mardi 10 juillet 2018

La Guerre des Clans I,1 : Retour à l'état sauvage

Titre : La Guerre des Clans I,1 : Retour à l'état sauvage
Auteur : Erin Hunter
Édition : PKJ
Pages : 306
Note : 3 / 5

Depuis des générations, fidèles aux lois de leurs ancêtres, quatre clans de chats sauvages se partagent la forêt.
Mais le Clan du Tonnerre court un grave danger, et les sinistres guerriers de l'Ombre sont de plus en plus puissants. En s'aventurant un jour dans les bois, Rusty, petit chat domestique, est loin de se douter qu'il deviendra bientôt le plus valeureux des guerriers...





Avis de Cyrlight



Retour à l'état sauvage est le tout premier tome de la longue saga La guerre des Clans. Tout commence avec Rusty, un chaton qui s'aventure dans la forêt et qui, après sa rencontre avec des chats sauvages appartenant au Clan du Tonnerre, décide de tourner le dos aux humains pour se joindre à eux.

Ce roman étant principalement destiné à un jeune public, il est très facile à lire. Le style est fluide et simpliste, parfois un peu répétitif, mais pas déplaisant pour autant. Ce qui est un peu plus compliqué, c'est de retenir les noms de la pléthore de personnages. Je me suis mélangée plus d'une fois, en particulier entre Nuage Gris et Nuage de Jais.

L'histoire séduira sans aucun doute ses plus jeunes lecteurs, car elle est sympathique, mais elle souffre d'une certaine monotonie. Il lui manque cette petite étincelle qui fait tourner avidement les pages et nous rend incapable de lâcher le livre. Les scènes s'enchaînent presque gentiment les unes à la suite des autres, et même s'il y a de l'action et des passages plus sombres, l'intrigue demeure relativement plate.

Le traître est rapidement démasqué, et j'ai d'ailleurs été agacée plus d'une fois par Nuage de Feu qui, chaque fois qu'il compte le dénoncer à Étoile Bleue, ne le fait pas, pour une raison ou pour une autre, si bien que le chat en question peut continuer à agir à sa guise.

Les personnages sont tout de même assez attachants dans l'ensemble, malgré un léger manichéisme. Celle qui se démarque le plus est Croc Jaune, car son caractère et son passé semblent plus mis en valeur que ceux des autres chats, ce qui lui confère un certain intérêt.

En conclusion, Retour à l'état sauvage est un roman qui se lit très aisément et qui en ravira plus d'un, mais qui ne marquera sans doute pas les esprits des lecteurs les plus exigeants.

jeudi 5 juillet 2018

Arsène Lupin, L'aventurier T.1 : Le diadème de la princesse de Lamballe

Titre : Arsène Lupin, L'aventurier, T.1 : Le diadème de la princesse de Lamballe
Auteur : Takashi Morita
Édition : Kurokawa
Pages : 255
Note : 3 / 5
L’histoire de ce volume, Le Diadème de la princesse, est donc une pièce de théâtre qui avait été écrite alors que Lupin commençait à connaître le succès. De nos jours, cela aurait probablement donné lieu à un film au cinéma. Une pièce classique dans son déroulement car écrite pour attirer les gens ne connaissant pas encore le personnage, elle reste néanmoins intéressante parce qu’il s’agit de la première apparition de Victoire dans la série mais également parce qu’une partie de l’enfance de Lupin y est décrite. J’espère que vous apprécierez les nombreux détails qui sont présentés dans cette première aventure, et notamment la façon dont est représentée l’Europe du début du XXe siècle.



Avis de Cyrlight



Ce premier tome d'Arsène Lupin, L'aventurier : Le diadème de la princesse de Lamballe, lance l'adaptation en une série de mangas du célèbre gentleman cambrioleur créé par Maurice Leblanc. Alors que la jolie mais insupportable Germaine Gournay-Martin est sur le point d'épouser le duc de Charmerace, son milliardaire de père est menacé pour la seconde fois d'être volé par Arsène Lupin...

Autant le dire d'entrée : je n'ai jamais lu les œuvres originales de Maurice Leblanc et je ne connais que très vaguement le personnage, à travers d'autres adaptations (le film avec Romain Duris dans le rôle titre, notamment, mais aussi la saga Sherlock, Lupin & moi d'Irene Adler). Par conséquent, j'ai été quelque peu surprise par certains détails du livre, comme le lien d'Arsène avec Victoire, par exemple.

Les dessins sont très beaux et très soignés, même si je relèverai un bémol sur l'expression parfois démente que semble avoir Lupin. Il perd alors tout son charisme et son élégance pour un air de fou à lier qui ne sied pas du tout à la réputation du personnage.

En revanche, j'ai beaucoup aimé sa désinvolture, sa volonté de se montrer plus malin que tout le monde et de jouer avec la police, même si son point faible (exploité avec justesse par son ennemi Ganimard) a bien failli avoir raison de lui.

Le scénario est un peu décevant dans son ensemble, cependant, car on devine aisément ce qui va se passer. Déjà au début, difficile de ne pas comprendre sous quels traits se cache Arsène, et ce qu'il manigance. Certes, à certains moments, on se demande comment il va pouvoir s'en sortir, mais il finit toujours par trouver une issue ou jouer de sa ruse pour duper tout le monde.

Dans l'ensemble, j'ai été moyennement emballé par ce premier tome. Il est pourtant assez réussi, mais il ne m'a pas captivé plus que cela. Je lirai tout de même la suite, afin de voir si mon impression évolue (et surtout parce que j'ai les deux tomes suivants qui attendent déjà dans ma bibliothèque).

dimanche 1 juillet 2018

172 heures sur la lune

Titre : 172 heures sur la lune
Auteur : Johan Harstad
Édition : Albin Michel (Wiz)
Pages : 474
Note : 2.5 / 5
Des années que le sol lunaire n'a pas été foulé par l'homme. Pour Mia, Midori et Antoine, l'heure du départ approche...
Alors que Midori y voit un ticket gagnant pour la liberté, loin de sa vie étriquée au Japon, pour Mia, c'est l'occasion rêvée de faire enfin connaître son groupe de rock et de devenir célèbre. Quand à Antoine, il ne souhaite qu'une chose : mettre autant de kilomètres que possible entre lui et son ex-petite amie.
Mais ils sont loin d'imaginer que ce qui les attend sur la face cachée de la Lune est bien pire. Et dans l'immensité noire de l'espace, personne ne viendra les sauver...



Avis de Cyrlight




172 heures sur la lune est un roman de science-fiction mettant en scène un trio d'adolescents, gagnants d'un tirage au sort mondial qui leur permet de prendre part à une mission spatiale, organisée par la NASA afin de remettre l'exploration lunaire au goût du jour. De lourds secrets et un grand mystère semblent toutefois se dissimuler derrière cette histoire.

Si vous aimez les récits logiques et cohérents, passez votre chemin, parce que vous risquez fort de vous arracher des poignées de cheveux entre la première et la dernière page.

Le roman commence sur une réunion entre plusieurs personnages inconnus, qui décident de réveiller l'intérêt de l'humanité pour la lune en invitant trois adolescents à rejoindre une base construite sur notre satellite naturel, par le biais d'un tirage au sort. On devine tout de suite que cette mission ne sera pas sans danger, et que l'astre recèle quelque chose de terrible.

Était-il bien utile de rajouter le personnage du vieux monsieur dans sa maison de retraite, sénile et amnésique, qui se met à angoisser et à s'égosiller chaque fois qu'il est question de la lune ? Il réapparaît plusieurs fois, mais au final, ne sert à rien d'autre qu'à donner une piqûre de rappel, au cas où le lecteur n'ait pas compris qu'un danger guette les apprentis astronautes, alors que c'est parfaitement clair dès les premières lignes.

La première partie de l'histoire est trop longue et trop lente. On y suit alternativement les trois adolescents qui vont remporter leur billet pour la lune, et si l'auteur s'attarde probablement sur eux pour les rendre attachant, ça ne fonctionne pas. On s'enlise dans leur quotidien alors qu'on sait pertinemment qu'ils vont être sélectionnés, et on a qu'une hâte, que le voyage spatial commence enfin, sauf qu'il tarde à survenir.

Qui plus est, sur ces trois adolescents, aucun n'a réellement envie de partir sur la lune par intérêt pour l'astronomie. Leurs motivations sont bien plus égoïstes, puisque Mia veut seulement faire la promotion de son groupe de rock, Midori désire quitter le Japon et Antoine mettre le plus de distance possible entre son ex-petite amie et lui (dont, accessoirement, il ne tardera pas à se consoler).

Malgré cela, ils n'ont aucune peine à assimiler en quelques mois une formation d'astronaute accélérée (littéralement, parce que cette partie-là est totalement survolée). Une fois dans l'espace, ils vont même jusqu'à se révéler presque plus réactifs et débrouillards que la plupart des professionnels.

La lune arrive enfin, avec son lot d'incohérences. Tout d'abord, une base secrète, construite dans les années 70 et dans laquelle aucun humain n'a jamais mis les pieds, cela paraît gros, mais il y a pire. Notamment le fait qu'il y a deux bases, et que la première contient une capsule de secours destinée à accueillir trois personnes.

Sachant qu'elle est évoquée une première fois quand l'équipage est encore trop nombreux, pourquoi Caitlin se drogue-t-elle avec les cachets alors qu'elles ne sont plus que trois ? Probablement parce que l'auteur a oublié qu'il avait déjà mentionné la capsule, qui est ensuite réévoquée comme une révélation capitale.

Des questions que l'on se pose aussi en pêle-mêle. D'où viennent les signes que les adolescents ont aperçus sur Terre avant de partir (le fameux 6EQUJ5) ? Ils n'ont aucune justification logique. Pourquoi envoyer des adolescents sur la lune dans le but d'obtenir des financements pour étudier de plus près le danger, alors qu'il y a sur place des missiles destinés à annihiler notre satellite ? Pourquoi Coleman, qui était le seul à avoir conscience du massacre auquel il menait son équipe, se comporte-t-il aussi lâchement au lieu de mener les filles à l'abri ?

Quant à la fin, elle est très trouble. Si le combat entre Mia et son adversaire est assez bien mené, l'épilogue gâche tout. Comment se fait-il qu'il y ait encore des humains, dans le futur, pour découvrir les corps des astronautes et adolescents sur la lune ? Comment l'humanité a-t-elle survécu ?

J'en oublie sûrement, mais vous aurez compris l'idée générale. C'est un roman très long dans sa première partie et qui part ensuite complètement dans tous les sens. Alors certes, la lune réussit à nous faire frissonner et à nous tenir en haleine, mais la conclusion est très décevante, car rien n'est expliqué et tout paraît illogique. Pour résumer, je dirais que cette histoire manque cruellement de sens et je vous conseillerai plutôt de vous tourner vers des récits mieux ficelés que celui-ci.

vendredi 29 juin 2018

Forbidden Love T.4

Titre : Forbidden Love T.4
Auteur : Miyuki Kitagawa
Édition : Akiko
Pages : 191
Note : 3 / 5
Une surprise de taille attend Yoshiki et Kasumi à leur retour de voyage : leur mère est revenue sans prévenir de New York. Arrivera-t-elle à percer à jour le secret inavouable qui entoure ses deux enfants ?
Mais un espoir germe dans l'esprit de Yoshiki : et si ce lien de parenté qui l'unit à Kasumi et qui les empêchent de vivre pleinement leur amour n'existait pas ? Le jeune homme va se mettre à effectuer des recherches pour découvrir si la passion qu'ils ressentent l'un et l'autre est aussi interdite qu'elle paraît l'être...





Avis de Cyrlight



Dans ce quatrième tome de Forbidden Love, Yoshiki et Kasumi sont de retour chez eux, où leur mère les attend. Cela les renvoie à la dure réalité de leur condition de frère et sœur, qu'ils s'étaient pourtant résolus à accepter. En plus des difficultés que le couple traverse, Kazuki n'a toujours pas l'intention de renoncer à Kasumi, pendant que Kyôko semble sombrer dans un déni malsain.

J'ai trouvé ce tome encore plus confus que les précédents. Il est parfois très difficile de s'y retrouver, notamment quand plusieurs personnages s'expriment. Le physique de la mère de Yoshiki et Kasumi est également troublant, car il est assez masculin, et j'ai manqué plus d'une fois de la confondre avec Kazuki.

L'intrigue évolue, tout comme certains personnages. J'apprécie particulièrement la métamorphose de Kyôko, jusqu'ici douce et bienveillante, qui prend désormais des airs de psychopathe manipulatrice, prête à tout pour écarter Kasumi et faire en sorte que Yoshiki lui revienne.

En revanche, je n'aime pas le pathos dans lequel s'enfonce le frère et la sœur. Ils soufflent le chaud et le froid, et c'est agaçant à force de les voir changer d'avis. Tantôt ils sont prêts à accepter le péché de l'inceste, tantôt ils se l'interdisent.

À la fin du tome 3, cette question semblait être résolue, et pourtant elle est relancée quand Kasumi, portée par l'espoir que Yoshiki et elle ne soient pas liés par le sang, déchante en découvrant qu'il est bel et bien son frère. Quant au fait de le « rendre » à Kyôko, sans même lui demander son avis, cela frise le ridicule.

En conclusion, cette suite est assez décevante par rapport au début du manga, mais l'évolution de Kyôko donne tout de même envie de voir comment l'histoire va se poursuivre, et si Yoshiki va accepter si aisément d'être évincé par sa sœur.

jeudi 28 juin 2018

PAL #ÉTÉ2018

PAL #ÉTÉ2018


Avez-vous déjà préparé votre PAL de l'été ? Que contient-elle ?
Voici un petit aperçu de la mienne : beaucoup de romans et quelques mangas.

Bon été et bonne lecture !
Cyrlight





A l'ombre de l'arbre kauri (Sarah Lark)
Catacomb city : La rébellion (Hilary Wagner)
Assassin's Creed : La croisade secrète (Olivier Bowden)
Sherlock, Lupin & moi : L'énigme de la rose écarlate (Irene Adler)
Chroniques du monde émergé T.1 (Licia Troisi)
Century : L'étoile de pierre (Pierdomenico Baccalario)
Forbidden love T.5 (Miyuki Kitagawa)
A silent voice T.1 (Yoshitoki Oima)

dimanche 24 juin 2018

Dunkerque

Titre : Dunkerque
Auteur : Joshua Levine
Édition : HarperCollins
Pages : 384
Note : 2.5 / 5
L’espoir est une arme. La survie est une victoire.
Dunkerque, mai 1940 : plus de 300 000 soldats alliés échappent à l’armée allemande lors d’une évacuation maritime spectaculaire. L’histoire de ce sauvetage héroïque qui dura neuf jours – du 27 mai au 4 juin 1940 – et des soldats, marins, pilotes et civils qui y participèrent, est entrée dans la légende.
Cette opération que Churchill qualifia de « miracle » est ici racontée Joshua Levine, auteur de plusieurs livres d’Histoire devenus des best-sellers.
Enrichi de nouveaux témoignages de vétérans et de survivants, Dunkerque est le compte rendu fascinant à plusieurs focales (au sol, en mer et dans les airs) d’une glorieuse défaite qui mena les Alliés vers la victoire.



Avis de Cyrlight




Dunkerque est un roman historique, qui effectue le parallèle entre l'évacuation anglaise lors de la Seconde Guerre mondiale et le long-métrage éponyme réalisé par Christopher Nolan.

La mention « livre officiel du film évènement » affichée sur la couverture est quelque peu trompeuse. Pourquoi ? Je m'attendais tout simplement à lire une novélisation, alors qu'il s'agit d'une œuvre purement historique. Même si je conviens que cette erreur est due à mon inattention (j'aurais dû vérifier plus attentivement), j'ai vite grincé des dents.

Ce livre n'a beau compter que trois cents et quelques pages, c'est un pavé d'énumérations de lieux, de noms, de stratégies, de matériel militaire... J'ai beau m'intéresser à l'Histoire, ayant très peu de connaissances sur la Seconde Guerre mondiale, tout cela m'a paru indigeste.

À moins d'être vraiment passionné ou d'avoir déjà pas mal de notions, on oublie quasiment au fur et à mesure ce qu'on vient de lire, tant le contenu du texte est dense. Si on ne peut que louer le travail et les détails fournis par l'auteur, on peut aussi lui reprocher le caractère soporifique que son ouvrage. À cause de cela, on s'enlise dans la narration et on décroche peu à peu.

Venir à bout de Dunkerque m'aura demandé un temps considérable, et même à présent que je l'ai terminé, je ne suis pas certaine d'avoir retenu grand-chose, hormis un profond sentiment d'ennui. J'ai toujours été d'avis que la meilleure façon d'apprendre, c'est de le faire en se captivant pour son sujet, or cette lecture est tout sauf prenante.

Je mets la moyenne à ce livre, car il n'est tout de même pas dépourvu d'intérêt et saura sûrement en séduire d'autres mieux que moi.

mardi 19 juin 2018

Insaisissable T.3 : Ne m'abandonne pas

Titre : Insaisissable T.3 : Ne m'abandonne pas
Auteur : Tahereh Mafi
Édition : Michel Lafon
Pages : 398
Note : 2 / 5
Je suis insaisissable. Je veux t’appartenir. Je ne te fais pas confiance. Je m’en remets à toi. La terre tremble. Mon cœur aussi. Je leur serai fatale. Je te suis vitale. Le monde se meurt. Je meurs sans toi. Le Point Oméga a été détruit. La rébellion est écrasée et Juliette ignore si ses amis, ou même Adam, l’homme qu’elle aime, ont survécu. Sa volonté de renverser la dictature du Rétablissement n’en est que renforcée. Elle est prête à tout pour y parvenir, jusqu’à faire appel à son ennemi de toujours : Warner, le séduisant commandant du secteur 45. Tout les oppose, mais ils ne peuvent agir l’un sans l’autre, la survie de leur monde agonisant en dépend. Lui seul peut enseigner à Juliette comment maîtriser ses immenses pouvoirs… mais il attend d’elle bien plus encore.



Avis de Cyrlight




Dans Ne m'abandonne pas, Juliette a survécu à la balle tirée par Anderson grâce à l'intervention des jumelles et est désormais aux mains de Warner, qui la cache de façon à ce que son père ignore qu'elle est toujours en vie. Juliette, assoiffée de vengeance, n'a pas l'intention d'en rester là.

Commençons par les points positifs. J'ignore si c'est dû au fait qu'on s'y habitue au bout de trois tomes, mais j'ai trouvé le style un peu moins insupportable que dans les deux premiers. Voilà, c'est tout.

Les points négatifs, maintenant. Dans mes critiques des tomes 1 et 2, je comparais Juliette à Malicia (X-men). Pardonnez mon erreur, en fait, c'est Jean Grey. Elle a un potentiel illimité, elle sait tout faire, elle est indestructible... Bref, c'est une Mary-Sue en puissance.

À côté de cela, elle est toujours aussi égoïste. Elle apprend que tout le Point Oméga a été détruit, que des dizaines de personnes ont été massacrées, mais à aucun moment elle songe que si elle avait décidé de s'entraîner un peu au lieu de passer tout le second tome à pleurer sur son sort ou à taper la causette avec Warner, elle aurait eu les moyens de les protéger.

Parlons-en, de ces morts, d'ailleurs. Ou plutôt, n'en parlons pas, parce que c'est bien le problème : on s'en fiche. Tous les personnages qui ont plus ou moins joué un rôle dans Ne m'échappe pas sont toujours en vie, et je serais bien incapable de citer le nom d'une seule des victimes du Rétablissement. Je crois que le plus gros, c'est quand même James qui, malgré sa peur, a miraculeusement eu l'idée de fuir le Point Oméga. (Facilité scénaristique, quand tu nous tiens...)

Juliette sombre donc dans la soif de vengeance et la mégalomanie, puisqu'elle s'auto-proclame future dirigeante du secteur 45. Comment une fille qui a passé des mois coupée du monde, qui ne sait même pas ce qui s'y passe et qui n'a surtout jamais manifesté le moindre intérêt pour autre chose que sa petite personne peut-elle s'estimer digne de commander ? Elle n'y connaît strictement rien, et le pire, c'est que ça ne choque personne, pas même ceux qui auraient été bien plus compétents qu'elle pour cette tâche (Kenji, Castel...).

Je n'ai pas non plus aimé l'image donnée d'Adam dans ce tome. C'est à peine s'il ne passe pas pour le méchant, or si Warner a des excuses pour à peu près toutes les horreurs qu'il a pu commettre, il n'en demeure pas moins qu'il a tenté de le tuer, et ce dans d'atroces souffrances. Difficile d'attendre d'Adam qu'il ferme les yeux et oublie, pourtant c'est ce que tout le monde semble exiger de lui.

Quant à la bataille finale, à l'instar du tome 2, elle est expédiée dans les trente dernières pages. Presque pas d'action, donc, ce qui va de pair avec le développement de l'univers mis en scène par l'auteur, proche de zéro. En trois tomes, on n'a toujours aucune indication précise sur le monde, sur son état et sur les solutions que sa majesté Juliette va pouvoir mettre en œuvre pour l'améliorer. Mais après tout, qu'est-ce que ça peut faire ? Elle a gagné la guerre, elle file le parfait amour et tous ses amis sont vivants. On ne va pas en plus demander à l'histoire d'avoir de la profondeur, si ?

Vous l'aurez compris, Insaisissable est pour moi un échec monumental. Une héroïne insupportable, un scénario bancal, un contexte quasi-inexistant... Ce que j'en retiendrai essentiellement, c'est que plus on progresse dans la lecture et moins il y a de meubles à sauver. À bon entendeur...