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dimanche 16 juin 2019

La 5e Vague T.1

Titre : La 5e Vague T.1
Auteur : Rick Yancey
Édition : PKJ
Pages : 636
Note : 3 / 5
1re VAGUE : EXTINCTION DES FEUX
2e VAGUE : DÉFERLANTE
3e VAGUE : PANDÉMIE
4e VAGUE : SILENCE
À l'aube de la 5e vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper... Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu'à ce qu'elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son ultime espoir de sauver son petit frère...


Avis de Cyrlight



La 5e Vague est le premier tome d’une saga jeunesse orientée science-fiction, qui met en scène une invasion extraterrestre. L’héroïne, Cassie, qui a survécu aux quatre premières Vagues qui ont coûté la vie à plus de sept millards d’humains, fait la promesse solennel à son petit frère, Sammy, de le retrouver, quels que soient les périls auxquels son serment l’expose.

L’histoire commence de manière originale. Comme la protagoniste ne manque pas de le souligner à plusieurs reprises, cette invasion extraterrestre est tout le contraire de l’image qu’on en a dans la plupart des cas. Pas de soucoupes volantes (si on excepte les drones et le ravitailleur), de créatures monstrueuses venues de l’espace, de rayons lasers destructeurs...

Non, juste des Vagues. La première pour priver l’espèce humaine de sa technologie. La seconde pour détruire la plupart de leurs infrastructures. La troisième pour réduire drastiquement leur nombre de 97% et la quatrième annonce la fin... Tout cela est très prometteur, mais malheureusement, les parties suivantes n’ont pas été à la hauteur.

Déjà, il n’y a que peu d’action, et l’on sent venir les retournements de situation à des kilomètres. Où se terrent les Silencieux ? Le prologue annonce la couleur, et le Camp des Cendres ne laisse plus planer aucun doute, aussi sait-on ce qui se cache derrière l’intrigue de Zombie à l’instant même où elle débute. Quels mystères entourent Evan Walker ? Là encore, on le découvre bien avant Cassie. Quant à la 5e Vague, elle est relativement décevante par rapport aux trois premières.

Pour ce qui est des personnages, je ne me suis pas spécialement attachée à eux. Ils ne m’ont pas déplu, mais pas emballée non plus. Nugget est assez touchant, j’ai bien aimé Nounours (même si ce n’est qu’une peluche), et si ma préférence va à Evan, je déplore sa mièvrerie dès qu’il est question de Cassie.

La forme du roman m’a également dérangée à plusieurs niveaux. Le langage, déjà. Je sais bien que ce sont des ados, que s’exprimer familièrement leur donne un côté plus réaliste, mais je ne suis pas fan de la familiarité à l’écrit, et encore moins de la vulgarité, or les « putain » sont légion dans ce livre (sans parler du reste).

L’alternance entre les personnages est aussi perturbante. On passe d’un narrateur interne à un narrateur externe, de Cassie à Zombie à Evan à Nugget... Il est facile de se perdre (même si on finit par s’y faire), d’autant que la chronologie revient fréquemment en arrière, puisque des choses sont racontées ou se déroulent en même temps, mais du point de vue des différents protagonistes.

On est donc loin du coup de cœur avec ce roman, mais l’intrigue est tout de même assez intéressante pour que je me laisse tenter par le second tome, d’autant qu’il y a encore tout ou presque à découvrir au sujet des Silencieux.

mardi 14 mai 2019

Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie

Titre : Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie
Auteur : Lionel Abbo
Édition : Plon
Pages : 220
Note : 3.5 / 5
« Je m'appelle Adolphe Goldstein. Je ne suis pas un simple croque-mort. Je propose à mes clients de choisir le moment et la façon dont ils quitteront ce monde. Une personne décède toutes les cinquante-quatre secondes en France. Mon commerce a de l'avenir. Death planner, c'est mon job. »
Jusqu'à présent, le trépas demeurait un sujet tabou, s'accommodant mal de la liberté du commerce. Mais demain, organiser sa fin sera considéré comme un acte aussi anodin que préparer son mariage. Pourquoi craindre cet instant inéluctable et le subir alors que l'on peut décider du moindre détail ? Choisir sa mort comme on a choisi sa vie.
Porté par cette mission qu'il juge d'utilité publique, jusqu'où ira Adolphe pour convaincre le monde ?


Avis de Cyrlight



Pour que le jour de votre mort soit le plus beau de votre vie est, comme son titre le laisse supposer, un roman décalé et cynique, où le personnage principal, un juif ironiquement prénommé Adolphe, décide de se lancer dans le business de la mort.

Commençons par le point le plus positif de l’histoire : l’écriture. La plume de l’auteur est vraiment excellente, et il n’hésite pas à démontrer son talent en multipliant les jeux de mots ou encore en s’amusant avec les sonorités, sans que cela nuise à la fluidité de la lecture.

Vient ensuite l’originalité. Un personnage croque-mort, ce n’est déjà pas courant, mais un « death planner », alias un homme qui organise des funérailles comme on organiserait un mariage, l’est encore moins. L’incongruité de la chose n’a pas été sans m’évoquer Le magasin des suicides, et c’est d’ailleurs parce que j’avais bien aimé le film d’animation que j’ai été tenté de lire ce livre qui me semblait vaguement dans la même veine.

On a donc Adolphe, qui s’efforce d’organiser des funérailles uniques et personnalisées en fonction des défunts, mais qui, bientôt, ne se cantonnera plus à ce rôle. Pourquoi se contenter d’offrir une belle cérémonie quand on peut permettre aux gens de choisir leur propre mort ?

Plus l’histoire progresse et plus les ambitions d’Adolphe s’accroissent, mais j’ai été moins emballée par ce pan de l’intrigue, qui m’a paru oscillé entre trop et trop peu. Les actes du protagoniste ne tardent pas à prendre une dimension démesurée (envoyer des cendres dans l’espace, louer les services d’un cannibale...), mais je déplore que le roman ne s’attarde pas assez sur chacune des étapes qu’il franchit dans ce que l’on pourrait presque appeler sa mégalomanie funèbre.

Par exemple, j’ai beaucoup aimé l’interrogatoire avec l’inspectrice, où Adolphe parvient avec aisance à retourner la situation, et j’aurais aimé voir davantage à l’œuvre ses talents de « vendeur », au lieu de quoi j’ai eu l’impression que chacune de ses prestations n’étaient illustrées que par quelques exemples, avant de passer directement à la suite. Les funérailles sur mesure, puis les morts sur mesure, puis le jeu télévisé...

Et là, paradoxalement, j’ai trouvé qu’on était dans le trop. Que tout allait souvent beaucoup trop loin. Comment quelqu’un qui souhaite rester discret peut-il autant s’exposer ? Comment privatiser un tribunal et louer les services de figurants pour jouer un faux procès (en étant de surcroît soi-même présent) sans que cela n’intrigue qui que ce soit ?

En ce qui concerne la fin, en revanche, on retombe dans le trop peu. Même si elle semble être un parfait retour de bâton pour Adolphe qui s’est littéralement mis à jouer avec la mort, j’aurais apprécié qu’elle soit plus développée. Au lieu de prendre le temps d’assumer les conséquences de ses actes, il préfère s’y soustraire, si bien qu’on ne sait même pas ce qu’il advient de l’enfant, juste brièvement évoqué.

Malgré ces quelques points négatifs, le roman est plutôt bon dans l’ensemble, et il sait surtout sortir du lot, ne serait-ce que par les thèmes qu’il aborde et les questions qu’il soulève au niveau de la morale. Mention spéciale à Benjamin Raspail qui m’aura bien fait rire.

dimanche 5 mai 2019

Hunger Games T.2 : L'embrasement

Titre : Hunger Games T.2 : L'embrasement
Auteur : Suzanne Collins
Édition : PKJ
Pages : 429
Note : 3.5 / 5
Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'un rebellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...



Avis de Cyrlight



Ce second tome de Hunger Games est la suite directe du précédent. Katniss est de retour au district Douze et se prépare pour la Tournée des vainqueurs, qui va la conduire dans les autres secteurs de Panem. La population gronde, cependant, et le président Snow la menace de s’en prendre à ses proches si elle n’endigue pas ce soulèvement.

Si j’avais été très peu séduite par le premier tome, en raison de ses nombreuses longueurs et de sa fadeur dans l’écriture, qui ne m’avait pas fait ressentir la moindre émotion, j’ai davantage apprécié L’embrasement.

Déjà, les personnages sont plus intéressants. Enfin, les personnages secondaires. Tout comme dans l’opus précédent, j’ai été incapable de m’attacher à Katniss, Peeta et Gale. Je n’arrive pas à éprouver de l’affection ni de la compassion pour eux. J’irais même juste à dire que Katniss m’est antipathique, avec son côté Mary-Sue (une poignée de baies suffit à faire d’elle l’incarnation de la résistance, rien que ça...) et ses oscillations perceptibles entre les deux hommes de sa vie.

Les nouveaux venus, en revanche, ont tout de suite obtenu mon appréciation, en particulier Finnick et Johanna. (Le film n’y est sans doute pas étranger, puisque je l’ai vu avant et que je les avais déjà pris en sympathie à ce moment-là.) Ils confèrent une dimension plus humaine à l’intrigue, alors que dans le premier tome, les tributs, à l’exception de Rue, faisaient simplement office de chair à canon, et leur mort n’avait quasiment aucun impact.

En ce qui concerne l’histoire, là où je reprochais des longueurs au volume précédent, c’est cette fois-ci l’inverse qui se produit, avec des scènes qui se déroulent un peu trop rapidement à mon goût. J’aurais préféré que l’auteur s’y attarde davantage, car tout se passe assez vite, y compris le retour tant attendu dans l’arène, qui ne dure finalement pas longtemps.

Pas un chef-d’œuvre, donc, mais L’embrasement est une lecture tout de même plus sympathique que Hunger Games, premier du nom. Je conclurai un jour prochain la trilogie avec son ultime roman.

samedi 27 avril 2019

Eleanor

Titre : Eleanor
Auteur : Holly Black
Édition : Bayard Jeunesse
Pages : 270
Note : 3 / 5
Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôles avec des figurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs de trésors. Ce monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui trône derrière une vitrine chez Poppy et qui semble tout observer à travers ses paupières closes. Or, un jour, un incident pousse Zach à arrêter le jeu. La nuit suivante, la poupée se réveille et se confie à Poppy : Elle a jadis été fabriquée avec les cendres d'une fillette nommée Eleanor, et elle exige d'être enterrée avec les siens, sinon les trois amis ne connaîtront jamais le repos...



Avis de Cyrlight




Le titre de ce roman, Eleanor, est aussi celui d’une mystérieuse poupée qui appartient à la famille de Poppy, l’une des protagonistes. Une nuit, cette dernière entraîne Zach, le narrateur, et Alice, sa meilleure amie, dans une quête destinée à rendre la paix à Eleanor, qui renferme l’âme maudite d’une jeune fille défunte.

Ce roman commence de façon prometteuse, avec trois enfants à l’imagination débordante qui aiment jouer à s’inventer des histoires fantastiques. Tout bascule cependant le jour où le père de Zach décide de jeter ses figurines, poussant celui-ci à cesser de s’amuser avec ses amies.

Cette scène introduit un thème qui se prolongera tout au long du roman : celui du passage à l’âge adulte. Il prendra différentes formes : les premières amours, la perte de l’insouciance, la maturité, les responsabilités, l’indépendance... Le tout amené à travers une quête initiatique qui se marie à la perfection avec le sujet.

Sujet d’ailleurs plutôt bien traité dans son ensemble par l’auteur. J’ai apprécié les divers points qu’elle soulève, comme le père de Zach qui tient à forcer son fils à grandir, ou encore Poppy qui redoute de se retrouver seule, accrochée à ses personnages et à son monde imaginaire pendant que ses amis s’éloigneront irrémédiablement d’elle pour mener leur propre vie, une vie bien plus réelle. Cela confère une dimension très touchante aux protagonistes, et réveillera en n’importe quel lecteur la part d’enfance qui sommeille en lui.

Là où l’histoire est moins réussie, c’est dans son traitement de l’élément principal, la poupée Eleanor. Bien qu’elle soit le déclencheur de la quête des héros, elle est au final plus omniprésente que présente, et les rares scènes dans lesquelles elle est mise en avant ne sont pas vraiment remarquables. Il y avait pourtant tout pour faire frissonner, mais loin d’être effrayant, ce roman peut au mieux être qualifié de glauque. Même les interrogations soulevées par le campement déchiqueté retombent vite à plat.

Quant à la conclusion, je l’ai trouvée clairement expéditive. J’ai commencé à m’inquiéter à une trentaine de pages de la fin du livre, et mes craintes se sont révélées fondées. La quête se clôture en l’espace de quelques paragraphes, ce qui est très disproportionné à la vue du temps qu’il aura fallu pour en arriver là, d’autant que j’ai trouvé certains passages de l’aventure des trois héros plutôt longuets (la descente de la rivière Ohio et ses nombreux termes nautiques très techniques, les jeux dans la bibliothèque...)

Bref, c’est avec un avis très mitigé que je ressors de cette lecture. J’ai vraiment beaucoup aimé la question du passage à l’âge adulte, mais l’histoire en elle-même m’a beaucoup moins emballée. Et si elle se voulait horrifiante, c’est raté.

jeudi 4 avril 2019

Moriarty T.2

Titre : Moriarty T.2
Auteur : Ryôsuke Takeuchi / Hikaru Miyoshi
Édition : Kana
Pages : 204
Note : 4.5 / 5
Rien ne remue plus le coeur humain que la mort.
Alors que l'infanterie se prépare à débarrasser le pays d'un réseau de trafic d'opium, Albert apprend qu'une section spéciale est en passe d'être créée. Peu après, William, à peine arrivé à Londres, est attaqué par de mystérieux individus...
Pour rectifier tout ce qui ne tourne pas rond dans le pays, Moriarty développe une audacieuse stratégie, totalement inouïe : Le téâtre du crime !




Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Moriarty, on retrouve le personnage éponyme et ses frères, toujours prêts à tout pour réformer l’Angleterre et son système de classes, mais on fait également la connaissance d’un « nouveau » venu, qui n’est autre que Sherlock Holmes...

J’avais déjà bien aimé le premier tome du manga, et pourtant cela ne m’a pas empêché de préférer celui-là. Les idéaux profonds et les méthodes obscures des Moriarty s’accompagnent désormais d’une touche d’humour, apportée contre toute attente par le célèbre détective de Baker Street.

Pendant que James redouble d’ingéniosité pour faire tomber un trafic d’opium « par hasard » et s’emploie à transformer Londres en théâtre du crime, Sherlock, sur les conseils de Stanford et sous la colère de Mme Hudson, se met en quête d’un colocataire. Commence alors un défilé comique composé de vagabond et prostituée.

Si la partie du scénario se déroulant du côté de Baker Street est hilarante, on pourra néanmoins lui reprocher son manque d’originalité. En effet, ceux qui, comme moi, connaissent la série Sherlock (BBC) auront un léger goût de déjà-vu, tant les similitudes sont nombreuses.

En ce qui concerne les frères Moriarty, leurs projets sont bien amenés, et ils continuent à œuvrer pour ce qui leur semble être le plus grand bien à l’aide de procédés néanmoins douteux. Le bien et le mal se mélangent dans cette œuvre, qui continue sur ce point à m’évoquer Death Note et les actes discutables de Light Yagami.

Pour conclure, je dirais qu’il s’agit vraiment d’un très bon manga (encore meilleur qu’à ses débuts), et qu’il a le mérite de nous faire rire et réfléchir en même temps. J’attends la suite avec impatience pour voir comment James va faire de Sherlock l’antagoniste de son histoire.


Coup de ♥ 

dimanche 24 février 2019

The Promised Neverland T.1 : Grace Field House

Titre : The Promised Neverland T.1 : Grace Field House
Auteur : Kaiu Shirai / Posuka Demisu
Édition : Kazé
Pages : 192
Note : 4 / 5

Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et sœurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de « Maman », qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible ! Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !




Avis de Cyrlight



The Promised Neverland est un manga dont le premier tome se déroule dans un orphelinat à l’allure bienveillante, mais qui cache en réalité un très noir secret, comme finiront par le découvrir Emma et Norman, deux des protagonistes.

J’avais beaucoup entendu parler de cette série, et toujours en termes élogieux, si bien que cela m’a incitée à franchir le pas. Eh bien, je dois dire qu’elle est à la hauteur de sa réputation. Ce n’est pas un coup de cœur, mais cela n’en demeure pas moins une excellente lecture.

L’intrigue est assez déroutante, de par la façon dont elle est amenée. Au début, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur du monde. Les enfants sont certes orphelins, mais la femme, « Maman », qui s’occupe d’eux a l’air adorable, à l’instar de tous ces joyeux bambins, dont le quotidien est essentiellement composé de jeux et de rires.

Le ton du manga change néanmoins brutalement, et ce de la plus glauque des manières. Tout commence avec un mignon petit lapin en peluche et débouche sur une scène sanguinolente qui, je dois bien l’avouer, m’a sur l’instant glacé le sang, tant j’étais loin de m’attendre à une telle horreur.

Les héros n’ont alors plus qu’une idée en tête : fuir cet orphelinat dont le cadre idyllique n’est qu’un leurre pour cacher sa redoutable et effroyable fonction. C’est le début d’une course à la liberté et à la survie, qui soulève son lot d’inquiétudes et de questionnements.

Il faudra hélas attendre le prochain tome pour en apprendre davantage, puisque celui-ci se conclut par l’arrivée d’un nouveau personnage, bien décidé à mettre des bâtons dans les roues de tout le monde, en particulier des protagonistes, au demeurant très intéressants à suivre.

C’est avec plaisir et impatience que je me plongerai dans la suite des sinistres aventures d’Emma, Norman et Ray, ayant d’ores et déjà les tomes 2 et 3 dans ma pile à lire.

lundi 10 décembre 2018

Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants

Titre : Au service de sa Majesté la Mort T.1 : L'ordre des Revenants
Auteur : Julien Hervieux
Édition : Castelmore
Pages : 320
Note : 4 / 5
Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe.
Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…


Avis de Cyrlight



Au service de sa Majesté la Mort : L’ordre des Revenants est le premier tome d’une saga ayant pour héroïne la jeune Elizabeth, une journaliste prometteuse, mais handicapée par son statut de femme dans l’Angleterre du XIXème siècle. Elle a donc conclu un pacte avec un homme qui lui sert de prête-nom, mais le jour où ce dernier est assassiné sous les yeux d’Elizabeth, elle devient à son tour une cible à abattre.

Si l’histoire est à première vue orientée jeunesse, elle pourra très certainement convenir à tous les âges. Elle n’est pas naïve, comme le sont parfois les romans destinés à un jeune public, parfois un peu dure (avec la mort comme thème principal, difficile de faire autrement), mais jamais trop sombre ou trop effrayante. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et je remercie d’ailleurs Babelio et les éditions Castelmore pour cet exemplaire.

L’écriture est très fluide et le scénario très addictif, ce qui fait que les pages s’avalent très facilement et qu’on ne les voit même pas passer. Le rythme est dosé à la perfection, l’univers se pose progressivement, sans pour autant négliger l’action, présente du début à la fin.

Les personnages sont attachants dans l’ensemble. Elizabeth est sympathique, Hank est touchant, Yseult est excellente dans son rôle de petite chef autoritaire et tyrannique, et j’ai eu un véritable coup de cœur pour Duncan. Seule Beatrix ne se démarque pas vraiment, mais elle est tout de même agréable.

Le seul avec qui j’ai eu du mal à accrocher, c’est James Hamilton. À côté des autres, il est insipide, et tombe comme le cliché du séduisant garçon dont on sait, dès l’instant où il apparaît, qu’il va se développer une histoire entre l’héroïne et lui. C’est presque un coup de foudre instantané, dont la mièvrerie contraste avec le reste de l’histoire. Bon, je manque peut-être d’objectivité parce que j’adore la relation ambiguë d’Elizabeth et Duncan, et je n’aimerais pas la voir faire le mauvais choix, ou pire, que cela évolue vers un triangle amoureux par la suite.

C’est d’ailleurs avec joie que je la lirai lorsqu’elle sortira, car c’est un début de saga qui m’a vraiment beaucoup emballée. J’ai hâte de découvrir les prochaines aventures des Revenants, d’autant que j’ai de nombreuses théories en tête concernant W, sans parler de Venise qui m’intrigue beaucoup...

vendredi 27 juillet 2018

Chroniques du Monde Émergé T.1 : Nihal de la Terre du Vent

Titre : Chroniques du Monde Émergé T.1 : Nihal de la Terre du Vent
Auteur : Licia Troisi
Édition : Pocket Jeunesse
Pages : 495
Note : 2 / 5
Nihal est une jeune fille très étrange : oreilles pointues, cheveux bleus, yeux violets tout la distingue des autres habitants du Monde émergé. Fille d'un célèbre armurier, elle passe son temps à jouer à la guerre avec une bande de garçons. Mais la nuit, des voix plaintives et des images de mort hantent l'esprit de Nihal. Et lorsque le terrible Tyran envahit La Terre du Vent, elle comprend que ses cauchemars sont devenus réalité. L'heure du véritable combat a sonné. Nihal doit devenir une vraie guerrière et défendre la paix, à tout prix. Ses seuls alliés : Sennar, le jeune magicien, et une infaillible épée de cristal noir.



Avis de Cyrlight




Dans ce premier tome des Chroniques du Monde Émergé, Nihal de la Terre du Vent, on suit les aventures de la jeune fille éponyme, âgée de treize ans au début de l'histoire et de presque dix-huit à la fin, qui rêve de devenir guerrier, en dépit de toutes les difficultés que cela implique.

C'est avec une opinion plutôt négative que je ressors de la lecture de ce roman, car nombreux sont les points qui font que j'ai eu beaucoup de peine à accrocher.

Le personnage principal, pour commencer. Nihal est tout simplement insupportable. Elle est égoïste, capricieuse et complètement téméraire, dans le mauvais sens du terme. Elle passe son temps à désobéir et à s'exposer inutilement au danger, sans que cela n'ait de répercussions susceptibles de lui faire retenir la leçon, puisqu'il y a toujours quelqu'un pour la sauver.

Livon, son « père », est le meilleur exemple, puisqu'il se contredit d'une page à l'autre. Il ne veut pas lui donner une arme, qu'elle obtient de sa part quelques paragraphes plus loin, il refuse qu'elle apprenne la magie, puis l'envoie chez une tante magicienne dont Nihal n'a jamais entendu parler jusque-là... Ido est le seul qui se montre ferme avec elle, mais hormis peut-être un peu vers la fin du tome, à aucun moment l'adolescente ne semble évoluer dans son caractère.

Sa pseudo-romance est probablement la goutte d'eau de trop. Elle est si égocentrique qu'elle ne se rend même pas compte que l'homme devant lequel elle se pâme est le compagnon de sa tante, et même lorsque Sennar le lui apprend, elle n'éprouve pas une once de culpabilité, alors qu'elle est censée apprécier Soana.

De surcroît, Nihal a tout d'une Mary-Sue. Elle sait se battre à la perfection, personne ne lui arrive à la cheville, et c'est même à se demander pourquoi elle se donne autant de peine pour entrer à l'Académie pour y suivre une formation de guerrier, puisqu'elle arrive à défaire dix des meilleurs élèves en guise de test.

Quant aux personnages secondaires, ils pourraient être intéressants, mais à l'exception d'Ido et Sennar (et encore, ce dernier est souvent plongé dans l'ombre de Nihal), ils sont assez peu développés, et c'est à peine s'ils sont mentionnés en dehors des passages où ils apparaissent.

L'histoire en elle-même est longue et pas franchement intéressante, en partie à cause des grosses ellipses. Au début notamment, l'adolescence de Nihal se déroule à la vitesse de l'éclair, et on ne sait que deux ou trois bribes de son apprentissage de la magie chez Soana. Quelle magie, d'ailleurs ?

Nihal pique une crise pour l'apprendre, mais tout ce qu'on sait, c'est que quelques années plus tard, elle maîtrise les bases des sortilèges de soin. Même Sennar et Soana, qui sont pourtant magiciens, ne l'utilisent que très peu, si bien qu'on ignore quelles sont leurs limites et les capacités que leur fournissent leurs pouvoirs.

Le reste se compose des réussites de Nihal. Nihal est douée en ci, Nihal est la meilleure en ça... Elle ne semble jamais rencontrer de difficultés, hormis peut-être avec son dragon, et Ido qui se montre moins conciliant avec elle que tous les autres, mais il faut tout de même attendre la dernière partie du roman pour en arriver là.

Que dire pour conclure, sinon que je n'ai pas apprécié ce livre ? Je ne le connaissais pas au moment de l'entamer et je ne m'attendais à rien de particulier ; heureusement, sans quoi j'aurais été très déçue. Une héroïne détestable et un scénario peu prenant, voilà ce que je retiendrais des Chroniques du Monde Émergé.

dimanche 1 juillet 2018

172 heures sur la lune

Titre : 172 heures sur la lune
Auteur : Johan Harstad
Édition : Albin Michel (Wiz)
Pages : 474
Note : 2.5 / 5
Des années que le sol lunaire n'a pas été foulé par l'homme. Pour Mia, Midori et Antoine, l'heure du départ approche...
Alors que Midori y voit un ticket gagnant pour la liberté, loin de sa vie étriquée au Japon, pour Mia, c'est l'occasion rêvée de faire enfin connaître son groupe de rock et de devenir célèbre. Quand à Antoine, il ne souhaite qu'une chose : mettre autant de kilomètres que possible entre lui et son ex-petite amie.
Mais ils sont loin d'imaginer que ce qui les attend sur la face cachée de la Lune est bien pire. Et dans l'immensité noire de l'espace, personne ne viendra les sauver...



Avis de Cyrlight




172 heures sur la lune est un roman de science-fiction mettant en scène un trio d'adolescents, gagnants d'un tirage au sort mondial qui leur permet de prendre part à une mission spatiale, organisée par la NASA afin de remettre l'exploration lunaire au goût du jour. De lourds secrets et un grand mystère semblent toutefois se dissimuler derrière cette histoire.

Si vous aimez les récits logiques et cohérents, passez votre chemin, parce que vous risquez fort de vous arracher des poignées de cheveux entre la première et la dernière page.

Le roman commence sur une réunion entre plusieurs personnages inconnus, qui décident de réveiller l'intérêt de l'humanité pour la lune en invitant trois adolescents à rejoindre une base construite sur notre satellite naturel, par le biais d'un tirage au sort. On devine tout de suite que cette mission ne sera pas sans danger, et que l'astre recèle quelque chose de terrible.

Était-il bien utile de rajouter le personnage du vieux monsieur dans sa maison de retraite, sénile et amnésique, qui se met à angoisser et à s'égosiller chaque fois qu'il est question de la lune ? Il réapparaît plusieurs fois, mais au final, ne sert à rien d'autre qu'à donner une piqûre de rappel, au cas où le lecteur n'ait pas compris qu'un danger guette les apprentis astronautes, alors que c'est parfaitement clair dès les premières lignes.

La première partie de l'histoire est trop longue et trop lente. On y suit alternativement les trois adolescents qui vont remporter leur billet pour la lune, et si l'auteur s'attarde probablement sur eux pour les rendre attachant, ça ne fonctionne pas. On s'enlise dans leur quotidien alors qu'on sait pertinemment qu'ils vont être sélectionnés, et on a qu'une hâte, que le voyage spatial commence enfin, sauf qu'il tarde à survenir.

Qui plus est, sur ces trois adolescents, aucun n'a réellement envie de partir sur la lune par intérêt pour l'astronomie. Leurs motivations sont bien plus égoïstes, puisque Mia veut seulement faire la promotion de son groupe de rock, Midori désire quitter le Japon et Antoine mettre le plus de distance possible entre son ex-petite amie et lui (dont, accessoirement, il ne tardera pas à se consoler).

Malgré cela, ils n'ont aucune peine à assimiler en quelques mois une formation d'astronaute accélérée (littéralement, parce que cette partie-là est totalement survolée). Une fois dans l'espace, ils vont même jusqu'à se révéler presque plus réactifs et débrouillards que la plupart des professionnels.

La lune arrive enfin, avec son lot d'incohérences. Tout d'abord, une base secrète, construite dans les années 70 et dans laquelle aucun humain n'a jamais mis les pieds, cela paraît gros, mais il y a pire. Notamment le fait qu'il y a deux bases, et que la première contient une capsule de secours destinée à accueillir trois personnes.

Sachant qu'elle est évoquée une première fois quand l'équipage est encore trop nombreux, pourquoi Caitlin se drogue-t-elle avec les cachets alors qu'elles ne sont plus que trois ? Probablement parce que l'auteur a oublié qu'il avait déjà mentionné la capsule, qui est ensuite réévoquée comme une révélation capitale.

Des questions que l'on se pose aussi en pêle-mêle. D'où viennent les signes que les adolescents ont aperçus sur Terre avant de partir (le fameux 6EQUJ5) ? Ils n'ont aucune justification logique. Pourquoi envoyer des adolescents sur la lune dans le but d'obtenir des financements pour étudier de plus près le danger, alors qu'il y a sur place des missiles destinés à annihiler notre satellite ? Pourquoi Coleman, qui était le seul à avoir conscience du massacre auquel il menait son équipe, se comporte-t-il aussi lâchement au lieu de mener les filles à l'abri ?

Quant à la fin, elle est très trouble. Si le combat entre Mia et son adversaire est assez bien mené, l'épilogue gâche tout. Comment se fait-il qu'il y ait encore des humains, dans le futur, pour découvrir les corps des astronautes et adolescents sur la lune ? Comment l'humanité a-t-elle survécu ?

J'en oublie sûrement, mais vous aurez compris l'idée générale. C'est un roman très long dans sa première partie et qui part ensuite complètement dans tous les sens. Alors certes, la lune réussit à nous faire frissonner et à nous tenir en haleine, mais la conclusion est très décevante, car rien n'est expliqué et tout paraît illogique. Pour résumer, je dirais que cette histoire manque cruellement de sens et je vous conseillerai plutôt de vous tourner vers des récits mieux ficelés que celui-ci.

mardi 5 juin 2018

Arena 13 T.3 : Le guerrier

Titre : Arena 13 T.3 : Le guerrier
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard
Pages : 368
Note : 2.5 / 5
Les habitants de Gindeen se sont débarrassés du Protecteur qui gouvernait Midgard au nom des djinns et ont repris le contrôle de leur ville avec l'aide des Genthai. Mais les habitants de Midgard vivent toujours dans la peur de Hob.
Les Genthai préparent une expédition de l'autre côté de la Barrière et proposent à Leif de les accompagner. Ce dernier accepte. Il sait que son père a déjà fait le voyage. Il voit dans cette excursion un moyen d'en apprendre plus sur les djinns. À son retour, il détruira Hob pour venger la mort de ses parents.
De son côté, Kwin, la jeune fille qu'il aime, livre son premier combat dans l'Arène 13 !



Avis de Cyrlight




Dans ce troisième tome d'Arena 13, on suit cette fois-ci Leif au-delà de la barrière et de Midgard, dans un monde gouverné par les Djinns. Pendant que Kwin reste à Gindeen pour mener ses premiers combats dans l'Arène, sous la tutelle d'Ada et de son père, son petit ami et un groupe de Genthai suivent une carte tracée autrefois par Math, afin d'en vérifier l'exactitude.

Après un premier tome qui m'avait très peu emballée et un second que j'avais au contraire adoré, j'ai été très déçue par Le guerrier et il m'est même arrivé de m'ennuyer à la lecture, en particulier lors du périple de Leif sur la terre des Djinns.

Au niveau de la forme, j'ai assez peu apprécié la nouvelle alternance de points de vue. Quand un récit est raconté par un narrateur interne, cela me dérange toujours beaucoup d'être ballotée d'un personnage à l'autre, comme cela avait déjà été le cas avec le tome 14 de L'Épouvanteur.

Au niveau du fond, nombreux sont les points qui m'ont dérangée à la lecture de ce roman. L'histoire se concentrant désormais essentiellement sur Leif et Kwin, les autres personnages sont assez négligés, comme Thrym et surtout Deinon, qui est presque inexistant, alors qu'ils occupaient une place majeure dans La proie.

Quant à la fin, elle m'a fait froncer les sourcils plus d'une fois. Tout d'abord, l'attaque de la citadelle de Hob m'a paru relativement confuse, par moments, sans parler du Gramangar qui me laisse dubitative dans son utilisation et son fonctionnement.

Le reste est expéditif. Le groupe censé garder la Roue se fait décimer (à se demander à quoi il servait, au final), les morts sont si incongrues ou si rapides (pour ne pas dire à peine mentionnées) qu'elles ne provoquent quasiment aucune émotion, et là où le combat opposant Hob à Leif avait été bien développé, celui contre Kwin est bouclé en quelques paragraphes.

Il y a tout de même quelques points positifs à mettre au crédit de ce livre. L'apparition des Djinns, évidemment, mais aussi Kwin, que je trouve plus supportable à chaque nouveau tome. Autre chose, même si ce n'est qu'un détail, j'ai apprécié qu'on puisse situer géographiquement Midgard. Avant ça, je ne me serais jamais doutée que l'histoire se passait en Nouvelle-Zélande.

En dépit de cela, Arena 13 : Le guerrier n'en demeure pas moins une grosse déception et j'espère sincèrement que la suite inversera la tendance, comme le tome 2 avait réussi à le faire.

mardi 20 mars 2018

Arena 13 T.2 : La proie

Titre : Arena 13 T.2 : La proie
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard
Pages : 440
Note : 4 / 5
Après la première année de son apprentissage en tant que combattant de l'arène 13, Leif cherche des informations auprès du peuple de son défunt père. Là il en apprend plus sur l'homme, qui était le plus grand combattant de l'arène jamais vu. L'homme qui était si près de détruire le démon Hob, mais qui en a payé le prix terrible de sa vie.
Leif revient au combat avec une faim renouvelée de vengeance. Mais peut-il rester concentré sur sa formation malgré sa passion pour la fille de son maître, Kwin? Son maître l'aidera ou l'empêchera-t-il dans sa mission personnelle de vaincre Hob dans une lutte à mort ?



Avis de Cyrlight




Dans ce second tome d'Arena 13, on retrouve Leif qui, après avoir passé quelque temps parmi les Genthai, le peuple de son père, est de retour à Gindeen pour reprendre l'entraînement auprès de Tyron. De grands combats se préparent à Midgard, et pas seulement dans l'Arène 13...

Si j'avais été moyennement convaincue par le premier tome, celui-ci a réussi à me séduire. Beaucoup plus sombre et violent, il a su me faire oublier ma frustration à la lecture de son prédécesseur, qui manquait de frisson à mon goût. La proie ne déçoit pas à ce niveau, bien au contraire.

En plus d'être riche en action et en effroi, ce tome l'est également en révélations avec l'arrivée d'un personnage des plus fascinants, Ada, une programmatrice de « l'ancien monde » dont l'âme a été préservée artificiellement pendant des siècles.

Assez intelligente pour avoir les moyens de détruire le terrifiant Djinn Hob, elle se fait rapidement une petite place auprès de l'écurie de Tyron, même si elle est liée avec l'un de ses concurrents, un nouveau venu du nom de Tallus. Ada dévoile non seulement un génie incroyable, mais aussi de nombreuses informations sur la Terre telle qu'elle était avant la défaite de l'espèce humaine et l'avènement des Djinns.

On retrouve évidemment aussi les personnages du premier tome, et si je doute que quiconque déplore le rôle mineur auquel est réduit Palm, il est très agréable de voir Deinon un peu plus au centre de l'intrigue. Quant à Kwin, elle m'a parue plus supportable.

En revanche, Leif continue à m'agacer. Dans le premier tome, c'était à cause de l'influence que la fille de Tyron avait sur lui, mais il apparaît désormais clairement qu'il n'a pas besoin d'elle pour que ses réactions frôlent la stupidité. Le fait qu'il accepte d'être tatoué au visage sans réfléchir aux conséquences que cela pourrait impliquer, lorsqu'il révèle brusquement (et sans raison aucune) ses origines qu'il devait pourtant garder secrètes... Et malgré cela, il déclare lui-même vouloir prouver qu'il n'est pas un tas de muscles sans cervelle. Mouais... Un peu paradoxal, à la vue de ses actes.

Malgré cela, ce tome n'en demeure pas moins excellent et, grâce à lui, j'ai enfin complètement accroché à la saga. J'attends avec impatience de lire la suite, en espérant qu'elle soit encore meilleure, si tant est que cela soit possible.

mardi 27 février 2018

La mémoire des embruns

Titre : La mémoire des embruns
Auteur : Karen Viggers
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 568
Note : 2.5 / 5
Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse.


Avis de Cyrlight



Après avoir eu un énorme coup de cœur pour Une vie entre deux océans, le décor australien et les mots « gardien de phare » m'ont attirée vers La mémoire des embruns. Hélas, cette lecture est loin de m'avoir conquise.

Pour commencer, le résumé est passablement trompeur. Si Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie, ce n'est certainement pas pour tenter de réparer ses erreurs, qu'elle s'obstine au contraire à cacher et à fuir. Elle ne fait que se remémorer ses souvenirs.

Entourée de Tom... Là encore, je m'attendais à un exil volontaire dans lequel son fils l'aurait suivie, au lieu de quoi il se contente de quelques visites durant son séjour sur l'île de Bruny. Déception donc au niveau des attentes, mais pas seulement.

Dès les premières pages, l'intrigue se lance avec une lettre, qui renferme un secret. Un secret si évident qu'il est difficile de ne pas deviner dès ce moment de quoi il en retourne. Pour le suspense, on repassera. Pire, le contenu de cette lettre, pourtant omniprésent dans l'intrigue de Mary, est expédié, pour ne pas dire complètement bâclé, à quelques pages de la fin.

Les personnages sont peu attachants, à quelques exceptions près. Jan est tout simplement insupportable, je n'ai pas réussi à m'attacher à Mary, ne serait-ce qu'à cause de la façon dont elle prévoit de manipuler Léon, même s'ils finissent par sympathiser, et si j'ai éprouvé de l'empathie pour Tom, sa passivité m'a agacée. Quant à toutes les femmes qui ont croisé sa route, je ne pense pas qu'il y ait de termes élégants pour les qualifier. Seule Laura fait exception, mais son personnage, qui aurait pourtant pu être intéressant, est trop peu exploité, ce qui est regrettable.

L'histoire est longue, trop longue, pour finalement pas grand-chose. Même l'intrigue de Léon s'arrange trop vite et trop facilement dans les dernières pages, comme si après s'être ennuyé pendant les trois quarts du livre, il fallait que tout soit résolu en un temps record.

Le seul point positif que j'arrive à trouver à ce roman est la plume de Karen Viggers, qui nous offre une écriture élégante et des descriptions magnifiques, mais malheureusement gâchée par un scénario qui n'est pas à la hauteur.

Je ne recommanderai pas cette lecture. Si vous voulez vraiment un chef-d’œuvre, tournez-vous plutôt vers Une vie entre deux océans, car vous pouvez passer à côté de La mémoire des embruns sans trop de regrets.

vendredi 26 janvier 2018

Arena 13 T.1

Titre : Arena 13 T.1
Auteur : Joseph Delaney
Édition : Bayard
Pages : 379
Note : 3 / 5
Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort... Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition ? Combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie.



Avis de Cyrlight




Arena 13 est le premier tome d'une nouvelle saga écrite par Joseph Delaney, principalement connu pour être l'auteur de L'Épouvanteur. Pas de Thomas Ward ou de John Gregory, cette fois-ci, mais un nouveau héros répondant au nom de Leif et de nouvelles créatures, les Djinns.

C'est dans un univers mi-médiéval mi-dystopique que nous entraîne cette aventure. Les humains, après avoir été vaincus par des machines devenues autonomes, ont été confinés dans Midgard, une infime portion du monde qui était autrefois le leur.

La couverture, sombre et sanglante, et le premier chapitre donnent le ton. C'est assurément à une histoire d'horreur que nous avons à faire, et pourtant... Je crois que je n'ai jamais été aussi frustrée par l'une de mes lectures que par celle-ci. Je m'attendais à beaucoup plus d'horreur, de frisson et de sang, mais j'ai été déçue.

Déjà, les combats dans l'Arène 13 ne sont pas aussi terribles qu'on pourrait l'imaginer. Il y a bien quelques duels à mort, mais ils sont assez rares, et les affrontements ne se font finalement presque jamais d'humain à humain, puisque ce sont les lacres, des robots-guerriers, qui mènent l'essentiel du combat.

La majeure partie de ce tome se concentre sur la formation de Leif en vue du Tournoi des Apprentis et l'action n'est pas au rendez-vous. Même lorsque quelque chose semble se présager, la tension retombe très vite (je pense notamment à la capture de Leif et Kwin et aux secours qui surgissent pour les sauver avant de disparaître aussi vite qu'ils sont apparus).

La fin marque tout de même un tournant à ce niveau et est plus à la hauteur de mes attentes, avec l'horrible trépas de l'un des personnages et la présence de Hob. J'espère que le tome 2 poursuivra dans cette voie plus sombre et qu'elle nous dévoilera des informations sur les éléments les plus intrigants de l'histoire, comme les lacres ou la Barrière.

Les personnages, quant à eux, m'ont laissé un sentiment mitigé. J'ai beaucoup apprécié Tyron, malgré sa attitude parfois bourrue, la prévenance de sa fille Tina et de son époux Kern, et même Palm, en dépit de son caractère méprisable, ne m'a pas déplu. S'il a des airs d'enfant pourri-gâté, ce n'est rien à côté de la capricieuse, égoïste et manipulatrice Kwin.

À cause d'elle, j'ai également eu du mal à adhérer à Leif, parce qu'il m'a agacée à se laisser entraîner dans toutes ces histoires qui lui ont valu un tas d'ennuis par la faute de Kwin, qui ne s'intéresse finalement à lui que lorsque ça l'arrange, et qui l'oublie ensuite en présence de son petit ami.

Je ne cacherai pas que cette lecture a été pour moi une déception. En tant que fan de L'Épouvanteur, je m'attendais à plus de la part de la nouvelle œuvre de Joseph Delaney, et j'espère que la suite d'Arena 13 saura me faire oublier ce sentiment que m'inspire le premier tome.

jeudi 11 janvier 2018

Your name T.2

Titre : Your name T.2
Auteur : Makoto Shinkai et Kotone Ranmaru
Édition : Pika
Pages : 180
Note : 3.5 / 5


L’échange des corps s’est arrêté. Taki, désemparé, cherche un moyen de joindre Mitsuha. À l’aide des photos qu’il a vues à l’exposition Nostalgie, il essaie de retrouver l’endroit où Mitsuha pourrait vivre dans l’espoir de partir la retrouver…






Avis de Cyrlight



Après un premier tome de Your name assez entraînant où l'on assistait aux échanges de corps ponctuels de Taki et Mitsuha, on découvre une suite plus mélancolique où Taki, parti à la recherche de son homologue, découvre qu'elle a en réalité péri trois ans plus tôt, lorsque la comète Diamat a percuté la Terre.

Presque tout l'ouvrage se concentre sur Taki, bien décidé à retrouver Mitsuha après l'arrêt de l'échange des corps. Contrairement au premier tome, assez humoristique, celui-ci est beaucoup plus émouvant. Difficile de ne pas compatir à la mort de tant de personnes, dans un accident aussi imprévisible que le crash d'une météorite, et à la vue dévastée de l'endroit où se dressait auparavant le village d'Itomori.

Quelques incohérences parsèment le récit, sans le gâcher pour autant. Par exemple, Taki est capable de reproduire de mémoire les paysages du village et de ses environs à la perfection, mais il ignore son nom. Comment Mitsuha et lui ont-ils fait, au cours de leurs échanges, pour ne pas remarquer qu'ils ne se trouvaient pas à la même époque (l'année a bien dû apparaître quelque part, à la télévision, sur leur téléphone, à l'école...). Enfin, pourquoi les notes de Mitsuha disparaissent-elles subitement du portable de Taki ? Un peu plus de logique à ce niveau-là aurait été la bienvenue.

Malgré cela, il s'agit d'un tome poignant, plus facile à suivre que le précédent, mais aussi plus touchant. La suite promet d'être palpitante, et on espère que Taki pourra faire quelque chose pour sauver Mitsuha, ainsi que tous les habitants d'Itomori.

mardi 5 septembre 2017

Ma cousine Rachel

Titre : Ma cousine Rachel
Auteur : Daphné du Maurier
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 384
Note : 3 / 5
Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie. Quand Ambroise lui écrira qu'il soupçonne sa femme de vouloir l'empoisonner, Philip le croira d'emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n'a rien de la femme qu'imagine Philip. Il ne tarde pas à s'éprendre d'elle, à bâtir follement un plan d'avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.




Avis de Cyrlight




Ma cousine Rachel est une romance glauque et ténébreuse, récemment adaptée au cinéma. Philip, un jeune homme naïf élevé à l'écart des convenances par son cousin Ambroise, sombre dans la colère et la rancœur à la mort de celui-ci. Convaincue que sa veuve Rachel est responsable de ce décès soudain, il décide de se venger, jusqu'au jour où il fait la connaissance de cette troublante et non moins charmante femme.

La plume de Daphné du Maurier est particulière, et d'aucuns auront peut-être besoin de quelques dizaine de pages avant de commencer à s'y habituer, comme ce fut mon cas. Une fois cette étape passée, l'histoire semble glisser avec plus de fluidité et n'en devient que plus agréable, en dépit de quelques longueurs.

S'il ne fallait qu'un mot pour définir ce roman, ce serait assurément « ambiguïté ». Le personnage de Rachel fait la force de cet ouvrage : tantôt bienveillante, tantôt venimeuse ; tantôt irrémédiablement coupable, tantôt sûrement innocente...

Tout du long, on ne cesse de reconsidérer notre jugement à son égard, jusqu'au point final qui laisse planer le doute. À certains moments, la preuve de sa culpabilité paraît inéluctable, et quelques pages plus loin, les certitudes s'effondrent, encore et encore. Cela instaure une tension brillamment maîtrisée qui ne retombera jamais, pas même après la fin.

Philip, au contraire de son envoûtante cousine Rachel, est un personnage simple à cerner, d'une telle naïveté qu'il en devient vite agaçant. Fermement convaincu de l'implication de Rachel dans la mort d'Ambroise, il reconsidère bien vite sa position et la haine que cette femme lui inspire cède le pas à la fascination.

Même lorsqu'il a les accusations d'Ambroise entre les mains (au travers des lettres qu'il lui a écrites), il n'en tient pas compte, lui qui considérait pourtant son cousin comme son modèle, son dieu vivant. À la place, il préfère céder à Rachel tout ce que son défunt mari lui a refusé, par méfiance.

On ne peut que comprendre celle-ci lorsqu'elle traite Philip comme un enfant, car malgré ses vingt-cinq ans, c'est ce qu'il est. Crédule, impatient, capricieux et surtout jaloux, car c'est finalement sa jalousie envers Rainaldi qui l'incitera à agir, plus que ses intimes convictions.

Le revirement de Philip est peut-être un peu brutal, à la vue de tous les indices qui auraient pu l'encourager à changer son fusil d'épaule avant, mais cette fin tragique est nécessaire pour maintenir le doute. La principale chose que retiendra le lecteur, même une fois le roman clos, sera une question. Rachel était-elle coupable ou non ?