tome, les tributs, à l’exception de Rue, faisaient simplement office de chair à canon, et leur mort n’avait quasiment aucun impact.

En ce qui concerne l’histoire, là où je reprochais des longueurs au volume précédent, c’est cette fois-ci l’inverse qui se produit, avec des scènes qui se déroulent un peu trop rapidement à mon goût. J’aurais préféré que l’auteur s’y attarde davantage, car tout se passe assez vite, y compris le retour tant attendu dans l’arène, qui ne dure finalement pas longtemps.

Pas un chef-d’œuvre, donc, mais L’embrasement est une lecture tout de même plus sympathique que Hunger Games, premier du nom. Je conclurai un jour prochain la trilogie avec son ultime roman.

jeudi 7 mars 2019

Aberrations T.1 : Le réveil des monstres

Titre : Aberrations T.1 : Le réveil des monstres
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 352
Note : 3.5 / 5
Le Shole, un monstrueux brouillard, a englouti des régions entières de l'Angleterre et continue son expansion vers le nord. Ceux qui s'y trouvent piégés meurent ou sont transformés en créature immondes : les aberrations.
Dans le duché de Lancaster, Crafty, treize ans, est l'un des rares survivants qui peut traverser ces étendues maudites. Recruté pour servir au château, il devient l'apprenti d'une mystérieuse guilde qui l'envoie effectuer des missions dans les zones dangereuses. Mais bientôt, le garçon devine que les aberrations ne représentent peut-être pas le plus grand danger...



Avis de Cyrlight




Aberrations est la nouvelle saga de Joseph Delaney, également auteur du célèbre Épouvanteur et, plus récemment, d’Arena 13. Avec Le réveil des monstres, il nous embarque pour une histoire tout aussi frissonnante, celle de Crafty, un jeune garçon doté d’origines particulières qui lui permettent d’être recruté pour enquêter sur le Shole, un mystérieux brouillard qui gagne régulièrement du terrain et tue les êtres vivants normaux, quand il ne les change pas en monstres.

Je dirais que ce début de saga se place à mi-chemin entre l’Épouvanteur (avec les lieux qui rappellent le comté, les créatures obscures et dangereuses contre lesquelles il faut lutter, les compétences spéciales des Feys qui évoquent un peu celles des septièmes fils...) et Arena 13 (le Shole fait vaguement penser à la Barrière, derrière laquelle se trouve un monde hostile et mystérieux, fatal à presque tous ceux qui s’y aventurent).

Difficile de se prononcer avec un premier tome, mais je dirais qu’il est prometteur. J’ai d’abord été un peu rebutée par l’attitude de certains personnages, en particulier le Chef Mancien, qui est en dépit de ses qualités profondément injuste et aveugle. J’ai eu peur de voir l’intrigue s’enliser dans un « seul contre tous » (ou presque) de Crafty pendant que Vipère continuerait à agir en toute impunité, mais heureusement, ça n’a pas duré.

Remercions pour cela les personnages secondaires, plutôt plaisants dans l’ensemble. La reine du Marécage, guerrière féroce et redoutable, n’est pas sans rappeler une certaine Grimalkin, et se révèle vite comme une alliée de poids. Click, initialement très antipathique, montre par la suite un meilleur visage. Lucky est un peu effacé par rapport aux autres, et je lui souhaite un meilleur traitement par la suite. Quant au Duc, il est tout le contraire du Chef Mancien : juste, progressif, à l’écoute, et toujours désireux d’améliorer les choses. Je l’ai particulièrement apprécié.

L’intrigue en elle-même est assez riche en action pour ne pas s’ennuyer, même si, évidemment, il ne s’agit que d’une introduction à l’univers du Shole. Comme les mouches de porte, on découvre sur le tas ce qui se passe réellement à l’intérieur du brouillard, ainsi que les moyens mis en œuvre pour le contrer. Il ne fait aucun doute que l’on en apprendra (et comprendra) davantage au fil des prochains tomes.

Aberrations s’annonce donc comme une saga intéressante, et Joseph Delaney signe un premier tome plus que correct, qui plaira sans aucun doute à ses lecteurs habituels, et qui en séduira probablement de nouveaux. À suivre...

lundi 11 février 2019

L'Épreuve T.2 : La Terre Brûlée

Titre : L'Épreuve T.2 : La Terre Brûlée
Auteur : James Dashner
Édition : PKJ
Pages : 471
Note : 2.5 / 5

Et si la vie était pire hors du labyrinthe ?
Thomas en était sûr, la sortie du Labyrinthe marquerait la fin de l’Épreuve. Mais à l'extérieur il découvre un monde ravagé. La terre est dépeuplée, brûlée par un climat ardent. Plus de gouvernement, plus d'ordre.... et des hordes de gens infectés en proie à une folie meurtrière errent dans les villes en ruines. Au lieu de la liberté espérée, Thomas se trouve confronté à un nouveau défi démoniaque. Au cœur de cette Terre Brûlée, parviendra-t-il enfin à trouver la paix... et un peu d'amour ?



Avis de Cyrlight



Dans La Terre Brûlée, second tome de la saga L’Épreuve, Thomas, Newt et les autres Blocards survivants ont fini par quitter le Labyrinthe. Secourus, ils sont conduits dans un endroit sûr, du moins le croient-ils, jusqu’à ce qu’ils découvrent que leurs ennuis sont loin d’être terminés. Le WICKED les charge d’une nouvelle mission : traverser une terre dévastée par les éruptions solaires en moins de deux semaines.

Si j’avais trouvé le premier tome intéressant et plaisant, je ressors de la suite avec un sentiment plus mitigé. Le changement de décor augurait de la nouveauté et des révélations, mais j’ai surtout eu l’impression d’un n’importe quoi magistral dès le début du livre.

On nous annonce d’ailleurs clairement la couleur en indiquant aux Blocards que, désormais, ils ne doivent plus se fier à ce qu’ils voient, et en faisant disparaître « par magie » des dizaines de cadavres suspendus ou des fenêtres derrière lesquelles grouillaient des Fondus.

Si les éléments de ce genre étaient intrigants dans Le Labyrinthe (la connexion télépathique de Thomas et Teresa, l’issue invisible, les Griffeurs...), cette fois c’est trop, beaucoup trop. Entre une maladie qui ronge le corps et le cerveau au point de transformer les gens en zombies, le liquide argenté tueur qui prend la forme d’une boule géante, les cercueils qui surgissent de terre, les portes high-tech à flanc de caverne... Tout cela donne à l’histoire un côté vraiment sans queue ni tête pas très agréable, au point qu’on finit par cesser de chercher une logique et des explications.

Les personnages, plutôt attachants jusqu’à présent, sont désormais réduits au rang de simples pions destinés à faire avancer l’histoire. Seule Thomas, Teresa, Minho et la nouvelle venue, Brenda, tirent un peu leur épingle du jeu, mais les autres sont très en retrait, y compris Newt qui était pourtant l’un des protagonistes. Même Aris n’est pas spécialement marquant.

Quant à la fin, j’ai eu du mal avec l’attitude de Thomas et sa rancune envers Teresa. Elle m’a paru exagérée, à la vue du contexte où le plus important semble être de s’en sortir indemne, et paraît surtout être un prétexte pour détourner Thomas de Teresa au profit de Brenda.

Avis très partagé, donc, et je suis d’autant plus déçue que le premier tome était vraiment bon à mon goût. Je tenterai le troisième, histoire de connaître le fin mot de l’histoire, en espérant que cela ne fasse pas comme Divergente, où chaque roman est moins bon que le précédent.

lundi 14 janvier 2019

Century T.4 : La première source

Titre : Century T.4 : La première source
Auteur : Pierdomenico Baccalario
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 323
Note : 4 / 5



Tous les cent ans, l'humanité est mise à l'épreuve. Tous les cent ans, quatre adolescents doivent relever le défi. Les nouveaux élus viennent d'être choisis. Après Rome, New York et Paris, l'aventure se termine à Shanghai, la ville de l'eau.






Avis de Cyrlight



Suite et fin des aventures d’Elettra, Harvey, Mistral et Sheng dans ce dernier tome de Century. La première source les entraîne à Shangai, où les attend l’effroyable Heremit Devil et les derniers secrets du Pacte.

Une conclusion magistrale, c’est le moins que l’on puisse dire ! L’auteur n’a pas ménagé ses efforts pour nous livrer le meilleur tome de la saga, riche en suspens, action, émotion et surtout révélations.

Cette fois, l’intrigue m’a paru moins précipitée, elle prend plus le temps de se dérouler et n’en est que plus agréable à suivre. Les personnages semblent également avoir muri, ils prennent complètement les rênes de leur destin en mains pour franchir l’ultime étape qui les mènera à la vérité.

Et quelle vérité ! En plus de découvrir enfin les véritables motivations d’Heremit Devil, on en apprend davantage sur l’origine de l’humanité et le rôle des enfants dans l’avenir de la Terre. J’ai adoré le passage qui se déroule sur l’île, il est tout bonnement fascinant, et réussi au point de nous transporter, l’espace de quelques paragraphes, au-delà des limites du monde et de la réalité.

On a également l’occasion de voir (enfin !) les enfants en action. La scène où Elettra et Mistral déchaînent leurs pouvoirs nous tient en haleine, même si ceux-ci ont, à tort, trop souvent donné l’impression d’être associés aux éléments. Ce tome corrige le tir en révélant leur véritable nature : énergie, souvenir, harmonie et espoir.

Seul petit bémol que je pourrais reprocher à ce livre : la fin. Elle est un peu trop rapide et un peu trop joyeuse à mon goût, d’autant qu’à vouloir faire apparaître trop de personnages ensemble, ils s’éclipsent les uns les autres. Qui plus est, après quatre tomes à entendre parler de la mère d’Ermette, il aurait été sympathique de nous la présenter enfin, ne fut-ce que pour le clin d’œil ! En revanche, le départ de Jacob Mahler est poignant, et son personnage est assurément celui qui aura été le mieux traité et le plus intéressant à suivre dans cette saga.

Vous l’aurez compris, la conclusion de Century m’a captivée. Même si cette série a eu ses hauts et ses bas (je pense notamment à L’étoile de pierre que j’ai moins appréciée que les autres), elle a été plaisante à suivre, et son final est plus qu’à la hauteur. À tous les fans d’aventure et de merveilleux, je la recommande chaudement.

mardi 8 janvier 2019

Time Riders T.2 : Le jour du prédateur

Titre : Time Riders T.2 : Le jour du prédateur
Auteur : Alex Scarrow
Édition : PKJ
Pages : 596
Note : 3 / 5
Ne jouez pas avec le temps...
Liam O'Connor aurait dû mourir en mer en 1912.
Maddy Carter aurait dû mourir en avion en 2010.
Sal Vikram aurait dû mourir dans un incendie en 2026.
Mais une mystérieuse agence les a sauvés pour les recruter.
Désormais, ils sont des Time Riders. Leur mission : empêcher que les voyages dans le temps ne changent l'Histoire.
Suite à une erreur de Maddy, Liam se retrouve bloqué 65 millions d'années en arrière, sur le terrain de chasse de dinosaures plus féroces les uns que les autres. Le garçon doit trouver un moyen de contacter Maddy et Sal au plus vite, s'il veut éviter d'être mis en pièces. Mais ne risque-t-il pas s'endommager l'Histoire et de créer une nouvelle – et terrifiante – réalité ?



Avis de Cyrlight



Suite des aventures de Liam, Sal et Maddy dans ce second tome de Time Riders, Le jour du prédateur. À cause d’une explosion causée par une interférence, Liam et la nouvelle unité de soutien, Becks, se retrouvent propulsés plusieurs millions d’années en arrière, en plein Crétacé, en compagnie de tout un groupe avec qui ils s’organisent pour espérer rentrer.

Je ressors de cette lecture plus mitigée qu’après avoir débuté la série. Les mêmes points positifs sont à relever : une écriture fluide, un scénario addictif qui donne l’envie irrépressible de toujours connaître la suite... Mais également les mêmes défauts, exacerbés.

J’avais précédemment relevé de petites incohérences, dues à la complexité du sujet des voyages dans le temps, mais cette fois, c’est encore plus flagrant, puisque toute l’intrigue repose là-dessus. En effet, on comprend que si Liam et Becks n’ont pu emprunter le portail de retour, c’est parce qu’ils ont été envoyés dans le passé par erreur à la suite du message de Maddy, mais Maddy leur a transmis le message justement parce qu’ils avaient manqué toutes les fenêtres censés les ramener en 2001. Pourquoi les ont-ils initialement ratées ? Où étaient-ils ? Voilà un point que l’auteur semble avoir négligé.

Au niveau des protagonistes, ils sont toujours assez creux. Sal se démarque par son inutilité chronique (pourquoi l’avoir embauchée comme observatrice et l’obliger à étudier consciencieusement Central Park alors que n’importe qui est susceptible de percevoir les ondes temporelles ?) et Maddy n’est toujours guère développée. Seul Liam est attachant, notamment grâce aux relations qu’il entretient avec les IA. D’ailleurs, comme Bob avant elle, Becks est le seul personnage vraiment fascinant à suivre.

Le roman en lui-même est long. Pas long dans le sens où il compte un nombre effrayant de pages ou parce qu’on peine à avancer, bien au contraire, mais long dans le sens où, finalement, tout a des airs de remplissage. Comme l’histoire suit exactement le même schéma, on sait déjà comment elle va se terminer : Liam va réussir à transmettre ses coordonnées temporelles à Maddy et réintégrer la base où le temps reprendra son cours normal. Au final, tout le reste, l’installation d’un campement dans la jungle, la longue marche jusqu’à l’océan... semble surtout destiné à gagner des pages entre le point A et le point B.

D’ailleurs, parlons-en, de la transmission des coordonnées temporelles. Si l’histoire du Livre d’Or pouvait passer, cette fois, c’est trop gros pour être crédible. Comment Liam et Maddy peuvent-ils avoir tous deux la même idée saugrenue de faire traverser les âges à un message si déroutant qu’il sera forcément intercepté par une agence secrète gouvernementale ?

Quant à la fin, une fois encore, elle se résout trop simplement. Dans le tome 1, j’avais reproché le retour miraculeux de Sal, mais cette fois, c’est bien pire. La boucle temporelle efface et recommence tout. Quid de la classe disparue ? Quid de ceux qui n’ont pas survécu ? Cela ne risque pas de créer une contamination ou un paradoxe dans le futur, puisqu’ils ont cessé d’exister en pleine visite d’un centre de recherche ?

Petite déception donc avec ce second tome de Time Riders. L’histoire en elle-même est pourtant très accrocheuse, mais les incohérences, les facilités scénaristiques et le manque de charisme des personnages laissent un goût d’insatisfaction qui gâte le plaisir de la lecture. La révélation finale donne néanmoins envie de lire la suite.

lundi 10 décembre 2018

Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants

Titre : Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants
Auteur : Julien Hervieux
Édition : Castelmore
Pages : 320
Note : 4 / 5
Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.
Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…


Avis de Cyrlight



Au service de sa Majesté la Mort : L’ordre des Revenants est le premier tome d’une saga ayant pour héroïne la jeune Elizabeth, une journaliste prometteuse, mais handicapée par son statut de femme dans l’Angleterre du XIXème siècle. Elle a donc conclu un pacte avec un homme qui lui sert de prête-nom, mais le jour où ce dernier est assassiné sous les yeux d’Elizabeth, elle devient à son tour une cible à abattre.

Si l’histoire est à première vue orientée jeunesse, elle pourra très certainement convenir à tous les âges. Elle n’est pas naïve, comme le sont parfois les romans destinés à un jeune public, parfois un peu dure (avec la mort comme thème principal, difficile de faire autrement), mais jamais trop sombre ou trop effrayante. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et je remercie d’ailleurs Babelio et les éditions Castelmore pour cet exemplaire.

L’écriture est très fluide et le scénario très addictif, ce qui fait que les pages s’avalent très facilement et qu’on ne les voit même pas passer. Le rythme est dosé à la perfection, l’univers se pose progressivement, sans pour autant négliger l’action, présente du début à la fin.

Les personnages sont attachants dans l’ensemble. Elizabeth est sympathique, Hank est touchant, Yseult est excellente dans son rôle de petite chef autoritaire et tyrannique, et j’ai eu un véritable coup de cœur pour Duncan. Seule Beatrix ne se démarque pas vraiment, mais elle est tout de même agréable.

Le seul avec qui j’ai eu du mal à accrocher, c’est James Hamilton. À côté des autres, il est insipide, et tombe comme le cliché du séduisant garçon dont on sait, dès l’instant où il apparaît, qu’il va se développer une histoire entre l’héroïne et lui. C’est presque un coup de foudre instantané, dont la mièvrerie contraste avec le reste de l’histoire. Bon, je manque peut-être d’objectivité parce que j’adore la relation ambiguë d’Elizabeth et Duncan, et je n’aimerais pas la voir faire le mauvais choix, ou pire, que cela évolue vers un triangle amoureux par la suite.

C’est d’ailleurs avec joie que je la lirai lorsqu’elle sortira, car c’est un début de saga qui m’a vraiment beaucoup emballée. J’ai hâte de découvrir les prochaines aventures des Revenants, d’autant que j’ai de nombreuses théories en tête concernant W, sans parler de Venise qui m’intrigue beaucoup...

vendredi 23 novembre 2018

L'Épouvanteur T.15 : La résurrection de l'Épouvanteur

Titre : L'Épouvanteur T.15 : La résurrection de l'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 368
Note : 3.5 / 5
Thomas Ward, le nouvel Épouvanteur, combattait l'obscur dans le Comté avec son apprentie quand il a été appelé loin de chez lui pour une nouvelle bataille : diriger la lutte contre une armée de créatures bestiales qui s'apprêtent à condamner la Terre à un éternel hiver. Les humains n'avaient jamais affronté d'aussi terrifiants guerriers. Mais Tom gît à présent, raide et froid, dans sa tombe. Et ceux qui avaient mis tous leurs espoirs en lui se désespèrent. Qui prendra la tête des troupes, avant que l'armée noire ne les submerge et ne répande la guerre jusque dans le Comté ?



Avis de Cyrlight




Comme le titre le laisse présager, Tom Ward est de retour dans La résurrection de l’Épouvanteur. Toujours accompagné de Jenny et de Grimalkin, il continue sa route vers les terres Kobalos, mais sa mort l’a affaibli et rien ne se passe comme prévu au-delà de la rivière Shanna.

J’avais été moyennement emballée par le précédent tome de cette saga que j’adore pourtant, et si j’ai un peu plus apprécié celui-ci, je ne le classerais pas pour autant parmi mes préférés, car il souffre de la continuité de certains défauts.

La question de la mort de Tom, aussi riche en suspens que celle de Jon Snow dans Game of Thrones, est rapidement résolue dans les premières pages, même s’il en ressentira les conséquences pendant une grande partie du roman. Cet épisode l’incite à douter et à se remettre en question, une introspection intéressante à suivre.

À cause de cela, Grimalkin a plus de mal à le mener à la baguette que précédemment, et doit user de procédés encore moins louables pour le soumettre à sa volonté. Autrefois mon personnage préféré, je n’aime pas ce qu’elle est devenue dans ce nouvel arc. Où est passée la talentueuse guerrière capable de mettre tout le monde à genoux, et qui a déjà semé la terreur parmi les Kobalos dans Le pacte de Sliter ? Ici, elle enchaîne les erreurs, les mauvais jugements et échoue dans plus ou moins tout ce qu’elle entreprend.

Jenny suit toujours son apprentissage auprès de Tom, mais se démarque par son inutilité chronique. J’ai beau essayé de m’habituer à elle, je n’accroche pas du tout à son personnage, si insolent et si condescendant, notamment dans sa façon de traiter les sorcières.

Voilà en ce qui concerne les principaux protagonistes, mais ce tome est surtout celui des come back. Alice fait son grand retour, et même si cela fait plaisir de la retrouver, sa réconciliation avec Tom est trop rapide. Seul point positif, la romance qui débute (enfin) entre eux n’empiète pas trop sur le reste de l’histoire.

J’attendais aussi avec impatience de revoir Sliter... et j’ai été déçue. Il n’apparaît que durant quelques pages, surgit presque comme un cheveu sur la soupe et repart aussitôt. Et Meg... Évidemment, l’auteur a su toucher la corde nostalgique en nous ramenant dans l’atmosphère du Secret de l’Épouvanteur, avec Anglezarke et le grand amour de John Gregory, mais c’est une réapparition qui est très mal gérée. Certes, la boucle de leur histoire est bouclée, mais l’intérêt de la faire revenir pour deux-trois chapitres, où elle passe son absence sous silence et ne sert finalement pas à grand-chose, est excessivement limité.

L’histoire en elle-même est sombre et plaisante à suivre, et l’étendue de la menace Kobalos, qui font des ravages parmi les rangs adverses, pousse à se demander comment les humains vont pouvoir triompher d’eux. Le suspens est, à ce niveau, au rendez-vous. La fin, en revanche, est plutôt expéditive, et l’une des morts en particulier aurait mérité d’être plus dignement traitée, au lieu de quoi elle perd presque tout son impact.

Somme toute, ce tome est un brin meilleur que Thomas Ward l’Épouvanteur, mais demeure tout de même très moyen. La gestion des personnages est devenue la principale faiblesse de cette histoire, que ce soit dans leur emploi ou leur attitude. J’espère sincèrement que la suite rectifiera le tir, même s’il est hélas trop tard pour certains.

lundi 30 juillet 2018

À l'ombre de l'arbre kauri

Titre : À l'ombre de l'arbre kauri
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 735
Note : 3 / 5
Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael cultivent l’espoir d’un jour posséder leur propre domaine. Mais ces perspectives heureuses sont soudain assombries par la disparition de leur fille adoptive, kidnappée par un chef maori… Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fille, Kathleen – son ancienne fiancée – apprend une bonne nouvelle : son fils Colin rentre au pays. Mais nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les deux familles…
Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande, Sarah Lark fait la part belle à ses héroïnes, et au combat qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.



Avis de Cyrlight




Après avoir suivi les péripéties de Kathleen, Michael et Lizzie à l’autre bout du monde, place désormais à la nouvelle génération, portée par Matariki, une demi-maorie fille de chef, ainsi que Sean, Colin et Heather Coltrane. Dans À l’ombre de l’arbre kauri, les opprimés, qu’il s’agisse des femmes ou des autochtones, sont bien déterminés à faire entendre leur voix.

Si j’avais été assez emballée par Les rives de la terre lointaine, cette suite m’a quelque peu déçue. Je ne m’attarderai par sur les indénombrables répétitions qui me mettent toujours les nerfs à vif (pitié, l’auteur, le traducteur ou le correcteur, le récit n’en serait que meilleur si on ne subissait pas des « effectivement », « à coup sûr » et compagnie une fois par page, parce qu’au bout de sept cents, ça fait vraiment énorme !), mais plutôt sur le scénario en lui-même.

Sarah Lark se concentre cette fois-ci davantage sur l’Histoire avec un grand H, comme cela avait déjà été sensiblement le cas dans Le cri de la terre. Sans doute n’est-ce pas fait pour moi, car il s’agit de ses deux œuvres que j’ai le moins appréciées.

Non pas qu’il n’y ait pas d’éléments intéressants, car cela permet d’en découvrir toujours plus sur le fonctionnement politique de la Nouvelle-Zélande, et surtout sur la culture maorie, mais j’ai trouvé que le roman souffrait souvent de longueurs.

Le début, au contraire, est bien trop rapide. En l’espace de quelques dizaines de pages, trois années se sont déjà écoulées, laissant à peine le temps de prendre nos marques avec ces nouveaux personnages, alors que la suite se traîne par moments. Le rythme aurait gagné à être plus équilibré.

Le thème en lui-même me donne l’impression d’avoir été choisi pour coller avec les mouvements féministes actuels. Non que je reproche à l’auteur d’avoir voulu traiter de l’obtention de droit de vote des femmes, car après tout, la Nouvelle-Zélande s’est démarquée en étant le premier pays à l’accorder, mais plutôt de n’y avoir fait aucune allusion dans sa première trilogie (ou alors si discrète que cela ne m’a pas marqué), qui se déroulait approximativement à la même époque.

Qui plus est, certains personnages m’ont agacée par leur passivité. Si quelques-uns se battent pour leurs idéaux ou ce qui leur semble juste (Matariki, Heather et Sean pour ne citer qu’eux), Kathleen en particulier m’a fait grincer des dents plus d’une fois. Après tout ce qu’elle-même a traversé avec son premier époux, je la trouve étrangement peu encline à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider cette pauvre Violet. Avec elle, c’est surtout : « Si elle peut rester, tant mieux, si son père veut continuer à la martyriser, c’est son droit. » Avec un fils juriste et une fille qui a pris la jeune orpheline en sympathie, on aurait pu s’attendre à plus de réactivité, surtout dans un roman axé sur les combats sociaux.

Enfin, pour conclure sur les points négatifs, je dirais que les situations sont un peu répétitives, au bout d’un moment. J’ai bien conscience que c’était sûrement le quotidien de l’époque, mais au final, on retrouve toujours dans les livres de Sarah Lark le même schéma classique du mariage malheureux ou de la souffrance des personnages avant l’irrémédiable happy end. Quelles que soient les épreuves auxquelles ils sont confrontés, ça se termine toujours bien pour les protagonistes. Sans parler du thème également récurrent du fils rapporteur entièrement dévoué au « mauvais » père (Paul, Colin, Joseph…).

Passons aux points positifs, à présent. Tout d’abord, j’ai énormément apprécié les références très récurrentes à la trilogie du Nuage Blanc, notamment avec le jeune Caleb Biller, qu’il est plaisant de retrouver après l’avoir connu jeune homme dans Le chant des esprits.

J’ai aussi aimé le paradoxe mis en valeur à travers ce roman, en particulier avec les Maoris. Ils sont plus ou moins considérés comme des sauvages par les Pakeha, alors qu’ils étaient bien plus ouverts d’esprit (au niveau de l’égalité homme-femme, par exemple) et tolérants que la plupart des Blancs. L’auteur ne tombe pas pour autant dans le manichéisme complet, puisque la violence sanglante de Kahu Heke contraste avec le pacifisme de Parihaka.

Du bon et du moins bon, donc, dans À l’ombre de l’arbre kauri, qui m’aura beaucoup moins séduite que le premier tome. Peut-être est-ce aussi dû à une certaine lassitude provoquée par la récurrence de plusieurs situations. M’enfin, si vous avez aimé les autres livres de Sarah Lark, il n’y a aucune raison pour que celui-ci vous déplaise.

mercredi 18 avril 2018

Divergente raconté par Quatre

Titre : Divergente raconté par Quatre
Auteur : Veronica Roth
Édition : Nathan
Pages : 259
Note : 3 / 5

L'histoire de Quatre avant sa rencontre avec Tris.

Lors de sa cérémonie du choix, un jeune altruiste se dresse contre sa famille et sa faction : il rejoint les audacieux. Il choisit un nouveau destin, et devient Quatre. Mais ce qu'il découvre alors met en péril son avenir, et celui de la société tout entière.

Va-t-il devoir se dresser contre sa nouvelle faction ?





Avis de Cyrlight




Divergente raconté par Quatre est une préquelle à la célèbre trilogie dystopique de Veronica Roth, où le narrateur est cette fois-ci non plus Tris, mais son petit ami, Tobias Eaton. Les évènements narrés dans ce hors-série débutent deux ans avant le premier tome et relatent son arrivée chez les Audacieux, où il s'intègre sous le surnom de « Quatre ».

Il est plaisant de retrouver une bonne partie des personnages secondaires de l'univers de Divergente, et surtout d'en apprendre plus à leur sujet. Zeke, Shauna, Tori... Ils sont presque tous au rendez-vous, y compris Éric, même si j'aurais préféré qu'il occupe une place plus importante, en tant qu'éternel rival et ennemi de Quatre.

Pour ce qui est de l'histoire, on se replonge avec joie dans tout ce qui faisait le sel du premier tome (les factions, l'initiation...). Dommage que l'auteur ne se soit pas davantage étendue là-dessus, car il s'agissait des éléments que j'avais le plus appréciés dans Divergente (les seuls, aussi, il faut bien le reconnaître, puisque je n'ai aimé le premier roman).

C'est donc une lecture sympathique, mais dans le fond, elle n'apporte pas grand-chose. On en sait un peu plus sur les relations qu'entretenait Quatre avec les autres audacieux avant l'arrivée de Tris, et surtout sur ses liens avec sa mère, mais ce hors-série est relativement limité. Sa taille (très courte) ne fait que le prouver, d'autant que les dernières pages sont une simple réécriture de certaines scènes de Divergente, transposées du point de vue de Quatre. Rien de nouveau sous le soleil, donc.

Pour conclure, je dirais que ce tome est une sorte de bonus, un complément à la trilogie, mais qu'il n'est en aucun cas indispensable. S'il n'est pas désagréable à lire, il n'en sera pas moins vite oublié. Si, comme moi, vous avez la chance de le trouver en solde, profitez-en, sinon... À vous de voir.

mardi 16 janvier 2018

Ulysse Moore T.4 : L'île aux masques

Titre : Ulysse Moore T.4 : L'île aux masques
Auteur : Pierdomenico Baccalario
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 319
Note : 4.5 / 5
Jason, Julia et Rick embarquent pour de nouvelles aventures... Direction : la Venise du XVIIIe siècle ! ils sont à la recherche de Peter Dedalus, l'horloger de Kilmore Cove. Lui seul connaît le moyen de contrôler toutes les portes du temps. L'inventeur a franchi la porte de la Maison aux miroirs et se cache quelque part dans la Cité des Doges. Les trois enfants doivent faire vite : l'impitoyable Olivia Newton est déjà sur ses traces... Avant toute chose, il leur faudra découvrir la véritable identité du mystérieux Gondolier Noir, dont personne ne semble avoir entendu parler...



Avis de Cyrlight



C'est cette fois-ci pour Venise que nous embarque ce quatrième tome d'Ulysse Moore. On y découvre l'Italie du XVIIIème siècle, mais rien ne se passe comme prévu, puisque Jason doit retourner à Kilmore Cove pour rattraper deux mendiants qui ont franchi la Porte du Temps dans l'autre sens, condamnant Rick et Julia à rester sur place.

Ce tome est palpitant, probablement le meilleur d'entre tous. Les révélations sont nombreuses et on en apprend beaucoup sur les personnages secondaires. À Kilmore Cove, Jason fait la connaissance de l'intimidant gardien de phare, Léonard Minaxo. Avec Nestor, ils doivent capturer les deux mendiants échappés de Venise pour les ramener sur place à bord du Metis, et ainsi rouvrir la porte pour permettre à Rick et Julia de rentrer.

Ces derniers ne sont pas en reste. En Italie, c'est une course contre la montre qui est lancée, ou plutôt une course contre Olivia, pour savoir qui retrouvera Peter Dedalus en premier. L'ambitieuse jeune femme s'est alliée avec un homme mystérieux du nom de Comte des Cendres, tandis que les adolescents ont rencontré les Caller, un couple qui réside dans l'ancienne demeure de la famille Sauri... La famille de Pénélope !

Premier coup de théâtre de ce tome, puisque nous apprenons que la défunte épouse d'Ulysse Moore est née dans la Venise du XVIIIème siècle. Quant au mystérieux ancien propriétaire de la villa Argo, les soupçons concernant sa prétendue mort se multiplient, et les indices (peu subtils) semés tout au long du livre portent à croire qu'en plus d'être bien vivant, il s'agit d'un personnage qui commence à devenir familier.

Hélas pour ces dames de Kilmore Cove qui nous livrent des intermèdes cocasses de commères en pensant avoir retrouvé la trace d'Ulysse Moore. Cela permet néanmoins de se familiariser avec le village et ses habitants, et aussi de voir à quel point les rumeurs se propagent vite dans un endroit aussi petit que celui-ci.

La suite promet de nous en apprendre encore davantage, car nul doute que les Covenant et Rick chercheront le fin mot de l'histoire, en espérant que le voile qui entoure le passé de la villa Argo se lève pour de bon. Le suspense n'a jamais été aussi intense !


Coup de ♥

mardi 12 décembre 2017

La reine des Macchabs

Titre : La reine des Macchabs
Auteur : Ty Drago
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 518
Note : 3.5 / 5
Vous ne connaissez pas les Macchabs ? Tant mieux pour vous ! Car seule une poignée d’adolescents, appelés les Clairvoyants, peuvent les voir tel qu’ils sont : des cadavres puants animés par des entités venues d’ailleurs et qui veulent tous nous éradiquer… Ces ados sont devenus un véritable commando, auto-baptisé les Fossoyeurs. Grâce au jeune Will, ils sont parvenus à éliminer le Maître des Macchabs. Mais le combat est loin d’être gagné. Car arrive aussitôt leur Reine, plus redoutable encore. D’autant plus redoutable qu’elle endosse l’identité de Lilith Cavanaugh, responsable des Affaires Civiles de la ville de Philadelphie. Or, la mère de Will vient de recevoir un colis envoyé il y a quelques années par son défunt mari, Karl Ritter, le seul adulte qui ait jamais été capable de voir les Macchabs. Dans ce colis, destiné à Will, Karl dévoile toute la vérité. Susan, qui n’a pas eu la moindre nouvelle de son fils depuis quatre mois, ne sait pas vers qui se tourner… et elle commet une terrible erreur. Elle décide de rendre l’affaire publique en se confiant à une certaine Lilith Cavanaugh…



Avis de Cyrlight



Dans ce second tome des Macchabs, nous retrouvons Will Ritter et ses amis Fossoyeurs qui poursuivent leur guerre contre les Malums, des entités inconnues capables de prendre possession de cadavres humains. La lutte est d'autant plus rude qu'ils doivent désormais affronter la Reine en personne.

Tout comme le précédent, ce roman est très agréable à lire. L'écriture est fluide, l'histoire ne manque pas d'intérêt et l'action et les rebondissements sont au rendez-vous. Les chapitres s'avalent très vite, tant ils sont addictifs, et se savourent toujours avec le même plaisir.

De nouveaux personnages font leur apparition, à commencer par Lilith Cavanaugh, la redoutable Reine des Macchabs, qui succède à Kenny Booth à la tête de l'invasion. Exerçant à la mairie de Philadelphie, elle dispose de beaucoup de moyens et d'influence pour lutter contre les Fossoyeurs.

On rencontre également Hugo Ramirez, ancien collègue de Karl Ritter et captif des Macchabs. Après l'avoir sauvé des griffes de leurs ennemis, Will et ses amis vont s'échiner à lui démontrer la menace qui pèse sur la ville (et sur le monde), car les adultes ne peuvent voir les Cadavres.

Qui dit nouveauté dit aussi nouvelles armes, les « Ritter ». Ce sont des seringues remplies d'un mélange d'eau et de sel, capables de détruire irrémédiablement l'hôte d'un corps. Ce qui est regrettable, c'est qu'elles soient si peu exploitées.

Comme dans le premier tome, on déplorera un certain manque de logique. Les Fossoyeurs, après la mort de Booth, semblent avoir mis du temps à créer une arme aussi complexe... qu'une piqûre de saumure. Et même après son invention, il leur arrive de partir en mission sans en emporter. Si encore les ingrédients étaient rares, ce serait compréhensible, mais c'est loin d'être le cas.

Les apparitions de l'Ange, à chaque fin de livre, me laissent elles aussi dubitative, car elles surviennent toujours de façon « deus ex machina » et donnent lieu à des miracles, sans aucune explication. Cela fait perdre une part de réalisme à l'histoire, si du moins l'on peut employer ce terme avec les Macchabs.

En dépit de ces défauts, il est difficile de ne pas accrocher à ce roman palpitant. Les personnages nous entraînent avec eux dans leurs aventures, en particulier le courageux trio formé par Will, Helen et le Burgermeister.

La Reine des Macchabs est donc une excellente suite à un premier tome déjà très réussi. La lecture, simple et rapide, permet de passer un bon moment dans un univers riche en action. Je recommande !

mercredi 6 décembre 2017

L'Épouvanteur T.14 : Thomas Ward l'Épouvanteur

Titre : L'Épouvanteur T.14 : Thomas Ward l'Épouvanteur
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 352
Note : 3.5 / 5
Voilà trois mois que des jeunes filles meurent dans des circonstances mystérieuses. On les retrouve dans leur lit, couvertes de sang, une expression terrifiée sur le visage. Leur fantôme hante les lieux, attendant que quelqu'un comprenne de quelle horreur elles ont été victimes. Depuis la mort de John Grégory, Thomas Ward est l'Épouvanteur chargé de protéger le Comté des êtres qui errent sous le couvert de la nuit. Et il faut faire vite. Car la bête qu'il va traquer pourrait bien tuer encore. Et ce n'est que le commencement. Une armée de monstres se rassemble dans les terres du Nord et menace la survie de l'humanité...



Avis de Cyrlight




Ce quatorzième tome de L'Épouvanteur marque le début d'un nouveau cycle. John Gregory ayant péri lors de l'ultime bataille contre le Malin et ses partisans, c'est désormais Tom Ward qui a hérité de la lourde tâche d'Épouvanteur de Chippenden et qui doit désormais faire face à la menace des Kobalos, ces créatures découvertes dans Le pacte de Sliter.

Ce tome se concentre sur trois personnages principaux. Deux qu'on ne présente plus, Tom et Grimalkin, mais aussi une petite nouvelle, Jenny. Septième fille d'une septième fille, elle réussit à convaincre le jeune Épouvanteur de la prendre en apprentissage à force d'insistance.

Si elle apparaît au début comme une sorte de substitut à Alice, Jenny s'en démarque rapidement, notamment grâce à l'insolence dont elle ne manque jamais de faire preuve à l'égard de Tom, ce qui peut la rendre très agaçante par moments.

Jenny véhicule aussi un message féministe qui m'a personnellement déplu dans la façon dont il est présenté. Elle ne veut pas suivre la voie destinée aux femmes (mariage, foyer...), et vouloir se démarquer de sa condition est en soit tout à fait admirable. Là où le bât blesse, c'est que Jenny n'est pas l'égale des personnes de son propre sexe.

Elle descend d'un peuple ancestral, ce qui lui procure des dons particuliers (empathie, invisibilité...). Par conséquent, elle dispose d'un avantage que les autres représentantes de la gent féminine n'auront pas pour se lancer sur un chemin différent de celui auquel la société les destine. À mon goût, cela gâche passablement cette idée d'égalité.

Quant à Grimalkin, qui est pourtant mon personnage préféré, elle m'a laissée dubitative. J'ai été très déstabilisée par son changement d'attitude. Elle apparaît moins comme une féroce guerrière que comme une manipulatrice. Tout au long du livre, elle fait des dissimulations à Tom et n'hésite pas à se servir de lui en le mettant devant le fait accompli. Je n'ai pas reconnu dans ce comportement l'honneur et la droiture qui la caractérisaient dans les ouvrages précédents.

Pour ce qui est de l'histoire, elle est agréable à suivre. La menace Kobalos est introduite dans le Comté et incite Tom à suivre Grimalkin au nord pour étudier de plus près leurs ennemis. Ce roman sert de transition vers la nouvelle guerre qui s'annonce. Il apporte peu de révélations, mais a le mérite de se clore sur deux coups de théâtre successifs.

Je ressors donc de cette lecture à la fois impatiente de connaître la suite, mais aussi un peu déçue par le caractère des protagonistes, en particulier Grimalkin. J'espère que le prochain tome nous permettra de retrouver d'anciennes connaissances, comme Alice (qui semble rôder dans l'ombre) et surtout Sliter.

samedi 30 septembre 2017

Ulysse Moore T.3 : La maison aux miroirs

Titre : Ulysse Moore T.3 : La maison aux miroirs
Auteur : Pierdomenico Baccalario
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 271
Note : 4 / 5



Solitaire est resté un roi
Qui perdra la partie
Il veut gagner contre trois
Et il leur fera perdre la vie






Avis de Cyrlight



Après avoir suivi Jason et Rick en Égypte Antique dans La Boutique des cartes perdues, nous les retrouvons à Kilmore Cove en compagnie de Julia pour ce troisième tome de la saga Ulysse Moore.

Si le précédent roman nous a fait voyager jusqu'au nord de l'Afrique, quelques milliers d'années dans le passé, c'est cette fois-ci le village qui est au cœur de l'intrigue. Cela nous permet de retrouver des personnages (comme Calypso) ou de faire connaissance avec quelques nouveaux (les Bowen, Léonard Minaxo... et surtout Peter Dedalus !)

Faire connaissance est toutefois un grand mot pour ce dernier, puisqu'il n'apparaît pas dans cette histoire. Cela ne l'empêche pas d'être omniprésent du début à la fin, avec la destruction de sa maison par la redoutable Olivia Newton (que décidément rien n'arrête !) ou encore son étrange atelier.

Sans même l'avoir rencontré, cet inventeur de génie attise déjà la curiosité. Il semble capable de concevoir tout et n'importe quoi, mais aussi intelligent qu'il soit, il n'a pas été à l'abri des manipulations de la perfide Olivia. Là où le bât blesse, c'est que j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi, après avoir découvert son vrai visage, il lui lègue tout de même toutes ses possessions, permettant ainsi la découverte de la Porte du Temps de la maison aux miroirs par les antagonistes.

Autre petit bémol, mais c'est un défaut auquel on commence à s'habituer, et heureusement, car il est bien parti pour se répéter jusqu'au bout, c'est la capacité prodigieuse des jumeaux Covenant et de leur ami Rick à résoudre les énigmes les plus complexes face auxquelles les adultes ont échoué.

Ce tome n'en est pas moins bon, et même s'il est moins riche en action que ses deux prédécesseurs, il n'en est que plus intéressant. La liste de mystères semble s'allonger et les interrogations se multiplient, ce qui intensifie la volonté du lecteur de connaître le fin mot de l'histoire.

Pour le découvrir, il faudra embarquer pour la suite de l'aventure avec ces trois ingénieux enfants, direction Venise, puisque telle semble être leur prochaine destination. Un voyage que je ne manquerais pour rien au monde !

vendredi 15 septembre 2017

Le cri de la terre

Titre : Le cri de la terre
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 2.5 / 5
1907. Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira, pionnière venue s’installer en Nouvelle-Zélande au milieu du xixe siècle, vit à Kiward Station, la ferme familiale. Son enfance insouciante prend fin à 12 ans lorsque ses parents, qui ne se sont guère occupés d’elle, décident qu’il est temps pour elle de devenir une lady. Gloria doit alors renoncer à son île paradisiaque et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat. Elle y dépérit. Même la présence de sa cousine Lilian ne parvient pas à la consoler. Son seul rêve : retourner dans son pays, celui du nuage blanc, avec l’espoir secret d’y retrouver Jack… Aussi, quand elle découvre que ses parents n’ont pas l’intention qu’elle rentre chez elle, Gloria décide-t-elle de prendre sa vie en main. Sans bien en mesurer tous les dangers, elle échafaude un plan… Comment résister à l’appel de la terre natale ?



Avis de Cyrlight




C'est avec Le cri de la terre que se conclut la trilogie du Nuage blanc. Après Gwyneira et Hélène, après Elaine et Kura, nous suivons la toute dernière génération de cette grande famille à travers les personnages de Gloria, Lilian et Jack.

Si les deux premiers tomes avaient des défauts évidents, ils sont encore plus marqués dans ce troisième opus. Un style toujours aussi horripilant en matière de répétition, des personnages secondaires toujours aussi négligés, et surtout un manque d'originalité encore plus flagrant.

Si Le pays du nuage blanc et Le chant des esprits partageaient des intrigues similaires, Le cri de la terre, quoique plus sombre, répète à l'identique le schéma de ses prédécesseurs. Deux héroïnes sont mises en scène, et sur les deux, l'une va s'en sortir relativement bien tout du long (Gwyneira/Kura/Lilian), tandis que l'autre affrontera malheur et douleur avant de connaître une fin plus heureuse (Hélène/Elaine/Gloria).

Jusqu'à présent, la densité de l'œuvre et ses nombreux personnages ne posaient pas de gros problèmes, mais cette fois, tout est plus brouillon. La chronologie est confuse, avec des allers et retours en arrière, et il n'est parfois pas aisé de se repérer dans le temps.

Même l'espace diffère beaucoup. L'histoire, jusqu'ici centrée en Nouvelle-Zélande, s'éparpille aux quatre coins du monde. Si cela permet de mettre en avant une sombre réalité historique (la Première Guerre Mondiale, et plus précisément Gallipoli), le lecteur habitué aux vastes pâturages des Canterbury Plains se sent dépaysé.

Quant aux personnages, ils souffrent toujours d'un manque de profondeur qui fait que l'on peine à s'attacher à eux. Charlotte, par exemple, m'a donné l'impression de n'être là que pour occuper l'intrigue de Jack jusqu'au retour de Gloria, même si ce sentiment a dû être quelque peu renforcer par la quatrième de couverture qui laissait présager une histoire entre ces deux personnages.

En parlant de cette jeune héroïne, d'ailleurs, ses choix ne semblent pas toujours très cohérents. Elle déteste la vie que ses parents lui imposent depuis qu'elle a quitté Kiward Station, mais pour y échapper, elle n'hésite pas à faire le choix de la prostitution, même si c'est d'abord avec un soupçon de naïveté. Ce qui m'a le plus déroutée, c'est que malgré la richesse de sa famille, elle n'a pas, à un seul moment, évoqué la possibilité de leur voler de l'argent ou n'importe quoi d'autre pour négocier une traversée.

Enfin, l'histoire entre Lilian et Ben est mièvre à souhait, digne d'un roman à l'eau de rose. Il n'y avait d'ailleurs aucun suspens de ce côté-là, puisque Sarah Lark a pour fâcheuse habitude de réunir ses personnages par miracle. Jusque-là, ils se retrouvaient par le plus grand des hasards à l'autre bout du pays, mais cette fois, c'est à l'autre bout du globe que réapparaît le soupirant de Lilian, rencontré en Angleterre.

C'est sans regret que s'achève cette trilogie du Nuage Blanc, car si les deux premiers tomes, sans être exempts de défauts, étaient plutôt agréables dans leur ensemble, la trame de celui-ci est attendue, dépourvue d'originalité, avec de plus grosses facilités scénaristiques que les précédents. Il était plus que temps que tout cela se termine !

mardi 29 août 2017

Le chant des esprits

Titre : Le chant des esprits
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 3 / 5
En 1852, Hélène et Gwyneira ont quitté l’Angleterre pour venir s’installer en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, au crépuscule d’une vie mouvementée, les deux pionnières, toujours liées par une amitié indéfectible, s’inquiètent pour leurs petites-filles, Elaine et Kura, deux cousines que tout oppose. Belle mais capricieuse, Kura possède une voix magnifique. Portée par la perspective d’une carrière internationale, elle refuse d’assumer son rôle d’héritière de Kiward Station, le domaine familial, pour se consacrer au chant. Lorsque Kura rencontre William, le fiancé d’Elaine, ce dernier tombe aussitôt sous le charme de la jeune métisse. Dès lors, le charme couve…



Avis de Cyrlight




Après avoir suivi les aventures de Gwyneira et d'Hélène dans Le pays du nuage blanc, ce sont à présent celles leurs petites-filles que nous découvrons dans Le chant des esprits, Lainie et Kura.

On ne retrouve pas seulement dans ce second tome la densité du premier, mais également ses qualités et ses défauts. Si les descriptions sont toujours aussi sublimes, les répétitions de l'auteur n'en sont pas moins pesantes. La richesse de l'histoire est encore au rendez-vous, mais conserve les mêmes faiblesses.

Tout comme dans le premier volume (si ce n'est davantage), les personnages secondaires sont négligés : les frères de Lainie sont à peine mentionnés, Jack n'apparaît qu'à de très rares occasions... Il est tout de même agréable de retrouver, même brièvement, les héros du Pays du nuage blanc, sauf peut-être Gwyneira.

Si tous semblent être restés fidèles à eux-mêmes, ce n'est pas son cas. J'ai eu du mal à la cerner tout du long. Comment elle, qui n'a jamais pu aimer Paul en raison de ses origines et qui a toujours paru posséder une certaine fierté, peut-elle s'incliner de la sorte face à la capricieuse Kura ? Comment peut-elle surtout lui porter une telle affection alors que la jeune fille est aussi exécrable que son père ?

L'histoire, bien qu'aussi riche et intéressante que la précédente, manque un peu d'originalité. Certains passages sont très plaisants (notamment la vie de Lainie dans l'établissement de Mme Clarisse, les efforts de Tim pour l'apprivoiser ou encore la réconciliation progressive des deux cousines) et d'autres trop peu développés. Je pense notamment aux retrouvailles entre Zoé et Lainie, desquelles j'attendais beaucoup quand j'ai vu ressurgir la première nommée, mais qui s'achèvent finalement aussi vite qu'elles sont survenues.

Pour rebondir là-dessus, les heureux hasards déjà présents dans le tome 1 le sont également dans celui-ci. Les personnages finissent toujours tôt ou tard par se retrouver au même endroit, au même moment, si bien qu'on voit venir ces éléments de l'intrigue longtemps à l'avance.

L'originalité n'est pas transcendante non plus, puisqu'il est facile de faire de gros parallèles avec Le pays du nuage blanc. L'une des héroïnes contracte un mariage malheureux avec un mari brutal (Hélène/Elaine... Tiens, tiens !), l'un(e) des protagonistes s'enfuit après avoir commis un meurtre (Paul/Elaine), la happy end où tout le monde se retrouve après quelques centaines de pages de pérégrinations...

C'est donc une histoire qui, comme la précédente, se laisse lire plutôt agréablement, mais qui souffre d'un style toujours aussi pesant et de rebondissements attendus. Contrairement au dépaysement, le suspens n'est pas au rendez-vous.

lundi 21 août 2017

Indiana Teller T.2 : Lune d'été


Titre : Indiana Teller T.2 : Lune d'été
Auteur : Sophie Audouin-Mamikonian
Édition : Michel Lafon
Pages : 368
Note : 2.5 / 5
Alors qu Indiana se remet à peine de l'enlèvement de sa mère, le père de sa petite amie Katerina est sauvagement agressé, laissé à moitié mort. Une seule certitude : cette attaque n'est pas d'origine humaine. Le jeune homme est prêt à tout pour découvrir l'auteur de cet ignoble crime. À moins qu il ne s'agisse d'un complot visant à l'éloigner des siens... et à détruire ce qui l'unit à celle qu il aime ? Entre une nouvelle menace vampire et les haines qui déchirent les clans, Indiana a plus que jamais besoin de ses dons de rebrousse-temps pour élucider ces mystères. Saura-t-il maîtriser ce pouvoir capricieux? Et comment protéger Katerina de ces sombres machinations ? Car la nuit, tous les loups sont gris, et un traître pourrait bien se cacher parmi eux...
OSERIEZ-VOUS DÉFIER LES LOIS DU CLAN ?



Avis de Cyrlight



Après avoir achevé le premier tome d'Indiana Teller avec un avis mitigé, mon sentiment n'a pas évolué à la lecture de ce second volume, car ses qualités sont contrebalancées par de nombreux défauts.

Un point positif, tout d'abord, c'est que l'univers se renouvelle en quelque sorte. Si les loups-garous étaient l'espèce centrale de Lune de printemps, ce sont cette fois-ci les Vampires qui sont au cœur de l'intrigue, ce qui offre un peu de fraîcheur et nous permet de découvrir plus profondément une autre facette de l'univers de l'auteur.

Qui dit autre espèce dit aussi autres personnages, avec Annabelle la SangVol (mi-Vampire, mi-humaine) et Chasseuse, ainsi que ses acolytes. Elle se fait remarquer dès son arrivée grâce à sa grande puissance, qui ne laisse pas Axel le semi indifférent. Bien vite, il s'éprend de la jolie créature.

Son histoire d'amour s'ajoute à celle qu'entretiennent Indiana et Katerina. Elles raviront peut-être les amateurs de romance, mais pour ceux qui préfèrent l'action, cela vous fera froncer les sourcils à plus d'une reprise. Les péripéties sont occultées pas la sentimentalité et de nombreux passages manquent de sombrer dans la mièvrerie pure et dure.

Tout s'enchaîne beaucoup trop vite, parfois même un peu trop. Les déductions d'Indiana surviennent généralement comme un cheveu sur la soupe, et il parvient à émettre des théories aussi alambiquées qu'exactes, alors que de telles hypothèses n'ont effleuré personne jusque-là. C'est à croire que les soudaines illuminations du personnage sont le seul moyen qu'a trouvé l'auteur pour amener la suite de l'histoire, couplé au don de rebrousse-temps qui se manifeste toujours au bon moment, pour dévoiler des éléments essentiels (ou qui le deviendront).

À cause de cela, Indiana n'en est que plus agaçant, puisqu'il apparaît comme celui dont tout le monde dépend, et sans qui rien n'avance. Katerina est toujours aussi insupportable et versatile, et les personnages qui se défendaient dans le premier tome ont perdu de leur superbe. Axel s'enfonce lui aussi dans une intrigue à l'eau de rose et Tyler passe d'un adolescent ambigu à un pur psychopathe.

Le récit, pour sa part, souffre de répétitions (en particulier concernant les facultés des loups) et d'incohérences, notamment avec la louve Alpha, tantôt immunisée contre l'hypnose, tantôt capable de se laisser influencer. Les explications sont mal dosées, parfois redondantes, parfois confuses, parfois même les deux.

Pour conclure, je dirais que ce second tome ne vaut ni plus ni moins que le premier. Il est riche en rebondissements, mais le romantisme affecté gâche la plupart du temps le plaisir des scènes d'action. Si l'occasion se présente, je lirai probablement les ouvrages suivants, mais cette saga n'a pour le moment pas éveillé suffisamment d'intérêt en moi pour me donner la volonté de la poursuivre à tout prix.

jeudi 17 août 2017

Ulysse Moore T.2 : La boutique des cartes perdues

Titre : Ulysse Moore T.2 : La boutique des cartes perdues
Auteur : Pierdomenico Baccalario
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 293
Note : 4 / 5
Egypte pharaonique, pays de Pount. Jason, Julia et Rick ont franchi la Porte du Temps. Ils se retrouvent dans la Maison de Vie, une gigantesque bibliothèque aux allures de labyrinthe, dans laquelle sont conservés des papyrus, des parchemins et des tablettes provenant des quatre coins du monde antique. Cette fois, les trois aventuriers sont à la recherche d'une carte mystérieuse. Seul l'étrange propriétaire de la Boutique des Cartes perdues connaît l'indice qui les mettra sur la piste...



Avis de Cyrlight



Comme le laissait suspecter la fin du premier tome, ce second ouvrage d'Ulysse Moore nous offre un dépaysement complet en nous entraînant à travers ses pages en Égypte antique, plus précisément dans le Pays de Pount.

L'immersion est totale, ce qui rend ce roman aussi addictif que son prédécesseur. Au fil des chapitres, j'ai eu l'impression de déambuler dans cette ancienne cité aux côtés de Jason et Rick, placés au cœur de l'intrigue, et de leur nouvelle amie Maruk.

Cette jeune égyptienne, partagée entre la curiosité que lui inspirent ces deux énergumènes surgis des décombres d'un mur et le respect des règles, les suit dans leur quête d'une carte de Kilmore Cove, qui est aussi une course contre la montre, puisque Olivia Newton convoite le même objet.

Si Les clés du temps la désignaient déjà comme l'antagoniste principale, on découvre dans La boutique des cartes perdues toute l'étendue de sa perfidie. Elle est prête à tout pour parvenir à ses fins, qui ne sont pas sans lien avec la Villa Argo et son précédent propriétaire, Ulysse Moore.

Son acolyte, Manfred, est tout aussi retors qu'elle, puisqu'il n'hésite pas à prendre d'assaut la demeure des Covenant, où Nestor et Julia tentent de s'opposer à lui. La jumelle de Jason est un peu moins présente que les deux garçons, dans ce tome-ci, mais elle démontre tout de même sa vaillance et sa loyauté en aidant le jardinier à affronter cet importun.

Les énigmes, quant à elles, sont toujours au rendez-vous, même si l'on peut une fois encore déplorer la facilité déconcertante avec laquelle de jeunes adolescents les résolvent alors que les adultes ont échoué jusque-là. Le Dictionnaire des langages oubliés, sur lequel ils s'appuient, apparaît d'ailleurs plus comme un Manuel des Castors Juniors qu'un recueil de langues antiques, ce qu'il est pourtant censé être.

Malgré ce défaut, c'est toujours avec un réel plaisir que l'on enchaîne les péripéties. Les mystères grandissent et se multiplient, si bien que l'on ne peut réfréner cette impatience de connaître la suite. Les réponses semblent devoir attendre, cependant, car si ce second tome soulève de nouvelles questions, il n'apporte aucune explication.

C'est avec une joie intense que je me plongerai prochainement dans le troisième volume de ce qui s'annonce déjà comme une palpitante saga, en espérant qu'elle continue sur cette lancée si prometteuse. On en redemande !