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vendredi 14 juin 2019

La dernière énigme de Léonard de Vinci

Titre : La dernière énigme de Léonard de Vinci
Auteur : Christine Féret-Fleury
Édition : Auzou
Pages : 332
Note : 4 / 5
Milan, Renaissance : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l'hermine.
De nos jours : Léonard, un adolescent, reçoit un mail lui enjoignant de rechercher ce tableau. Or ce message provient de son grand-père... enterré le jour-même. Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau.
Une enquête passionnante mais périlleuse...



Avis de Cyrlight



La dernière énigme de Léonard de Vinci est roman jeunesse, dont le héros porte le nom de l’illustre peintre de la Renaissance. Après la mort de son grand-père (un autre Léonard), il reçoit un mystérieux mail signé de sa main, qui lui conseille de se lancer sur la piste du tableau La dame à l’hermine.

Merci à Babelio et aux éditions Auzou de m’avoir offert ce livre dans le cadre d’une masse critique. Avant d’entamer ma lecture, je dois avouer que j’étais partagée. J’avais très envie de me plonger dans cette histoire et, paradoxalement, j’appréhendais ce que j’allais découvrir.

Je suis passionnée par la Renaissance italienne, et je craignais de trouver dans une œuvre de littérature jeunesse un portrait quelque peu... édulcoré de cette période qui était loin d’être toute rose. Eh bien, agréable surprise, ce n’est pas du tout le cas !

D’un autre côté, cela m’a également interloquée. Je ne crois pas avoir vu d’âge recommandé quelque part sur la couverture ou à l’intérieur du livre, aussi m’attendais-je à lire une histoire destinée à n’importe quel public (ou au moins à partir de 11-12 ans). Or, si je suis maintenant habituée, de par mes autres lectures, à entendre parler de bâtardise, de sodomites, etc..., je pense qu’en début d’adolescence, cela m’aurait quelque peu choquée, raison pour laquelle je conseillerais plutôt ce roman à un public ayant déjà une certaine maturité (ou n’étant pas facilement troublé).

Venons-en à l’histoire, que je décrirais comme un savant mélange entre Da Vinci Code (Dan Brown) et La jeune fille à la perle (Tracy Chevalier). Dans le présent, Léo se lance dans une sorte de jeu de piste qui est censé le conduire à la véritable Dame à l’hermine, tandis que dans le passé, on fait connaissance avec le modèle, la belle Cecilia, et on assiste à la conception de son portrait sous le pinceau de Léonard de Vinci.

Même si j’ai bien aimé le roman dans son ensemble, j’ai préféré la partie qui se déroule au XVème siècle. Cecilia, l’amante bientôt répudiée de Ludovic(o) Sforza, est touchante, et Leonardo est un personnage fascinant à suivre. Il correspond bien à l’image que j’ai déjà eu l’occasion de me faire de lui. En revanche, je me suis moins attachée à Léo, Janka et son entourage. Ils sont sympathiques, mais sans plus. Peut-être auraient-ils mérité d’être un peu plus développés.

La fin est assez rapide. La recherche de La (véritable) dame à l’hermine est plutôt superficielle, et même quand Léo et Hester font les « lièvres » à travers Cracovie, c’est difficilement crédible. Ils se contentent de se promener au hasard dans les rues, aussi comment peuvent-ils duper quiconque en prétendant être en quête d’un tableau perdu ?

Cela fonctionne pourtant, peut-être parce que, comme on le découvre à la fin, ledit tableau n’était pas le véritable enjeu de l’intrigue, et surtout parce que l’on se doute très vite de ce qu’il est advenu de lui. M’enfin, j’ai tout de même trouvé cela dommage que l’intrigue se conclut si vite.

Il s’agit néanmoins d’un très bon roman dans l’ensemble, avec lequel j’ai passé un agréable moment. Je le recommande chaudement.

lundi 8 avril 2019

La malédiction des Médicis T.2 : Les lys de sang

Titre : La malédiction des Médicis T.2 : Les lys de sang
Auteur : Patrick Pesnot
Édition : L'Archipoche
Pages : 320
Note : 4 / 5
1512. Les Médicis ont été chassés de Florence. L'héritier de la famille, Cosimo, est élevé par sa mère, loin de la ville du Pape Clément VII. Lorsqu'Alessandro de Médicis, duc de Florence et fils de Pape, est assassiné par son cousin Lorenzaccio, le jeune Cosimo, âgé de 17 ans, est porté au pouvoir par les républicains. Bientôt, cet adolescent ombrageux part à la conquête de Florence et se joue des personnages les plus puissants de la Cité.
C'est le début d'un long règne. Cosimo 1er, Duc puis Grand Duc de Toscane, poursuit l'œuvre de Laurent le Magnifique...


Avis de Cyrlight



Après avoir retracé la glorieuse existence de Lorenzo le Magnifique dans Le prince sans couronne, Patrick Pesnot poursuit sa reconstitution de l’existence des Medici avec Les lys de sang et Cosimo Ier, fer de lance de la branche cadette de l’illustre famille toscane.

À l’instar du premier tome, ce roman est d’une richesse et d’une précision historique incroyable. Peut-être un peu trop, même. Cela ne m’a pas dérangée à la lecture du Prince sans couronne, car je possédais déjà de solides connaissances sur Lorenzo de Medici, mais en l’occurrence, la densité de l’œuvre m’a perdue plus d’une fois. L’auteur y met pourtant du sien en nous rappelant régulièrement quels sont les liens (professionnels ou familiaux) qui lient les personnages entre eux, mais il y en a tant qu’on se sent facilement submergé.

Qui plus est, j’ai été quelque peu déçue par le choix chronologique du romancier, qui a choisi de passer de manière accélérée sur l’exil des Medici et l’ascension (puis la chute) du moine Savonarola, sans parler de Machiavelli, qui est pourtant une célèbre figure de Florence, mais qui n’est cité qu’à travers son œuvre majeure, Le Prince, à laquelle Cosimo se réfère régulièrement.

Il en va de même pour les évènements se déroulant au second plan, tels que les papes qui se succèdent pour la plupart telle une simple liste de noms (« Encore un ! », comme ne manque pas de le souligner le protagoniste lui-même.)

Parlons-en aussi, de ce protagoniste. Même si j’ai conscience qu’il ne s’agit que du reflet d’une réalité historique, il n’y a rien qui m’a séduite chez lui. C’est un homme froid, dur et ambitieux, prêt à tout pour parvenir à ses fins, et même ses activités de mécène ne le rendent pas plus agréable, contrairement à l’illustre Lorenzo qui se démarquait par son charisme et sa bienveillance.

En dépit de cela, Les lys de sang n’en demeurent pas moins un très bon roman qui permet de continuer à se familiariser avec l’histoire des Medici, et accessoirement celles d’Italie et de France, puisqu’il est aussi question de la future reine Caterina. Les défauts énumérés ci-dessus sont davantage des ressentis personnels, qui n’enlèvent rien à la qualité de cette œuvre et au travail remarquable fourni par Patrick Pesnot. Pas un coup de cœur comme le premier tome, mais je le recommande tout de même chaudement.

samedi 19 janvier 2019

La malédiction des Médicis T.1 : Le prince sans couronne

Titre : La malédiction des Médicis T.1 : Le prince sans couronne
Auteur : Patrick Pesnot
Édition : Archipoche
Pages : 400
Note : 4.5 / 5
1492. La foudre s'abat sur Florence. Savonarole, le moine fanatique, a vu le glaive de Dieu déchirer le ciel toscan. La ville expie pour les péchés du Magnifique. Lorenzo se meurt. Le premier des Florentins se retourne une dernière fois sur son flamboyant passé. Maître incontesté de la ville-lumière de son époque, il revoit les êtres qui ont peuplé son existence: ses ancêtres qui ont contribué à le hisser au faîte du pouvoir, ses ennemis qu'il a affrontés l'épée à la main, le pape qui a tenté de le faire assassiner, les illustres peintres, sculpteurs, poètes et philosophes, amis et protégés, qui ont embelli sa vie et fait de Florence un joyau incomparable en Europe. Et les femmes! Toutes ces femmes qu'il a aimé avec autant de fureur que de tendresse. Muses et amantes. Les plus humbles comme les plus célèbres. Lucrezia, Simonetta, Bartolomea...
Le Magnifique ferme les yeux. Pourquoi meurt-il si tôt? Nul ne pourra effacer la trace de l'homme qui a inventé la Renaissance.


Avis de Cyrlight



La malédiction des Médicis est un roman historique ayant pour théâtre la belle ville de Florence, et pour cadre la Renaissance italienne. Le titre de ce premier tome, Le prince sans couronne, fait écho à son personnage principal, Lorenzo de Medici, simple banquier sans aucun titre, dont la famille a su s’élever dans les sphères du pouvoir.

Ce roman est tout simplement un coup de cœur. Comme je me passionne pour cette période historique, j’ai eu l’occasion de lire beaucoup d’œuvres traitant du sujet, mais aucune ne m’a autant emballée que celle-ci.

La plume de l’auteur est assez simple, peut-être un peu trop, mais cela offre au texte une fluidité qui permet de se concentrer davantage sur le contenu que sur le style, ce qui n’est pas plus mal, car il renferme une grande richesse historique.

À ce niveau, le livre m’a paru dans l’ensemble assez fiable. Évidemment, ce n’est pas un documentaire et l’auteur a sans doute pris quelques libertés pour romancer la vie de Lorenzo, mais rien qui ne m’ait fait tiquer par rapport à mes connaissances de l’époque.

On (re)découvre entre ces pages les évènements et les grands noms qui ont marqué la Toscane du XVème siècle, de Cosimo de Medici à Sandro Botticelli, en passant par Leonardo da Vinci et la conjuration des Pazzi... Tout y est. La seule chose que je déplorerai est le fait que le roman se concentre un peu trop sur Lorenzo, mais sans doute aurait-il été trop dense si l’auteur s’était autant attardé sur tous les personnages.

Personnages accessoirement fort bien réussis, en dépit de cela. Le charisme du Magnifique est parfaitement exprimé, on tombe sous le charme de l’insouciant Giuliano, on perçoit l’aura menaçante du pape Sixte IV, prêt à tout pour ébranler le pouvoir des Medici... À titre personnel, j’ai particulièrement apprécié que les noms soient en italien, et non francisés comme dans la plupart de mes précédentes lectures.

Je recommande chaudement ce roman à tous les passionnés, mais il peut également convenir aux non-initiés, puisqu’il est très simple à lire et permet de se familiariser avec l’univers de la Renaissance italienne, et surtout avec l’une des familles les plus puissantes de l’époque. Un régal !


Coup de ♥ 

jeudi 20 décembre 2018

Cesare T.7

Titre : Cesare T.7
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 194
Note : 4.5 / 5
Naïf et studieux, Angelo da Canossa n’est guère armé pour la vie d’étudiant à l’université de Pise, lieu d’intrigues et de tensions dans l’Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à sa rencontre avec Cesare Borgia, rejeton d’une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d’accéder au Saint-Siège ?
Rivalités entre les différentes factions de l’université, machinations politiques et luttes fratricides, Angelo va partager les années de formation d’un jeune homme en passe de devenir l’un des personnages les plus fascinants de l’Histoire. À ses côtés, il croisera le chemin de certains de ses contemporains les plus célèbres, de Christophe Colomb à Machiavel en passant par Léonard de Vinci…
Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.



Avis de Cyrlight



L’histoire fait une pause dans ce septième tome de Cesare, et l’Histoire reprend ses droits, puisqu’une grande partie du manga se concentre sur le récit d’évènements passés, notamment avec Dante et l’empereur Henri VII, mais aussi sur la question de l’équilibre des pouvoirs.

Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce tome. Il est très riche en faits historiques, peut-être même un peu trop. Il n’y a cette fois aucune touche d’humour ou de légèreté, qui auraient pourtant été les bienvenues pour ponctuer un récit d’une telle densité. Les personnages principaux sont quasiment inexistants (Miguel n’apparaît que dans quelques cases, Angelo encore moins, et Cesare ne sert finalement qu’à introduire les récits parallèles).

C’est donc un peu frustrant de ne pas retrouver ces visages familiers, surtout après un sixième tome particulièrement touchant, où les liens semblaient avoir évolué entre les protagonistes. En dépit de cela, on ne peut qu’une fois de plus louer l’application et le travail de l’auteur, ainsi que la pertinence de son œuvre.

Qui plus est, même si cela ne paraît pas de prime abord, tout ce qui est raconté dans ce tome aura probablement son importance pour la suite, car les réflexions de Cesare, ainsi que son intérêt pour les figures historiques dépeintes entre ces pages, donnent un avant goût de l’homme, ou plutôt du « Prince », comme Machiavel tendra à le qualifier, qu’il sera dans le futur. On note sa position ambiguë à l’égard de l’Église, sa fascination pour le pouvoir... Cela contribue à éclairer la psychologie parfois complexe du personnage.

En conclusion, c’est un bon tome, très instructif et très dense, qui contraste beaucoup avec ces prédécesseurs. Je suis seulement déçue du fait que les protagonistes manquent un peu, mais c’est plus un ressenti personnel qu’un défaut à part entière.


Coup de ♥ 

jeudi 15 novembre 2018

Cesare T.6

Titre : Cesare T.6
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 194
Note : 5 / 5
Naïf et studieux, Angelo da Canossa n’est guère armé pour la vie d’étudiant à l’université de Pise, lieu d’intrigues et de tensions dans l’Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à sa rencontre avec Cesare Borgia, rejeton d’une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d’accéder au Saint-Siège ?
Rivalités entre les différentes factions de l’université, machinations politiques et luttes fratricides, Angelo va partager les années de formation d’un jeune homme en passe de devenir l’un des personnages les plus fascinants de l’Histoire. À ses côtés, il croisera le chemin de certains de ses contemporains les plus célèbres, de Christophe Colomb à Machiavel en passant par Léonard de Vinci…
Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.




Avis de Cyrlight



Les masques tombent dans ce sixième tome de Cesare. Grâce à son intelligence hors du commun et à l’assistance d’Angelo, le jeune Borgia fait enfin tomber les responsables de l’incendie de la manufacture, mais ce n’est pas sans péril.

Je ressors de cette lecture avec des étoiles dans les yeux, car il s’agit probablement du meilleur tome depuis le début de la saga. L’action est au rendez-vous, puis laisse place à des moments plus touchants, où les personnages se dévoilent pleinement.

Cesare démontre une fois de plus son génie en piégeant brillamment ses ennemis, une stratégie qui manque néanmoins de lui coûter cher, puisqu’il aurait pu la payer de sa vie sans les interventions successives d’Angelo et de Miguel. Le naïf garçon n’hésite pas à essuyer un coup de poignard à sa place, obligeant le bras droit de Cesare à abattre le traître qu’il avait pourtant ordre de capturer vivant.

L’attachement que Miguel porte à Angelo se démarque de façon encore plus nette dans ce tome, car il semble réellement s’inquiéter pour lui, au point de blâmer Cesare pour la tournure dramatique qu’aurait pu prendre la situation. Celui-ci, malgré sa froideur apparente, semble également s’intéresser de plus en plus sincèrement à Angelo, qui ne manque jamais une occasion de le désarçonner par son attitude.

Cela ponctue d’ailleurs l’histoire de petites touches d’humour appréciables, notamment avec la sous-intrigue concernant la récompense que Cesare veut lui offrir pour son acte. La capacité de l’auteur à alterner entre l’Histoire, l’action, le drame et des passages plus légers est toujours aussi excellente.

Vous l’aurez compris, le niveau de ce manga ne faiblit pas, je dirais même qu’il se rapproche de plus en plus de la perfection (s’il ne l’a pas déjà atteinte), et à cette allure, je risque vite d’être à court de compliments, à moins de me répéter. Un coup de cœur, comme d’habitude.


Coup de ♥ 

dimanche 28 octobre 2018

Machiavel et Savonarole : La glace et le feu

Titre : Machiavel et Savonarole : La glace et le feu
Auteur : Max Gallo
Édition : Pocket
Pages : 368
Note : 3 / 5
À la fin du XVe siècle, Florence, enviée pour sa prospérité, ses splendeurs mais aussi ses intrigues, exerce une fascination sur le monde.
Deux hommes que tout oppose cherchent à s’imposer dans la ville et dominer les consciences. Le premier, Jérôme Savonarole, a un tempérament de feu. Prédicateur exalté, il prétend recevoir des messages de Dieu, remplit les églises, et finit par provoquer la fuite des Médicis jusqu’à son excommunication. Il finit torturé, pendu, brûlé.
À l’inverse, Nicolas Machiavel, est la glace, la prudence, le calcul. Après l’exécution de son rival, il essaye de s’approcher du cercle enchanté du pouvoir. Il dispose pour cela d’une arme redoutable : sa plume. Machiavel dédie son essai, Le Prince, à Laurent le Magnifique.
Le machiavélisme est né, ou l’art de conquérir et de conserver le pouvoir par la « ruse du renard » et la « force du lion ».


Avis de Cyrlight




Machiavel et Savonarole : La glace et le feu est un roman historique qui présente deux figures emblématiques de la fin du XVème siècle et du début du XVIème à Florence : le frère dominicain Jérôme Savonarole et Nicolas Machiavel, auteur du célèbre Prince.

Contrairement à ce que le titre laisse présager, et ce fut à mon goût une déception, l’œuvre ne nous livre non pas un face à face entre le religieux et le penseur, mais deux récits de vie séparés et totalement différents, dans leur style aussi bien que dans leur contenu.

La première partie, sur un Savonarole raconté à la troisième personne, est longue et répétitive. Au fil des pages, les mêmes idées reviennent, et à force de lire qu’il veut débarrasser la chrétienté des hérétiques et des sodomites, ou que le pape menace de l’excommunier s’il continue à prêcher, ce qu’il fait quand même, c’est quelque peu lassant. Les chapitres se suivent et se ressemblent, jusqu’à la chute de Savonarole.

La seconde partie, consacrée à Machiavel, est plus intéressante. En immersion totale grâce à la narration interne, on suit le parcours d’un homme incroyablement intelligent, et surtout dévoué corps et âme à la ville de Florence, pour laquelle il n’y a rien qu’il ne serait en mesure de subir ou d’entreprendre.

On découvre ainsi le portrait d’un homme prudent, réfléchi et calculateur, celui qui aura côtoyé les plus grands noms de l’époque, de Cesare Borgia et Lorenzo de Medicis à la cour du roi de France. Il est fascinant de suivre ses observations, qui donneront par la suite naissance à l’œuvre de sa vie, Le Prince, ainsi que ses gloires et ses déboires.

La plume est simple à lire, fluide et sobre, ce qui permet de se concentrer aisément sur le côté historique du roman. J’en ressors néanmoins avec un avis très partagé, à l’image même du livre. Si la moitié sur Machiavel est très bonne, pour ne pas dire excellente, celle sur Savonarole n’est pas à la hauteur. Dommage.

mardi 9 octobre 2018

Cesare T.5

Titre : Cesare T.5
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 222
Note : 5 / 5

Bien décidé à démasquer ceux qui ont mis le feu à la manufacture, et malgré le peu d’indices en sa possession, Cesare se lance à leur recherche.

Il emprunte des vêtements à Angelo, fausse compagnie à sa garde et part se mêler à la foule de la cité en fête. Mais au milieu des badauds et des forains se cache aussi l’assassin qui en veut à la vie de l’héritier des Borgia…




Avis de Cyrlight



La saga Cesare se poursuit avec un cinquième tome riche en action. L’escapade que le jeune Borgia effectue en compagnie d’Angelo se conclut par une confrontation avec l’assassin envoyé pour le tuer. Il en réchappe en partie grâce à l’intervention de Miguel, et la vie reprend ensuite son cours à l’université de Pise, où les étudiants doivent se livrer à une simulation de bataille.

Si l’Histoire avec un grand H est quelque peu mise entre parenthèses dans ce tome, les personnages et les relations qu’ils entretiennent sont au cœur de l’intrigue. On retrouve bien évidemment le trio principal, composé d’Angelo, Cesare et Miguel, mais pas seulement, puisque les Français font également leur retour.

Le caractère d’Angelo évolue progressivement, ce qui est sans doute dû à l’influence de Miguel. Fini le garçon qui se confondait en excuses dès qu’il ouvrait la bouche dans les premiers chapitres. Il commence à prendre conscience des manipulations de Cesare, mais surtout, il ose s’opposer à lui. Il cesse peu à peu d’être un pion et s’incruste lentement dans le décor du cercle des Espagnols.

Pour la première fois aussi, on prend conscience de la pression qui repose sur les épaules de Miguel. En tant que bras droit de Cesare, il est de son devoir de le garder en vie, et serait le principal responsable s’il venait à mourir, alors que ce dernier ne lui simplifie pas la tâche.

Cesare dévoile néanmoins tous ses talents de stratège dans ce tome, que ce soit en tendant un piège à l’assassin ou sur le champ de bataille de l’université, face aux Français dont il est la cible. On le découvre à la fois séducteur et orgueilleux, mais surtout, on distingue l’immense chef de guerre qu’il deviendra par la suite. Il n’hésite pas à oser des stratégies complexes et de prime abord vouées à l’échec, alors qu’elles finissent par payer.

Les dessins sont peut-être un ton en dessous par rapport à d’habitude pour les scènes de combat à cheval, légèrement plus difficiles à suivre qu’à l’accoutumée, sans parler des personnages qui, coiffés d’un haume, ne se distinguent plus aussi aisément les uns des autres, mais le tout n’en demeure pas moins très beau et très agréable à l’œil.

Que dire de plus que je n’ai déjà évoqué à propos de Cesare ? C’est un manga sublime, avec un scénario prenant, des personnages grandioses... Je me répète sûrement d’une critique à l’autre, mais si vous ne vous êtes pas encore lancé dans la lecture, foncez !


Coup de ♥ 

mercredi 26 septembre 2018

Cesare T.4

Titre : Cesare T.4
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 224
Note : 5 / 5
Angelo, qui s’est vu confier la supervision du chantier de la manufacture, promet innocemment à Cesare de lui rapporter tout ce qui touchera à l’avancée des travaux. Ayant eu vent de ce pacte, Miguel conseille au jeune Florentin de ne pas accorder aveuglément sa confiance à son camarade espagnol.
C’est alors qu’un autre personnage approche Cesare : Niccolò Machiavel, agent à la solde de Lorenzo de Médicis. Lorsque l’espion lui confie que l’état de santé de son employeur est des plus préoccupants, le jeune Borgia prend conscience de la nécessité de réconcilier les Médicis et Raffaele Riario avant que Florence ne montre des signes de faiblesse. Tout en prenant soin de s’assurer de l’identité de tous les membres de la Fiorentina, il met en place un nouveau plan…



Avis de Cyrlight



L’Histoire poursuit sa progression dans ce quatrième tome de Cesare, où l’on fait la connaissance de la délicieuse Lucrezia Borgia. La réconciliation entre les Medicis et Raffaele Riario est en bonne voie et les travaux de la manufacture avancent bien, ce qui n’est pas au goût de tout le monde...

De nouveaux personnages font leur apparition dans ce tome. Lucrezia, bien sûr, mais aussi sa préceptrice Adriana, ainsi que la belle Giulia Farnese, amante de Rodrigo. À leur manière, les deux femmes préparent à son union prochaine la jeune enfant, qui n’a cependant d’yeux que pour son frère aîné.

Ce dernier continue à nous surprendre, mais pas forcément de la meilleure des façons. Les mises en garde de Miguel à propos de Cesare raisonnent tout au long de ce manga et, à l’instar d’Angelo, on en vient à douter, tout en étant incapable de lui résister.

Cesare est un personnage ambigu, l’eau et le vin, le feu et la glace... L’ange et le démon. Il y a des moments où il dévoile son véritable visage, celui d’un être manipulateur, prêt à tout pour parvenir à ses fins, mais qu’il s’agisse d’Angelo aussi bien que du lecteur, on ne peut s’empêcher de retomber sous son charme quelques pages plus loin. La mangaka a parfaitement réussi le pari de transposer à la fois les craintes mais aussi (et surtout) la fascination qu’inspire Cesare Borgia, quoi qu’il fasse.

Même s’il peut paraître condescendant et arrogant, c’est surtout quelqu’un qui accorde du crédit à l’intelligence et au savoir, peu importe d’où ils proviennent. Il est évident qu’il tire toutes les ficelles, en particulier celles de ce pauvre et naïf Angelo, mais il ne semble pas moins avoir une certaine considération pour ses connaissances du peuple et du milieu ouvrier, d’autant que cela sert ses desseins.

Il le prouve également avec Lucrezia. Alors qu’elle est éduquée pour suivre le précepte des femmes de l’époque « Sois belle et tais-toi », il insiste pour qu’elle se cultive, qu’elle apprenne le latin... En plus de ses atouts physiques, il tient aussi à ce qu’elle ait de l’esprit, bien que ce soit le cadet des soucis de son futur mari.

Giovanni est quant à lui davantage mis en avant dans ce tome. Même s’il manque toujours de charisme (ce qui est d’autant plus flagrant quand il se tient face à Cesare), il dévoile aussi un côté touchant et attachant. Son entrevue avec Raffaele est excellemment bien menée.

Pour ce qui est du scénario en lui-même, il est riche en rebondissements dans ce tome. Tantôt dramatiques, avec le complot contre la manufacture, tantôt burlesques, avec Cesare qui tente (plus mal que bien) de se mêler au peuple, on ne s’ennuie pas une seconde.

Le manga continue donc sur sa lancée, voire s’améliore, si tant est que cela soit possible, étant donné qu’il frôlait presque la perfection dès le début. Un chef-d’œuvre à lire absolument, ou à redécouvrir !


Coup de ♥ 

lundi 21 mai 2018

Le sang des Borgia

Titre : Le sang des Borgia
Auteur : Mario Puzo
Édition : Archipoche
Pages : 438
Note : 3 / 5
Élu pape en 1492 sous le nom d’Alexandre IV, Rodrigo Borgia fut l’une des plus extraordinaires fripouilles de son époque. Avant de servir Dieu, le nouveau souverain pontife cherche d’abord à servir les siens, à commencer par ses enfants, Juan, César, Geoffroi et Lucrèce. 
Mais sa position dominante et son népotisme vont susciter des jalousies, qui bientôt deviennent meurtrières… En cette Italie de la Renaissance, intrigues, complots et empoisonnements ne sont pas de vains mots !
À la mort de Rodrigo, l’ennemi de la famille, le Cardinal della Rovere lui succède. Et c’est tout le clan Borgia qui se trouve en danger. César, qui inspirera à Machiavel le personnage du Prince, se réfugie à Naples avant de fuir en Espagne, où il sera fait prisonnier. Mais, bien décidé à retrouver le statut qui était le sien, il s’évade et ourdit sa vengeance…




Avis de Cyrlight



Le sang des Borgia est un roman historique qui retrace l'histoire de cette célèbre famille italienne à la réputation sanglante. De l'ascension au pontificat de Rodrigo, dit Alexandre VI, à la chute de Cesare, le Valentinois, c'est une véritable fresque que nous offre Mario Puzo.

Sans être incollable sur cette période de la Renaissance, les faits rapportés par l'auteur m'ont paru sensiblement exacts, ce qui est un très bon point à côté d'autres œuvres (je pense notamment à la série télévisée) qui prennent parfois des libertés plus ou moins importantes avec l'Histoire.

L'autre qualité qu'il faut mettre au crédit du romancier, c'est son objectivité. Après avoir lu Les Borgia d'Alexandre Dumas, où ce dernier avait clairement un parti pris contre eux, il est bon de lire un récit qui ne les dépeint pas nécessairement comme des monstres, même s'ils n'étaient pas exempts de défauts.

Passons à présent aux côtés négatifs, à commencer par le style. La plume est agréable et se lit facilement, mais la façon dont l'histoire est contée est beaucoup moins plaisante. Elle tient davantage du documentaire que du roman, car elle se concentre davantage sur les évènements marquants de la vie des Borgia, sans trop développer le reste.

Tout s'enchaîne très vite, avec parfois des va-et-vient dans la chronologie qui m'ont brièvement perdue. Certains éléments semblent aussi tomber comme un cheveu sur la soupe, des personnages sont mentionnés et disparaissent pendant plusieurs dizaines de pages, avant de réapparaître brusquement...

Si j'ai apprécié la part belle faite à Geoffroi, trop souvent négligé, je n'en dirais pas autant de Michelotto. En plus d'être assez en retrait dans cette œuvre, il semble essentiellement à la solde du pape, alors qu'il est plus généralement présenté comme le bras droit de Cesare.

Je terminerai sur les prénoms. La plupart sont en italien, comme il convient, or Cesare et Lucrezia sont tous deux nommés à la française (César et Lucrèce). C'est assez déroutant, et surtout cela jure avec le reste.

En conclusion, Le sang des Borgia est le livre idéal si vous souhaitez en apprendre davantage à leur sujet, mais ne vous attendez pas à une histoire très romanesque. Elle aurait sûrement gagné à être plus développée, peut-être en plusieurs tomes, un peu à la manière du manière du manga Cesare de Fuyumi Soryo.

mercredi 17 janvier 2018

Assassin's Creed T.1 : Renaissance

Titre : Assassin's Creed T.1 : Renaissance
Auteur : Olivier Bowden
Édition : Milady
Pages : 475
Note : 2.5 / 5
Trahi par les familles dirigeantes d'Italie, un jeune homme se lance dans une épique quête de vengeance. Afin d'éliminer la corruption et de rétablir l'honneur des siens, il deviendra un assassin. Il fera appel à la sagesse de Léonard de Vinci ou Nicolas Machiavel, car il sait que sa survie dépend des dons qu'il doit développer. Aux yeux de ses alliés, il représente le changement car il combat pour la liberté et la justice. Mais ses ennemis le considèrent comme la pire des menaces car il a voué son existence à la destruction des tyrans qui oppriment le peuple d'Italie. Ainsi commence une histoire de pouvoir, de vengeance et de conspiration.



Avis de Cyrlight



Assassin's Creed : Renaissance est l'adaptation romanesque du célèbre jeu Assassin's Creed II. Le roman ne tient pas compte des événements se déroulant dans le présent et se concentre uniquement sur les aventures d'Ezio Auditore dans l'Italie de la fin du XVème siècle.

Tout d'abord, je tiens à indiquer que je n'ai pas joué au jeu dont ce livre est adapté, seulement à Brotherhood, donc pour ce qui est de la fidélité, je peux seulement affirmer que la fin ne correspond pas tout à fait, puisque la mort de l'un des personnages n'est censée survenir que dans l'opus suivant.

En revanche, les mécanismes du jeu sont très bien respectés. Un peu trop, même... Les quêtes, les cibles à éliminer, les courses sur les toits... C'est plaisant quand on joue, mais ça devient très vite redondant quand on lit. Le schéma narratif est constitué d'une boucle qui se répète sans cesse, et sans aucun suspens.

L'écriture n'aide pas à prendre goût au livre. Elle est souvent répétitive, parfois maladroite, et les termes en italien qui surviennent fréquemment ne facilitent pas la lecture. Si les plus évidents se passent de traduction, certains, plus complexes, nécessitent de se référer au lexique de fin de livre, ce qui est lassant, au bout d'un moment.

Un autre point négatif de cet ouvrage : la temporalité. Elle est très mal représentée. On a parfois l'impression que quelques semaines à peine se sont écoulées, alors qu'en réalité, il s'est passé plusieurs années, et on en arrive à se demander ce qu'Ezio a fait pendant ce temps, puisqu'il reprend brutalement sa quête comme s'il l'avait suspendue la veille.

Venons-en d'ailleurs à lui. Assez sympathique, il possède une aura agréable, mélange de courage et d'assurance, même si tout semble trop facile pour lui (il ne rencontre presque aucune difficulté dans l'accomplissement de ses missions). Le personnage le plus fascinant est probablement Léonardo Da Vinci, au contraire des antagonistes qui manquent cruellement de charisme, le redoutable Rodrigo Borgia lui-même ne faisant pas exception.

Le scénario dans l'ensemble est très mal dosé. En plus de présenter les redondances du jeu vidéo, comme dit plus haut, il souffre de nombreuses longueurs, au contraire des scènes d'action qui sont parfois expédiées en quelques paragraphes.

Vous l'aurez compris, ce livre est une déception. Il calque trop les mécanismes du jeu, souffre de nombreuses faiblesses et l'écriture n'est pas assez bonne pour remonter le niveau. Si vous voulez découvrir l'univers Assassin's Creed, lancez-vous plutôt dans une partie, vous passerez un meilleur moment.

mercredi 29 novembre 2017

Cesare T.3

Titre : Cesare T.3
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 220
Note : 5 / 5
Alors qu’au Vatican, le pape est sur son lit de mort, la rivalité entre Rodrigo Borgia et Giuliano Della Rovere s’intensifie. Les deux camps s’organisent : Cesare parvient à obtenir le soutien de l’archevêque de Pise, tandis que Giuliano charge un espion d’assassiner le jeune homme ! Mais celui-ci quitte la ville pour Florence, où il doit rencontrer Lorenzo de Médicis. Les deux familles ont en effet un objectif commun : stabiliser la situation à Pise et faire en sorte que Giovanni devienne enfin cardinal. Pour y parvenir, Cesare encourage le grand banquier à se réconcilier avec Raffaele Riario en collaborant à la création d’une manufacture de textiles…



Avis de Cyrlight



Après un second tome plus éparpillé, ce troisième volume de Cesare se recentre sur l'université de la Sapienza et les personnages principaux. On y retrouve un Angelo qui s'interroge à propos de l'absence de Cesare, en voyage à Florence, et qui s'attire des ennuis, une fois n'est pas coutume.

Sa franche naïveté lui attire encore les foudres des Français, et surtout d'Henri, ce qui débouche sur une excellente scène de corrida, avec nul autre que Cesare dans le rôle du matador, ce qui nous offre une nouvelle occasion d'admirer toute l'étendue de son charisme.

Si ses qualités de meneur sont indiscutables, il dévoile en plus dans ce tome une autre facette de sa personnalité, beaucoup plus sombre, qui commence à apparaître sous son visage d'ange. Intelligent, calculateur et manipulateur, il serait presque sans égal sans l'apparition d'un nouveau personnage...

... Qui n'est autre que Niccolo Machiavelli en personne, chargé d'espionner pour le compte de Florence. Grâce à d'habiles stratagèmes, qui incluent Angelo, il parvient à se mettre en relation avec Cesare, et tous deux conviennent d'une alliance.

Les protagonistes s'étoffent, gagnent en importance et en profondeur, à l'exception de Giovanni qui se démarque par son inutilité chronique et n'en devient que plus agaçant. La relation entre Cesare et Miguel est toujours aussi fascinante, sans parler du rapprochement progressif entre ce dernier et Angelo, qu'il n'hésite pas à mettre en garde contre Cesare lui-même. C'est cette ambiguïté qui fait tout l'intérêt des deux Espagnols.

L'histoire en elle-même progresse à son rythme et continue à nous abreuver d'anecdotes historiques toutes plus passionnantes les unes que les autres. Les dessins sont précis, raffinés et on ne se lasse pas de les parcourir des yeux. Ce manga qui se bonifie de tome en tome sait captiver le lecteur, si bien qu'on en redemande.


Coup de ♥ 

lundi 23 octobre 2017

Cesare T.2

Titre : Cesare T.2
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 224
Note : 5 / 5
A peine arrivé à l'université de Pise, Angelo s'attire les foudres du fils de son protecteur, Giovanni de Médicis. Ignorant des usages du monde, le jeune homme commet bévue sur bévue et manque même de déclencher une rixe entre cercles d'étudiants... Le soir même, des inconnus masqués embusqués dans une ruelle tentent de le poignarder ! Secouru in extremis par Cesare Borgia, le Florentin est invité dans sa somptueuse demeure et, de fil en aiguille, les deux jeunes gens se lient d'amitié. C'est alors que l'Espagnol propose à Angelo de lui montrer la face cachée de la ville, sombre et miséreuse...



Avis de Cyrlight



Dans ce second tome de Cesare, on retrouve les personnages à l'endroit exact où on les avait laissés à la fin du premier. Cette fois, l'histoire se concentre moins sur le jeune Angelo, mais beaucoup plus sur les grandes figures de l'époque.

À Rome, on découvre les cardinaux, en particulier Rodrigo Borgia et son ennemi juré, Giuliano Della Rovere. Le ton est donné entre ces deux-là et leur haine, à l'approche de la mort du Saint-Père et du conclave qui s'ensuivra, est plus que palpable, tandis que des alliances s'organisent autour des deux camps.

À Florence, on fait la connaissance du charismatique et amateur d'art Lorenzo de Médicis, ainsi que de l'énigmatique Léonard de Vinci, dont l'intelligence et la finesse d'esprit ne manquent pas de désarçonner Cesare, qui le rencontre en même temps que le lecteur.

Si les personnages principaux du premier tome sont un peu moins présents, ils ne sont pas en reste pour autant. Angelo n'hésite pas à s'opposer à Cesare au cours d'un passionnant débat à la Sapienza, qui revisite L'Enfer de Dante et la sinistre histoire de la Tour de la faim.

La naïveté et la bienveillance du jeune homme sont toujours au rendez-vous, ce qui offre encore quelques situations cocasses, comme lorsqu'il présente ses excuses à un Cesare perplexe, tandis que celui-ci dévoile pour la première fois une certaine part d'ombre.

On en apprend davantage sur son passé, ainsi que sur celui de Miguel, grâce à l'intervention de leur ami Christophe Colomb. Cela met en lumière la relation à la fois fraternelle et complice qu'ils entretiennent tous deux, et lui donne tout son sens.

La culture occupe toujours une place prépondérante dans cette œuvre, avec les nombreuses références historiques et artistiques qu'elle contient. Beaucoup de thèmes d'époque, tels que la Reconquista, sont abordés, et enrichissent le manga autant que le savoir du lecteur.

Les dessins sont encore plus splendides que dans le premier tome et méritent sincèrement que l'on s'attarde sur eux, en particulier la représentation des lieux tels que la Chapelle Sixtine, que l'on n'aurait su imaginer sans la célèbre fresque de Michel-Ange.

On ne peut que ressortir conquis de ce manga. Il est dense, riche, amusant, esthétique... On passe vraiment un très agréable moment à la lecture et, une fois terminée, on n'aspire plus qu'à entamer la suite.


Coup de ♥ 

vendredi 1 septembre 2017

Cesare T.1

Titre : Cesare T.1
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 192
Note : 5 / 5
Naïf et studieux, Angelo da Canossa n'est guère armé pour la vie d'étudiant à l'université de Pise, un lieu d'intrigue et de tensions dans l'Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à la rencontre de Cesare Borgia, rejeton d'une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d'accéder au Saint-Siège ? Rivalités entre les différentes factions de l'université, dangers de la vie quotidienne de l'époque, machinations politiques et luttes fraticides, il va partager les années de formation d'un des personnages les plus fascinants de l'Histoire, qui a récemment inspiré pas moins de deux séries télévisées.



Avis de Cyrlight



Cesare est un manga qui retrace la vie trépidante et controversée de la grande figure italienne qu'était Cesare Borgia, fils du pape Alexandre VI, mais à travers les yeux d'un personnage étranger à l'Histoire, le jeune Angelo Da Canossa.

Cette œuvre est une pure merveille. Commençons par les dessins, qui sont d'une beauté à couper le souffle. Ils fourmillent de petits détails et sont d'une précision et d'une justesse incroyable. Ils sont d'autant plus importants qu'ils accaparent parfois une, voire deux pages entières, sans qu'une ligne de dialogue les accompagne. Ce n'est d'ailleurs pas utile, puisqu'ils parlent d'eux-mêmes.

En ce qui concerne la partie historique, et bien que je ne puisse attester complètement de sa véracité, un travail de recherches pointu à l'air d'avoir été entrepris par l'auteur, afin de calquer au mieux la réalité. Ce manga nous offre bon nombre d'informations digne d'un cours d'histoire.

C'était d'ailleurs ce que j'appréhendais un peu, au début. Je craignais de trouver une sorte de documentaire froid et peut-être même un peu ennuyeux, dans la lignée des Borgia de Dumas, alors que c'est tout le contraire. Tout du long, l'Histoire s'entremêle à la perfection avec l'histoire des personnages. Si l'on apprend des choses, on rit aussi beaucoup et on s'attache aux personnages.

Angelo, ce doux naïf, fait ses débuts à l'université de la Sapienza grâce à Lorenzo de Medicis, et rencontre d'ailleurs l'illustre fils de celui-ci, Giovanni. Assez ambigu, car il semble alterner entre la fierté et la bienveillance, il est le moins intriguant des protagonistes. Il faut admettre que l'ombre que projette Cesare autour de lui est grande.

Beau, ténébreux et mystérieux, il est difficile de ne pas succomber à son charme dès l'instant où il apparaît, monté sur son cheval et tout de noir vêtu. Il fascine aussitôt grâce à sa majesté que les dessins ont su parfaitement faire ressortir. Miguel, son bras droit, est plus nuancé. À la fois digne acolyte de Cesare, il n'en demeure pas moins un individu simple et hilarant par moments.

Vous l'aurez compris, ce manga est assurément un énorme coup de cœur, à la fois dense et léger, drôle et profond... Il n'y a pas un défaut à lui reprocher qui puisse contrebalancer quelque peu toutes ses qualités. Amateurs d'Histoire ou non, n'hésitez pas à vous jeter dessus si vous le croisez en librairie.


Coup de ♥