mardi 20 novembre 2018

Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre

Titre : Les chroniques de St Mary T.1 : Un monde après l'autre
Auteur : Jody Taylor
Édition : HC
Pages : 350
Note : 3.5 / 5
À l'institut St Mary de recherche historique, les historiens n'étudient pas seulement le passé, ils le visitent.
Derrière l'innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils "étudient 'en temps réel' les événements majeurs de l'Histoire". En se faisant passer pour d'inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n'ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l'Histoire... au risque d'en mourir. 
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l'équipe de l'Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d'embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s'offrent à elle...
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, la jeune historienne va revivre d'extraordinaires événements. Alors qu'au sein de l'institut naissent des enjeux de pouvoir...


Avis de Cyrlight



Ce premier tome des Chroniques de St-Mary, Un monde après l’autre, met en scène une héroïne du nom de Maxwell, qui se familiarise progressivement avec cet étrange établissement où de dangereux voyages dans le temps constituent le quotidien des historiens dont elle fait elle-même partie.

Je remercie les éditions HC pour m’avoir offert les deux premiers tomes de cette intrigante saga, ainsi que Babelio pour avoir permis ce partenariat. C’est avec curiosité que je me suis plongée dans ce roman, et on peut dire que je n’ai pas été déçue.

L’univers est très burlesque et présente des situations toutes plus saugrenues les unes que les autres. Si elles ne sont pas forcément très réalistes, elles prêtent toujours à sourire, et l’humour si particulier de cette œuvre est assurément son point fort.

Les personnages sont également très sympathiques, quoiqu’un poil manichéens. Au début, on se perd un peu parmi ce joyeux petit monde, et il faut régulièrement se référer à la page de présentation, mais au bout d’un moment, on finit par se familiariser avec presque tout le monde.

La vie des employés de St-Mary est particulièrement agréable à suivre, mais, parce qu’il y a un mais, les voyages dans le temps sont moins réussis dans l’ensemble, alors qu’ils sont présentés comme l’élément principal de l’histoire. Amateurs de cohérence, autant vous le dire, passez votre chemin.

D’entrée de jeu, on nous présente une Histoire personnifiée, qui se corrige d’elle-même en n’hésitant pas pour cela à éliminer tous les grains de sable (comprendre les historiens) qui parasitent ses rouages. Max en fait d’ailleurs le frais, échappant de peu à une mort certaine lors de sa première aventure dans le passé, mais cela ne se répète pas par la suite.

Lors de l’épisode de l’hôpital en feu, Kal et elle secourent les blessés, les aident à se mettre à l’abri... N’est-ce pas modifier le cours du temps que de sauver des gens qui seraient peut-être morts autrement ? Ou sauver des parchemins des flammes qui dévorent la bibliothèque d’Alexandrie et permettre leur découverte dans le futur, alors qu’ils auraient dû être détruits ?

Quant à Max, elle reconnaît certes elle-même qu’elle n’est pas très maligne, mais même quand quelque chose lui paraît suspect, elle ne cherche pas plus loin et laisse les évènements suivre leur cours, alors que c’est parfois gros comme le nez au milieu de la figure.

Quand la situation et la direction se renversent à St-Mary, pourquoi est-ce que personne ou presque ne fait rien ? Pourquoi la sécurité se soumet-elle aux ordres de la personne la plus détestée de l’établissement, alors qu’il aurait suffi d’un rien pour l’évincer ?

Enfin, dernier petit bémol : le temps. En milieu de livre, on apprend que cinq années se sont écoulées, mais on ne les a absolument pas vues passer, ni même ressenties. À la vue de la vitesse à laquelle les incidents et les accidents s’enchaînent à St-Mary, c’est à se demander comment il a pu s’écouler une demi-décennie sans qu’il ne se passe rien susceptible d’être évoqué.

Comme dit plus haut, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, les idées sont très sympathiques et l’originalité est au rendez-vous, mais la cohérence globale est vraiment le gros point faible de cette histoire, et nuit considérablement à sa qualité. Dommage.

samedi 17 novembre 2018

Moriarty T.1

Titre : Moriarty T.1
Auteur : Ryôsuke Takeuchi / Hikaru Miyoshi
Édition : Kana
Pages : 212
Note : 4 / 5
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert. Ce dernier abhorre l'aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique. Albert a vu en l'aîné l'intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces "êtres inutiles et sales". Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve. 13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des "conseillers privés". Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d'injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.



Avis de Cyrlight



Moriarty, premier tome d’une série de manga, met en scène le personnage éponyme créé par Arthur Conan Doyle pour servir d’ennemi juré au célèbre détective Sherlock Holmes. D’abord enfant au début de l’histoire, on suit l’ascension d’un véritable génie du crime.

Les adaptations dérivées de Sherlock Holmes sont légion, pourtant toutes ont leur part d’originalité et celle-ci ne fait pas exception. D’ailleurs, plus qu’à l’œuvre originale, si je devais la comparer à une histoire, ce serait à celle d’un autre manga : Death Note. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Moriarty dépeint entre ces pages n’est pas sans rappeler un certain Light Yagami...

Le futur grand ennemi de Sherlock est lui aussi un garçon brillant, pour ne pas dire un pur génie, et n’hésite pas à commettre des crimes dans le but de bâtir un monde meilleur, à l’instar de Kira. Il met en scène des plans d’une virtuosité incroyable, tous plus intelligents les uns que les autres, qui sont un réel plaisir à suivre.

Certes, Moriarty est un criminel, ou plutôt un criminel consultant, comme il se plaît à se présenter, mais a également des airs de Robin des Bois, puisqu’il œuvre dans l’intérêt des pauvres et est déterminé à réduire l’écart entre les classes dominantes et ceux qu’ils écrasent.

Dès le début, quoique très jeunes, les personnages impressionnent par leur froideur presque cruelle et leurs ambitions. C’est si glaçant qu’on ne peut qu’être intimidé par eux à la vue de ce dont ils sont capables, mais aussi fasciné par leur charisme et leur pragmatisme.

Bien qu’il ne s’agisse que d’un premier tome, on se laisse déjà entièrement happé par l’univers et les desseins plus ou moins obscurs de ces trois « frères ». Un coup de cœur qui incite assurément à découvrir la suite dans les plus brefs délais !


Coup de ♥ 

jeudi 15 novembre 2018

Cesare T.6

Titre : Cesare T.6
Auteur : Fuyumi Soryo
Édition : Ki-oon
Pages : 194
Note : 5 / 5
Naïf et studieux, Angelo da Canossa n’est guère armé pour la vie d’étudiant à l’université de Pise, lieu d’intrigues et de tensions dans l’Italie de la Renaissance. Son innocence résistera-t-elle à sa rencontre avec Cesare Borgia, rejeton d’une famille à la réputation sulfureuse, dont le père est sur le point d’accéder au Saint-Siège ?
Rivalités entre les différentes factions de l’université, machinations politiques et luttes fratricides, Angelo va partager les années de formation d’un jeune homme en passe de devenir l’un des personnages les plus fascinants de l’Histoire. À ses côtés, il croisera le chemin de certains de ses contemporains les plus célèbres, de Christophe Colomb à Machiavel en passant par Léonard de Vinci…
Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.




Avis de Cyrlight



Les masques tombent dans ce sixième tome de Cesare. Grâce à son intelligence hors du commun et à l’assistance d’Angelo, le jeune Borgia fait enfin tomber les responsables de l’incendie de la manufacture, mais ce n’est pas sans péril.

Je ressors de cette lecture avec des étoiles dans les yeux, car il s’agit probablement du meilleur tome depuis le début de la saga. L’action est au rendez-vous, puis laisse place à des moments plus touchants, où les personnages se dévoilent pleinement.

Cesare démontre une fois de plus son génie en piégeant brillamment ses ennemis, une stratégie qui manque néanmoins de lui coûter cher, puisqu’il aurait pu la payer de sa vie sans les interventions successives d’Angelo et de Miguel. Le naïf garçon n’hésite pas à essuyer un coup de poignard à sa place, obligeant le bras droit de Cesare à abattre le traître qu’il avait pourtant ordre de capturer vivant.

L’attachement que Miguel porte à Angelo se démarque de façon encore plus nette dans ce tome, car il semble réellement s’inquiéter pour lui, au point de blâmer Cesare pour la tournure dramatique qu’aurait pu prendre la situation. Celui-ci, malgré sa froideur apparente, semble également s’intéresser de plus en plus sincèrement à Angelo, qui ne manque jamais une occasion de le désarçonner par son attitude.

Cela ponctue d’ailleurs l’histoire de petites touches d’humour appréciables, notamment avec la sous-intrigue concernant la récompense que Cesare veut lui offrir pour son acte. La capacité de l’auteur à alterner entre l’Histoire, l’action, le drame et des passages plus légers est toujours aussi excellente.

Vous l’aurez compris, le niveau de ce manga ne faiblit pas, je dirais même qu’il se rapproche de plus en plus de la perfection (s’il ne l’a pas déjà atteinte), et à cette allure, je risque vite d’être à court de compliments, à moins de me répéter. Un coup de cœur, comme d’habitude.


Coup de ♥ 

lundi 12 novembre 2018

Les Nombrils T.8 : Ex, drague et rock'n'roll !

Titre : Les Nombrils T.8 : Ex, drague et rock'n'roll !
Auteur : Delaf et Dubuc
Édition : Dupuis
Pages : 48
Note : 4 / 5
Célébrité, foules en délire, studios d'enregistrement... c'est ça maintenant, la vie quotidienne de Karine. Il est loin le temps où tout le monde la considérait comme une victime ! Mais devenir une vedette ne vient pas sans son lot de difficultés...
Jenny et Vicky, de leur côté, vivent des moments plus tumultueux. La famille de Vicky a explosé, et son père a emmenagé avec... la mère de Jenny ! Les ex-amies devenues ennemies vont donc devoir partager la même chambre. Vicky en veut à Jenny qu'elle tient pour responsable de la situation, alors que Jenny a la tête ailleurs : elle est secrètement amoureuse d'Hugo. Une reine de beauté comme elle, amoureuse d'un gros moche, c'est impensable !


Avis de Cyrlight



Dans ce tant attendu huitième tome des Nombrils, Ex, drague et rock’n’roll !, on retrouve Karine, Vicky et Jenny plus ou moins là où on les avait laissées. Karine enregistre son premier album avec Albin et les albinos, Vicky se nourrit de sa colère et Jenny tente de reconquérir Hugo, mais rien ne se passe comme prévu.

Je ne pensais pas dire cela un jour, mais j’ai ressenti de la déception en lisant cette BD. Après trois longues années d’attente et le tome 7 qui est indubitablement le meilleur de la série, je m’attendais à beaucoup mieux. Sans doute est-ce la raison de mon dépit, j’avais probablement fixé la barre trop haute.

Qu’est-ce qui m’a déplu dans cette histoire ? Je dirais la tournure prise par le scénario. Les trente premières pages m’ont semblé assez plates, avec l’impression que tout traîne en longueur (l’album des Albinos, la vengeance de Vicky, la déchéance de Jenny...) La fin remonte néanmoins le niveau de l’ouvrage, dommage qu’il faille l’attendre pour retrouver tout ce qui fait le charme et la force de cette BD.

Je n’ai pas non plus apprécié le caractère de Vicky, qui est pourtant devenue mon personnage préféré depuis quelques tomes. Le final du septième donnait l’impression qu’à défaut de se dévoiler, elle avait au moins cessé de se mentir à elle-même, mais c’est tout le contraire qui se produit.

Je pensais que le fait d’avoir tout perdu (James, la fortune de ses parents, le luxe, sa meilleure amie...) la pousserait à reconsidérer sa relation avec Mégane, mais pas du tout. Déjà, on ne sent finalement pas tant que cela la cassure avec le mode de vie qu’elle avait jusque-là. Sa pauvreté nouvelle est brièvement évoquée, après quoi elle reprend son existence telle qu’elle l’a toujours menée, avec une nouvelle amie, la volonté de mettre tous les garçons à ses pieds et son égoïsme notoire. Là où elle semblait avoir fini par considérer Karine comme une égale, elle passe son temps à lui souhaiter du mal, et repousse odieusement Mégane, ce qui est bien loin de la scène où elle a enfin admis ses sentiments pour elle.

Karine, qui avait baissé dans mon estime lors de sa métamorphose, avant de remonter un peu, est finalement redevenue celle qui m’insupporte le plus. Qu’elle refuse désormais d’être une victime, c’est une chose, mais adieu la gentille fille qui avait des principes et faisait preuve de droiture. Son ambition et sa quête de gloire surpassent celles de Jenny et Vicky, et ses manipulations n’ont plus rien à envier à celles d’Albin. L’univers dans lequel elle évolue désormais est néanmoins un triste et réaliste reflet de la société actuelle, où le buzz l’emporte sur le talent.

Finalement, seule Jenny est vraiment attachante dans ce tome. Cible principale de Vicky qui est déterminée à lui faire payer les évènements de son anniversaire, elle voit sa beauté, ses amis et ses admirateurs lui échapper, jusqu’à se retrouver toute seule, car ses tentatives pour reconquérir Hugo échouent piteusement. Son discours final est touchant, quoique peut-être un poil trop intelligent pour elle, et confirme ce qu’il était possible de soupçonner depuis le début : sous ses airs stupide et superficiel, Jenny a un bon fond.

Je déplorerai seulement que la transformation psychologique des personnages soit toujours obligée de s’accompagner d’une métamorphose physique (d’abord Karine, maintenant Jenny, et bientôt Vicky, comme la dernière case incite à le supposer). En revanche, j’ai apprécié le clin d’œil au troisième tome, quand Vicky se lance à la recherche de Mégane.

Avis en demi-teinte, donc, pour ce huitième tome des Nombrils. C’est toujours très bon, indéniablement, et la déception est probablement plus proportionnelle à l’attente qu’à la qualité de la BD, mais tout de même, j’espérais mieux de la part des personnages, en particulier de Vicky. La suite s’annonce néanmoins riche en émotions, en espérant qu’il ne faille pas patienter trois ans de plus...

vendredi 9 novembre 2018

Destins parallèles (lui) T.1

Titre : Destins parallèles (lui) T.1
Auteur : Daisuke Imai
Édition : Komikku
Pages : 192
Note : 3 / 5




Destins Parallèles suit la romance entre deux personnes ressentie selon deux points de vue différents : celui de l'homme et celui de la femme. Celui-ci se concentre sur la vision de Yukichi.






Avis de Cyrlight



Destins parallèles est un manga dont les tomes sont divisés en deux, l’un narré du point de vue de Chihiro, l’autre de Yukichi. Celui-ci est un garçon intelligent, plutôt timide, et surtout fou amoureux de la belle et non moins fourbe Hinata. Pour elle, il a été jusqu’à renoncer à une université prestigieuse, mais le mérite-t-elle seulement ?

La première chose qui m’a frappée dans ce manga a été la qualité des dessins, qui m’ont paru assez médiocres, notamment au niveau des visages. Les bouches tordues et inesthétiques des personnages m’ont en particulier dérangée, enlevant tout le charme qu’il est possible de leur trouver.

L’histoire en elle-même est à la fois simple et intéressante. Yukichi est amoureux d’une belle jeune fille à l’attitude ambiguë, qui finit par dévoiler son véritable caractère et qu’on ne peut alors que haïr (si ce n’était pas déjà le cas avant, puisqu’elle apparaît vite comme une pimbêche entouré de sa cour d’admirateurs).

L’évolution de Yukichi est plaisante à suivre, même si par moments, on ne sait pas s’il est véritablement décidé à se venger d’Hinata ou s’il peine à ne plus céder à ses sentiments pour elle.

Ce n’est pas le meilleur manga qu’il m’ait été donné de lire, mais le personnage de Chihiro m’intrigue, et je vais enchaîner avec son tome afin d’en apprendre plus à son sujet, notamment au niveau de ses rapports avec Yukichi qui paraissent peut-être un peu précipités quand on découvre l’histoire de son point de vue à lui.

mardi 6 novembre 2018

To Your Eternity T.2

Titre : To Your Eternity T.2
Auteur : Yoshitoki Oima
Édition : Pika
Pages : 184
Note : 3 / 5




Le "jeune garçon" a repris sa forme de loup pour sauver March. La petite fille lui apprend à s’exprimer et à bien se tenir pendant qu’ils sont conduits à Yanome avec Palona.






Avis de Cyrlight



To Your Eternity se poursuit avec ce second tome, et Imm continue sa route auprès de March et Palona, toutes deux incarcérées à Yanome, mais bien déterminées à s’échapper.

Si le premier tome m’avait laissée perplexe, mon avis n’est pas plus arrêté après la lecture de la suite. Il y a de bons éléments, d’autres déroutants, et certains qui rendent dubitatifs. C’est sensiblement avec cet état d’esprit que j’ai refermé le deuxième manga, toujours sans savoir à quoi m’en tenir.

Les personnages sont touchants, qu’il s’agisse de Palona, de March ou d’Imm, même si je déplore son évolution devenue trop rapide dans les dernières pages, où il acquière la parole en quelques cases, sans que cela soit développé, alors qu’il s’agit tout de même d’une étape importante.

Là où le manga débutait de façon assez lente, j’ai trouvé ce tome précipité, et parfois même assez confus, notamment au niveau des scènes d’action. Le final, s’il apporte son lot de questions et de mystères, survient presque comme un cheveu sur la soupe, même s’il y aura probablement des explications futures à son sujet.

Enfin, je trouve regrettable que les personnages disparaissent dès que l’on commence à s’habituer à eux, poussant ainsi Imm à suivre une voie complètement différente de celle sur laquelle il semblait engagé. Chaque fois que l’on croit distinguer un fil conducteur, l’auteur le brise aussitôt.

Ce n’est pas un mauvais manga, il est simplement très spécial, et il faut accrocher. Il ne m’a pas déplu, pas séduite non plus, et je pense que je lirai les tomes suivants, mais pas dans l’immédiat.

dimanche 28 octobre 2018

Machiavel et Savonarole : La glace et le feu

Titre : Machiavel et Savonarole : La glace et le feu
Auteur : Max Gallo
Édition : Pocket
Pages : 368
Note : 3 / 5
À la fin du XVe siècle, Florence, enviée pour sa prospérité, ses splendeurs mais aussi ses intrigues, exerce une fascination sur le monde.
Deux hommes que tout oppose cherchent à s’imposer dans la ville et dominer les consciences. Le premier, Jérôme Savonarole, a un tempérament de feu. Prédicateur exalté, il prétend recevoir des messages de Dieu, remplit les églises, et finit par provoquer la fuite des Médicis jusqu’à son excommunication. Il finit torturé, pendu, brûlé.
À l’inverse, Nicolas Machiavel, est la glace, la prudence, le calcul. Après l’exécution de son rival, il essaye de s’approcher du cercle enchanté du pouvoir. Il dispose pour cela d’une arme redoutable : sa plume. Machiavel dédie son essai, Le Prince, à Laurent le Magnifique.
Le machiavélisme est né, ou l’art de conquérir et de conserver le pouvoir par la « ruse du renard » et la « force du lion ».


Avis de Cyrlight




Machiavel et Savonarole : La glace et le feu est un roman historique qui présente deux figures emblématiques de la fin du XVème siècle et du début du XVIème à Florence : le frère dominicain Jérôme Savonarole et Nicolas Machiavel, auteur du célèbre Prince.

Contrairement à ce que le titre laisse présager, et ce fut à mon goût une déception, l’œuvre ne nous livre non pas un face à face entre le religieux et le penseur, mais deux récits de vie séparés et totalement différents, dans leur style aussi bien que dans leur contenu.

La première partie, sur un Savonarole raconté à la troisième personne, est longue et répétitive. Au fil des pages, les mêmes idées reviennent, et à force de lire qu’il veut débarrasser la chrétienté des hérétiques et des sodomites, ou que le pape menace de l’excommunier s’il continue à prêcher, ce qu’il fait quand même, c’est quelque peu lassant. Les chapitres se suivent et se ressemblent, jusqu’à la chute de Savonarole.

La seconde partie, consacrée à Machiavel, est plus intéressante. En immersion totale grâce à la narration interne, on suit le parcours d’un homme incroyablement intelligent, et surtout dévoué corps et âme à la ville de Florence, pour laquelle il n’y a rien qu’il ne serait en mesure de subir ou d’entreprendre.

On découvre ainsi le portrait d’un homme prudent, réfléchi et calculateur, celui qui aura côtoyé les plus grands noms de l’époque, de Cesare Borgia et Lorenzo de Medicis à la cour du roi de France. Il est fascinant de suivre ses observations, qui donneront par la suite naissance à l’œuvre de sa vie, Le Prince, ainsi que ses gloires et ses déboires.

La plume est simple à lire, fluide et sobre, ce qui permet de se concentrer aisément sur le côté historique du roman. J’en ressors néanmoins avec un avis très partagé, à l’image même du livre. Si la moitié sur Machiavel est très bonne, pour ne pas dire excellente, celle sur Savonarole n’est pas à la hauteur. Dommage.