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dimanche 12 mai 2019

L'autel des âmes tourmentées

Titre : L'autel des âmes tourmentées
Auteur : Mary Elise
Édition : Auto-édition
Pages : 360
Note : -
Certaines nuits, une musique semble s'échapper du bois. Elle est secrète et mélancolique, pleine de remords et de regrets, comme les habitants de la maison qui jouxte la forêt. Le cœur alourdi par les non-dits, sauront-ils se laisser guider par cette mélodie sur le chemin de la paix ?
Depuis la mort de son mari, Viviane peine à s'entendre avec ses enfants. Elle multiplie les disputes avec Marion, l'aînée, et Thomas, le cadet, a sombré dans le mutisme. Lorsque sa demi-sœur Jessica les invite à passer l'été en sa compagnie et celle de ses fils, Viviane accepte à contrecœur. Rongés par la colère, la rancune et les dissimulations, tous vont devoir apprendre à s'apprivoiser.


Mot de Cyrlight



Encore une chronique qui ne portera pas sur l’une de mes lectures, mais sur l’un de mes romans, puisque c’est de L’autel des âmes tourmentées dont je m’apprête à vous parler.

Si je ne qualifierai pas cette histoire de « joyeuse », je peux tout de même affirmer qu’elle est nettement moins sombre et moins dure que la plupart de mes autres œuvres. Elle est surtout plus humaine, puisque pauvre en action, elle se concentre essentiellement sur les personnages, leurs émotions et les liens qu’ils tissent entre eux.

Ils sont au nombre de six : Viviane, qui a récemment perdu son mari dans un accident de voiture ; ses enfants, Marion et Thomas ; sa demi-sœur, Jessica, dont elle a longtemps ignoré l’existence ; et les fils de cette dernière, Justin et Tristan.

Tous ont une personnalité bien distincte, de l’enjouée Jessica à la colérique Marion, en passant par le discret Thomas ou le taciturne Tristan, mais surtout, tous doivent faire face à leur lot de tourments, qui tantôt les rapprochent des uns, tantôt les isolent des autres.

Bien que ce roman ne soit pas vraiment un huis-clos, il en a des airs, puisque toute l’histoire ou presque se déroule dans une petite maison de campagne cernée par les arbres et la forêt, à l’écart de la civilisation. Les protagonistes doivent apprendre à cohabiter, et surtout à communiquer, ce qui leur pose le plus de difficulté.

Même si les thèmes abordés dans cette histoire se concentrent autour de celui de la famille, ils sont dans l’ensemble assez variés : la fraternité, le deuil, l’enfance, l’adolescence, l’amour, la trahison, la reconstruction... En bref, je dirais qu’il s’agit avant tout de gens meurtris par la vie qui s’efforcent de panser leurs plaies à leur manière, non sans commettre des erreurs.

Si vous pensez que ce livre peut vous plaire, alors n’hésitez pas à le lire et à me communiquer votre ressenti.

vendredi 7 septembre 2018

La dernière valse de Mathilda

Titre : La dernière valse de Mathilda
Auteur : Tamara McKinley
Édition : Archipoche
Pages : 567
Note : 2.5 / 5
Dans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.
Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte: que tout cela se termine afin qu'il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant...
Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda. A mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille... A-t-elle bien fait de venir s'installer à Churinga ?



Avis de Cyrlight




La dernière valse de Mathilda est un roman qui prend pour décor l'outback australien. Jenny, citadine venue de Sydney après avoir hérité d'une station d'élevage, Churinga, découvre les journaux intimes de l'ancienne propriétaire et plonge dans la vie tourmentée de Mathilda.

Ayant adoré Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers les œuvres de Tamara McKinley, qui lui sont comparées. Grande fut ma déception à la lecture de celle-ci.

L'histoire débute de manière pourtant prometteuse, dans la première partie du XXème siècle, avec la jeune Mathilda, orpheline de mère, qui se retrouve seule avec un père alcoolique et violent, devenu aussi violeur.

Son histoire est intéressante à suivre, en dépit de sa noirceur et d'un léger manque de réalisme au tout début. Mathilda a beau être forte et courageuse, il est difficile de croire qu'une adolescente, enceinte de surcroît, ait pu gérer quasiment à elle seule toute une exploitation agricole.

L'histoire de Jenny, en revanche, est beaucoup moins palpitante, or c'est sur elle que se concentre la majeure partie du livre. Avec un début marqué par le deuil de son mari et son fils, on s'attend à un récit tout aussi poignant que celui de Mathilda, mais en réalité, il est mièvre et superficiel à souhait.

Les émotions de Jenny sont particulièrement mal développées : on passe les premiers temps à osciller entre « Ouin, j'ai perdu mon mari et mon fils » à « Oh, les magnifiques couleurs de l'outback que je vais pouvoir peindre », puis de nouveau « Snif, quel dommage qu'ils ne soient plus là » pour enchaîner avec « C'est lui le directeur de ma station d'élevage ? Plutôt beau gosse ».

Au final, l'idée de deuil n'est que très peu présente. Jenny se console très rapidement une fois à Churinga (ou plutôt auprès de Brett) et c'est à peine si elle évoque ensuite la perte de sa famille, hormis une fois de temps en temps, par bribes, comme s'il fallait impérativement le rappeler tellement cela ne transparaît pas dans son comportement.

Même sa relation avec Brett est agaçante au possible. Dès leur première rencontre, ils se prennent la tête pour des broutilles dignes d'une cour de récréation. Tout va bien, puis tout d'un coup, tout par en quenouille et tout recommence. Ces scènes sont tout bonnement inutiles et ne font qu'allonger le roman pour pas grand-chose.

D'un point de vue général, l'histoire de Jenny m'a laissée perplexe sur bien des points. Une grande partie des préoccupations de Brett tournent autour de la vente potentielle de Churinga, à croire qu'il n'existe aucune solution intermédiaire entre Jenny qui reste ou Jenny qui vend pour retourner à Sydney. Ne peut-elle pas conserver la propriété et encaisser les bénéfices rapportés par l'élevage sans pour autant y vivre ? D'autant qu'elle ne sert strictement à rien sur place, puisque que c'est Brett qui gère tout.

Au début, on apprend aussi que son mari avait fait des placements et qu'ils avaient finalement beaucoup plus d'argent qu'elle ne l'imaginait, si bien qu'elle s'interroge sur la raison qui a poussé Peter à garder le silence alors qu'ils avaient peine à joindre les deux bouts, puis... Rien. La question ne se pose plus par la suite. Sans parler des journaux intimes... Jenny passe apparemment des semaines, pour ne pas dire des mois, à Churinga. Comment se fait-il qu'il lui ait fallu si longtemps avant d'achever leur lecture, surtout qu'elle semblait impatiente de connaître le fin mot de l'histoire ?

(Attention, spoilers !) Enfin, à force de dénouer les secrets de famille, on sent venir de loin un lien entre Mathilda et Jenny. Ce que je ne suis pas sûre de comprendre, c'est cette histoire de fidéicommis. Pourquoi ne pas avoir simplement fait de l'enfant l'héritier légitime de Churinga ? Et comment Peter a-t-il pu racheter une station qui, légalement, appartenait à sa femme ? Sans parler du notaire qui, dans les premières pages du récit de Jenny, cherche absolument à la convaincre de vendre. (Fin des spoilers !)

C'est avec un avis très tranché que je ressors de ce roman. La partie centrée sur Mathilda est très bonne, mais celle de Jenny gâche tout. Dommage, car il y avait vraiment d'excellents éléments, mais qui ne suffisent pas à contrebalancer les mauvais.

samedi 18 août 2018

Mon dernier continent

Titre : Mon dernier continent
Auteur : Midge Raymond
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 320
Note : 2.5 / 5
Ushuaia, la fin du monde, le début de tout. Deb et Keller se retrouvent chaque année au coeur des eaux froides de l'Antarctique pour étudier les manchots empereurs et les Adélie. Dans ce bout du monde entouré de glaciers et d'icebergs, ils oublient pour un temps les chagrins de leurs vies. Mais l'Antarctique, comme leur amour, est fragile et menacé. Une nouvelle saison commence. Au moment de lever l'ancre, Keller n'est pas à bord du Cormoran, le bateau qui doit les conduire à la station de recherche. Peu après, le Cormoran reçoit un signal de détresse d'un paquebot de croisière prisonnier des glaces... Midge Raymond nous entraîne dans un voyage inoubliable aux confins du continent blanc, territoire à la beauté âpre où le moindre faux pas peut s'avérer tragique.



Avis de Cyrlight




Mon dernier continent est un roman qui se déroule principalement en Antarctique, où l’héroïne, Deb Garner, vient tous les ans étudier les manchots. Amoureuse de cette nature glacée, mais aussi de son collaborateur Keller, tout tourne au drame lorsque l’Australis, le bateau de croisière à bord duquel ce dernier se trouve, fait naufrage.

Dès que j’ai vu le commentaire positif de M.L. Stedman (auteur du magnifique Une vie entre deux océans), je me suis aussitôt sentie attirée par ce roman. Sans doute en attendais-je beaucoup trop, car je suis ressortie déçue de ma lecture.

La plume de la romancière est pourtant agréable, et le dépaysement qu’elle nous offre à travers ses superbes descriptions de l’Antarctique est complet, mais cela n’a pas suffi à me faire apprécier cette œuvre.

La chronologie est tout d’abord perturbante. On alterne tout du long entre le présent et le passé, puis un passé plus proche, et un autre qui remonte à plus d’une décennie auparavant… À cause de cela, il m’a fallu un moment pour entrer pleinement dans l’histoire qui, mise bout à bout, manque finalement de souffle.

Déjà, il n’y a pas vraiment de suspens. Depuis le début, on comprend ce qui va advenir de l’Australis, et on se doute de comment tout cela va finir. Le passé de Deb donne surtout l’impression de s’étirer en longueur et de retarder une échéance que l’on nous annonce pourtant dès les premières pages.

Deb, d’ailleurs… Je n’ai pas vraiment apprécié son personnage, ni son caractère. Si on ne peut qu’admirer son professionnalisme, j’ai eu beaucoup plus de mal à la cerner en tant que femme. Ce qui m’a surtout déplu, c’est le fait qu’elle évoque sans cesse sa « relation » avec Denis. Le mot est fort pour qualifier un parfait inconnu qu’elle a trouvé errant dans l’eau gelée, avec qui elle a passé une nuit pour s’apercevoir ensuite qu’il s’était suicidé à son réveil.

De manière plus personnelle, je crois que les romans traitant de l’Antarctique ne sont pas faits pour moi. J’avais déjà été déçue par La mémoire des embruns, que j’avais trouvé assez plat, et c’est avec le même sentiment que j’ai terminé Mon dernier continent.

Même si le message écologique est fort, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine frustration en me demandant à quoi sert tout cela. Deb l’évoque elle-même, dans un passage, en indiquant qu’ils ne peuvent rien faire pour les manchots, hormis les étudier et espérer trouver un moyen de les sauver, tout en mentionnant au fil de ses pensées des bébés qui n’ont pas pu survivre ou une colonie qui a été en grande partie décimée par un bloc de glace qui avait barré leur route habituelle pour se ravitailler. Au final, je me pose la question de l’utilité de tout cela, quand il n’en ressort que de l’impuissance. Je ne dis pas que cela ne portera pas ses fruits sur le long terme, mais sachant que l’œuvre se déroule déjà sur plusieurs années, c’est le sentiment que cela m’inspire le plus.

Certains points sont néanmoins pertinents, comme le fait que nous pouvons tous agir à notre échelle et par de petits gestes dans l’intérêt de la planète, mais aussi cette image de l’égoïsme de l’Homme que nous renvoie le roman à travers tous ces touristes qui veulent fouler l’Antarctique, sans même se soucier des répercussions que cela peut avoir sur l’endroit qu’ils sont venus découvrir.

Avis qui tend donc de mitigé à négatif pour ma part sur ce roman, mais à la vue de son contenu, il saura peut-être séduire davantage les amateurs de romance, d’écologie et surtout de dépaysement.

jeudi 16 août 2018

Forbidden Love T.7

Titre : Forbidden Love T.7
Auteur : Miyuki Kitagawa
Édition : Akiko
Pages : 187
Note : 2.5 / 5



La chute qu'a faite Kyôko dans les escaliers a été mortelle pour le bébé qu'elle porte. Se sentant responsable, Kasumi décide de couper les ponts avec Yoshiki. Celui-ci va pourtant tenter de découvrir toute la vérité sur cette tragique histoire...






Avis de Cyrlight



La relation compliquée et incestueuse de Yoshiki et Kasumi se poursuit dans ce septième tome de Forbidden Love. Kyokô a perdu son bébé après une chute dans l'escalier et tous les soupçons portent sur Kasumi, présente au moment des faits.

Même si l'histoire tourne un peu moins en rond dans ce tome, elle plafonne toujours autant, et même les révélations tombent comme un cheveu sur la soupe, notamment lorsque Yoshiki lance à Kyôko qu'il ne pouvait être le père de l'enfant qu'elle attendait, lui qui n'a pourtant pas évoqué cette possibilité après avoir appris sa grossesse.

Comme dans chaque opus, les dernières pages relancent le suspense de l'œuvre, qui s'étire néanmoins en longueur à grand renfort de rebondissements et donne l'impression de ne jamais vouloir se conclure. L'intérêt s'émousse un peu plus de tome en tome.

lundi 30 juillet 2018

À l'ombre de l'arbre kauri

Titre : À l'ombre de l'arbre kauri
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 735
Note : 3 / 5
Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael cultivent l’espoir d’un jour posséder leur propre domaine. Mais ces perspectives heureuses sont soudain assombries par la disparition de leur fille adoptive, kidnappée par un chef maori… Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fille, Kathleen – son ancienne fiancée – apprend une bonne nouvelle : son fils Colin rentre au pays. Mais nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les deux familles…
Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande, Sarah Lark fait la part belle à ses héroïnes, et au combat qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.



Avis de Cyrlight




Après avoir suivi les péripéties de Kathleen, Michael et Lizzie à l’autre bout du monde, place désormais à la nouvelle génération, portée par Matariki, une demi-maorie fille de chef, ainsi que Sean, Colin et Heather Coltrane. Dans À l’ombre de l’arbre kauri, les opprimés, qu’il s’agisse des femmes ou des autochtones, sont bien déterminés à faire entendre leur voix.

Si j’avais été assez emballée par Les rives de la terre lointaine, cette suite m’a quelque peu déçue. Je ne m’attarderai par sur les indénombrables répétitions qui me mettent toujours les nerfs à vif (pitié, l’auteur, le traducteur ou le correcteur, le récit n’en serait que meilleur si on ne subissait pas des « effectivement », « à coup sûr » et compagnie une fois par page, parce qu’au bout de sept cents, ça fait vraiment énorme !), mais plutôt sur le scénario en lui-même.

Sarah Lark se concentre cette fois-ci davantage sur l’Histoire avec un grand H, comme cela avait déjà été sensiblement le cas dans Le cri de la terre. Sans doute n’est-ce pas fait pour moi, car il s’agit de ses deux œuvres que j’ai le moins appréciées.

Non pas qu’il n’y ait pas d’éléments intéressants, car cela permet d’en découvrir toujours plus sur le fonctionnement politique de la Nouvelle-Zélande, et surtout sur la culture maorie, mais j’ai trouvé que le roman souffrait souvent de longueurs.

Le début, au contraire, est bien trop rapide. En l’espace de quelques dizaines de pages, trois années se sont déjà écoulées, laissant à peine le temps de prendre nos marques avec ces nouveaux personnages, alors que la suite se traîne par moments. Le rythme aurait gagné à être plus équilibré.

Le thème en lui-même me donne l’impression d’avoir été choisi pour coller avec les mouvements féministes actuels. Non que je reproche à l’auteur d’avoir voulu traiter de l’obtention de droit de vote des femmes, car après tout, la Nouvelle-Zélande s’est démarquée en étant le premier pays à l’accorder, mais plutôt de n’y avoir fait aucune allusion dans sa première trilogie (ou alors si discrète que cela ne m’a pas marqué), qui se déroulait approximativement à la même époque.

Qui plus est, certains personnages m’ont agacée par leur passivité. Si quelques-uns se battent pour leurs idéaux ou ce qui leur semble juste (Matariki, Heather et Sean pour ne citer qu’eux), Kathleen en particulier m’a fait grincer des dents plus d’une fois. Après tout ce qu’elle-même a traversé avec son premier époux, je la trouve étrangement peu encline à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider cette pauvre Violet. Avec elle, c’est surtout : « Si elle peut rester, tant mieux, si son père veut continuer à la martyriser, c’est son droit. » Avec un fils juriste et une fille qui a pris la jeune orpheline en sympathie, on aurait pu s’attendre à plus de réactivité, surtout dans un roman axé sur les combats sociaux.

Enfin, pour conclure sur les points négatifs, je dirais que les situations sont un peu répétitives, au bout d’un moment. J’ai bien conscience que c’était sûrement le quotidien de l’époque, mais au final, on retrouve toujours dans les livres de Sarah Lark le même schéma classique du mariage malheureux ou de la souffrance des personnages avant l’irrémédiable happy end. Quelles que soient les épreuves auxquelles ils sont confrontés, ça se termine toujours bien pour les protagonistes. Sans parler du thème également récurrent du fils rapporteur entièrement dévoué au « mauvais » père (Paul, Colin, Joseph…).

Passons aux points positifs, à présent. Tout d’abord, j’ai énormément apprécié les références très récurrentes à la trilogie du Nuage Blanc, notamment avec le jeune Caleb Biller, qu’il est plaisant de retrouver après l’avoir connu jeune homme dans Le chant des esprits.

J’ai aussi aimé le paradoxe mis en valeur à travers ce roman, en particulier avec les Maoris. Ils sont plus ou moins considérés comme des sauvages par les Pakeha, alors qu’ils étaient bien plus ouverts d’esprit (au niveau de l’égalité homme-femme, par exemple) et tolérants que la plupart des Blancs. L’auteur ne tombe pas pour autant dans le manichéisme complet, puisque la violence sanglante de Kahu Heke contraste avec le pacifisme de Parihaka.

Du bon et du moins bon, donc, dans À l’ombre de l’arbre kauri, qui m’aura beaucoup moins séduite que le premier tome. Peut-être est-ce aussi dû à une certaine lassitude provoquée par la récurrence de plusieurs situations. M’enfin, si vous avez aimé les autres livres de Sarah Lark, il n’y a aucune raison pour que celui-ci vous déplaise.

lundi 23 juillet 2018

Forbidden Love T.6

Titre : Forbidden Love T.6
Auteur : Miyuki Kitagawa
Édition : Akiko
Pages : 187
Note : 2.5 / 5


"Je vais obtenir ce que vous ne pourrez jamais avoir"... Cette mystérieuse phrase de Kyôko continue de hanter Kasumi qui se demande ce qu'elle voulait sous-entendre...
Et lorsqu'elle va enfin découvrir la vérité, son monde va à nouveau basculer. Quelle nouvelle épreuve va-t-elle devoir traverser par amour ?






Avis de Cyrlight



Dans ce sixième tome de Forbidden Love, Kasumi et Yoshiki enchaînent les tourments. En effet, le jeune homme a appris que Kyôko, après s’être joué de lui en se faisant passer pour sa sœur, attend un enfant. Cela bouleverse totalement la situation au sein du couple.

Dans mes précédentes critiques de la saga, j’évoquais le fait qu’il ne se passait pas un tome sans que le couple incestueux rompe ou se réconcilie. Cette fois-ci, ils font les deux en un seul volume, autant dire que ça devient très, très lassant, à la longue.

Même les personnages secondaires, qui jusqu’à présent parvenaient toujours à relancer plus ou moins l’intrigue, sont devenus quasiment inutiles. La mère ne sert pas à grand-chose, Kazuki est juste là pour servir la morale et seule Kyôko se détache encore, en plongeant toujours plus loin dans la folie provoquée par son amour obsessionnel pour Yoshiki.

Alors certes, la curiosité de connaître le fin mot de l’histoire m’incite à lire la suite, mais les tomes s’enchaînent et se ressemblent tellement qu’il faut toujours attendre les dernières pages pour avoir des rebondissements inédits. Et dès qu’on pense que le scénario va avancer, il recommence à tourner en rond, avec le schéma traditionnel de la rupture accompagnée de la réconciliation.

En conclusion, le manga se traîne véritablement en longueur et, sachant qu’il ne s’agit que du sixième tome sur dix-huit (bien que seulement quinze soient parus en France), c’est à redouter qu’il ne se conclut pas avant de lasser irrémédiablement.

samedi 2 juin 2018

Une bouteille à la mer

Titre : Une bouteille à la mer
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Pocket
Pages : 317
Note : 3 / 5
Seul sur son bateau, un homme lance une bouteille à la mer. Au gré des vapes et du hasard, la bouteille aurait pu finir sa course n'importe où, et le message qu'elle enfermait ne jamais être lu... Mais elle a échoué sur une plage de Cape Cod. Et transformé la vie de la jeune femme qui se trouvait là. Theresa, journaliste et mère de famille divorcée, découvre, bouleversée, la plus belle lettre d'amour qu'elle ait jamais lue, la lettre d'un homme à la femme de sa vie, qui vient de mourir. Dès lors, elle ne pense plus qu'à retrouver l'auteur de cette lettre. Connaître son histoire, voir quel visage se cache derrière ces mots qui ont éveillé au plus profond d'elle-même un sentiment qu'elle n'ose pas encore nommer... Mais lui, saura-t-il de nouveau aimer et être aimé ?



Avis de Cyrlight




Une bouteille a la mer est une histoire d'amour qui met en scène une chroniqueuse divorcée, Theresa, et un jeune veuf, Garrett, dont elle va faire la connaissance grâce aux bouteilles qu'il a jetées à la mer, contenant toutes des messages à l'intention de son amour perdu.

Comme toujours avec Nicholas Sparks, la plume est agréable, mais le scénario est somme toute assez plat. Ce roman m'a beaucoup fait penser à Un choix, l'œuvre de l'auteur que j'ai la moins appréciée parmi celles que j'ai lues. Deux personnages se rencontrent, c'est le coup de foudre en l'espace de quelques jours, puis l'histoire vire au drame.

Le principal problème réside dans la longueur du livre. Il a beau être assez court, l'auteur s'attarde trop sur des détails qui ne mènent nulle part (je pense notamment à la scène où Garrett prépare des steaks, qui s'étale sur plusieurs pages) ou sur les badinages des protagonistes.

Comme j'apprécie les livres qui finissent mal, j'aurais tendance à dire que les derniers chapitres remontent le niveau, car ils rompent avec la mièvrerie et la monotonie des précédents, et confèrent une autre dimension émotionnelle au roman.

En conclusion, si vous aimez les histoires d'amour simples, sans prise de tête (et que vous n'avez pas peur des fins malheureuses), ce livre est fait pour vous. Si vous vous attendez à plus de profondeur, cependant, il risque fort de vous décevoir.

samedi 10 mars 2018

Les enfants loups : Ame & Yuki T.3

Titre : Les enfants loups : Ame & Yuki T.3
Auteur : Mamoru Hosoda
Édition : Kazé
Pages : 205
Note : 4.5 / 5
Yuki n'a finalement pu tenir la promesse faite à sa mère. Acculée par Sôhei, elle s'est instinctivement métamorphosée en louve avant de blesser le jeune garçon au visage...
Ame, quant à lui, aspire de plus en plus à vivre dans les montagnes. Un soir, son désir de grands espaces le pousse à fuir la maison familiale malgré la pluie battante.
Folle d'inquiétude, Hana se lance à sa recherche alors même qu'une tempête se lève...



Avis de Cyrlight



Ce troisième tome des Enfants loups conclut la magnifique histoire d'Ame et Yuki. L'heure des choix est arrivée, puisqu'ils sont confrontés à celui de leur vie : loup ou humain ?

Ce dernier tome est vraiment sublime, et la tension dramatique s'intensifie au fil des pages. Ame et Yuki prennent conscience de l'endroit où se trouve leur place, tandis qu'Hana cherche celle qu'elle doit occuper auprès de ses enfants, entre Ame qui passe de plus en plus de temps dans la forêt et Yuki qui trahit le secret de ses origines après avoir perdu accidentellement le contrôle.

On a en quelque sorte un reflet inversé du premier tome, où Yuki était une petite louve pleine de vivacité et Ame un garçon renfermé. Désormais, lui développe son instinct animal, en communion avec la nature, tandis que sa sœur tente de s'intégrer dans le monde des humains, au point de vouloir renier son côté loup.

Le seul petit point sombre que je pourrais relever dans ce merveilleux manga est l'âge des enfants. Ils n'ont que dix ans, pourtant ils ressemblent plus à des adolescents qu'à des enfants, que ce soit physiquement ou moralement (je pense notamment au passage où Ame porte sa mère). Certes, Hana ne manque pas de préciser qu'à cet âge, un loup est adulte, ceci expliquant peut-être cela.

Les enfants loups sont vraiment une œuvre superbe, poétique et émouvante, qui ne verse pas dans un pathétisme inutile. C'est une ode à la nature, à la vie animale, mais aussi un questionnement sur l'identité. Une petite pépite que je recommande fortement.

mardi 27 février 2018

La mémoire des embruns

Titre : La mémoire des embruns
Auteur : Karen Viggers
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 568
Note : 2.5 / 5
Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse.


Avis de Cyrlight



Après avoir eu un énorme coup de cœur pour Une vie entre deux océans, le décor australien et les mots « gardien de phare » m'ont attirée vers La mémoire des embruns. Hélas, cette lecture est loin de m'avoir conquise.

Pour commencer, le résumé est passablement trompeur. Si Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie, ce n'est certainement pas pour tenter de réparer ses erreurs, qu'elle s'obstine au contraire à cacher et à fuir. Elle ne fait que se remémorer ses souvenirs.

Entourée de Tom... Là encore, je m'attendais à un exil volontaire dans lequel son fils l'aurait suivie, au lieu de quoi il se contente de quelques visites durant son séjour sur l'île de Bruny. Déception donc au niveau des attentes, mais pas seulement.

Dès les premières pages, l'intrigue se lance avec une lettre, qui renferme un secret. Un secret si évident qu'il est difficile de ne pas deviner dès ce moment de quoi il en retourne. Pour le suspense, on repassera. Pire, le contenu de cette lettre, pourtant omniprésent dans l'intrigue de Mary, est expédié, pour ne pas dire complètement bâclé, à quelques pages de la fin.

Les personnages sont peu attachants, à quelques exceptions près. Jan est tout simplement insupportable, je n'ai pas réussi à m'attacher à Mary, ne serait-ce qu'à cause de la façon dont elle prévoit de manipuler Léon, même s'ils finissent par sympathiser, et si j'ai éprouvé de l'empathie pour Tom, sa passivité m'a agacée. Quant à toutes les femmes qui ont croisé sa route, je ne pense pas qu'il y ait de termes élégants pour les qualifier. Seule Laura fait exception, mais son personnage, qui aurait pourtant pu être intéressant, est trop peu exploité, ce qui est regrettable.

L'histoire est longue, trop longue, pour finalement pas grand-chose. Même l'intrigue de Léon s'arrange trop vite et trop facilement dans les dernières pages, comme si après s'être ennuyé pendant les trois quarts du livre, il fallait que tout soit résolu en un temps record.

Le seul point positif que j'arrive à trouver à ce roman est la plume de Karen Viggers, qui nous offre une écriture élégante et des descriptions magnifiques, mais malheureusement gâchée par un scénario qui n'est pas à la hauteur.

Je ne recommanderai pas cette lecture. Si vous voulez vraiment un chef-d’œuvre, tournez-vous plutôt vers Une vie entre deux océans, car vous pouvez passer à côté de La mémoire des embruns sans trop de regrets.

dimanche 18 février 2018

Les enfants loups : Ame & Yuki T.2

Titre : Les enfants loups : Ame & Yuki T.2
Auteur : Mamoru Hosoda
Édition : Kazé
Pages : 164
Note : 4.5 / 5
L’installation à la campagne s’accompagne pour Hana, Ame et Yuki, de la découverte de nouveaux horizons. Si le premier contact avec la nature se révèle rude pour Hana, qui tente de nourrir sa petite famille en faisant pousser ses propres cultures, sa persévérance et la main chaleureuse tendue par les habitants de la région vont rapidement porter leurs fruits. De leur côté, Ame et Yuki grandissent jour après jour et font l’apprentissage de la vie. Par-delà les défis quotidiens, ils sont peu à peu amenés à faire un choix : se fondre dans la société des hommes ou répondre à l’appel de la nature sauvage...



Avis de Cyrlight



Après un premier tome majoritairement basé sur Hana, c'est sur Ame et Yuki que se concentre cette suite des Enfants loups. Les deux petits grandissent (trop) vite et sont maintenant en âge d'aller à l'école, ainsi que de se mêler aux autres.

Toujours aussi touchante et poétique, cette histoire nous entraîne au fil des pages dans un univers soigneusement mis en valeur par la beauté des dessins et la tendresse qui émane du scénario. Les personnages nous émeuvent, aussi bien Hana qui voit grandir ses enfants, qu'eux-mêmes, dont les différences se creusent.

Si Yuki s'épanouit en allant en classe et en se liant à d'autres filles, aidée en cela par son incantation qui devient vite une mignonne ritournelle, Ame est quant à lui de plus en plus introverti. Il ne se fait pas à l'école, préférant apprendre par ses propres moyens et appréciant davantage la compagnie d'un vieux loup solitaire, dans le zoo où Hana a trouvé un travail, que celle des humains.

L'histoire prend un tournant radical en fin de tome, où l'évolution des personnages laisse place au suspens avec l'arrivée d'un nouvel élève dans la classe de Yuki, qui pose des questions dérangeantes et qui insiste lourdement alors qu'elle-même cherche à l'éviter, au point de commettre l'irréparable.

C'est avec beaucoup de plaisir que je me plongerai dans le troisième et dernier tome des Enfants loups, afin de découvrir la conclusion de ce superbe manga et le destin de cette famille aussi extraordinaire qu'attachante.

vendredi 9 février 2018

Les enfants loups : Ame & Yuki T.1

Titre : Les enfants loups : Ame & Yuki T.1
Auteur : Mamoru Hosoda
Édition : Kazé
Pages : 208
Note : 4.5 / 5
Dans une université de la banlieue de Tokyo, Hana s’éprend d’un étudiant de sa classe aussi beau que mystérieux. Alors que leurs sentiments s’approfondissent, ce dernier lui révèle un secret susceptible d’ébranler leur relation : sa vraie nature est celle d’un homme-loup. Forte de son amour, la jeune fille l’accepte et de leur union naissent une fille, Yuki, puis un garçon, Ame, deux enfants mi-humains mi-louveteaux. Mais confrontés au regard des autres, il leur faut cacher cette différence...



Avis de Cyrlight



Les enfants loups : Ame & Yuki suit l'histoire d'Hana, une étudiante éprise d'un mystérieux jeune homme, qui s'avère être un homme-loup. Leurs enfants, Ame et Yuki héritent de la même particularité, et Hana doit faire de son mieux pour les élever après le décès tragique de son époux.

Tendresse, douceur et émotion sont les maîtres mots de ce manga. À travers des dessins délicats et un scénario attendrissant, on s'attache aux personnages. Hana est une mère courageuse, qui est prête à tout pour protéger ses enfants et leur secret, au point de fuir la ville pour s'isoler là où nul ne lui posera de questions.

Ame et Yuki grandissent au fil des pages et révèlent une personnalité très différente. Yuki, l'aînée, est une fillette exubérante, pleine d'énergie et de joie de vivre, alors que son petit frère est plutôt faible, timide et réservé. Ils se complètent l'un l'autre.

Cette histoire offre également une très belle vision de la nature, du respect de l'animal (à travers le discours sur les loups qui sont mal aimés)... C'est vraiment une œuvre touchante, qui séduira les petits comme les grands. À lire avec beaucoup de plaisir !

samedi 2 décembre 2017

Un choix

Titre : Un choix
Auteur : Nicholas Sparks
Édition : Michel Lafon
Pages : 332
Note : 2.5 / 5
Des amis fidèles, de fabuleux voyages aux quatre coins du monde, un travail passionnant, une maison au bord de l'eau... La vie de Travis Parker a de quoi faire bien des envieux. Seule ombre à ce tableau idyllique : il se sent seul. Impossible pour lui d'entretenir une relation sérieuse avec une femme. Jusqu'au soir où Gabby Holland, sa nouvelle voisine, débarque en furie dans son jardin... Onze ans plus tard, survient un drame qui va non seulement frapper leur couple et la famille qu'ils ont fondée, mais placer Travis devant un dilemme déchirant : jusqu'où devra-t-il aller pour garder son amour vivant ?



Avis de Cyrlight




Un choix est un roman d'amour écrit par Nicholas Sparks, qui retrace la rencontre entre Travis et sa voisine Gabby et le drame qui frappe leur vie quelques années plus tard.

Comme je l'avais déjà remarqué avec La dernière chanson, du même auteur, le livre peut être divisé en deux parties, avec la seconde qui est bien meilleure que la première, ce qui donne un résultat global assez nuancé.

La naissance de l'histoire d'amour entre les deux protagonistes s'étale sur plus de deux cents pages, et si cela peut paraître long, il ne s'écoule en réalité que quarante-huit heures dans le texte. À cause de cela, les sentiments sont assez rapides et évidents, au lieu d'être creusés.

C'est également le cas des personnages, assez simplistes. À l'exception de Stéphanie qui est sympathique et agréable, les autres sont trop lisses et puisqu'on ne les découvre principalement que le temps d'un week-end, on ne peut pas vraiment s'attacher à eux.

La temporalité est vraiment très mal dosée. On s'éternise sur ces deux jours, et une ellipse nous projette une décennie plus tard, après le drame. En effet, Gabby a sombré dans le coma à la suite d'un accident de voiture dont Travis se sent responsable.

Cette partie-là est plus intéressante, sans doute à cause de la tension dramatique, au contraire des deux premiers tiers où tout est plat et attendu. Il faut croire que Nicholas Sparks est plus doué pour le drame plutôt pour la romance, ce qui est dommage quand on sait que c'est elle qui prédomine dans le livre.

C'est donc un roman qui se lit aussi aisément que rapidement, ce qui n'est pas plus mal, car il n'y a pas grand-chose à retirer de cette lecture. Ceux qui passeront à côté ne manqueront rien.

lundi 6 novembre 2017

Danish girl

Titre : Danish girl
Auteur : David Ebershoff
Édition : Libretto
Pages : 383
Note : 3.5 / 5
À Copenhague en 1925 Einar Wegener et Greta Wauld, son épouse, forment un couple original. Lui est petit, discret, peintre, délicat et reconnu. Elle, peintre également mais de moindre talent, est une grande américaine, blonde fortunée que l'on remarque. Tous deux mènent une vie confortable jusqu'au jour où Greta, en manque de modèle féminin demande à Einar de bien vouloir enfiler une paire de bas et d'escarpins pour qu'elle finisse son tableau. De cette demande innocente va naître le double d'Einar, Lili, qui petit à petit prendra le dessus sur celui qui l'a engendrée. David Ebershoff retrace ici l'histoire vraie d'un homme qui s'éveilla à la femme en lui et qui fut le premier à subir une opération pour changer de sexe.




Avis de Cyrlight




Danish Girl relate de façon très romancée la vie du peintre Einar Wegener/Lili Elbe, qui a subi l'une des premières opérations de réaffectation sexuelle, et de son épouse Gerda (rebaptisée pour l'occasion Greta Waud).

Comme l'auteur le précise lui-même, ce livre n'est pas une autobiographie. Même si certains faits respectent la réalité, d'autres sont complètement fictifs, comme les origines californiennes de Greta ou l'existence de certains personnages secondaires. Par conséquent, il est important de ne pas prendre pour argent comptant ce qui est évoqué au fil des pages.

Le début est long, très long. On s'enlise dans le passé des personnages, qu'il s'agisse de la jeunesse de Greta en Californie ou de l'enfance d'Einar dans les marais et on n'a qu'une hâte, celle de revenir au présent. À raison, d'ailleurs, car il est bien plus passionnant.

Il est intéressant de suivre dans ce livre la psychologie des différents personnages, et pas seulement celle d'Einar. On partage son malaise, le rejet de ce corps d'homme qui est le sien et la sérénité qu'il acquiert peu à peu grâce à Lili, mais aussi ce que cette métamorphose inspire à son entourage.

J'ai beaucoup apprécié les doutes de Greta et les sentiments paradoxaux qu'éveille en elle cette évolution. Elle veut le meilleur pour son mari, tout en ayant peur de le perdre, et elle tient à Einar, mais elle est aussi très proche de Lili, qui devient d'ailleurs sa muse. Son affection pour elle va jusqu'à l'inciter à s'effacer en présence de Hans, considérant que Lili serait mieux avec lui.

Sa tolérance est touchante, tout comme celle de Hans et de Carlisle. Ce dernier est un personnage particulièrement important, car venu en France pour soutenir sa sœur dans la situation complexe qu'elle traverse, il s'avère être aussi un soutien de poids pour Einar, qu'il accompagnera jusqu'à sa dernière opération.

Le fait que Greta préfère quitter l'Europe pour retourner aux États-Unis m'a un peu déçue, car j'aurais aimé qu'elle demeure auprès de Lili jusqu'au bout, après tout ce qu'elle a déjà fait pour elle (et ce en dépit de sa désapprobation finale).

La fin est un peu trouble. Quand on connaît l'histoire de Lili Elbe ou que l'on a vu le film adapté de ce roman, on devine aisément comment elle se conclut, mais sans cela, je ne dois avouer que je n'aurais probablement pas compris que l'oeuvre se clôturait par le décès de Lili. Cela n'en demeure pas moins très poétique.

En dépit de son début assez longuet, qui nécessite de prendre son mal en patience, ce roman est captivant. C'est un hymne à la tolérance, la différence et l'acceptation, des notions qui font encore cruellement défaut des décennies après la période à laquelle se déroule ce livre. C'est d'ailleurs l'une des principales raisons pour lesquelles je le recommande.

vendredi 13 octobre 2017

Versailles : Le rêve d'un roi

Titre : Versailles : Le rêve d'un roi
Auteur : Elizabeth Massie
Édition : J'ai lu
Pages : 506
Note : 3 / 5
Versailles, 1667. Louis XIV a 28 ans. Pour soumettre la noblesse et imposer son pouvoir absolu, il lance la construction de Versailles comme on tend un piège. Louis XIV est un jeune roi hanté par un traumatisme d'enfance, la Fronde, une rébellion des nobles contre son père, Louis XIII. Une méfiance qui vire à la paranoïa. Il se révèle être un stratège politique hors du commun, manipulateur, machiavélique, et va «inventer» Versailles pour éloigner les nobles de Paris, les garder sous contrôle, et progressivement transformer le château en une prison dorée. Il est aussi capable de passions romanesques. Mais comment les vivre quand on est le plus grand roi du monde ? La Cour est alors le champ de bataille pour les amours sincères ou tactiques, tandis que la reine, Marie-Thérèse d'Autriche, fait tout son possible pour garder son roi… Saura-t-elle regagner son coeur face à l'une de ses influentes maîtresses, la séduisante soeur du roi d'Angleterre ? Les personnages historiques et fictionnels, du courtisan le plus en vue au plus humble des villageois, nous guident dans un monde de trahisons et de secrets d'alcôve, de manoeuvres politiques et de déclarations de guerre, révélant Versailles dans toute sa gloire et sa brutalité.



Avis de Cyrlight




Versailles : Le rêve d'un roi est l'adaptation romancée de la série éponyme diffusée sur Canal +. On y retrouve sensiblement les mêmes qualités et défauts que l'œuvre originale, à laquelle elle est presque parfaitement fidèle, à l'exception de quelques rajouts. On y suit un Louis XIV âgé de 28 ans, qui se lance dans le projet faramineux qu'est la construction du château de Versailles, le tout sur fond d'intrigues, de drames et de complots.

Dès le départ, il faut accepter le fait qu'il s'agit d'une histoire de fiction, inspirée librement d'événements historiques et, par conséquent, pas toujours fidèle à la réalité. Les fins connaisseurs du règne du roi Soleil se montreront sûrement tatillons, mais les autres ne bouderont pas leur plaisir et seront peut-être même curieux d'en apprendre davantage sur les grandes figures de l'Histoire mentionnées dans ce livre.

Les personnages, qu'ils soient réels ou inventés, sont tous très intéressants et très complexes. Louis est un roi préoccupé, pour ne pas dire torturé par les souvenirs de son passé, et la relation qu'il entretient avec son frère, le très charismatique et agréable Philippe d'Orléans, est d'une grande richesse. Les autres ne sont pas en reste non plus, avec la séduisante Montespan, le fidèle Bontemps, la douce Sophie... Ils ont tous leur caractère propre, ce qui les rend si appréciables.

Les rebondissements ne manquent pas et la fluidité de l'écriture permet d'engloutir les pages assez vite. Ceux qui ne connaissent pas la série seront sans doute happés par le suspense, mais risquent d'être un peu perturbés par la vitesse à laquelle les scènes s'enchaînent et le manque globale de description.

Pour ce qui est des défauts, on retrouve le nombre de scènes de sexe beaucoup trop élevé de la version télévisée, et qui sont presque aussi crues et superflues les unes que les autres. Quelques pensées ont été également rajoutées par l'auteur, sans doute afin d'améliorer la compréhension de l'intrigue, mais elles sont pour la plupart inutiles et superficielles.

En conclusion, il s'agit d'un roman qui satisfera grandement les fans de la série et qui pourra peut-être inciter les autres à visionner la première saison (et même la seconde) s'ils ressortent conquis de leur lecture.

samedi 23 septembre 2017

Les rives de la terre lointaine

Titre : Les rives de la terre lointaine
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 720
Note : 3.5 / 5
Hiver 1846. La famine est terrible en Irlande, où la maladie de la pomme de terre fait des ravages. Kathleen et Michael sont jeunes. Ils s’aiment et rêvent de partir en Amérique pour y faire fortune. Mais ce projet s’effondre lorsque Michael est arrêté pour avoir volé de l’orge et du seigle. Condamné au bagne, il est envoyé en Australie pour y purger sa peine.
Un vendeur de bétail, Ian Coltrane, en profite pour demander Kathleen – enceinte de Michael – en mariage. Ses parents, pour éviter le déshonneur, acceptent sans hésiter. Bientôt, les jeunes époux embarquent pour les rives d’une terre lointaine, promesse d’espoir : la Nouvelle-Zélande.
Mais Kathleen n’a pas oublié Michael. Le destin saura-t-il les réunir ? Ou se jouera-t-il encore de leur passion ? De coups du sort en désillusions, la vie n’a pas fini de les surprendre…



Avis de Cyrlight




Après sa trilogie du Nuage Blanc, Sarah Lark nous entraîne une nouvelle fois dans la Nouvelle-Zélande du XIXème siècle avec Les rives de la terre lointaine. L'histoire commence néanmoins en Irlande où Michael, pour fuir en Amérique avec Kathleen, sa fiancée enceinte, n'hésite pas à voler de l'orge et du seigle. Pris et condamné, il est envoyé au bagne en Australie et fait en chemin la connaissance de Lizzie, une jeune prostituée. Quant à Kathleen, elle part s'établir en Nouvelle-Zélande avec l'homme qu'elle a épousé pour sauver son honneur.

Qu'y a-t-il à dire dont je n'ai pas déjà fait mention à propos de l'écriture de Sarah Lark ? J'ai peine à comprendre que l'on puisse faire des descriptions si élégantes, une narration parfois très agréable et en même temps un aussi grand nombre de répétitions indigestes qui rendrait fou le plus patient des hommes.

Quant à l'histoire, même si j'ai apprécié le clin d'œil aux œuvres précédentes de l'auteur, avec notamment la mention des Warden, je l'ai préféré aux différents tomes du Nuage Blanc. C'est essentiellement dû aux personnages, qui m'ont semblé beaucoup plus creusés, beaucoup mieux exploités aussi, peut-être parce qu'ils étaient moins nombreux à être au centre du récit.

S'ils ont tous leurs qualités et leurs défauts, Claire est de loin la plus agréable, une vraie bouffée d'oxygène et de joie au milieu de la dureté des péripéties. Elle est pleine de vie et respire la bonne humeur, en dépit des épreuves, si bien qu'il est impossible de ne pas l'apprécier dès sa première apparition.

L'intrigue est encore une fois riche et dense, comme on peut s'y attendre dans un livre de Sarah Lark. Si j'avais reproché à ses précédentes œuvres les retrouvailles souvent trop miraculeuses, celle-ci m'a inspiré le sentiment inverse, avec la réunion de Kathleen et Michael qui a tardé à survenir alors qu'ils étaient si proches l'un de l'autre, géographiquement parlant, avec de surcroît des connaissances communes.

L'histoire aborde d'ailleurs son dernier tournant lorsque cet événement se produit enfin. Je dois avouer qu'en tant que lectrice, je n'ai eu de cesse de vouloir voir ces deux-là se retrouver avant que le cœur de Michael ne penche irrémédiablement pour Lizzie, mais lorsque les retrouvailles sont enfin arrivées, je me suis aperçue qu'ils n'allaient plus du tout ensemble, et que ce serait une erreur qu'ils terminent ainsi. Heureusement, ce n'est pas le cas, puisqu'ils prennent conscience à temps de leurs différences.

Une fois encore, tout s'arrange au bout de quelques centaines de pages et d'épreuve diverse pour se terminer de la meilleure des façons, mais malgré cette redondance, je dirais qu'il s'agit tout de même du meilleur livre de Sarah Lark à ce jour, en dépit d'un style toujours aussi pénible. J'attends avec impatience de tenir le tome suivant entre mes mains, que j'espère tout aussi plaisant.

vendredi 15 septembre 2017

Le cri de la terre

Titre : Le cri de la terre
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 2.5 / 5
1907. Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira, pionnière venue s’installer en Nouvelle-Zélande au milieu du xixe siècle, vit à Kiward Station, la ferme familiale. Son enfance insouciante prend fin à 12 ans lorsque ses parents, qui ne se sont guère occupés d’elle, décident qu’il est temps pour elle de devenir une lady. Gloria doit alors renoncer à son île paradisiaque et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat. Elle y dépérit. Même la présence de sa cousine Lilian ne parvient pas à la consoler. Son seul rêve : retourner dans son pays, celui du nuage blanc, avec l’espoir secret d’y retrouver Jack… Aussi, quand elle découvre que ses parents n’ont pas l’intention qu’elle rentre chez elle, Gloria décide-t-elle de prendre sa vie en main. Sans bien en mesurer tous les dangers, elle échafaude un plan… Comment résister à l’appel de la terre natale ?



Avis de Cyrlight




C'est avec Le cri de la terre que se conclut la trilogie du Nuage blanc. Après Gwyneira et Hélène, après Elaine et Kura, nous suivons la toute dernière génération de cette grande famille à travers les personnages de Gloria, Lilian et Jack.

Si les deux premiers tomes avaient des défauts évidents, ils sont encore plus marqués dans ce troisième opus. Un style toujours aussi horripilant en matière de répétition, des personnages secondaires toujours aussi négligés, et surtout un manque d'originalité encore plus flagrant.

Si Le pays du nuage blanc et Le chant des esprits partageaient des intrigues similaires, Le cri de la terre, quoique plus sombre, répète à l'identique le schéma de ses prédécesseurs. Deux héroïnes sont mises en scène, et sur les deux, l'une va s'en sortir relativement bien tout du long (Gwyneira/Kura/Lilian), tandis que l'autre affrontera malheur et douleur avant de connaître une fin plus heureuse (Hélène/Elaine/Gloria).

Jusqu'à présent, la densité de l'œuvre et ses nombreux personnages ne posaient pas de gros problèmes, mais cette fois, tout est plus brouillon. La chronologie est confuse, avec des allers et retours en arrière, et il n'est parfois pas aisé de se repérer dans le temps.

Même l'espace diffère beaucoup. L'histoire, jusqu'ici centrée en Nouvelle-Zélande, s'éparpille aux quatre coins du monde. Si cela permet de mettre en avant une sombre réalité historique (la Première Guerre Mondiale, et plus précisément Gallipoli), le lecteur habitué aux vastes pâturages des Canterbury Plains se sent dépaysé.

Quant aux personnages, ils souffrent toujours d'un manque de profondeur qui fait que l'on peine à s'attacher à eux. Charlotte, par exemple, m'a donné l'impression de n'être là que pour occuper l'intrigue de Jack jusqu'au retour de Gloria, même si ce sentiment a dû être quelque peu renforcer par la quatrième de couverture qui laissait présager une histoire entre ces deux personnages.

En parlant de cette jeune héroïne, d'ailleurs, ses choix ne semblent pas toujours très cohérents. Elle déteste la vie que ses parents lui imposent depuis qu'elle a quitté Kiward Station, mais pour y échapper, elle n'hésite pas à faire le choix de la prostitution, même si c'est d'abord avec un soupçon de naïveté. Ce qui m'a le plus déroutée, c'est que malgré la richesse de sa famille, elle n'a pas, à un seul moment, évoqué la possibilité de leur voler de l'argent ou n'importe quoi d'autre pour négocier une traversée.

Enfin, l'histoire entre Lilian et Ben est mièvre à souhait, digne d'un roman à l'eau de rose. Il n'y avait d'ailleurs aucun suspens de ce côté-là, puisque Sarah Lark a pour fâcheuse habitude de réunir ses personnages par miracle. Jusque-là, ils se retrouvaient par le plus grand des hasards à l'autre bout du pays, mais cette fois, c'est à l'autre bout du globe que réapparaît le soupirant de Lilian, rencontré en Angleterre.

C'est sans regret que s'achève cette trilogie du Nuage Blanc, car si les deux premiers tomes, sans être exempts de défauts, étaient plutôt agréables dans leur ensemble, la trame de celui-ci est attendue, dépourvue d'originalité, avec de plus grosses facilités scénaristiques que les précédents. Il était plus que temps que tout cela se termine !

mardi 29 août 2017

Le chant des esprits

Titre : Le chant des esprits
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 3 / 5
En 1852, Hélène et Gwyneira ont quitté l’Angleterre pour venir s’installer en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, au crépuscule d’une vie mouvementée, les deux pionnières, toujours liées par une amitié indéfectible, s’inquiètent pour leurs petites-filles, Elaine et Kura, deux cousines que tout oppose. Belle mais capricieuse, Kura possède une voix magnifique. Portée par la perspective d’une carrière internationale, elle refuse d’assumer son rôle d’héritière de Kiward Station, le domaine familial, pour se consacrer au chant. Lorsque Kura rencontre William, le fiancé d’Elaine, ce dernier tombe aussitôt sous le charme de la jeune métisse. Dès lors, le charme couve…



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Après avoir suivi les aventures de Gwyneira et d'Hélène dans Le pays du nuage blanc, ce sont à présent celles leurs petites-filles que nous découvrons dans Le chant des esprits, Lainie et Kura.

On ne retrouve pas seulement dans ce second tome la densité du premier, mais également ses qualités et ses défauts. Si les descriptions sont toujours aussi sublimes, les répétitions de l'auteur n'en sont pas moins pesantes. La richesse de l'histoire est encore au rendez-vous, mais conserve les mêmes faiblesses.

Tout comme dans le premier volume (si ce n'est davantage), les personnages secondaires sont négligés : les frères de Lainie sont à peine mentionnés, Jack n'apparaît qu'à de très rares occasions... Il est tout de même agréable de retrouver, même brièvement, les héros du Pays du nuage blanc, sauf peut-être Gwyneira.

Si tous semblent être restés fidèles à eux-mêmes, ce n'est pas son cas. J'ai eu du mal à la cerner tout du long. Comment elle, qui n'a jamais pu aimer Paul en raison de ses origines et qui a toujours paru posséder une certaine fierté, peut-elle s'incliner de la sorte face à la capricieuse Kura ? Comment peut-elle surtout lui porter une telle affection alors que la jeune fille est aussi exécrable que son père ?

L'histoire, bien qu'aussi riche et intéressante que la précédente, manque un peu d'originalité. Certains passages sont très plaisants (notamment la vie de Lainie dans l'établissement de Mme Clarisse, les efforts de Tim pour l'apprivoiser ou encore la réconciliation progressive des deux cousines) et d'autres trop peu développés. Je pense notamment aux retrouvailles entre Zoé et Lainie, desquelles j'attendais beaucoup quand j'ai vu ressurgir la première nommée, mais qui s'achèvent finalement aussi vite qu'elles sont survenues.

Pour rebondir là-dessus, les heureux hasards déjà présents dans le tome 1 le sont également dans celui-ci. Les personnages finissent toujours tôt ou tard par se retrouver au même endroit, au même moment, si bien qu'on voit venir ces éléments de l'intrigue longtemps à l'avance.

L'originalité n'est pas transcendante non plus, puisqu'il est facile de faire de gros parallèles avec Le pays du nuage blanc. L'une des héroïnes contracte un mariage malheureux avec un mari brutal (Hélène/Elaine... Tiens, tiens !), l'un(e) des protagonistes s'enfuit après avoir commis un meurtre (Paul/Elaine), la happy end où tout le monde se retrouve après quelques centaines de pages de pérégrinations...

C'est donc une histoire qui, comme la précédente, se laisse lire plutôt agréablement, mais qui souffre d'un style toujours aussi pesant et de rebondissements attendus. Contrairement au dépaysement, le suspens n'est pas au rendez-vous.

jeudi 10 août 2017

Le pays du nuage blanc


Titre : Le pays du nuage blanc
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 800
Note : 3 / 5

« Église anglicane de Christchurch (Nouvelle-Zélande) recherche jeunes femmes honorables pour contracter mariage avec messieurs de notre paroisse bénéficiant tous d’une réputation irréprochable. » Londres, 1852. Hélène, préceptrice, décide de répondre à cette annonce et de tenter l’aventure. Sur le bateau qui la mène au Pays du nuage blanc, elle fait la connaissance de Gyneira, une aristocrate désargentée promise à l’héritier d’un magnat de la laine. Ni l’une ni l’autre ne connaissent leur futur époux.



Avis de Cyrlight




Le pays du nuage blanc est une fresque intergénérationnelle, dont le récit commence avec Hélène et Gwyneira, deux jeunes femmes qui s’expatrient en Nouvelle-Zélande pour épouser un homme qu’elles n’ont jamais vu. C’est là-bas que débute véritablement leur histoire, qui s’étalera sur plusieurs décennies.

Il s’agit d’un roman très dense, mais qui n’en est pas moins simple à lire, malgré ses quelques huit cents pages qui pourront rebuter les lecteurs les moins courageux et d’inévitables longueurs.

Il est également très riche, car on y rencontre une pléthore de personnages, de très belles descriptions qui nous transportent dans les Canterbury Plains de ce beau pays du nuage blanc et de nombreux détails ayant trait à la culture maorie, sans parler des multiples thèmes abordés.

Hélas, en raison de cette grande diversité, certains éléments sont trop peu développés. En fonction des besoins du récit, l’auteur n’hésite pas à faire disparaître des personnages, qui réapparaîtront presque par miracle cent ou deux cents pages plus tard, sans qu’ils n’aient été évoqués ou presque entre-temps. Les retrouvailles surviennent souvent au détour d’heureux hasards, et sont par conséquent difficilement crédibles.

Qui plus est, on ne s’attache pas vraiment aux protagonistes, quelles que soient leurs joies ou leurs peines. Il y a une certaine froideur, voire fadeur, dans l’écriture qui, si elle n’est pas dérangeante lors des passages descriptifs ou narratifs, maintient un écart entre eux et le lecteur. C’est d’ailleurs loin d’être le seul défaut de la plume de l’auteur, qui est le point le plus négatif de ce roman.

De toutes mes lectures, je n’ai jamais croisé un style aussi lourd que celui du Pays du nuage blanc. J’ignore s’il faut blâmer Sarah Lark pour cela ou un médiocre travail de traduction, mais les répétitions sont légion. Si, comme moi, vous manquez de patience, vous vous agacerez vite des « à vrai dire » et compagnie qui reviennent toutes les deux à trois pages. C’est vraiment regrettable, car cela gâche une grande partie du plaisir que l’on prend à lire cette œuvre.

Vous l’aurez compris, c’est un avis mitigé que je donne sur ce livre. C’est un récit intéressant, captivant, même, mais qui aurait mérité d’être encore plus développé au lieu de laisser occasionnellement des personnages de côté, et qui souffre surtout une écriture rédhibitoire à force de répétitions.

Si vous aimez les histoires qui se déroulent à l’autre bout du globe ou encore les grandes sagas familiales, vous apprécierez sûrement Le pays du nuage blanc, mais il ne peut rivaliser avec d’autres classiques du genre, comme Les oiseaux se cachent pour mourir, que je recommanderais beaucoup plus chaudement.

jeudi 25 mai 2017

Avant toi

Titre : Avant toi
Auteur : Jojo Moyes
Édition : Milady
Pages : 528
Note : 4.5 / 5

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.



Avis de Cyrlight



Avant toi, c'est l'histoire d'une fille simple, qui mène une vie simple. Dépourvue de toute ambition, elle se complet dans son existence auprès de sa famille, dans une petite ville d'Angleterre, où elle travaille dans un salon de thé... Jusqu'au jour où celui-ci ferme.

Louisa « Lou » Clark nous contamine par sa joie de vivre tout au long du récit. Sa bonne humeur surpasse le côté dramatique de l'histoire. Un peu comme dans Nos étoiles contraires, c'est un sujet grave (le handicap et l'euthanasie) qui est traité d'une façon que je qualifierais de légère, sans verser inutilement dans le pathos.

Au fil de l'histoire, on a plus souvent envie de rire que de pleurer, ce qui n'en fait que ressortir davantage les scènes plus tristes. Les personnages sont attachants, qu'il s'agisse de l'excentrique Lou, du pragmatique Nathan et surtout de Will, d'abord insupportable jusqu'à ce qu'il révèle ses bons côtés.

Le style de l'auteur allie simplicité et fluidité, ce qui permet une lecture aussi rapide qu'agréable. Les puristes comme moi seront peut-être déroutés par le fait de voir la narration interne être entrecoupée par l’intervention d'autres personnages, mais c'est un mal pour un bien, puisque ça permet d'en apprendre plus sur leurs réflexions et de mieux cerner leur caractère.

Un seul petit bémol : la fin. En plus d'être attendue, on sent clairement que, si le thème de l'euthanasie est omniprésent tout au long du roman, l'auteur n'a pas voulu s'appesantir sur l'acte en lui-même, préférant le remplacer par une ellipse de plusieurs semaines.

La conclusion est, quant à elle, porteuse d'espoir, celui de profiter pleinement de la vie. Certes, c'est toujours plus facile à faire quand on a Will Trainor pour y veiller depuis sa bonne étoile, or tout le monde n’a pas cette chance...

En somme, un roman très appréciable, pas aussi tragique qu'on pourrait s'y attendre (on a le temps de voir venir la fin, et donc de s'habituer à cette idée), bien écrit et narrant une histoire touchante.

Je vous recommande également le film, adaptation très fidèle. Je l'ai vu avant de lire le livre, ce qui ne m'a pas empêchée d'apprécier aussi bien l'un que l'autre.