lundi 27 août 2018

A Silent Voice T.1

Titre : A Silent Voice T.1
Auteur : Yoshitoki Oima
Édition : Ki-oon
Pages : 192
Note : 4 / 5
Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule. Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible. Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes... jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable...


Avis de Cyrlight



A Silent Voice est un manga mettant en scène Shoko, une jeune fille sourde, et Shoya, un garçon qui l’a persécutée enfant, à cause de son handicap. Ce premier tome présente les personnages et le contexte. Shoko arrive dans une nouvelle école où elle a du mal à s’intégrer. Les élèves, menés par Shoya, s’acharnent sur elle parce qu’ils estiment que sa surdité perturbe le bon déroulement de la classe, jusqu’à ce que la roue tourne pour le chef de cette coalition malsaine…

Deux thèmes assez sensibles sont au centre de cette histoire : le handicap et le harcèlement, et les deux sont traités avec justesse. À cause de sa différence, Shoko devient la cible de ses camarades, mais parce que les enfants sont versatiles, et aussi lâches, ils n’hésitent pas à se retourner contre Shoya lorsque la vérité éclate au grand jour.

C’est l’arroseur arrosé qui se produit ensuite. De bourreau, Shoya devient victime et doit désormais faire face à la cruauté que ses condisciples concentraient jusque-là (en suivant son exemple) sur la pauvre Shoko. J’ai trouvé ce retournement à la fois inattendu et plausible, étant donné que la méchanceté humaine ne souffre d’aucune limite.

Cela souligne le fait que personne n’a retenu la leçon, étant donné qu’ils ne font que se trouver un autre bouc-émissaire. Sans parler de l’incompétence du professeur, qui préfère fermer les yeux, voire se prêter au jeu. Plus que les élèves, il est le véritable responsable, car il a laissé la situation s’envenimer sans intervenir et a par la suite trouvé lui aussi en Shoya le coupable idéal.

Malgré ses actes, on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour ce dernier, là où Shoko, au contraire, m’a paru un brin moins réaliste, car trop gentille. Sans parler de devenir mauvaise, j’ai dû mal à concevoir que l’on puisse rester aussi bonne avec tout ce qu’elle endure, au point de vouloir préserver Shoya qui n’a jamais été tendre avec elle.

Autre point négatif, celui qui m’a le plus dérangée à la lecture : les dessins. Je trouve qu’ils manquent de finesse, de délicatesse. Ils ne sont pas laids, mais leur style particulier n’a pas réussi à me séduire.

Cela ne change cependant rien au fait que j’ai beaucoup aimé ce premier tome d’A Silent Voice et je lirai bien évidemment la suite, afin de voir comment évoluent les deux protagonistes, après les épreuves qu’ils ont traversées.

vendredi 24 août 2018

Assassin's Creed T.3 : La croisade secrète

Titre : Assassin's Creed T.3 : La croisade secrète
Auteur : Olivier Bowden
Édition : Milady
Pages : 476
Note : 3.5 / 5
Niccolò Polo, père de Marco, révèle en fin l’histoire qu’il a toute sa vie gardée secrète : celle d’Altaïr, l’un des Assassins les plus illustres qu’ait jamais compté la Fraternité.
Embarqué dans une aventure épique qui l’entraînera jusqu’en Terre sainte, Altaïr comprendra la véritable signification du Credo des Assassins…
Pour prouver à tous son indéfectible dévotion, il accepte d’éliminer neuf redoutables adversaires dont le Grand maître Templier Robert de Sablé…
C’est la première fois qu’est contée la vie d’Altaïr, une épopée qui changea le cours de l’Histoire, de sa lutte éternelle contre la conspiration templière à son histoire familiale stupéfiante et tragique, ainsi qu’à l’ultime trahison de son plus vieil ami.



Avis de Cyrlight



La croisade secrète est le troisième roman tiré de la célèbre franchise de jeu vidéo Assassin’s Creed. Alors qu’Ezio Auditore et la Renaissance italienne étaient au centre des deux premiers tomes, on suit cette fois-ci le Maître Assassin Altaïr à l’époque des croisades. D’abord déchu de son titre qu’il doit reconquérir, il va peu à peu devenir une légende au sein même de son ordre, et la terreur de ses ennemis.

Tout d’abord, sachez qu’il n’est absolument pas nécessaire d’avoir lu les deux premiers livres (ni même d’avoir joué aux jeux) pour suivre cette histoire, puisqu’elle met en scène un nouveau protagoniste dans un passé plus lointain, indépendamment du reste (hormis une brève référence dans les dernières pages, mais rien qui nuit à la compréhension de l’œuvre).

Le début m’a quelque peu laissée perplexe. N’ayant pas été séduite par Assassin’s Creed : Renaissance, j’ai retrouvé dans les premiers chapitres ce que je reprochais à ce tome. Ils sont très répétitifs, car trop fidèles au concept du jeu. Altaïr reçoit l’ordre de tuer quelqu’un, il se renseigne sur son compte, reçoit une plume et passe à l’action… Et ainsi de suite !

Il faut néanmoins s’accrocher, car une fois cette série d’assassinats destinée à lui permettre de regagner son titre de Maître, l’histoire devient beaucoup plus intéressante. Comme Niccolò Polo en est le narrateur, elle est moins linéaire que celle d’Ezio dans Renaissance et le passage du temps est mieux perceptible (ce que je reprochais au premier tome).

Les personnages sont eux-mêmes assez intéressants, et pas aussi manichéens qu’on pourrait le redouter de prime abord, puisqu’il y a des changements de camp, des coups bas et des trahisons qui font qu’on ne s’ennuie pas une fois la très longue introduction passée. Si Altaïr peut d’abord paraître arrogant et inconscient, il devient plus appréciable à mesure qu’il gagne en sagesse. Les personnages plus secondaires, comme Maria ou Malik, ne sont pas en reste non plus.

On pourrait tout de même reprocher au roman deux longues ellipses : celle pendant laquelle Altaïr fonde une famille, qu’on ne voit finalement presque pas, et surtout ses deux décennies d’errance, après que l’ordre des Assassins eut connu de grands bouleversements à sa tête.

Dans l’ensemble, ce livre n’en demeure cependant pas moins sympathique, et surtout bien plus plaisant que Renaissance. Je le recommande, ne serait-ce que pour ceux qui voudraient découvrir un peu l’univers d’Assassin’s Creed, ou pour les joueurs qui souhaiteraient prolonger l’aventure.

samedi 18 août 2018

Mon dernier continent

Titre : Mon dernier continent
Auteur : Midge Raymond
Édition : Le Livre de Poche
Pages : 320
Note : 2.5 / 5
Ushuaia, la fin du monde, le début de tout. Deb et Keller se retrouvent chaque année au coeur des eaux froides de l'Antarctique pour étudier les manchots empereurs et les Adélie. Dans ce bout du monde entouré de glaciers et d'icebergs, ils oublient pour un temps les chagrins de leurs vies. Mais l'Antarctique, comme leur amour, est fragile et menacé. Une nouvelle saison commence. Au moment de lever l'ancre, Keller n'est pas à bord du Cormoran, le bateau qui doit les conduire à la station de recherche. Peu après, le Cormoran reçoit un signal de détresse d'un paquebot de croisière prisonnier des glaces... Midge Raymond nous entraîne dans un voyage inoubliable aux confins du continent blanc, territoire à la beauté âpre où le moindre faux pas peut s'avérer tragique.



Avis de Cyrlight




Mon dernier continent est un roman qui se déroule principalement en Antarctique, où l’héroïne, Deb Garner, vient tous les ans étudier les manchots. Amoureuse de cette nature glacée, mais aussi de son collaborateur Keller, tout tourne au drame lorsque l’Australis, le bateau de croisière à bord duquel ce dernier se trouve, fait naufrage.

Dès que j’ai vu le commentaire positif de M.L. Stedman (auteur du magnifique Une vie entre deux océans), je me suis aussitôt sentie attirée par ce roman. Sans doute en attendais-je beaucoup trop, car je suis ressortie déçue de ma lecture.

La plume de la romancière est pourtant agréable, et le dépaysement qu’elle nous offre à travers ses superbes descriptions de l’Antarctique est complet, mais cela n’a pas suffi à me faire apprécier cette œuvre.

La chronologie est tout d’abord perturbante. On alterne tout du long entre le présent et le passé, puis un passé plus proche, et un autre qui remonte à plus d’une décennie auparavant… À cause de cela, il m’a fallu un moment pour entrer pleinement dans l’histoire qui, mise bout à bout, manque finalement de souffle.

Déjà, il n’y a pas vraiment de suspens. Depuis le début, on comprend ce qui va advenir de l’Australis, et on se doute de comment tout cela va finir. Le passé de Deb donne surtout l’impression de s’étirer en longueur et de retarder une échéance que l’on nous annonce pourtant dès les premières pages.

Deb, d’ailleurs… Je n’ai pas vraiment apprécié son personnage, ni son caractère. Si on ne peut qu’admirer son professionnalisme, j’ai eu beaucoup plus de mal à la cerner en tant que femme. Ce qui m’a surtout déplu, c’est le fait qu’elle évoque sans cesse sa « relation » avec Denis. Le mot est fort pour qualifier un parfait inconnu qu’elle a trouvé errant dans l’eau gelée, avec qui elle a passé une nuit pour s’apercevoir ensuite qu’il s’était suicidé à son réveil.

De manière plus personnelle, je crois que les romans traitant de l’Antarctique ne sont pas faits pour moi. J’avais déjà été déçue par La mémoire des embruns, que j’avais trouvé assez plat, et c’est avec le même sentiment que j’ai terminé Mon dernier continent.

Même si le message écologique est fort, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine frustration en me demandant à quoi sert tout cela. Deb l’évoque elle-même, dans un passage, en indiquant qu’ils ne peuvent rien faire pour les manchots, hormis les étudier et espérer trouver un moyen de les sauver, tout en mentionnant au fil de ses pensées des bébés qui n’ont pas pu survivre ou une colonie qui a été en grande partie décimée par un bloc de glace qui avait barré leur route habituelle pour se ravitailler. Au final, je me pose la question de l’utilité de tout cela, quand il n’en ressort que de l’impuissance. Je ne dis pas que cela ne portera pas ses fruits sur le long terme, mais sachant que l’œuvre se déroule déjà sur plusieurs années, c’est le sentiment que cela m’inspire le plus.

Certains points sont néanmoins pertinents, comme le fait que nous pouvons tous agir à notre échelle et par de petits gestes dans l’intérêt de la planète, mais aussi cette image de l’égoïsme de l’Homme que nous renvoie le roman à travers tous ces touristes qui veulent fouler l’Antarctique, sans même se soucier des répercussions que cela peut avoir sur l’endroit qu’ils sont venus découvrir.

Avis qui tend donc de mitigé à négatif pour ma part sur ce roman, mais à la vue de son contenu, il saura peut-être séduire davantage les amateurs de romance, d’écologie et surtout de dépaysement.

jeudi 16 août 2018

Forbidden Love T.7

Titre : Forbidden Love T.7
Auteur : Miyuki Kitagawa
Édition : Akiko
Pages : 187
Note : 2.5 / 5



La chute qu'a faite Kyôko dans les escaliers a été mortelle pour le bébé qu'elle porte. Se sentant responsable, Kasumi décide de couper les ponts avec Yoshiki. Celui-ci va pourtant tenter de découvrir toute la vérité sur cette tragique histoire...






Avis de Cyrlight



La relation compliquée et incestueuse de Yoshiki et Kasumi se poursuit dans ce septième tome de Forbidden Love. Kyokô a perdu son bébé après une chute dans l'escalier et tous les soupçons portent sur Kasumi, présente au moment des faits.

Même si l'histoire tourne un peu moins en rond dans ce tome, elle plafonne toujours autant, et même les révélations tombent comme un cheveu sur la soupe, notamment lorsque Yoshiki lance à Kyôko qu'il ne pouvait être le père de l'enfant qu'elle attendait, lui qui n'a pourtant pas évoqué cette possibilité après avoir appris sa grossesse.

Comme dans chaque opus, les dernières pages relancent le suspense de l'œuvre, qui s'étire néanmoins en longueur à grand renfort de rebondissements et donne l'impression de ne jamais vouloir se conclure. L'intérêt s'émousse un peu plus de tome en tome.

lundi 13 août 2018

Catacomb City T.2 : La Rébellion

Titre : Catacomb City T.2 : La Rébellion
Auteur : Hilary Wagner
Édition : Albin Michel (Wiz)
Pages : 348
Note : 4 / 5

Trois ans après avoir tué le terrible commandant Killdeer, Juniper et sa bande de rebelles doivent reprendre le combat. Le cruel tyran Billycan règne toujours sur les Catacombes et s'apprête à lever son armée contre Juniper et les siens. Juniper envoie Carn, un jeune rat courageux, espionner les lignes ennemies et s'allie aux serpents en vue de la bataille à venir. Mais bientôt, un lourd secret, qui unit Juniper à Billycan, éclate au grand jour..





Avis de Cyrlight




Suite de Catacomb City, La Rébellion se déroule trois ans plus tard. La paix règne à Nightshade, mais cela risque de ne pas durer, car le redoutable Billycan, allié aux sots mais dangereux rats des marais, compte bien s’emparer de la ville par la force. C’est toutefois sans compter sur le lourd secret que dissimule Juniper…

J’ai trouvé ce second tome vraiment excellent. Si le premier m’avait plu, celui-ci est encore meilleur. Il n’est certes pas exempt de défauts, mais l’histoire commence cette fois-ci dans le vif, là où elle tardait un peu à se mettre en place dans le premier roman, et l’action est bien plus au rendez-vous, donnant envie de tourner les pages sans lâcher le livre.

Billycan est incroyable. J’avais déjà loué son charisme dans ma précédente critique, et ce sentiment n’a fait que s’accroître à la lecture de La Rébellion. Même dans ses pires moments de cruauté, il dégage une aura fascinante. Le développement de son passé renforce la profondeur du personnage, et le seul point négatif que je pourrais lui reprocher est le manichéisme final. Sans trop en dévoiler, j’aurais préféré que le personnage n’évolue pas de manière aussi radicale, mais reste plutôt entre deux eaux.

D’autres protagonistes très appréciables sont mis en avant dans ce tome, notamment le soldat Carn, mais aussi Texi, dont la bienveillance n’a d’égale que la naïveté, hélas pour elle. En revanche, les héros du premier tome (hormis Juniper) sont quelque peu laissés en retrait (Vincent, Victor, Clover, Mère Gallo…), tout comme les sympathiques vers de terre, qui disparaissent purement et simplement.

On pardonnera cependant l’auteur, car elle n’aurait peut-être pas pu introduire aussi bien les nouveaux venus si les anciens avaient dû conserver une place trop importante. Je pense notamment aux rats des marais, mais aussi à l’énigmatique Elvi, qui promet de nombreux rebondissements et révélations pour la suite.

Une histoire annexe fait également son apparition, celle du questionnement de l’origine des rats de Trillium, de leur longévité… Les interrogations se multiplient au fil des pages et il ne fait nul doute que les réponses seront au centre du prochain tome, en espérant qu’il soit un jour traduit en français.

En attendant, j’ai pris beaucoup de plaisir à savourer ce second volume de Catacomb City et je serai au rendez-vous pour poursuivre les aventures de ces petits rats si l’occasion se présente.


Coup de ♥

samedi 4 août 2018

Pichi Pichi Pitch : La mélodie des sirènes T.3

Titre : Pichi Pichi Pitch : La mélodie des sirènes T.3
Auteur : Pink Hanamori / Michiko Yokote
Édition : Kurokawa
Pages : 192
Note : 2.5 / 5
L'été arrive et on aperçoit le soleil à la « Perle Rare » ! Mais voilà, les méchants ne prennent pas de vacances et nos héroïnes vont de surprise en surprise !! L'une des adversaires de nos princesses montre des signes de faiblesse et pourrait bien être plus gentille qu'elle ne le laisse paraître, un jeune garçon vient leur apporter une aide providentielle, une nouvelle sirène se révèle à elles, un tandem de méchantes vient semer le trouble dans leur vie et de nombreux cœurs vont chavirer dans le tourbillon de l'amour ! Que d'émotions fortes dans ce volume intense où la tempête fait rage à toutes les pages. Qui des forces du bien ou du mal retrouvera en premier Aqua Regina ?



Avis de Cyrlight



L'histoire des princesses sirènes se poursuit dans ce troisième tome des Pichi Pichi Pitch, tout comme leur combat contre Gackt et ses Dark Lovers, bien déterminés à les vaincre.

Les tomes se suivent et se ressemblent, voire empirent. Celui-ci est encore plus confus que les précédents, avec une quatrième princesse sirène qui apparaît et disparaît à sa guise, et qui accuse Rina de la capture de sa sœur.

Les méchants sont creux et inconsistants, même si l'une des antagonistes se montre un peu moins manichéenne que les autres. Quant aux héroïnes, elles paraissent de plus en plus mièvres, et l'histoire en elle-même n'est pas des plus palpitantes.

Les actions s'enchaînent sans vraiment de cohérence globale et il devient difficile de suivre le fil conducteur de ce manga. Heureusement que la saga est plutôt courte (sept tomes), ce qui m'encourage à la terminer, mais je suis assez déçue et je doute que cela s'arrange.

lundi 30 juillet 2018

À l'ombre de l'arbre kauri

Titre : À l'ombre de l'arbre kauri
Auteur : Sarah Lark
Édition : Archipoche
Pages : 735
Note : 3 / 5
Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael cultivent l’espoir d’un jour posséder leur propre domaine. Mais ces perspectives heureuses sont soudain assombries par la disparition de leur fille adoptive, kidnappée par un chef maori… Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fille, Kathleen – son ancienne fiancée – apprend une bonne nouvelle : son fils Colin rentre au pays. Mais nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les deux familles…
Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande, Sarah Lark fait la part belle à ses héroïnes, et au combat qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.



Avis de Cyrlight




Après avoir suivi les péripéties de Kathleen, Michael et Lizzie à l’autre bout du monde, place désormais à la nouvelle génération, portée par Matariki, une demi-maorie fille de chef, ainsi que Sean, Colin et Heather Coltrane. Dans À l’ombre de l’arbre kauri, les opprimés, qu’il s’agisse des femmes ou des autochtones, sont bien déterminés à faire entendre leur voix.

Si j’avais été assez emballée par Les rives de la terre lointaine, cette suite m’a quelque peu déçue. Je ne m’attarderai par sur les indénombrables répétitions qui me mettent toujours les nerfs à vif (pitié, l’auteur, le traducteur ou le correcteur, le récit n’en serait que meilleur si on ne subissait pas des « effectivement », « à coup sûr » et compagnie une fois par page, parce qu’au bout de sept cents, ça fait vraiment énorme !), mais plutôt sur le scénario en lui-même.

Sarah Lark se concentre cette fois-ci davantage sur l’Histoire avec un grand H, comme cela avait déjà été sensiblement le cas dans Le cri de la terre. Sans doute n’est-ce pas fait pour moi, car il s’agit de ses deux œuvres que j’ai le moins appréciées.

Non pas qu’il n’y ait pas d’éléments intéressants, car cela permet d’en découvrir toujours plus sur le fonctionnement politique de la Nouvelle-Zélande, et surtout sur la culture maorie, mais j’ai trouvé que le roman souffrait souvent de longueurs.

Le début, au contraire, est bien trop rapide. En l’espace de quelques dizaines de pages, trois années se sont déjà écoulées, laissant à peine le temps de prendre nos marques avec ces nouveaux personnages, alors que la suite se traîne par moments. Le rythme aurait gagné à être plus équilibré.

Le thème en lui-même me donne l’impression d’avoir été choisi pour coller avec les mouvements féministes actuels. Non que je reproche à l’auteur d’avoir voulu traiter de l’obtention de droit de vote des femmes, car après tout, la Nouvelle-Zélande s’est démarquée en étant le premier pays à l’accorder, mais plutôt de n’y avoir fait aucune allusion dans sa première trilogie (ou alors si discrète que cela ne m’a pas marqué), qui se déroulait approximativement à la même époque.

Qui plus est, certains personnages m’ont agacée par leur passivité. Si quelques-uns se battent pour leurs idéaux ou ce qui leur semble juste (Matariki, Heather et Sean pour ne citer qu’eux), Kathleen en particulier m’a fait grincer des dents plus d’une fois. Après tout ce qu’elle-même a traversé avec son premier époux, je la trouve étrangement peu encline à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider cette pauvre Violet. Avec elle, c’est surtout : « Si elle peut rester, tant mieux, si son père veut continuer à la martyriser, c’est son droit. » Avec un fils juriste et une fille qui a pris la jeune orpheline en sympathie, on aurait pu s’attendre à plus de réactivité, surtout dans un roman axé sur les combats sociaux.

Enfin, pour conclure sur les points négatifs, je dirais que les situations sont un peu répétitives, au bout d’un moment. J’ai bien conscience que c’était sûrement le quotidien de l’époque, mais au final, on retrouve toujours dans les livres de Sarah Lark le même schéma classique du mariage malheureux ou de la souffrance des personnages avant l’irrémédiable happy end. Quelles que soient les épreuves auxquelles ils sont confrontés, ça se termine toujours bien pour les protagonistes. Sans parler du thème également récurrent du fils rapporteur entièrement dévoué au « mauvais » père (Paul, Colin, Joseph…).

Passons aux points positifs, à présent. Tout d’abord, j’ai énormément apprécié les références très récurrentes à la trilogie du Nuage Blanc, notamment avec le jeune Caleb Biller, qu’il est plaisant de retrouver après l’avoir connu jeune homme dans Le chant des esprits.

J’ai aussi aimé le paradoxe mis en valeur à travers ce roman, en particulier avec les Maoris. Ils sont plus ou moins considérés comme des sauvages par les Pakeha, alors qu’ils étaient bien plus ouverts d’esprit (au niveau de l’égalité homme-femme, par exemple) et tolérants que la plupart des Blancs. L’auteur ne tombe pas pour autant dans le manichéisme complet, puisque la violence sanglante de Kahu Heke contraste avec le pacifisme de Parihaka.

Du bon et du moins bon, donc, dans À l’ombre de l’arbre kauri, qui m’aura beaucoup moins séduite que le premier tome. Peut-être est-ce aussi dû à une certaine lassitude provoquée par la récurrence de plusieurs situations. M’enfin, si vous avez aimé les autres livres de Sarah Lark, il n’y a aucune raison pour que celui-ci vous déplaise.