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vendredi 12 avril 2019

Douze minutes avant minuit

Titre : Douze minutes avant minuit
Auteur : Christopher Edge
Édition : Flammarion
Pages : 332
Note : 3 / 5
Londres, 1899.
Tous les soirs, douze minutes avant minuit, un phénomène inquiétant frappe un hôpital psychiatrique : les patients se mettent à écrire frénétiquement d'étranges messages sur des papiers, des murs, et même leur peau.
Pénélope Tredwell, propriétaire à treize ans du célèbre magazine Le frisson illustré, et auteur d'histoires terrifiantes, décide d'enquêter.
Bientôt prise au piège dans une véritable toile d'araignée, Pénélope regarde d'un œil angoissé les minutes s'écouler : chacune d'elles la rapproche du vénéneux complot qui se prépare....


Avis de Cyrlight



Douze minutes avant minuit est un roman de littérature jeunesse qui raconte l’histoire de Penelope Tredwell, auteur à succès d’histoires d’horreur qui se dissimule sous le pseudonyme de Montgomery Flinch. Lors des apparitions publiques de l’écrivain, c’est un acteur qui endosse son rôle, et il ne tarde pas à être convoqué pour résoudre l’étrange affaire qui se déroule dans un asile.

Le livre commence plutôt bien, avec une écriture fluide, le secret de l’héroïne à protéger et surtout une énigme à résoudre. Le seul point qui m’a dérangée dès le début, c’est l’âge de Pénélope. Comment, à treize ans, peut-on être à la fois éditrice, rédactrice-en-chef et surtout écrire des histoires qui feraient pâlir Arthur Conan Doyle (qui est également un personnage du livre) ? Sans parler du talent qu’elle dévoile plus tard, celui d’être aussi une experte en dissection. C’est trop gros pour être crédible.

En dépit de cela, j’ai apprécié que son jeune âge mette en avant la condescendance des adultes, qui l’ignorent la moitié du temps et se montrent odieux avec elle l’autre moitié. Il a va de même avec Alfie, alors que ce sont eux qui, en dépit des obstacles, vont littéralement démêler la toile dans laquelle Londres est engluée.

Le scénario en lui-même est relativement addictif, mais malheureusement très prévisible. On sent venir chaque rebondissement à l’avance, si bien que pour le suspens, on repassera. L’histoire se lit malgré tout, du moins jusqu’à la fin, qui part complètement en quenouille.

Si, jusqu’à un certain point, l’explication concernant la folie des patients de Bedlam pouvait paraître crédible, le dernier rebondissement est complètement tiré par les cheveux (ou par le fil de la toile), et fait perdre tout réalisme à l’histoire.

Attention, spoilers ! Déjà, pourquoi Penny n’a-t-elle pas réagi au moment où le champagne a été servi ? À défaut de convaincre les autres de ne pas boire, elle aurait pu en persuader Monty et son tuteur. Ensuite, que la Veuve Noire soit capable d’hypnotiser toute une foule à l’aide de son poison, c’est une chose, mais que cette foule soit ensuite capable d’envoûter le reste de la ville à travers leurs écrits, cela me semble peu cohérent. Enfin, la connexion plus ou moins télépathique qui relie toutes les victimes du complot me semble également abracadabrante.

D’ailleurs, comment se fait-il que Barrett ait échappé à la folie ? En tant que journaliste, et ne serait-ce même que par curiosité, il aurait dû lire l’un des magazines en même temps que le reste des habitants de Londres. Quant à la défaite de la Veuve Noire, elle est beaucoup trop rapide et facile à mon goût. Fin des spoilers !

Enfin, il est difficile de s’attacher aux personnages. Penny est une Mary-Sue en puissance : elle sait tout, comprend tout et est douée dans tout ce qu’elle entreprend. Même Barrett, qui aurait pu se révéler intéressant, redevient un parfait crétin dans les dernières pages (d’ailleurs, en ce qui le concerne, le hasard fait bien les choses...). Seuls Alfie et Monty sont un peu plus sympathiques que les autres.

Douze minutes avant minuit est donc un roman qui commence bien, mais qui s’enfonce au fil des chapitres dans un scénario de plus en plus moyen et décevant. J’ai vu qu’il y avait une suite, mais à cause de cela, je ne suis pas tentée de la lire.

vendredi 5 octobre 2018

La demoiselle du Mississippi

Titre : La demoiselle du Mississippi
Auteur : Alexandra Ripley
Édition : Archipoche
Pages : 500
Note : 2 / 5
La vie de Mary MacAlistair bascule le jour de ses seize ans, lorsque, à la mort de son père, elle apprend que sa mère n'est qu'une marâtre. Orpheline, avec pour tout héritage un coffret contenant quelques souvenirs et une adresse à la Nouvelle-Orléans, elle n'hésite pas à quitter sa pension et à s'embarquer sur le premier vapeur descendant le Mississippi... De multiples aventures l'attendent. Elle échappe de justesse à la maison de prostitution où elle s'est laissée entraîner. Elle est chassée de la famille où elle avait trouvé refuge. Peu à peu elle soupçonnera que personne - notamment le séduisant planteur, Valmont Saint Brévin, dont pour son malheur elle tombe amoureuse - n'a intérêt à ce qu'elle retrouve les siens.


Avis de Cyrlight




La demoiselle du Mississippi est un roman historique ayant pour cadre l’Amérique pré-guerre de Sécession. Mary, une jeune fille naïve, apprend le jour de son seizième anniversaire que son père est mort et que sa belle-mère ne veut plus d’elle. Avec une cassette pour seul héritage, elle se lance à la recherche de sa véritable famille maternelle, à la Nouvelle-Orléans.

Si je devais décrire ce livre en quelques mots, je dirais qu’on n’en voit pas le bout. J’avais déjà eu ce sentiment avec Pour tout l’or du Sud, un autre roman d’Alexandra Ripley, où il ne se passait pas grand-chose, mais où les personnages avaient le le mérite d’être attachant. Ici, c’est loin d’être le cas.

Pour commencer, il y en a beaucoup trop. Si le début se concentre sur Mary, la suite s’éparpille avec Jeanne, sa demi-sœur, Valmont Saint-Brévin, Marie Laveau... Et que dire de Céleste ? Elle apparaît d’abord comme l’antagoniste du récit, puis ne revient ensuite qu’une ou deux fois, histoire de nous rappeler qu’elle existe, avant que son sort finisse par être abrégé en l’espace de quelques lignes, sans qu’on ait finalement pu correctement la cerner.

C’est d’ailleurs le problème de l’histoire en elle-même. Elle traîne en longueur, part dans tous les sens, plusieurs intrigues se superposent... On se perd facilement, on se demande où on va, et tout cela pour quoi ? Une fin bâclée expédiée en une poignée de chapitres.

L’héroïne, Mary, est agaçante au possible. Crédule la moitié du temps et odieuse l’autre moitié, impossible de s’attacher à elle. Elle a souvent des opinions condescendantes sur les gens, alors qu’elle-même ne vaut pas mieux, ne serait-ce que dans son attitude avec ce pauvre Paddy, qui a pour seul défaut de ne pas avoir un rang social équivalent au sien. Elle est déterminée à retrouver sa famille, mais ne fait rien pour y parvenir, puis s’en moque, puis l’adore... À cause de tout cela, elle donne l’impression d’être une égoïste ambitieuse qui, comme le fait si bien remarquer la veuve, aime se faire plaindre.

Grosse déception donc que ce livre. Autant j’avais adoré Scarlett et autant la lecture de Pour tout l’or du Sud n’avait pas été désagréable, en dépit du ton monocorde du roman, autant La demoiselle du Mississippi m’a refroidie quant à l’idée de lire d’autres livres d’Alexandra Ripley. Si je dois me relaisser tenter, ce ne sera sûrement pas avant un sacré bout de temps.

dimanche 24 juin 2018

Dunkerque

Titre : Dunkerque
Auteur : Joshua Levine
Édition : HarperCollins
Pages : 384
Note : 2.5 / 5
L’espoir est une arme. La survie est une victoire.
Dunkerque, mai 1940 : plus de 300 000 soldats alliés échappent à l’armée allemande lors d’une évacuation maritime spectaculaire. L’histoire de ce sauvetage héroïque qui dura neuf jours – du 27 mai au 4 juin 1940 – et des soldats, marins, pilotes et civils qui y participèrent, est entrée dans la légende.
Cette opération que Churchill qualifia de « miracle » est ici racontée Joshua Levine, auteur de plusieurs livres d’Histoire devenus des best-sellers.
Enrichi de nouveaux témoignages de vétérans et de survivants, Dunkerque est le compte rendu fascinant à plusieurs focales (au sol, en mer et dans les airs) d’une glorieuse défaite qui mena les Alliés vers la victoire.



Avis de Cyrlight




Dunkerque est un roman historique, qui effectue le parallèle entre l'évacuation anglaise lors de la Seconde Guerre mondiale et le long-métrage éponyme réalisé par Christopher Nolan.

La mention « livre officiel du film évènement » affichée sur la couverture est quelque peu trompeuse. Pourquoi ? Je m'attendais tout simplement à lire une novélisation, alors qu'il s'agit d'une œuvre purement historique. Même si je conviens que cette erreur est due à mon inattention (j'aurais dû vérifier plus attentivement), j'ai vite grincé des dents.

Ce livre n'a beau compter que trois cents et quelques pages, c'est un pavé d'énumérations de lieux, de noms, de stratégies, de matériel militaire... J'ai beau m'intéresser à l'Histoire, ayant très peu de connaissances sur la Seconde Guerre mondiale, tout cela m'a paru indigeste.

À moins d'être vraiment passionné ou d'avoir déjà pas mal de notions, on oublie quasiment au fur et à mesure ce qu'on vient de lire, tant le contenu du texte est dense. Si on ne peut que louer le travail et les détails fournis par l'auteur, on peut aussi lui reprocher le caractère soporifique que son ouvrage. À cause de cela, on s'enlise dans la narration et on décroche peu à peu.

Venir à bout de Dunkerque m'aura demandé un temps considérable, et même à présent que je l'ai terminé, je ne suis pas certaine d'avoir retenu grand-chose, hormis un profond sentiment d'ennui. J'ai toujours été d'avis que la meilleure façon d'apprendre, c'est de le faire en se captivant pour son sujet, or cette lecture est tout sauf prenante.

Je mets la moyenne à ce livre, car il n'est tout de même pas dépourvu d'intérêt et saura sûrement en séduire d'autres mieux que moi.

jeudi 17 mai 2018

Jane Eyre

Titre : Jane Eyre
Auteur : Charlotte Brontë
Édition : Pocket
Pages : 695
Note : 2 / 5
Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.




Avis de Cyrlight



Considéré comme un classique de la littérature anglaise, Jane Eyre narre l'histoire d'une jeune orpheline devenue enseignante, qui trouve par la suite une place de gouvernante chez M. Rochester, pour qui elle développe rapidement des sentiments amoureux.

Le roman de Charlotte Brontë a beau avoir une réputation qui n'est plus à faire, il n'a pas eu l'effet escompté sur moi, car je me suis ennuyée pendant sensiblement toute ma lecture.

Le style est lourd, les phrases sont interminables, et à cause de cela, l'histoire peine à avancer. Pour donner une idée plus précise, l’événement majeur décrit dans le résumé (à savoir l'existence de la femme aliénée de M. Rochester) ne survient qu'aux alentours de cinq cents pages, soit aux deux tiers du livre !

Les dialogues, loin d'apparaître comme une bouffée d'air frais au milieu de ces imposants pavés descriptifs ou narratifs, m'ont paru très téléphonés. Les personnages discourent à n'en plus finir sur des sujets souvent inintéressants, dont on se passerait volontiers.

D'ailleurs, parlons-en, des personnages. Je n'ai pas du tout accroché à Jane, tant elle m'est souvent apparue en contradiction avec elle-même. Tantôt froide et distante, tantôt rebelle ou condescendante, tantôt soumise et passive... Difficile de se faire une idée fixe sur elle.

Quant à M. Rochester, il est tout simplement insupportable, et je n'ai eu de cesse de me demander comment Jane pouvait l'aimer. Il méprise ouvertement Adèle pour qui elle a de l'affection, il est brusque et manipulateur, et pousse le vice au point de se servir d'une autre femme pour la rendre jalouse.

Seuls personnages secondaires sont agréables (Bessie, Mme Fairfax, les sœurs de Saint-John...), ce qui rend leurs apparitions bienvenues et offre un (unique) point positif à l'histoire.

La fin est décevante, à cause des heureux hasards qu'elle présente. Combien de chances Jane avait-elle de rencontrer sa famille alors qu'elle est censée ne plus en avoir ? Sans parler de la voix de M. Rochester qui lui parvient soudain de la façon la plus irrationnelle qui soit, après qu'un drame l'a libéré de son premier mariage.

Si le charme de Jane Eyre a opéré sur beaucoup, il n'aura pas fonctionné sur moi. N'ayant pas non plus apprécié Les Hauts de Hurlevent, pour des raisons différentes, je doute d'avoir envie de m'aventurer plus loin avec les sœurs Brontë.

lundi 22 janvier 2018

Jacquou le Croquant

Titre : Jacquou le Croquant
Auteur : Eugène Le Roy
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 416
Note : 3 / 5


Périgord, 1815, Jacquou n'a que huit ans lorsque son père est jeté au bagne, où il meurt au bout de quelques mois. Jacquou jure de se venger du comte de Nansac, un noble, arrogant propriétaire terrien, responsable de l'arrestation de son père. Quand, devenu adulte, Jacquou peut enfin mettre en oeuvre sa vengeance, il devient en même temps le justicier du peuple paysan.





Avis de Cyrlight



Jacquou le Croquant narre l'histoire d'un jeune garçon qui, après avoir perdu son père au bagne et sa mère de maladie, grandit en nourrissant sa haine pour le Comte de Nansac, l'homme à l'origine de tous ses maux, dont il a juré de se venger.

Le livre se lit facilement, mais le langage d'époque risque d'en rebuter plus d'un, tout comme la lenteur à laquelle se déroule l'histoire. Si le début est agréable, l'histoire m'a paru prendre un tournant plus ennuyeux après la mort des parents de Jacquou.

Il n'y a que peu d'action, hormis l'assaut lancé contre le château. L'auteur se concentre essentiellement sur la vie à la campagne à l'époque de la Restauration et sur les conditions de vie misérables des pauvres gens avec lesquels on compatit, même si tout cela devient redondant, au bout d'un moment.

Je déplore également le manichéisme qui transparaît dans cette histoire. Les personnages sont soit bons, sans mauvais. La seule à se démarquer un peu est la Galiote, mais son personnage est sous-développé. Le fait d'avoir vu le film au préalable a sans doute influencé ma déception à ce niveau.

Malgré cela, Jacquou le Croquant est un livre qui se laisse lire et qui nous transporte dans la campagne du Périgord au XIXème siècle. Il ne faut simplement pas en attendre davantage, au risque de déchanter.

samedi 18 novembre 2017

Pour tout l'or du Sud

Titre : Pour tout l'or du Sud
Auteur : Alexandra Ripley
Édition : Archipoche
Pages : 526
Note : 3 / 5
Richmond, 1880. Chess Standish, la fille de l'une des plus anciennes familles de Virginie, épouse un obscur fermier de Caroline, Nathan Richardson, de sept ans son cadet. En ce lendemain de guerre civile, l'Amérique toute entière est à reconstruire, et la personnalité forte de Richardson, ses projets ambitieux, ont tout pour séduire Chess. Que Nathan l'ait épousée par intérêt lui importe peu: elle se résigne à n'être pour l'instant que sa brillante associée, car elle sait qu'elle transformera ce mariage de raison en une histoire d'amour...




Avis de Cyrlight



Pour tout l'or du Sud est un roman post-guerre de Sécession, qui se déroule dans les anciens États confédérés. Nathan, un jeune homme ambitieux et avide de nouvelles découvertes, accepte d'épouser Chess, plus âgée que lui, en échange des plans et de la maquette d'une machine avec laquelle il a l'intention de faire fortune. Ce mariage de raison se transforme cependant bien vite en amour du côté de Chess, qui entretient l'espoir secret de se faire aimer de son mari.

Chess est une femme forte, débrouillarde et intelligente. Vive et spontanée, on s'attache aussitôt à son personnage, appréciable pour son naturel, même si elle le perd un peu à mesure que son couple s'enrichit. La fille en salopette laisse place à une épouse élégante et bien mise, mais qui conserve toujours son franc-parler.

Si Nathan ne manque pas de courage et qu'il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs, il mériterait bon nombre de gifles pour le guérir de son obsession pour Lily. Lily, un personnage présent dans le prologue et qui disparaît ensuite pendant près de trois cents pages, mais durant lesquelles son ombre ne cesse de planer, en particulier sur le bonheur de Chess. Même avant son retour, il est difficile de ne pas la haïr.

D'autres personnages, plus secondaires mais pas moins plaisants, rejoignent les protagonistes au fil de l'intrigue, comme les sympathiques Bobby Fred et Edith, la jeune Gussie... Mais aussi certaines figures historiques, comme Oscar Wilde, l'auteur du célèbre Portrait de Dorian Gray.

L'histoire se déroule sur plusieurs années, au cours desquelles on assiste à l'ascension sociale et économique de Nathan et Chess. Si le roman est agréable et joliment écrit, il est tout de même très plat. Il n'y a ni action, ni suspense, ni rebondissements. On se contente de suivre la vie du couple dans ses joies comme dans ses peines, jusqu'à la toute dernière page.

À cause de ce rythme monotone, ce livre ne laissera pas un souvenir impérissable. Il lui manque une étincelle, ou peut-être un peu de passion, pour faire toute la différence.