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jeudi 14 mars 2019

Le pays du soleil rouge

Titre : Le pays du soleil rouge
Auteur : Elizabeth Haran
Édition : L'Archipoche
Pages : 552
Note : 2 / 5
Angleterre, 1941. Accusée d’avoir agressé le père d’un de ses élèves, Lara Penrose, une jeune enseignante, choisit pour éviter la prison de partir enseigner en Australie. Quand elle arrive à Shady Camp, bourgade reculée au nord de l’île continent, c’est le choc. D’abord, il n’y a pas d’école. Et puis la région est infestée de crocodiles. Mais Rick va régler le problème. Dès leur première rencontre, Lara est séduite par cet homme, éconduisant le Dr Jerry qui lui faisait jusque-là une cour assidue…
Des paysages exotiques et envoûtants, une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur et sa place dans la société… Sont ici réunis tous les ingrédients qui ont contribué au succès des sagas de Tamara McKinley, Sarah Lark ou Colleen McCullough.


Avis de Cyrlight



Le pays du soleil rouge est un roman d’Elizabeth Haran qui débute en Angleterre, où Lara, l’héroïne, est accusée d’une agression qu’elle n’a pas commise. Afin d’échapper à la prison, elle accepte de s’exiler deux années durant en Australie pour y exercer en tant qu’enseignante.

Le roman entre directement dans le vif du sujet. Lara se présente dans les écuries de l’employeur de son père, qui est également le parent de l’un de ses élèves. Homme colérique et exigeant, elle tient à s’entretenir avec lui à propos de son fils, mais il ne veut rien entendre et s’emporte, au point de s’assommer par inadvertance avec un râteau.

Débutent ainsi les ennuis pour Lara, car il prétend qu’elle l’a frappée. Elle est arrêtée par la police et, comble de malchance, cogne accidentellement l’un des agents chargés de l’interroger lorsque la manche de sa veste se déchire, ne faisant qu’aggraver son cas.

Outre le fait que la protagoniste aurait bien besoin d’une patte de lapin ou d’un trèfle à quatre feuilles, on n’a pas vraiment le temps d’apprendre à la connaître, et encore moins à l’apprécier, avant que ses malheurs commencent à s’enchaîner. Pire, la première image donnée d’elle est celle d’une fille relativement superficielle, si bien qu’en dépit de l’injustice dont elle est victime, j’ai eu du mal à éprouver de la compassion pour elle.

Cela s’est toutefois un peu arrangé par la suite. À défaut de vraiment m’attacher à elle, j’ai fini par lui trouver quelques qualités, notamment son professionnalisme en tant qu’enseignante. L’histoire en elle-même prend également une tournure plus intéressante dès l’arrivée de Lara en Australie, avec la mise en avant de la faune et la flore locale, des conditions de vie souvent pénibles dans cette contrée malgré tout fascinante et surtout grâce à la présence des sympathiques villageois de Shady Camp.

Je reprocherai néanmoins à la plume de l’auteur un gros manque de subtilité, qui ne laisse aucune place à l’interprétation. Les émotions des personnages sont beaucoup trop explicites, et même les dialogues sont ponctués d’indications pour souligner ce qu’ils éprouvent au moment où ils s’expriment, alors que c’est la plupart du temps relativement soupçonnable.

Qui plus est, j’ai trouvé ce roman trop plein de bons sentiments. Encore que, dans la première partie, cela donne juste un côté gentillet à l’histoire, mais par la suite, ça tourne au n’importe quoi magistral, et pour cause : tous les morts reviennent à la vie. Sérieusement. Et non, il n’est pas question de zombies, ce qui aurait pourtant pu être presque aussi crédible.

Attention, les lignes suivantes contiennent quelques spoilers. Tout commence avec le bombardement de Darwin. Lara et sa stagiaire sont à ce moment-là séparées de leur ami Colin, ce qui leur vaut de se croire mutuellement décédés. Pourquoi pas ? Cela offre un ressort scénaristique intéressant bienvenu. Puis c’est autour d’un Rick désespéré, parti à Darwin dans l’espoir d’y retrouver sa promise, de retour entre-temps, d’être prétendu mort. Bon... OK. Mais était-il vraiment nécessaire de le faire réapparaître pour ensuite le jeter dans la gueule d’un croco, tout cela pour qu’il s’en sorte une fois de plus par miracle ? Et, comble du comble, était-il franchement utile de faire intervenir la mère de Lara, censée être morte, mais en fait juste amnésique, mais en fait plus du tout ?

À partir de ce moment-là, j’ai eu le sentiment que l’histoire s’enlisait dans un comique de répétition pathétique. J’ai d’ailleurs éclaté d’un rire nerveux lorsqu’on apprend que Syd, présumé avoir explosé avec le bateau à bord duquel il était marin, est lui aussi toujours de ce monde. Parvenue à la fin, je crois que les personnages auraient pu rencontrer des espèces d’animaux éteintes que cela ne m’aurait même plus surprise... Fin des spoilers.

En conclusion, je dirais que le roman est correct dans sa première moitié, mais qu’il sombre ensuite dans une succession de rebondissements aussi répétitifs que tirés par les cheveux. Une grosse déception, à tel point que je ne suis même plus certaine de vouloir lire Étoiles dans le ciel du Sud, du même auteur, qui m’attirait pourtant.

jeudi 17 mai 2018

Jane Eyre

Titre : Jane Eyre
Auteur : Charlotte Brontë
Édition : Pocket
Pages : 695
Note : 2 / 5
Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succèdent mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif. Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.




Avis de Cyrlight



Considéré comme un classique de la littérature anglaise, Jane Eyre narre l'histoire d'une jeune orpheline devenue enseignante, qui trouve par la suite une place de gouvernante chez M. Rochester, pour qui elle développe rapidement des sentiments amoureux.

Le roman de Charlotte Brontë a beau avoir une réputation qui n'est plus à faire, il n'a pas eu l'effet escompté sur moi, car je me suis ennuyée pendant sensiblement toute ma lecture.

Le style est lourd, les phrases sont interminables, et à cause de cela, l'histoire peine à avancer. Pour donner une idée plus précise, l’événement majeur décrit dans le résumé (à savoir l'existence de la femme aliénée de M. Rochester) ne survient qu'aux alentours de cinq cents pages, soit aux deux tiers du livre !

Les dialogues, loin d'apparaître comme une bouffée d'air frais au milieu de ces imposants pavés descriptifs ou narratifs, m'ont paru très téléphonés. Les personnages discourent à n'en plus finir sur des sujets souvent inintéressants, dont on se passerait volontiers.

D'ailleurs, parlons-en, des personnages. Je n'ai pas du tout accroché à Jane, tant elle m'est souvent apparue en contradiction avec elle-même. Tantôt froide et distante, tantôt rebelle ou condescendante, tantôt soumise et passive... Difficile de se faire une idée fixe sur elle.

Quant à M. Rochester, il est tout simplement insupportable, et je n'ai eu de cesse de me demander comment Jane pouvait l'aimer. Il méprise ouvertement Adèle pour qui elle a de l'affection, il est brusque et manipulateur, et pousse le vice au point de se servir d'une autre femme pour la rendre jalouse.

Seuls personnages secondaires sont agréables (Bessie, Mme Fairfax, les sœurs de Saint-John...), ce qui rend leurs apparitions bienvenues et offre un (unique) point positif à l'histoire.

La fin est décevante, à cause des heureux hasards qu'elle présente. Combien de chances Jane avait-elle de rencontrer sa famille alors qu'elle est censée ne plus en avoir ? Sans parler de la voix de M. Rochester qui lui parvient soudain de la façon la plus irrationnelle qui soit, après qu'un drame l'a libéré de son premier mariage.

Si le charme de Jane Eyre a opéré sur beaucoup, il n'aura pas fonctionné sur moi. N'ayant pas non plus apprécié Les Hauts de Hurlevent, pour des raisons différentes, je doute d'avoir envie de m'aventurer plus loin avec les sœurs Brontë.