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mardi 12 juin 2018

Alien T.3 : Le fleuve de la douleur

Titre : Alien T.3 : Le fleuve de la douleur
Auteur : Christopher Golden
Édition : Huginn & Muninn
Pages : 323
Note : 3 / 5
Après avoir échappé à la mort sur la planète LV-426, Ellen Ripley est secourue puis interrogée par la compagnie Weyland-Yutani à bord de la station Gateway. À des milliers d’années-lumière de là, sur cette même planète rebaptisée Achéron, des colons ont élu domicile et tentent de terraformer cet astre balayé par les vents. Les arpenteurs Anne et Russel Jorden, parents de la petite Newt et membres de cette communauté, sont alors missionnés pour explorer un étrange vaisseau extraterrestre… Ce qu’ils vont y découvrir va bouleverser leur existence et faire couler un fleuve de douleur…



Avis de Cyrlight




Retour en arrière avec Alien, Le fleuve de la douleur, puisque loin d'être la suite du tome précédent, il s'agit d'une préquelle au film Aliens : Le retour. On y suit la vie des colons sur LV-426, rebaptisée Achéron depuis sa terraformation. Ils y mènent une existence difficile, qui le devient encore plus suite à la découverte d'un vaisseau extraterrestre...

Ce roman m'a paru un peu moins bon que les autres. Tout d'abord, je l'ai trouvé trop éparpillé sur les premiers chapitres, avec une alternance entre beaucoup de personnages. Les passages avec Ripley, qui je suppose étaient là pour donner une idée plus précise de la chronologie, font doublon avec le film et, surtout, l'intrigue tarde à démarrer. Les cent premières pages paraissent un peu longuettes, surtout qu'on sait déjà à quoi s'attendre et comment tout cela va se terminer.

Cela mis à part, l'écriture est toujours aussi plaisante et fluide (on ne sent même pas que les trois livres ont été écrits par des auteurs différents, peut-être grâce au travail de traduction) et une fois les péripéties lancées, l'histoire devient addictive, comme cela a été le cas pour les autres tomes.

Malheureusement, je ressors dans l'ensemble très déçue de cette trilogie. Déjà, je ne comprends pas du tout le choix de la chronologie. Pourquoi avoir fait un tome 2 qui suit le tome 1 des siècles dans le futur, pour ensuite revenir dans le « passé » avec le tome 3 ?

Sans parler des fins de La mer des chagrins et Le fleuve de la douleur, qui ne mènent finalement nulle part. D'un côté, on a Weyland-Yutani qui met la main sur des spécimens extraterrestres, de l'autre, on a enfin quelqu'un qui compte se dresser face à eux et leur toute puissance, et puis... Rien. Chaque fois, ça s'arrête.

C'est ce que je reprochais déjà au second tome, et cela ne fait que le confirmer. Dès qu'il s'agit de sortir du scénario type d'Alien, il semble n'y avoir plus personne. Il est frustrant de ne rien savoir sur toute la mythologie évoquée dans cette trilogie, frustrant de ne pas voir autre chose qu'une énième simple traque/survie à l'alien.

Certes, les histoires ne sont pas mauvaises (même si Le fleuve de la douleur m'a paru un ton en dessous des deux autres), mais elles ne se renouvellent pas. On sait quasiment à l'avance comment chaque tome va se finir, et il n'y aucune surprise dans le déroulement du scénario. Agréable à lire, donc, mais une déception dans l'ensemble.

mercredi 4 avril 2018

Alien T.2 : La mer des chagrins

Titre : Alien T.2 : La mer des chagrins
Auteur : James A. Moore
Édition : Huginn & Muninn
Pages : 320
Note : 3.5 / 5
Lors de ce qu'il croit être une simple mission de routine, le sous-commissaire Ian Decker comprend que la planète New Galveston cache de bien sombres secrets au fond de sa mer de sable toxique. Quelque part dans ces longs tunes oubliés patientent en effet ce que la compagnie Weyland-Yutani convoite le plus : des Xénomorphes vivants. Car Decker n'a pas été choisi par hasard. Des centaines d'années plus tôt, son propre ancêtre a lutté la première contre cette terrible espèce, démarrant une vendetta sanglante qui n'a jamais trouvé sa fin. Les créatures ont alors juré vengeance contre le Destructeur... Ellen Ripley.



Avis de Cyrlight




La mer des chagrins fait suite au premier tome de la saga Alien, Hors des ombres. Des siècles se sont écoulés depuis la lutte de Ripley contre les xénomorphes et c'est cette fois son descendant, Alan Decker, qui est au centre de l'intrigue. Entouré par un groupe de mercenaires, il est chargé contre son gré par Weyland-Yutani de rapporter de la planète New Galveston tout ce qu'il pourra sur les aliens, et si possible un spécimen vivant.

Contrairement au roman précédent, celui-ci se détache de l'univers cinématographique par l'absence de son héroïne habituelle. À cause du lien qui lie Decker aux xénomorphes, j'ai d'abord cru qu'il était l'héritier du clone de Ripley (Résurrection), mais ce n'est pas le cas. Cela m'a un peu déçue, car cette connexion est seulement justifiée par des pouvoirs d'empathe, mais rien n'explique comment les créatures ont pu comprendre qu'il s'agissait du descendant de leur ennemie jurée. L'hypothèse à laquelle je croyais me semblait plus logique de ce point de vue-là.

Si j'ai été entièrement conquise par Hors des ombres, La mer des chagrins ne m'a pas autant emballée, peut-être à cause de ce côté répétitif imputable à la franchise. La présence des mercenaires n'est pas sans évoquer Aliens : le retour, avec ses Marines, et l'exploration dans les profondeurs de la mine renvoie directement au premier tome.

La seule nouveauté vient des xénomorphes, dont on a ponctuellement le point de vue et des explications sur leurs agissements (justifiés par leur volonté de perpétuer leur espèce), ainsi que sur leur fonctionnement. C'est intéressant, fascinant, même. Dommage que le reste ne suive pas.

Difficile de faire quelque chose de foncièrement original dans l'univers Alien, ce qui est d'autant plus frustrant parce qu'il y aurait un excellent mystère à éclaircir du côté de la civilisation antique, mais comme dans Hors des ombres, on n'en apprend finalement pas beaucoup à ce sujet.

Le film Prometheus a beau en avoir déçu plus d'un (dont je ne fais pas partie), il avait au moins le mérite de renouveler le genre, en dépit de ses défauts, en laissant la part belle à la mythologie. J'aimerais beaucoup que cette facette soit vraiment creusée dans le dernier tome, plutôt que d'avoir le droit à une énième histoire centrée sur la chasse à l'humain/l'alien (car les deux se traquent plus ou moins mutuellement).

La mer des chagrins est donc un bon livre, probablement même excellent, mais après plusieurs films et un premier tome, un sentiment de redondance s'installe et lasse passablement. En espérant vraiment que le prochain roman saura se démarquer par un peu d'originalité en explorant, si possible, tout ce qui gravite autour du xénomorphe, plutôt que de se focaliser sur lui.

vendredi 2 février 2018

Alien T.1 : Hors des ombres

Titre : Alien T.1 : Hors des ombres
Auteur : Tim Lebbon
Édition : Huginn & Muninn
Pages : 329
Note : 4.5 / 5
Envoyé dans les mines d'une planète hostile, l'équipage du Marion doit affronter des conditions difficiles. Climat aride, espaces restreints... La mission s'annonce périlleuse.
Mais rien ne pouvait préparer Hoop et ses compagnons à faire face à la menace des passagers clandestins ramenés bien malgré eux par les mineurs. Leur unique espoir ?
La seule personne à avoir jamais survécu à l'attaque de ces créature vicieuses. Une femme qui devra braver les fantômes de son passé. Une inconnue du nom d'Ellen Ripley.



Avis de Cyrlight




Alien : Hors des ombres est le premier tome d'une trilogie basée sur la saga cinématographique Alien. Ce roman prend place entre les films 1 et 2, où Ripley, en sommeil cryogénique, est récupérée par les survivants du Marion, dont une grande partie de l'équipage a été décimée par des créatures surgies des profondeurs de la planète qu'ils exploitaient pour ses ressources.

À première vue, je pense qu'une connaissance de l'univers Alien n'est pas nécessaire pour apprécier cette œuvre, car tout est suffisamment développé pour qu'elle se suffise à elle seule (même si Ripley se remémore de nombreux éléments tirés du premier film).

Au contraire, le suspens risque de ne pas être au rendez-vous pour les fans de la franchise, puisque le scénario est toujours sensiblement basé sur le même modèle (découverte des aliens, massacre, tentatives pour survivre, toujours plus de morts...). Pas de surprise de ce côté-là, donc, mais l'histoire n'en est pas moins appréciable pour autant.

La tension, en particulier dans les entrailles de la planète, est palpable, l'angoisse est au rendez-vous, et même si l'on sait plus ou moins tout du long comment l'histoire va se terminer, on se laisse emporter dans ce monde sombre fourmillant de xénomorphes tapis dans l'ombre et prêts à surgir pour déchiqueter leurs proies.

Les survivants sont menés par Hoop, un personnage charismatique, débrouillard et pragmatique, et par Ripley qui, si elle attise d'abord la méfiance de l'équipage du Marion par son arrivée impromptue, se révèle vite comme étant une alliée de poids, de par les connaissances qu'elle retire de son altercation passée avec la créature à bord du Nostromo.

Les aliens ne sont pas la seule menace, puisque Ash a survécu en s'implantant dans l'ordinateur de bord de la capsule de Ripley et il n'hésite pas à manœuvrer à distance de façon à accroître ses chances de ramener à la compagnie Weyland-Yutani un spécimen viable d'extraterrestre.

L'aura de mystère qui plane sur la cité enfouie, l'étrange vaisseau et la civilisation antique découverte sous la mine est également appréciable et renoue avec le côté énigmatique du Space Jockey du premier film, une facette de l'univers Alien qui a été hélas totalement occultée par les films suivants (exception faite de Prometheus).

Seule la fin est un peu décevante, sans doute par souci de vouloir trop coller à Aliens, qui vient chronologiquement ensuite. En effet, pour justifier le fait que Ripley ne garde aucun souvenir de cette aventure, celle-ci décide de se faire effacer la mémoire, car elle est hantée par des cauchemars impliquant les aliens et sa fille Amanda. Ce passage tombe comme un cheveu sur la soupe et n'apporte rien, hormis un soupçon de cohérence avec le début du film suivant.

Alien : Hors des ombres est par conséquent un très bon livre, bien écrit et angoissant à souhait, dont l'unique défaut réside dans une trop grande volonté de s'imbriquer avec l'œuvre originale. Cela mis à part, c'est un gros coup de cœur, que je recommande bien volontiers !


Coup de ♥